The Bloody Mallard – « Realm »

The Bloody Mallard, intrigante formation londonienne, dévoile un subtil mélange des genres entre rock progressif, heavy psyche et postrock. Pas de démos, Pas d’EP, le groupe vient directement taper à nos portes avec un premier album : « Realm« .

Avant même de déposer le très beau vinyle d’un fin rouge sang transparent sur la platine, le groupe anglais réussit avec un visuel à la fois épuré et complexe à introduire son univers mais également ses influences. L’artwork réalisé par Bedelgeuse pousse à la rencontre entre l’herbalisme et le travail graphique de Alex Grey. De la sorte, The Bloody Mallard renvoie à la référence sur la scène progressive moderne : Tool. Cependant, bien qu’affichant ses origines, dès le premier coup d’oeil, la formation britannique s’éloigne de la « lacrymologie » et apporte une vision quasi-prométhéenne.

En mêlant la nature, en tant qu’entité créatrice, et l’homme, en tant que créature céleste, le groupe tente de replacer la figure de l’être humain dans l’univers.
La possibilité d’analyse philosophique de ce « Realm » semble être infinie tant l’imagerie de l’album, supplanté par sa composition instrumentale virtuose, fonde sa mythologie entre Terre maternelle et cosmos, où l’Homme paraît tel une création cosmique ne pouvant céder face à la quête de savoir, afin de démasquer son créateur.
Le regard de l’homme, sur la couverture de l’album, fait de chair et de sang au yeux attirés par les cieux, témoigne de la volonté toujours plus grande de recherche des origines, là où parfois la réponse se trouve tout autour de nous, au cœur de la nature.

C’est autour de cette quête devant l’éternel que se tournera notre oreille, autour de la genèse de l’homme jusqu’à sa rupture face à ses racines.
A la manière d’un voyage initiatique, ce premier album de The Bloody Mallard, se découvre à travers l’apparition et la conception du genre humain entre terre et lumière.
Une quête incessante vers le soleil, astre aveuglant, qui à l’inverse de nombreuses oeuvres du genre réussit à nous bercer au cœur d’un halo chaleureux.

L’album se divise en deux parties distinctes entre le contenu et le contenant du corps humain, créature terrienne.

La face A débute le voyage dans le sang, liquide source de vie, et nous guide jusqu’à l’apparition de particules fongiques que l’on dénomme Noble Rot. De l’irrigation du corps jusqu’au développement de micro-organismes indispensables en passant par la création moléculaire, cette première partie revient en détail sur la conception de l’essence, l’énergie, donnant vie aux êtres à travers une proposition instrumentale envoutante.


La première piste « Haemoglobin », s’ouvre sur un court silence, où l’on peut entendre la nature roucouler, bourgeonner, vivre, jusqu’à ce que les premières notes résonnent à la manière de l’élévation d’une structure, corps extraordinaire. Ce dernier semble prendre vie une fois que la batterie rejoint le duo guitare basse, propulsant le sang, la vigueur dans ce corps, gauche et pourtant déjà si parfait, sortant des verts pâturages.

Tout au long de l’album, il s’agira de reconnaître la maitrise ingénieuse du batteur de la formation tant il est le coeur battant de l’oeuvre irriguant la totalité de l’oeuvre. La guitare, quant à elle, propage le fabuleux travail de composition en symbolisant le sang, nourriture du corps. Enfin la basse, intervient comme révélateur et affirme la puissance de The Bloody Mallard, réussissant constamment à tirer son épingle du jeu, résonnant dans l’architecture d’un album transcendant, puissance émotionnelle stupéfiante.

Ce premier morceau donne le cap de cette face A ne cessant de monter en intensité, révélant derrière chaque note, accord, un vrai travail d’orfèvrerie qui transcende l’auditeur.

La première partie de l’album se termine avec finesse et ingéniosité, par le morceau « Noble Rot » faisant référence à la pourriture noble, apportant les meilleures conditions à la création du vin, à la l’enrichissement du sang, développant les meilleurs particules microbiennes. Le morceau débute avec un travail sur la résonance clean des accords, sur la manière qu’ils ont de se rencontrer et de se développer en tant que fréquences jusqu’à saturation et explosion pour célébrer la fin de ce premier temps consacré à la création de la vie au sein du corps.
Cette interstice dédiée à la particularité du Noble Rot rappelle l’échange philosophique entre Bruno Ganz et Matt Dillon dans The House That Jack Built de Lars Von Trier, discussion autour des manières et méthodes afin de magnifier la création artistique.

La face B, travaille autour de la solidarisation des synapses et la création de l’être humain en tant que créature indépendante. Le voyage que propose The Bloody Mallard fascine, obsède de par sa structuration organique de l’être humain. Cette deuxième partie ne cesse de prendre en ampleur et permet à l’album de vivre dans son apparat le plus majestueux.
Le morceau en deux segments Ceremonious Synapses rappelle par moments le savoir faire de formations telles que Plini ou bien Intervals. L’enchaînement de la pluralité rythmique pousse l’auditeur à saisir la main que tend The Bloody Mallard, de façon aveugle, et se perdre dans cette rencontre du microcosme cellulaire face au macrocosme cosmique.

« Realm » se termine sur l’apaisant et enivrant « Dawn », au cours d’une montée qui à nous oreilles aurait pu ne jamais se terminer tant la naissance de The Bloody Mallard relève du miracle.

Avec son premier album « Realm », The Bloody Mallard s’impose comme la nouvelle référence de la scène progressive. Tout droit sortie des entrailles de la terre, la formation britannique a su avec une maîtrise fantastique créer à la fois un son, un nom, un univers mais bien plus que cela, The Bloody Mallard a atteint la lumière et compte bien nous la partager.

Note : 5 sur 5.

Vous pouvez soutenir le groupe ici :


ENGLISH VERSION :

The mysterious London-based The Bloody Mallard reveals a subtle mix of genres between progressive rock, heavy psyche and postrock. No demo, No EP, the band comes directly knocking on your door with a first album: « Realm ».

Even Before putting the very beautiful vinyl of a thin transparent blood-red on the turntable, the english band succeeds with a refined and complex visual to introduce its universe but also its influences. The artwork realized by Bedelgeuse propels a meeting between herbalism and the graphic work of Alex Grey. In this way, The Bloody Mallard refers to the reference on the modern progressive scene: Tool. However, although showing its origins, at the first glance, the British formation moves away from « lacrymology » and brings a quasi-Promethean vision to its work.

Mixing nature, as a creative entity, and Man, as a celestial creature, the band tries to replace the figure of the human being in the universe. The possibility of philosophical analysis of this « Realm » seems to be infinite.
The album, with his visual work, bases its mythology between mother Earth and cosmos, where Man seems like a cosmic creation that cannot abandon his quest for knowledge, in order to unmask its creator. The look of the man, on the cover of the album, made of flesh and blood, with the eyes drawn to the heavens, testifies to the ever greater desire to search for origins, where sometimes the answer is found all around us, in the heart of nature.

It is around this quest in front of the eternal that our ears will turn, around the genesis of man until his rupture with his roots. In the manner of an initiatory journey, this first album of The Bloody Mallard, is discovered through the appearance and the conception of the human race between earth and light.
An incessant quest towards the sun, blinding star, which unlike many works of the genre succeeds in rocking us in the heart of a warm halo.

The album is divided into two distinct parts between the content and the container of the human body, creature of the earth.

Side A begins the trip with the blood, source of life, and guides us until the fungal particles known as Noble Rot. From the irrigation of the body to the development of essential micro-organisms through molecular creation, this first part goes back in detail on the conception of essence, energy, giving life to everyone through an bewitching instrumental proposition .


The first track « Haemoglobin », opens on a short silence, where we can hear nature coo, bud, live, until the first notes resonate in the manner of the elevation of a structure, extraordinary body. This one seems to come to life once the drums join the guitar/bass duo, propelling the blood in this body, clumsy and yet already so perfect, emerging from the green pastures.

Throughout the album, it will be important to recognize the drummer’s ingenious mastery as he is the beating heart of the album irrigating the entire work. The guitar, meanwhile, spreads the fabulous work of composition by symbolizing the blood, nourishment of the body. Finally the bass, intervenes as revealing and affirms the power of The Bloody Mallard, constantly succeeding to reveals the different textures of nature, resonating in the architecture of a transcendent album, with an amazing emotional power.

This first piece sets the course for this side A, constantly increasing in intensity, revealing behind each note, chord, a real work of goldsmithing that transcends the listener.


The first part of the album ends with finesse and ingenuity, with the song « Noble Rot » referring to the mushroom, who brings the best conditions to the creation of wine, to the enrichment of blood, developing the best particles microbials.
The song begins with a work on the clean resonance of the chords, on the way they have to meet and develop as frequencies until saturation and explosion to celebrate the end of this first time devoted to the creation of life within the body.
This interstice dedicated to the particularity of Noble Rot recalls the philosophical debate between Bruno Ganz and Matt Dillon in The House That Jack Built directed by Lars Von Trier, discussion around ways and methods in order to magnify artistic creation.

The B side, works around the joining of synapses and the creation of the human being as an independent creature. The trip that The Bloody Mallard offers fascinates, obsesses with its organic structure of the human being.
This second part of the album continues to grow and allows the album to live in its most majestic pageantry. The piece in two segments « Ceremonious Synapses » sometimes recalls the expertise of bands such as Plini or Intervals.
The rhythmic plurality pushes the listener to grasp the hand that The Bloody Mallard holds out, blindly, and need to acccept to get lost in this meeting of the cellular microcosm facing the cosmic macrocosm.

« Realm » ends on the soothing and intoxicating « Dawn« , during a climb that to our ears could be eternal as the birth of The Bloody Mallard is a miracle.

With « Realm » like first album, The Bloody Mallard is establishing itself as the new reference for the progressive scene. Straight out of the bowels of the earth, the British formation knew with fantastic mastery creating at the same time a sound, a name, an universe but much more than that, The Bloody Mallard has reached the light and intends to share it with us.

Note : 5 sur 5.

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