Lucifungus – « Derek »

The English Version is just after the French one.


VERSION FRANÇAISE :

Bien qu’encore assez confidentiel, Lucifungus commence à se débusquer une certaine notoriété au sein de la scène Stoner/Doom. Après un premier album nommé « Akuma Kin », paru chez Black Farm Records en 2018, le duo australien est de retour pour explorer leur univers fongique où la puissance sonore semble ne trouver d’obstacle qu’au niveau du noyau terrestre, faisant trembler la terre, les racines et les êtres la peuplant pour le bien du plus grand nombre. Le nom de ce nouvel effort sismique : Derek.

Akuma Kin apportait les bases de la formation à savoir un riffing fonctionnant sous forme d’échos se répondant dans ses enchaînements d’accords mais également dans sa rythmique donnant cette impression constante de terre s’écartelant dans ses structures pachydermiques, dévoilant le monde secret des champignons dans lequel Lucifungus officie en guide pour nos oreilles encore néophytes de leur pratique instrumentale. L’artwork du groupe symbolisait avec pertinence une planète recouverte de champignons, localisant le territoire dans lequel le groupe souhaite faire évoluer son univers.

Derek, deuxième et nouvel album de Lucifungus, se dévoile à travers un artwork qui en dit long sur la suite des événements. Glenn Smith est de retour pour illustrer la proposition du groupe et creuse au coeur de la planète imaginée pour le premier effort du duo australien.
Nous sommes désormais au coeur de cet univers humide, crasse et fourmillant d’excroissances suintantes à la rencontre de ses habitants eucaryotes encapuchonnés, mangeurs de chair, au beau milieu du règne des Fungi.
L’illustrateur a eu la judicieuse idée d’y incorporer deux créatures physiquement proches des gobelins, en tant qu’avatar pour les deux membres du groupe. Deux entités enragées et prêtes à en découdre avec hargne face à la famille des champignons. Une image qui reflète avec ferveur le contenu de ce deuxième album.

Le groupe se donne à fond lors des sept nouveaux morceaux proposés à travers une création d’une trentaine de minutes qui ne laisse pas un seul instant à la monotonie donnant une multitude d’embranchements possibles à la découverte des morceaux. On y retrouve le caractère lourd et sinueux, tout comme les vocaux à mi-chemin entre chant et phrasé, rappelant la légende Sleep. Cependant, contrairement aux quelques « longueurs » du premier album, tout y est construit ici avec minutie et précaution pour ne jamais relâcher l’attention de l’auditeur. Lucifungus nous offre le voyage que l’on attendait et parfois même plus.

Derek s’ouvre sur Ball Shaker qui martelle l’ouïe de l’auditeur à renfort d’accords plaqués avec une puissance qui soulève de l’intérieur. Lucifungus travaille sur ce morceau d’ouverture ses accords et sonorités pour mouvoir son avancée restant sur une base qui va évoluer dans ses intensités, rythmes sans pour autant toucher à la structure même de l’unique riff proposé évitant de plus toute répétition, une idée risquée à la saveur obsédante.
En un morceau instrumental, nous retrouvons la hargne et la virulence qui nous avait fait aimer le premier album avec une énergie qui semble déborder de toute part.

La recette autour du travail sur le riffing, celle d’une simple suite d’accord torturée , et déformée sous toutes ses coutures est ce qu’il va ressortir de manière radieuse de ce nouvel effort qu’est Derek. La manière d’étirer les riffs et d’en fouiller les moindres recoins ouvrant la voie à des refrains chantés rappelant une nouvelle fois le prophétique Sleep.

C’est d’ailleurs la tournure que prend le second morceau Burn The World. A l’exception que d’ordinaire le refrain se veut aérien et porteur, ici, Lucifungus décide de couper net et de déclencher une avalanche gravitationnelle sur cette section laissant l’espoir et la légèreté d’un tractopelle à ses couplets instrumentaux.

Pour conclure cette face A, le duo australien enterre les riffs les uns après les autres, par un procédé d’une lenteur exemplaire, rampant et creusant tels des termites au coeur d’un bois jonché d’eucaryotes hostiles avec Transpyramid et Take The Potion. La résonance des accords est telle qu’elle se transforme en une sorte de magma organique que la batterie enfonce encore et toujours plus dans un paysage Doom en pleine mutation sous l’inventivité de ses créateurs.
A noter que le morceau de clôture de cette face A boueuse à souhait, Take The Potion, est dédié à Tom G Warrior (Celtic Frost, Thorr’s Hammer) et Lee Dorrian (Cathedral), deux pointures en la matière de scène underground poisseuse. Les références sont placées, présentes mais n’en deviennent jamais envahissantes, laissant la marge idéale à Lucifungus pour démontrer leur talent en matière de riffs s’attaquant directement au tympan.

La face B débute avec un court morceau introductif, Quintro, d’une violence et force qui ferait pâlir un Conan de l’ère Blood Eagle. Si vous aviez peur de décrocher le temps de tourner le disque et de confortablement vous installer, n’ayez crainte, Lucifungus prend d’assaut cette face B et va lui conférer une ouverture sur l’avenir du groupe pour la moins réjouissante.

Avec leurs morceaux Lucifungus et Manicanimals, le duo australien enfonce le clou et démontre sa capacité à se démarquer définitivement de son premier effort et modèle sa carrière vers un avenir impitoyable tant la déferlante d’accord s’abat sur nous avec puissance. Rien ne semble arrêter l’alchimie redoutable élaborée par le groupe, s’accentuant avec majesté au rythme des morceaux tous plus lourds les uns que les autres.

La fosse est creusée, le nom ancré, l’âme hissée, Lucifungus s’est affirmé en deux petites années comme une référence sur la scène Doom moderne. Un nom que l’on ne souhaite désormais plus que de découvrir en live, pour soulever quelques planches et asséner quelques coups de masse en plein dans nos nuques qu’ils maltraitent déjà avec vigueur à grand coup de riffs assassins.
L’album ne se maîtrise pas dès la première écoute. Il saisit l’ouïe avec des images sonores marquantes au fil des rotations, qu’il laisse mûrir dans l’imaginaire de l’auditeur, se révélant, de manière habile, tout simplement incontournable.

Pour découvrir et supporter Lucifungus :


ENGLISH VERSION :


Although still quite confidential, Lucifungus is beginning to flush out some notoriety at the heart Stoner / Doom scene. After a first album called « Akuma Kin », released on Black Farm Records in 2018, the Australian duo is back to explore their fungal universe where the sound power seems to find an obstacle only at the level of the earth’s core, making tremble the earth, the roots and beings populating it for the good of the greatest number. The name of this new seismic record proposition: Derek.

Akuma Kin brought the basics of the band namely a riffing in the form of echoes responding to each other in its chord sequences but also in its rhythm, giving this constant impression of earth tearing apart in its pachydermal structures, revealing the secret world of mushrooms in which Lucifungus acts as a guide for our ears still neophytes of their instrumental practice. The band’s artwork appropriately symbolized a planet covered with mushrooms, locating the territory where the Stoner/Doom duo wishes to develop its universe.

Derek, Lucifungus second and new album, is revealed through an artwork that says a lot about what follows. Glenn Smith is back to illustrate the band’s proposal and dig into the heart of the imagined planet for the Australian duo’s first effort.
We are now at the heart of this humid, filthy universe teeming with oozing outgrowths to meet its hooded, flesh-eating eukaryotic civilization, right in the middle of the Fungi reign.
The illustrator had the wise idea to incorporate two creatures physically close to the goblins, as an avatar for the two members of the band. Two entities enraged and ready to fight with sonor effects and anger against the family of mushrooms. An image that fervently reflects the content of this second album.

The band gives their all during the seven new pieces offered through a creation of thirty minutes which does not leave a single moment to the monotony giving a multitude of possible branches to the discovery of the pieces.
We find once again there the heavy and sinuous riffs character, just like the vocals halfway between song and phrasing, straight inspired by the Sleep legend. However, unlike the few « lengths » of the first album, everything is built here with thoroughness and precaution to never relax the attention of the listener. Lucifungus offers us the trip we expected and sometimes even more.

Derek opens with Ball Shaker which hammers the listener’s hearing with reinforcement of tacked chords with a power which lifts from the inside. Lucifungus works on this opening piece its chords and sounds to move its progress remaining on a basis that will evolve in its intensities, rhythms without affecting the very structure of the single proposed riff moreover avoiding any repetition, an idea risky with a haunting flavor.
In an instrumental piece, we find the aggressiveness and virulence that made us love the first album with an energy that seems to overflow from all sides.

The recipe around working on the riffing, that of a simple tortured chord suite, and distorted in every way is what will emerge most relevantly from this new effort that is Derek. The way of stretching the riffs and digging into every nook and cranny opens the way to sung chorus reminiscent of the prophetic Sleep once again.

This is also the turn that takes the second song Burn The World. With the exception that usually the chorus wants to be airy and carrying, here Lucifungus decides to cut short and to trigger a gravitational avalanche on the chorus leaving the hope and the lightness of a backhoe loader to his instrumental verses.

To conclude this side A, the Australian duo buries the riffs one after the other, by an exemplary slow process, crawling and digging like termites in the heart of a wood strewn with hostile eukaryotes with Transpyramid and Take The Potion . The resonance of the chords is such that it transforms into a sort of organic magma that the drums sink even more and more into a Doom landscape in full mutation under the inventiveness of its creators.
Note that the closing song of this muddy side A, Take The Potion, is dedicated to Tom G Warrior (Celtic Frost, Thorr’s Hammer) and Lee Dorrian (Cathedral), two big names in the matter of the sticky underground scene. The references are placed, present but never become overwhelming, leaving the ideal margin to Lucifungus to demonstrate their talent in terms of riffs directly attacking the eardrum.

The B-side opens with a short introductory track, Quintro, of a violence and force that would make a Conan of the Blood Eagle era pale. If you were afraid to lost your attention during the face changing, you can take the time to turn the record and comfortably settle down, fear not, Lucifungus is storming this B side and will give it an opening on the future of the band for the less encouraging.

With their tracks Lucifungus and Manicanimals, the Australian duo drives the point home and demonstrates their ability to definitely stand out from their first effort and shape their career towards a ruthless future as the surge of chords hits us with power. Nothing seems to stop the formidable alchemy developed by the band, accentuating with majesty to the rhythm of the pieces, each one heavier than the other.

The album cannot be mastered from the first listen. He captures the hearing with striking sound images over the rotations, which he lets ripen in the listener’s imagination, revealing himself, in a skillful way, quite simply unavoidable.

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