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Wombat Interview #12 – Spiralpark

Photo prise par Marine Neyssensas // Picture taken by Marine Neyssensas

The English version is just after the French one.


Depuis quelques années une scène intéressante se développe dans le Sud-Est de la France autour de l’association Poutrasseau avec des groupes comme Wormsand, Toru, Namjera, Carivari et de nombreuses formations qui jouent une vision nerveuse et nouvelle de l’industrie du Rock, où le DIY, la force brute, l’énergie, la fuzz et l’amour sont les maîtres concepts.
Aujourd’hui, Wombat Cult invite l’un d’entre eux, Spiralpark, première sortie du nouveau label Poutrasseau Records. Le groupe fait fondre un océan de sonorités entre Psych Rock et Doom jusqu’à se révéler être une vraie machine à riffs Surf Rock avec une cohérence fantastique.
Venez découvrir cette formation underground qui saura vous faire vibrer de tout votre être.



Wombat Cult : Spiralpark est un projet qui réunit de nombreuses têtes connues de la scène underground du Sud-Est de la France, dont des membres du groupe de Hardcore Crusty. Comment a pris forme votre décision de créer Spiralpark ? Comment cela s’est-il déroulé ?

Antoine : De façon naturelle, nous avions déjà l’habitude de jouer ensemble par le passé. Crusty s’est arrêté, donc nous avons décidé de remonter un nouveau projet plus psychédélique, plus garage, en laissant de côté l’agressivité plus hardcore grâce au chant clair de Dorian.

Do : Dès le moment où j’ai commencé à faire de la musique, le fait de former un groupe est devenu mon objectif principal. Bien avant Spiralpark, j’avais eu l’occasion de rencontrer des musiciens avec qui le projet de faire un groupe avait débuté mais sans suite concrète. Après cela, j’ai fait la connaissance de Mathéa lors de mon service civique à la radio Agora Côte d’Azur, le courant est de suite passé tant au niveau amical que musical.
A partir de ce moment-là j’ai pu rejoindre le groupe d’amis dans lequel se trouvaient Antoine et Etienne. En Novembre 2018 le projet musical a pris forme, et ce depuis plus de deux ans maintenant !

Étienne : Tout d’abord, Crusty a joué pour beaucoup, trois des membres du groupe étaient dedans, donc ça a permis d’avoir une base, on avait déjà l’habitude de jouer ensemble, et avions donc cet avantage.
Concernant Do, on se connaissait déjà avant le groupe, alors lorsqu’on est venu vers moi pour me proposer d’intégrer la formation avec lui, j’ai sauté sur l’occasion. D’autant plus que j’avais pas de groupe à ce moment-là et que le projet me branchait.

Mat : Ha ha, ça s’est fait assez instinctivement. Comme l’a mentionné Do, nous nous sommes rencontrés à la Radio. On a tout de suite accroché, étant passionnés de Rock tous les deux. Je lui ai présenté (ou représenté) des amis dont Antoine et Etienne, avec qui, effectivement, je jouais déjà de la gratte dans Crusty.
Do n’ayant jamais vraiment eu de groupe, il m’a proposé d’en fonder un avec du synthé et beaucoup de fuzz et c’était parti !

Wombat Cult : Les sonorités de Spiralpark sont particulièrement vastes, elles échappent à toutes classifications tant l’ensemble sonore, relativement labyrinthique, permet au groupe de s’affranchir de frontières, parfois geôles, inhérentes à certains genres.
Comment pourriez-vous présenter votre projet ?

Antoine : Spiralpark est effectivement un mélange de nombreuses influences. Dorian a des influences plus pychédéliques, alors que pour ma part j’ai des influences plus tournées vers des style de musique agressifs comme le Sludge ou le Metal Hardcore. Du coup, Spiralpark est un mélange de plein d’influences liées au rock alternatif des années 90 ainsi qu’à des groupes de prog des années 70.

Do : Étant autodidacte depuis mes 14 ans, âge auquel j’ai débuté la musique, tout boutonneux dans ma chambre, mes idées de compositions viennent toujours en me posant avec ma guitare à la recherche d’une sonorité cool !
Dès que ça sonne bien j’ai tendance à tourner ma trouvaille dans tous les sens, à la déformer, à l’étoffer jusqu’à atteindre une base mélodique qui nous permet ensuite de composer avec tous les instruments lors des répètes !

Étienne : Je pense qu’avec la différence de goûts musicaux, le résultat ne pouvait que suivre. Chacun de nous a exploré des univers tellement variés qu’on peut trouver des influences de styles qui à priori n’auraient rien à voir dans une musique qu’on a qualifiée d’un style (Garage Psyché), mais qui, en fin de compte essaie un maximum de s’affranchir des codes.
On fait du Rock parce qu’on aime le Rock sous de nombreuses formes et parce que c’est le style qui nous correspond, sur le plan artistique, mais aussi par le mode de vie qui en découle.

Mat : C’est vrai qu’on a tous les quatre des influences bien différentes. Pour ma part j’écoute vraiment de tout tant que ça m’inspire, touche mon petit être sensible ! J’ai bien évidemment quelques préférences et des genres qui m’ont plus marqués grâce à mes parents qui ont toujours écouté du Rock des années 50 à 90.
Plus spécifiquement, je suis tombée amoureuse du piano dès l’âge de 6 ans et aussi des sons d’orgues qu’on peut entendre dans les genres Psyché, Prog etc. Pour ce qui concerne mon amour pour le Garage Rock, il est arrivé plus tard, j’avais 14 ans et c’est là que j’ai commencé à fréquenter les “têtes connues de la scène underground du Sud-Est de la France” dont Manu, Clément, Etienne, Diogo et d’autres.
Donc je dirais que notre projet c’est juste de s’éclater en faisant de la musique qui nous anime !

Wombat Cult : La composition est assez atypique tant elle se dévoile de façon hermétique, parfois même très crue, criarde, lors des premiers segments de l’EP, pour au final venir nous enlacer et nous porter dans des dédales où la fuzz semble rebondir sur les moindres textures sonores.
Comment procédez-vous dans votre processus compositionnel, pour réussir à marier ces nombreuses influences, références, tout en gardant une expression qui vous est propre ? Passez-vous par des phases sauvages de jams, ou tout cela est finement calculé, préparé afin de ne pas laisser place au hasard ?

Antoine : Il n’y a pas de règle établie, cependant Dorian arrive a chaque nouvelle répète avec de nouvelles idées, on jam par dessus de façon instinctive afin d’expérimenter le plus possible avant de prendre une décision sur la composition. Cela n’est pas finement calculé mais ne dépend pas non plus du hasard, il s’agit surtout d’expérimenter jusqu’à avoir un résultat qui satisfasse.

Do : Bien entendu la musique est une passion et laisse place à beaucoup d’imagination au travers des jams que nous faisons lors de la compo ! De plus, la passion laisse forcément place à nos influences et aux musiques qui nous inspirent et desquelles on aimerait se rapprocher dans les sonorités ou même dans l’ambiance que ces dernières proposent au public.
En nous apprivoisant musicalement, nous avons trouvé une certaine osmose qui permet de s’affranchir des frontières des sonorités pour atteindre au contraire un labyrinthe infini de mélodies et d’imagination.

Étienne : Même si le projet savait où il voulait aller, on a quand même mis un certain temps à trouver la bonne formule. On a passé de nombreuses répétitions à simplement trouver les bons axes de travail, les bonnes recettes de composition. Après je pense qu’on vient de loin à ce niveau là, mais qu’on a encore beaucoup de chemin avant de trouver la “bonne méthode”, et c’est super satisfaisant de voir la progression au fur et à mesure.
A l’heure actuelle, on est justement en train de peaufiner ça, trouver les bonnes compos c’est définir dès le départ où tu souhaites chercher, approfondir.

Mat : Il nous arrive de jammer mais la plupart du temps Do apporte des idées de riffs, Antoine arrive très rapidement à poser un rythme qui claque, puis Etienne et moi venons nous ajouter en essayant d’harmoniser le mieux possible le tout.
Etienne et Antoine, ayant le plus d’expériences, ont plus de facilité à structurer un morceau. Do a toujours des tas d’idées à proposer et pour ma part je travaille beaucoup de mon côté pour essayer de trouver de chouettes mélodies qui collent.
Pour ce qui en est des paroles, la majorité proviennent de l’imagination de Do qui sont ensuite corrigées par différents amis dont JB, Aless, Chloé G et Chloé F. J’en profite pour encore les remercier !

Photo prise par Marine Neyssensas

Wombat Cult : Où avez-vous, et dans quelles conditions, enregistré votre EP ?

Do : Tout l’EP n’a pas été enregistré au même endroit. Du coup, la basse et la batterie ont été enregistrées au studio Phebe’s qu’on remercie encore pour leur accompagnement pour notre première fois dans un studio !
Le synthé a été enregistré dans notre salle de répète à Roquebrune-Cap-Martin par Manu . Il a aussi enregistré la guitare et le chant d’Etienne, Mathéa et moi-même. Toute la partie du chant et de la guitare a été faite chez Clément, membre fondateur de l’association Poutrasseau.
Je tiens encore à les remercier d’avoir bossé avec nous sur cet EP.

Antoine : Do a tout dit mais merci beaucoup au studio Phebes pour le coup de main et de nous avoir permis d’enregistrer l’EP sur une super batterie Gretsch.

Étienne : L’enregistrement s’est déroulé entre les mois de décembre 2019 et janvier 2020. On a eu la chance d’avoir de super opportunités et d’avoir accès à du matériel qu’on n’aurait jamais pu s’offrir, et rien que pour ça je ne remercierai jamais assez tous ceux qui y ont contribué, de près ou de loin.

Mat : Comme l’a précisé Étienne, notre premier EP a fini d’être enregistré en Janvier 2020. Période très difficile pour les membres et le public de Poutrasseau, car c’est là que Jean-Louis nous a quittés. Grand acteur de la culture musicale de notre région, c’est grâce à lui que nous sommes là aujourd’hui. Notamment avec l’association mais aussi de nombreux groupes dont Wormsand qui ont beaucoup appris de lui. Ce moment de deuil et de « naissance » (de l’EP) restera à jamais marqué dans nos esprits.
Je tiens également à remercier Manu, Clément et le studio Phebe’s pour leur confiance et leur aide.

Wombat Cult : Je parlais il y a quelques temps avec Manu, de Carivari, Dissident et Indikush, qui s’est occupé de votre mix. Nous revenions sur le fait que la piste chant est très en arrière contrairement aux instruments, comme une approche jusqu’au boutiste des années 90 où les voix étaient au même niveau que les instruments, vous prolongez ici le procédé en mettant en retrait la voix comme un écho, une parole du subconscient.
Quelle est la raison de cette décision pour le moins singulière ?

Antoine : Comme tu as dit le chant en retrait est un code dans le rock des années 90 le groupe est sensible à ce genre d’inspiration. Il était pour nous naturel de prendre cette direction dans le mix.

Do : Lors de l’enregistrement du chant et du choix des effets (reverb, delay et radio) la décision est placée sous le signe de l’expérience de ce que cela pouvait donner dans un mix. Cette dimension, qui est apparentée au style des années 90, correspondait à ce que nous projetions en termes de sonorités pour notre premier EP et nous en sommes fiers ! Tout l’EP possède son univers qui lui est propre et qui a bien évidemment évolué pour laisser place aujourd’hui à de nouvelles compos mais aussi, à de multiples modifications sur les morceaux de l’EP, notamment au niveau du chant et de la voix. En effet, aujourd’hui ma voix est un instrument à part entière auquel je laisse une place plus assurée ce qui me permet de la faire évoluer constamment.

Étienne : Trop de place pour la voix, c’est pas assez de place pour les autres instruments. Mettre en avant un instrument par rapport aux autres, c’est pas vraiment l’approche qu’on a de notre musique. L’objectif c’est l’ensemble et non mettre en valeur une seule face de tout un procédé de composition, qui en fin de compte sonne mieux comme un tout que comme plusieurs entités qui se côtoient sans se compléter.

Mat : Hmm je dirais aussi que c’est parce qu’on ne veut pas se diriger vers un style Pop mais plus Rock, Noisy. Le morceau « Decision » avait justement ce côté là qui ne nous plaisait pas trop (on ne l’a jamais rejoué en live d’ailleurs).

Wombat Cult : Votre artwork est assez singulier, et quelque peu addictif dans ses tonalités acides. Quel a été le processus de création de ce dernier ?

Antoine : Notre ami artiste Loïc a une collection impressionnante de créatures psychédéliques et déroutantes dans ses cahiers. Nous avions un petit concept au départ : celui d’un pochette avec un labyrinthe. Loïc a une patte graphique très personnelle, pour ce qui est de la colorisation Mathéa a réussi à rendre la pochette super attractive, il s’agit d’une œuvre participative, je suis très content du rendu !

Do : Cet artwork part tout d’abord d’un concept que j’ai imaginé puis que j’ai partagé avec Antoine, Etienne et Mathéa pour pouvoir le réaliser. C’est une anticipation du concept qui va suivre et qui reste secret pour le moment ! Ce concept est assez profond et ses illustrations laissent totalement libre cours à votre imagination !

Étienne : L’idée c’était de faire une pochette originale, avec un labyrinthe et des influences psychédéliques. Lorsqu’on a cherché des idées pour ajouter du détail et attirer le regard des gens sur la pochette, on a rapidement pensé à Loïc, étant donné qu’on savait de quoi il était capable. On lui a proposé, et l’idée l’a emballé, donc il a réalisé ce dessin qui correspondait exactement à l’idée qu’on avait eue à partir du moment où on a pensé à lui. Mathéa s’est ensuite chargée de la couleur et de la mise en page, chose qu’elle maîtrise étant donnée son expérience avec Poutrasseau, et le résultat est plus que satisfaisant.

Mat : Et bien personnellement j’aurais bien aimé réaliser de A à Z l’artwork mais à cette époque là j’avais un taf alimentaire qui me prenait beaucoup trop d’énergie. Du coup on a pensé à Loïc, ami de longue date et dessinateur très talentueux. On s’est mis d’accord sur l’incrustation de créatures, déjà créées par Loïc Delucis, dans un labyrinthe avec un espèce de désert et trou noir en arrière plan parce que… c’est ce que notre musique nous a inspiré ! Loïc a très bien exécuté notre idée puis je me suis chargée de la colorisation de son dessin (qu’Illustrator a vectorisé) sur Photoshop. Le choix des couleurs s’est fait en groupe. Et pour les polices j’ai été conseillée par Claire que je remercie également !

Wombat Cult : Votre album est paru sur le label Poutrasseau Records, dont vous êtes la première sortie, pouvez-vous nous présenter ce nouveau label, mais également sa direction artistique future ?

Antoine : La direction artistique de Poutrasseau est simple, c’est faire de la musique rock ou dérivée mais de façon personnelle, nous voulons que les groupes aient leur propre identité.

Do : Comme le dit Antoine, Poutrasseau a quand même pour pilier la simplicité, la passion, le partage et l’entraide pour la réalisation des projets musicaux. L’objectif étant de mettre en valeur les groupes de notre région ou d’ailleurs et grandir ensemble !

Mat : L’idée du label Poutrasseau Records a vu le jour lors du premier confinement, lorsque l’équipe de Poutrasseau cherchait à… survivre. Car oui, nous ne pouvions plus organiser de concerts (bon je parle au passé mais malheureusement c’est toujours d’actualité) et c’est ainsi qu’on s’est dit que ça pouvait être une bonne chose de monter notre label.
En premier lieu, commencer par faire connaître les ptits groupes en interne pour ensuite développer de plus en plus l’asso, nos compétences et bien sûr les découvertes !
Pour l’instant je ne peux dévoiler la prochaine sortie qui se prépare (hé hé) mais la direction artistique est tout à fait liée à celle de Poutrasseau.
C’est-à-dire que grossièrement on se concentre sur des groupes originaux qui jouent du Rock au sens large (Psyché, Hardcore, Noise, Sludge, Garage, Stoner…). Du lourd.

Photo prise par Marine Neyssensas

Wombat Cult : Bien avant d’être un label Poutrasseau était une association spécialisée dans l’organisation de concerts, de belles dates ont vu le jour.
Plusieurs d’entre vous sont étroitement liés à ce nom qu’est Poutrasseau, qui est bien plus qu’une association, nous pourrions presque parler de communauté, pouvez-vous nous éclairer sur la question ? Qu’est ce que l’entité Poutrasseau ?

Antoine : Poutrasseau est avant tout un groupe d’amis qui ont une passion commune pour la musique lourde et électrique.
Il est également vrai qu’une certaine esthétique sonore ressort des groupes de Poutrasseau, ainsi qu’une envie de faire de la musique le plus sérieusement possible à notre échelle.

Étienne : Je pense qu’avant de voir Poutrasseau comme une entité avec des barrières stylistiques, on retrouve une idée de base : l’important c’est le rock, c’est faire avec les moyens du bord parfois, mais te donner à fond pour que ça soit le mieux possible avec ce que tu as au moment présent. C’est l’esprit de convivialité, le partage autour de concerts, d’événements et faire découvrir plein d’univers musicaux au plus de personnes possible.

Mat : J’ai envie de dire que… Poutrasseau est une de mes plus belles raisons de vivre 🙂 Organiser des concerts qui poutrent avec ses meilleurs amis, que demander de plus ? Poutrasseau c’est la force, le Rock et beaucoup d’amour.

Wombat Cult : Nous venons tout juste de clôturer 2020, et au vu des diagonales de genre que compose votre formation, il serait intéressant de connaître les albums qui ont retenu votre attention. C’est à vous !

Antoine : En debut d’année le nouvel album de Igoor ainsi que celui de Slift ont réussi à me transporter, à part ça j’ai beaucoup apprécié l’EP du groupe de hardcore de Philadelphie Soul Glo (ça dure 11 minute ça va vite, ça détend) Whealfall et Freeze Corleone m’ont régalé en fin d’année.

Étienne : Difficile de dire précisément quels albums de 2020 j’ai écouté, encore moins dans le style. J’écoute beaucoup de genres différents, 2020 a été une année où j’ai beaucoup expérimenté en musique et j’ai élargi au maximum mes horizons musicaux, donc te dire un projet en particulier serait inapproprié.

Mat : Il y a eu de belles sorties chez les copain.ine.s ! Je pense à Toru qu’on avait déjà fait jouer avec Poutrasseau à La Matrice c’était vraiment super (on aurait dû les refaire jouer en Décembre mais ça a dû être annulé) ; Beesus (avec qui on aurait dû partager la scène pour fêter la sortie de notre EP en Avril…) ; Concrete Mountain (qui nous ont tellement fait kiffer au Gouha Rock Fest !) ; First Came The Shadow ; Mindhoney ; Hadewijch et enfin, même si ce n’est pas un album, lors du 1er confinement Manu a partagé une espèce de collab avec trois enregistrements de Drone / Ambient improvisés où donc Manu, avec son projet Hemene, participe, mais aussi Héloïse guitariste dans Toru et un random guy qui s’est joint à eux. J’ai trouvé ça bien cool ! Autant le concept que le résultat ! C’est écoutable sur Soundcloud sous le nom Rituels Virtuels, “Nice Spanish Lion #4”.
En moins underground il y a bien « Ummon » de Slift qui casse des culs et que j’aimerais vraiment voir en live, « EP » de Korto est très sympa (même si je préfère l’album d’avant), le dernier Elder, « Omens » ne m’a pas énormément marqué contrairement à leurs albums précédents (je m’attendais à autre chose) mais ça reste un groupe que je voudrais revoir en live, sinon il y a le dernier album de The Ocean qui est pas mal !
Enfin, je kiffe bien “Lament” de Touché Amoré, groupe que j’ai découvert grâce à ton top, merci !

Do : Alors au niveau des groupes de 2020, je suis quasi 100% d’accord avec Mathéa haha ! En dehors de ça j’ai découvert des sons super cool qui m’ont beaucoup influencé musicalement comme Thee Oh Sees que j’avais d’ailleurs vu au Pointu Festival de 2018, Ghost Frog notamment leur dernier album “Astral arcade” ou le dernier album de King Krule :“Man Alive”.

Wombat Cult : 2021 est là, dans une période semblant sans lendemain, mais dans laquelle il nous faut penser l’avenir, que souhaiteriez-vous que cette année, aux senteurs apocalyptiques, apporte à Spiralpark ?

Antoine : Des concerts, des bières et du partage. Bisous Quentin, merci beaucoup de nous avoir accordé cette interview.

Do : Bah bien évidemment des concerts … même si ça n’a pas l’air gagné ! On compte mettre à profit tout ce temps pour composer et s’améliorer sur les techniques ! Un énorme merci à toi Quentin pour tes questions super intéressantes, prends soin de toi.

Étienne : Si on peut juste se produire un minimum, répéter et sortir un nouvel album ça sera déjà pas trop mal. Je sais que ça paraît assez pessimiste, mais je préfère voir mes attentes à la baisse pour ne pas être déçu, j’espère cependant être agréablement surpris.
Un grand merci pour l’interview, en espérant se croiser pour apprécier le rock comme au bon vieux temps.

Mat : DES CONCERTS ! Oui ce serait bien de pouvoir faire une tournée avant de sortir un nouvel album. Revoir notre public, nos potes / connaissances qui nous manquent mais aussi découvrir d’autres personnes, d’autres endroits, faire le Rock.
Puis voilà on espère sortir un nouvel album qui ne pourra qu’être meilleur étant toujours en quête d’améliorer notre son. Et plus particulièrement de mon côté parce que je change de synthé principal ! (+ il est fort probable que d’autres petits synthés se rajoutent au délire.)
Merci pour tout Quentin ! La bise de loin.

Pour découvrir et soutenir Spiralpark :

Artwork by Loïc Delucis and Mathéa Fieschi

ENGLISH VERSION:

Since some years an interesting scene is growing in the South East of France around the Poutrasseau association with Wormsand, Toru, Namjera, Carivari and many bands that play a nervous and new vision of the Rock industry, where DIY, raw strenght, energy, fuzz and love are the main words.
Today Wombat Cult invites one of them, Spiralpark, first act in the new label Poutrasseau Records. The band melt an ocean of sonorities between Psych Rock to Doom via a Surf Rock riffs machine style with a fantastic coherence.
Come discover this underground act which will plow your mind.



Spiralpark is a project that brings together many famous faces from the underground scene of the South-East of France, and several members of Hardcore Crusty group.
How did your decision to create Spiralpark take shape? What did the project take place?

Antoine: Naturally, we were used to playing together in the past. Crusty stopped, so we decided to put together a new project more psychedelic, more garage, leaving aside the hardcore vibes thanks to the clear Dorian vocals.

Do: From the moment I started making music, forming a band was my main goal.
Long before Spiralpark, I had the opportunity to meet musicians with whom the project of forming a band had started but without concrete follow-up.
After I got to know Mathéa during my civic service at Agora Côte d´Azur, the current has immediately passed both on a friendly and musical level.
Since then I was able to join the group of friends in which Antoine and Etienne were.
In November 2018 the musical project took shape, and has been for more than two years now!

Étienne: First of all, Crusty played a lot, three of the band members were inside, so it allowed us to have a base, we were already used to playing together, and therefore had this advantage.
Regarding Do, we already knew each other before the band, so when someone came to me to offer to join the training, I jumped on the occasion. Especially since I had no band at the time and the project plugged me.

Mat: Ha ha, it happened quite instinctively. As Do mentioned, we we met on the Radio. We immediately hooked, being passionate about Rock all both.
I introduced him (or represented) to my friends including Antoine and Etienne with whom, indeed, I was already playing the guitar in Crusty (my first band).
Do, having never really had a band, he suggested create one with synths and lots of fuzz. Here begins Spiralpark!

The soundscape of Spiralpark is particularly vast, it eludes all classifications as the sound ensemble, relatively labyrinthine, allows the group to free itself from borders, sometimes jails, inherent in certain genres.
How could you present your project?

Antoine: Spiralpark is indeed a mixture of many genres and subgenres. Dorian has more psychedelic influences, while for my part I have influences more geared towards more aggressive styles of music like Sludge or Hardcore Metal.
Therefore, Spiralpark is a mixture of many influences related to alternative rock of the 90s and 70s prog bands.

Do: I am self-taught since I was 14, when I started music, everything spotty of buttons in my room, my ideas for compositions always come by asking me with my guitar looking for a cool sound! As soon as it sounds good I tend to turn it in all directions, to distort it, to flesh it out until it reaches a melodic base which then allows us to compose with all the instruments during rehearsals!

Étienne: I think that with the difference in musical tastes, the result could only to follow. Each of us has explored such varied musical universes that we can find influences of styles that would have nothing to do with music that has been called in a style (psyche garage), but which in the end tries as much as possible to free itself codes.
We play rock music because we love rock in many forms and because that this is the style that suits us, artistically, but also the way of life that resulting.

Mat: It’s true that the four of us have very different influences. For my part I listen really anything as long as it inspires me, touch my sensitive little being! I obviously have some preferences and genres that have marked me more due to my parents who have always listened to rock from the 50s to the 90s.
More specifically, I fall i love with piano from the age of 6 and also of the organ sounds that can be heard in the genera Psyche, Prog etc.
As for my love for Garage Rock, it happened later when I was 14 and that’s where I started hanging out with the « known heads of the underground scene of the South-East of France ”including Manu, Clément, Etienne, Diogo and others.
So I would say our project is just to have fun making music that drives us!

The composition is quite atypical as it is revealed hermetic, sometimes even very raw, garish, during the first segments of the EP, to finally come and embrace, carry us in mazes where the fuzz seems to bounce on the slightest textures sound.
How do you proceed in your compositional process, to succeed in marrying these many influences, references, while keeping an expression of your own?
Do you go through wild phases of jams, or all this is finely calculated, prepared so as not to leave room for random mixtures?

Antoine: There is no set rule, however Dorian arrives at each new rehearsal with new ideas, we instinctively jam over them in order to experience the most possible before making a decision on the composition. It is not finely calculated but does not depend on chance either, it is above all about experimenting until we have a result that satisfies us.

Do: Of course music is a passion and leaves place for a lot of imagination with jams we do during the composition!
In addition, passion necessarily melts our influences, the music that inspires us and which we would like to bring closer together in the sounds or even in the atmosphere that they offer to the public.
By taming ourselves musically, we found a certain osmosis which allows us to break free from the boundaries of sonorities and instead achieve an endless labyrinth of melodies and imagination.

Étienne: Even if the project knew where it wanted to go, we still took some time to find the right formula. We spent a lot of rehearsals just finding the good lines of work, good composition recipes.
Afterwards I think we come from far away at this level, but we still have a long way to go before we find the « right one method « , and it’s super satisfying to see the progress as you go. Actually, we are just fine-tuning that, and finding the right way for the songs, to define from the start where we want to look, to go deeper.

Mat: Sometimes we jam but most of the time Do brings ideas to riffs, Antoine very quickly manages to set a slamming rhythm, then Etienne and me let’s add ourselves by trying to harmonize everything as best as possible. Etienne and Antoine, having more experience, they have an easier way for structure a song.
Do always has lots of ideas to propose. For my part I work a lot on my side to try to find cool melodies that stick. As for the lyrics, the majority come from the imagination of Do who are then corrected by various friends including JB, Aless, Chloé G and Chloé F. I take this opportunity to thank them again!

Picture taken by Marine Neyssensas

Wombat Cult: Where did you, and under what conditions, record your EP?

Do: Not all the EP was recorded in the same place. Suddenly, the bass and the drums have were recorded at the Phebe’s studio, which we would like to thank again for their support for our first time in a studio!
The synth was recorded in our rehearsal room at Roquebrune-Cap-Martin by Manu who also recorded guitar and vocals as well as that Etienne and Mathéa.
All the vocals and guitar parts were done by Clément, founding member of the Poutrasseau association.
I still want to thank them for having worked with us on this EP.

Antoine: Do said everything but thank you very much to the Phebe’s studio for the help and
allowing us to record the EP on a Gretsch super kit.

Étienne: The recording sessions took place between December 2019 and January 2020.
We were lucky to have great opportunities and to have access to equipment that we would have never been able to afford, and for that alone I can never thank enough everyone who has contributed, near or far.

Mat: As Étienne said, our first EP finished being recorded in January 2020. Very difficult time for the members and the public of Poutrasseau, because this is where Jean-Louis has passed away. A major player in the musical culture of our region, it is thanks to him that we are here today, especially with the association but also many groups including Wormsand who have learned a lot from him. This moment of mourning and « birth » (of the EP) will remain forever marked in our minds.
I would also like to thank Manu, Clément and the Phebe’s studio for their trust and their help.

Wombat Cult: I was talking some time ago with Manu, who took care of your mix. We came back to the fact that the singing part is very far behind unlike the instruments, as a end-to-end approach from the 90s when the voices were at the same level as the instruments, here you extend the process by indenting the voice as a echo, a word from the subconscious. What is the reason for this singular decision to say the least?

Antoine: As you said, receding vocals are a code in 90s rock the band is sensitive to this kind of inspiration.
It was natural for us to take this direction in the mix.

Do: When recording the vocals and choosing the effects (reverb, delay and radio) the decision has been placed under the sign of the experience of what this could give in a mix. This dimension, which is akin to the style of the 90s, corresponded to what we were planning in terms of sounds for our first EP and we’re proud of it!
The entire EP has its own universe which has obviously evolved to give way today to new compositions but also to multiple modifications on songs from the EP, especially vocals. Indeed, today my voice is a full-fledged instrument to which I let a more assured place which allows it to constantly evolve.

Étienne: Too much space for the voice, is not enough space for the other instruments. Putting an instrument in front of others is not really the approach we have of our music. The goal is the whole and not highlighting just one side of everything a process of composition, which in the end sounds better as a whole than as several entities that coexist without complementing each other.

Mat: Hmm I would also say it’s because we don’t want to go in a Pop way but more Rock, Noisy. The song « Decision » had just that side that we didn’t like not too much (we never played it live again).

Wombat Cult: Your artwork is quite unique, and somewhat addictive in its acidic tones.
What was the process of creating the latter?

Antoine: Our artist friend Loïc has an impressive collection of psychedelic and confusing creatures in his notebook. We had a small concept at the start: that of a pocket with a labyrinth.
Loïc has a very personal graphic touch, for this which is colorization Mathéa succeeded in making the cover super attractive, this is a participatory work, I am very happy with the rendering!

Do: This artwork starts off with a concept that I imagined and then shared with Antoine, Etienne and Mathéa to be able to realize it. It is an anticipation of the concept that will follow and which remains secret for the moment!
This concept is quite deep and its illustrations let your imagination running wild!

Étienne: The idea was to make an original cover, with a labyrinth and some psych influences.
When looking for ideas to add detail and catch the eye of people on the cover, we quickly thought of Loïc, given that we knew what he was able. We proposed to him, and he was thrilled with the idea, so he made this drawing that matched exactly with the idea that we had.
Mathea is responsible for color and layout, something she masters given his experience with Poutrasseau, and the result is more than satisfactory.

Mat: Well, personally I would have liked to make the artwork from A to Z, but at this moment, I had a food job that took too much energy. So we have thought about Loïc, a long-time friend and very talented designer.
We agreed on the inlay of creatures, already created by Loïc Delucis, in a labyrinth with a strange desert and a black hole in the background because … that’s what our music inspired us!
Loïc executed our idea very well.
I took care of the colorization of his drawing (which Illustrator vectorized) in Photoshop. The choice of colors was made with the whole band. And for the fonts I was advised by a good friend, Claire, whom I also thank!

Wombat Cult: Your album was released on the Poutrasseau Records label, and you are the first release, can you present us this new label, but also its future artistic direction?

Antoine: The artistic direction of Poutrasseau is simple, it is to make Rock or derivative music but in a personal way, we want that the bands have their own identity.

Do: As Antoine says, Poutrasseau still simplicity, passion, sharing and mutual support for the realization of musical projects as a pillar.
The goal is to put lights on bands in our region or elsewhere and grow together!

Mat: The idea for the Poutrasseau Records label was born during the first confinement, when the Poutrasseau team was looking to … survive.
Because yes, we could no longer organize concerts (well I’m talking about the past tense but unfortunately it’s still relevant today) and that’s how we said to ourselves that it could be a good thing to set up our label.
First, start by making the small groups known internally and then develop more and more the association, our skills and of course the discoveries!
For the moment I cannot reveal the next release which is being prepared (hey hey) but the artistic direction is completely linked to that of Poutrasseau. That is to say that roughly we focus on original bands that play Rock in a large sense (Psyche, Hardcore, Noise, Sludge, Garage, Stoner …). Be sure it will be Heavy.

Picture taken by Marine Neyssensas

Wombat Cult: Long before being a label Poutrasseau was an association specializing in the organization of concerts, some great dates have emerged.
Several of you are closely linked to the name Poutrasseau, which is much more than an association, we could almost speak of community, can you enlighten us on the question? What is the Poutrasseau entity?

Antoine: Poutrasseau is above all a group of friends who have a common passion for heavy and electric music. It is also true that a certain sound aesthetic emerges from Poutrasseau’s bands, as well as a desire to make music as seriously as possible on our scale.

Étienne: I think that before seeing Poutrasseau as an entity with stylistic barriers, we find a basic idea: the important thing is Rock.
It is the spirit of conviviality, sharing around concerts, events and making discover many musical universes to as many people as possible.

Mat: I want to say that … Poutrasseau is one of my best reasons for living.
Organizing concerts that beam with his best friends, what more could you ask for? Poutrasseau is the strength, Rock and a lot of love.

Wombat Cult: We have closed 2020, and given the genre diagonals that make up your training, it would be interesting to know the albums that caught your attention.
It’s yours !

Antoine: At the start of the year Igorrr’s new album as well as Slift’s UMMON were able to transport me, apart from that I really enjoyed the EP of the Philadelphia Hardcore band Soul Glo (it lasts 11 minutes it goes fast , it relaxes).
Whealfall and Freeze Corleone delighted me at the end of the year.

Do: So 2020, I almost agree 100% with Mathéa! Apart from that I discovered super cool sounds that have influenced me a lot musically like Thee Oh Sees that I had seen at the Pointu Festival in 2018, Ghost Frog in particular their last album “Astral arcade” or the last King Krule album: “Man Alive”.

Étienne: It’s hard to say exactly which albums from 2020 I listened to, let alone in style. I listen to a lot of different genres, 2020 has been a year where I experimented a lot with music and broadened my musical horizons as much as possible, so telling you about a particular project would be inappropriate.

Mat: There were some great releases from friends! I think about Toru that we had planned with Poutrasseau at La Matrice and that it was really great; Beesus (with whom we should have shared the stage to celebrate the release of our EP in April …); Concrete Mountain (which we loved so much at Gouha Rock Fest!); First Came The Shadow; Mindhoney; Hadewijch! ; but also even if it’s not an album but, during the 1st confinement Manu shared a kind of collab with three musicians Drone / Ambient recordings where Manu, with his Hemene project, participates, but also Héloïse guitarist in Toru and a random guy who joined them. I thought it was very cool! Both the concept and the result! You can listen to it on Soundcloud under the name Rituels Virtuels, « Nice Spanish Lion # 4 ».

In less underground there is indeed « Ummon » of Slift which breaks ass and which I would really like to discover live, « EP » of Korto is very nice (even if I prefer the album from before), the last Elder , “Omens” didn’t impress me much unlike their previous albums (I expected something else) but it’s still a band that I would like to see live again, otherwise there is The Ocean’s last album which is not wrong !
Finally, I really like “Lament” by Touché Amoré, a bandthat I discovered in your 2020 top, thank you!

Wombat Cult: 2021 is here, in a period that seems without tomorrow, but in which we have to think about the future, what would you like this year, with its apocalyptic scents, to bring to Spiralpark?

Antoine: Concerts, beers and sharing.
Kisses Quentin, thank you very much for giving us this interview.

Do: Well obviously concerts … even if it does not seem won! We intend to use all this time to compose and improve on the techniques!
A huge thank you to you Quentin for your super interesting questions, take care of yourself.

Étienne: If we can just perform as little as possible, rehearse and release a new album, that won’t be too bad. I know it sounds pretty pessimistic, but I prefer to lower my expectations so as not to be disappointed, however hope to be pleasantly surprised.
Many thanks for the interview, hoping to cross paths to enjoy rock like the good old days.

Mat: CONCERTS! Yes it would be nice to be able to do a tour before releasing a new album. See our audience, our friends who we miss but also discover other people, other places, to Rock.
Then here we are hoping to release a new album that can only be better as we are always looking to improve our sound. And more particularly on my side because I’m changing the main synth!
Thanks for everything Quentin! The breeze from afar.

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