Wombat Interview #16 – Kavrila

The interview is available in French and English. The English version is after the french, scroll it and dig it like a wombat.

VERSION FRANÇAISE :

Kavrila, formation originaire d’Hambourg, officie depuis quelques années dans un magma à la rencontre des territoires soniques entre Sludge, Heavy Metal, Doom, et un on ne saurait quoi de Death Metal.
Après avoir déversé sa colère sur deux EP de la série « Rituals », le groupe vient mettre fin dans un chaos pour le moins excitant, où les os viennent se broyer au rythme des quatre morceaux présents, tous plus rageurs, frontaux et sans pitié les uns que les autres.
Wombat Cult a traversé la ligne Maginot, entre deux ogives nucléaires et quelques corps célestes pour rencontrer la formation qui fera plier votre cellule MM.

Wombat Cult : Salut Kavrila, Cela fait déjà quelques années que je suis vos sorties avec intérêt. La sortie de ce troisième EP, tout bonnement fascinant, m’a poussé à vous écrire pour partager quelques instants avec vous.
Pouvez-vous faire la lumière sur votre formation, vous présenter ?

Kavrila: Bonjour ! Merci pour l’interview mec.
Nous avons fondé le groupe en 2016 et créé le premier EP assez spontanément. J’ai connu notre batteur Miltos bien avant que Kavrila ne prenne vie. Un jour, il m’a montré des démos et je les ai absolument adorées.
Comme je suis également batteur et que je n’ai jamais chanté auparavant, je me suis lancé dans cette direction et RITUALS I est né quelques mois plus tard. Nous n’attendions rien de particulier de ce premier EP, mais les premiers retours ont été très bons et nous ont permis de continuer.
De plus, nous nous sommes beaucoup amusés avec ce nouveau projet qu’est Kavrila et les concerts. C’était dangereux, frais et excitant pour nous et cela l’est encore.

« Blight », premier album / Artwork by Philipp Igumnov

Wombat Cult : Depuis 2016, Kavrila a sorti 3 EP, la trilogie Rituals, et un album du nom de «Blight ».
Pouvez-vous revenir sur la dissociation à opérer entre les expérimentations de Rituals et la sortie de Blight ?
Devons-nous les voir comme la continuité d’un même propos, ou plutôt à la manière de deux pistes d’expérimentations parallèles ? 

Kavrila : L’idée des trois EP est venue très tôt. Nous avons aimé l’idée d’écrire 4 à 5 chansons qui représentent notre humeur et notre approche actuelles afin de les utiliser comme une véritable transposition émotionnelle. Pas trop intellectuel, juste une émotion pure qui prend forme dans une musique et des paroles intenses.
De plus, nous pensions que proposer un voyage musical avec cette trilogie qu’est Rituals serait génial, une sorte de voyage dans nos âmes.

Un album est un animal différent cependant. Bien sûr il y a plus de chansons mais aussi une trame narrative qui mène aux chansons, aux paroles, aux illustrations et à la dramaturgie souhaitée.
En fin de compte, il s’agit d’une approche plus profonde de ce qu’étaient les EP, moins primitive, soudaine.
Néanmoins, ces deux options d’expression nous gardent concentrés et affamés.

Wombat Cult : Lors de nombreuses conversations ou lectures d’articles, la comparaison avec vos collègues nationaux Mantar est faite.
Bien qu’appréciant le groupe originaire de Brême, je trouve que Kavrila va dans une direction qui diffère. La classification à travers la dénomination Mantar pour le dépassement des paysages musicaux gravitant autour du Sludge me perturbe.
Comment qualifieriez-vous Kavrila dans cette optique de classification des genres ? Pouvez-vous décomposer les influences qui ont fait naître votre vision si singulière des musiques dites extrêmes ?

Kavrila : Les gens aiment comparer les groupes et ont besoin de segmenter ce qu’ils écoutent en genres et autres merdes, un comportement tout à fait normal. Et bien sûr, la classification Mantar est compréhensible jusqu’à un certain point. Mais je pense que ce n’est qu’une première réflexion et une conclusion inachevée.
Je suis d’accord avec toi, nous allons dans une direction différente et je suis sûr que la plupart des gens qui nous donnent une chance le découvriront quand ils examineront notre musique et notre univers.

Nos influences viennent de plusieurs directions. Je pense que notre principale raison de jouer cette musique est d’exprimer certains sujets qui sont difficiles à mettre en mots. Evidemment, nous sommes tous fans de musique Heavy et de nombreux genres musicaux qui y sont liés en général.
Je suis sûr que cela se répercute également dans notre son, mais comme je l’ai dit, nous recherchons avant tout l’intensité, la véracité et l’énergie qui traversent quatre individus avec pour résultat une expérience cathartique.
Pour nous et les auditeurs.

Picture taken by Michael Nehrmann

Wombat Cult : Tout au long des trois EPs « Rituals » vos sonorités n’ont cessé d’évoluer, la qualité sonore s’est affinée tout en gardant ce grain, cette crasse si envoûtante de la scène underground. Vous faîtes parti des groupe qui jouent sur les nuances et travaillent constamment leurs sons, leurs approches. Vous ne stagnez à aucun moment et les sorties sont de plus en plus belles.
Comment avez-vous travaillé au fil des ans pour passer de cette approche rugueuse, aux sonorités hardcore de « Rituals I » jusqu’à vous retrouver aujourd’hui dans une dimension plus tournée vers le Death Metal « Mélodique » ? Quelles rencontres, expérimentations, lumières, vous ont guidé dans cette direction ? 

Kavrila : Merci! La stagnation, c’est la mort.
On doit rester intéressé et ouvert à nous-même et à l’approche de la musique que nous jouons.
Quand vous jouez simplement et essayez de copier des trucs qui ne viennent pas vraiment de vous en tant que musicien, les gens vont l’entendre, à mon avis. Ce n’est pas sincère. Nous essayons donc d’être très honnêtes les uns envers les autres et de rester curieux de ce qui peut sortir de chacun de nos esprits avec spontanéité.

Wombat Cult : La qualité sonore de Rituals III est déconcertante, tranchante et percutante.
Où avez-vous enregistré et dans quelles conditions ?

Kavrila : Nous l’avons enregistré nous-mêmes dans notre salle de répétition, ainsi que les trois EP et l’album également.
Miltos est l’homme derrière les enregistrements et le mixage. Il a également évolué au fil des ans et a encore fait un excellent travail.
En ce qui concerne le son, les chansons ou les paroles, tout le monde est impliqué et chaque opinion compte. Nous avons tous une vision et une sensation assez claires de la façon dont ce groupe devrait sonner au moment où nous enregistrons ou écrivons.
Cependant, nous expérimentons des choses et restons aventureux.

Wombat Cult : Les thématiques que vous abordez avec Kavrila semblent graviter vers la fin des civilisations, l’écroulement de l’humanité telle que nous la connaissons au-delà des guerres et du temps, au cœur d’une dimension nihiliste totale.
Pouvez-vous nous éclairer sur le procédé d’écriture des textes, ainsi qu’autour du message que vous souhaitez délivrer ?

Kavrila : Il n’y a pas vraiment de message derrière nos morceaux. Il s’agit plus d’histoires que de prêcher la « bonne parole ». Les paroles sont la plupart du temps très personnelles mais laissent aussi une certaine place à vos propres interprétations.
Pour moi, c’est difficile d’écrire sur des trucs inventés. Ce doit être quelque chose qui m’est arrivé dans la vie ou que j’ai observé quelque part.
Notre bassiste Daniel m’aide beaucoup tout au long du processus d’écriture et de finalisation pour trouver la bonne tonalité et les mots justes pour ce que je veux livrer. Il s’identifie à beaucoup de choses qui se passent dans ma tête.

Wombat Cult : Les trois artworks de la trilogie Rituals ont été réalisés par Philipp Igumnov. Elles sont à la fois effrayantes et obsédantes. On y traverse d’un EP à l’autre le temps, l’histoire, les croyances mais aussi le passage invisible entre la vie et la mort. Un passage autour de l’entre-monde ésotérique qui se juxtapose avec d’une part le réel et d’autre part l’au-delà.
Comment s’est organisée la réalisation de ces artworks ? Selon quels procédés ? Accompagnez-nous dans la lecture symbolique de vos visuels.

Kavrila : Tes questions sont des analyses critiques mec, génial.
Alors que nous terminions Rituals I, j’ai cherché une illustration de couverture appropriée sur Internet et je suis tombé sur les œuvres de Philipp Igumnov. Elles nous ont totalement époustouflés dès le début. Il y a une certaine obscurité et beauté en même temps. Ses collages ont quelque chose que je n’ai jamais vu auparavant.

Juste de la magie noire transformée en graphisme et parfaitement adaptée à notre musique. L’ambiance générale soutient parfaitement la musique. Lors de la clôture du premier EP, je lui ai juste demandé si nous pouvions utiliser une toile.
Je lui ai envoyé la musique, il l’a aimée et nous a donné la permission. C’était à peu près la même chose avec le deuxième et le troisième.
Nous voulions qu’il crée une ligne rouge pour les trois EP.

La lecture symbolique est quelque chose que les gens doivent travailler pour eux-mêmes, nous ne voulons pas donner trop de directives. Nous préférons laisser la musique et les visuels parler d’eux-mêmes.

Wombat Cult : Rituals III vient de sortir chez Nashardaa Records. Le label commence à apparaître un peu partout avec des sorties éclectiques telles que Durga, Codeia, Toundra ou encore Respire.
Comment votre passage chez ce nouveau label s’est-il déroulé ? Comment les avez-vous rencontré ?

Kavrila : Après les deux premiers EPs et la sortie de l’album sur Backbite/Hand Of Doom Records, nous voulions essayer quelque chose de différent avec Rituals III. Nous avons cherché d’autres labels qui avaient un line-up intéressant et une approche passionnée. Nous avons envoyé notre musique à des labels que nous aimions beaucoup.
L’un d’eux était Narshardaa.

André , l’homme derrière le label, a répondu très rapidement. Il était totalement à fond dans notre vision. Nous avons eu de longues conversations et avons eu un très bon feeling depuis le début.
Nous sommes très heureux de cette collaboration. Il est très dévoué quand il s’agit de ses sorties et nous attendons avec impatience la prochaine avec lui. Nous souhaitions juste trouver les bonnes personnes, celles qui comprennent nos idées, et sont ouverts à notre façon d’être un groupe.

Wombat Cult : Nous sommes dans des mois assez complexes, où la musique survit difficilement loin des scènes et du public.
Comment résistez-vous ? Que se passe-t-il chez Kavrila durant cette longue traversée du désert ?

Kavrila : Nous avons essayé de rester créatifs et avons continué à écrire de la musique. Nous avons également essayé de rester en contact avec nos fans et avons fait une « Distance Tape » avec notre petit projet Black Metal Alirvak.
En plus des chansons, nous avons enregistré des messages personnels pour tous ceux qui ont commandé une cassette et les ont mis sur la face B. Des trucs comme ça pour couvrir un peu les frais de fonctionnement et rester proche en ces temps distanciels, enfin vous savez.

Wombat Cult : Nous avons terminé ce premier semestre 2021, et des dizaines d’albums fascinants ont vu le jour.
Pouvez-vous revenir sur ceux qui vous ont le plus marqué ?
 

Kavrila : Bien évidemment, voici une liste de ce que nous écoutons et apprécions actuellement. Il ne s’agit pas seulement d’albums sortis en 2021.

Andreas:
Ossaert – Pelgrimsoord
Suffering Hour – The Cyclic Reckoning
Fear Factory – Aggression Continuum

Miltos:
Rotting Christ – The Heretics
New Model Army – From Here
At The Gates – The Nightmare Of Being

Daniel:
Run The Jewels – RTJ4
Honeyhoney – 3
Gary Clark Jr. – This Land

Alex: 
Eyehategod – A History Of Nomadic Behaviour
Conway The Machine – From King T A GOD
Gulch – Impenetrable Cerebral Fortress

Pour soutenir et découvrir Kavrila :



ENGLISH VERSION :

Kavrila, from Hamburg, is working since a few years in a magma at the meeting of sonic territories between Sludge, Heavy Metal, Doom, and a nobody knows what of Death Metal. After having poured out their anger on two EPs of the serie « Rituals », the band comes to end the trilogy in a chaos for the less exciting, where the bones come to crush to the rhythm of the four pieces of the EP, all more angry, frontal and without mercy.
Wombat Cult dug the Maginot Line, between two nuclear warheads and some celestial bodies to meet the formation that will bend your MM cell.

Wombat Cult: Hello Kavrila, I follow your works with interest since a few years now.
The release of this third EP, which is simply fascinating, prompted me to write to you to share a few moments with the band.
Can you enlighten us, tell us your story?

Kavrila: Hi there! Thank you for the opportunity man.
Well, we founded the band back in 2016 and created the first EP pretty spontaneously. I knew our Drummer Miltos quite some time before Kavrila got to life. Someday he showed me some demos and I absolutely loved them.
As I am a drummer as well and never sang before, I’ve thrown myself into it and RITUALS I was born a couple of months later. We waited nothing about this firt release, but the first feedback towards the band was very good and let us kept going.
Also, we had so much fun with this new band and the live shows. It was dangerous, fresh and exciting for us and still is to this day.  

« Blight », first album / Artwork by Philipp Igumnov

Wombat Cult: Since 2016, Kavrila has released 3 EPs, the Rituals trilogy, and an album called “Blight”.
Can you come back to the dissociation between the experiments of Rituals (EP trilogy) and the release of Blight (First album)? Should we see them as a continuation of the same subject, or rather as two parallel ways, doors, around Kavrila philosophy?

Kavrila: The idea of three EPs came very early. We liked the thought to write 4 to 5 songs which represents our current mood and approach to this band or use it as an actual emotional output. Not too overly intellectual, just pure emotion forged to intense music and lyrics. Also, we thought it would be great to have some musical journey at the end with all three parts told.
An album is a different animal though. Of course, more songs but also an overall theme which leads to the songs, lyrics, artwork and dramaturgy. In the end more of everything and a deeper approach of what the EPs were about. These two output options keeping us focused and hungry. 

Wombat Cult: During many conversations or article readings, the comparison with your national Mantar colleagues is made.
Although I like the band from Bremen, I find that Kavrila is going in a different direction. The classification through the name Mantar to definite the musical soundscapes who goes beyond Sludge disturbs me.

How would you qualify Kavrila in this perspective of genre classification?
Can you bring us the influences that gave birth to your singular vision of music?

Kavrila: Well, people like to compare bands and need to stuff you in genres and shit – totally normal behaviour. And of course, the Mantar classification is comprehensible to a certain point. But I think this is just a first thought and unfinished conclusion.
I agree with you that we’re going in a different direction and I’m sure most of the people who give us a spin will find out when they look into the music and everything a little deeper. Our influences come from many directions. I think our main reason for playing this music is to express certain topics which are hard to put in words. Sure, all of us are fans of heavy music and many of music’s genres in general. I’m sure these flows into our sound as well, but as I said, first and foremost we’re looking for intensity, truthfulness and energy running through four individuals with the result of being a cathartic experience.
For us and the listeners. 

Picture taken by Michael Nehrmann

Wombat Cult: Throughout the three Rituals EPs your tones have continued to evolve, the sound quality has been refined while keeping that grain, that haunting grime of the underground scene.
You are part of the bands who play on nuances and constantly work on their sounds, their approaches.
You don’t stagnate at any time and the releases are more and more beautiful.

How have you worked over the years to move from this rough approach, with the hardcore sonorities of Rituals I, until you find yourself today in a dimension more turned towards « Melodic » Death Metal?
What encounters, experiments, lights have guided you in this evolving horizon?

Kavrila: Thanks! Stagnation is death.
You have to stay interested and open to yourself and your approach to the music you play. When you just play along and try to copy some shit that’s not really from yourself as a musician, people will hear that, in my opinion. It’s not sincere.
So we try to be very honest to each other and also stay curious of what may came out of us. 

Wombat Cult: The sound quality of Rituals III is baffling, beautifully sharp.
Where did you record and under what conditions?

Kavrila: We recorded it ourself in our rehearsal room, as all three EPs and the album as well.
Miltos is the man behind the recordings and mixing. He evolved through the years as well and again did a great job. When it comes to sound, songs or lyrics everybody is involved and every opinion counts. We all have a pretty clear vision and feel of how this band should sound like at the moment we record or write.
At the same time we try things out and keep ourselves adventurous. 

Wombat Cult: The themes you dig with Kavrila seem to gravitate towards the end of civilisations, the collapse of humanity as we know it beyond wars and time, at the heart of a total nihilistic dimension.

Can you enlighten us on the process of writing texts, but also around the message you want to deliver?

Kavrila: There’s not really a message behind it, more telling a story than preaching some knowledge with a waving finger. The lyrics are very personal most of the time but also leaving a certain space for your own interpretations.
For me it’s hard to write about made up stuff. It has to be something I came around in life or observe somewhere. Our bass player Daniel is helping a lot throughout the writing and finalisation process to find the right tonality and words for what I want to deliver. He is a native speaker and also can relate to a lot of stuff that goes on in my mind. 

Wombat Cult: The three artworks of the Rituals trilogy were done by Philipp Igumnov. They are both frightening and haunting.
We cross from one EP to another across time, history, beliefs but also the invisible way between life and death.
A passage around the esoteric in-between worlds which is juxtaposed with the real one and the beyond, in a chaotic and hopeless landscape.

How was the drawing sessions of these artworks have been organised?
According to what procedures?
Guide us in the symbolic reading of your visuals.

Kavrila: Your questions are reviews at the same time man, awesome.
As we finished Rituals I, I looked for a fitting cover artwork on the internet and stumbled over the works from Philipp Igumnov. They totally blew us away from the beginning. They have a certain darkness and beauty at the same time. His collages are something I never saw before. Just dark magic turned into graphics and somehow perfectly fitting to our music.
The overall vibe just nails it and supports the music perfectly. The particular piece for the first EP literally jumped in our face so I just asked him if we could use it. I send him the music, he liked it and just gave us the permission.
It was pretty much the same with the second and third one. We wanted him for all three EPs to draw a red line artwork wise as well.

The symbolic reading is something the people should do for themselves, we don’t want to give too many guidelines and let the music and visuals speak for itself. 

Wombat Cult: Rituals III has just been released on Nashardaa Records. The label is starting to appear everywhere with eclectic releases such as Durga, Codeia, Toundra and Respire.

How did your way with this new label go? How did you meet them?

Kavrila: After the first two EPs and the album came out on Backbite/Hand Of Doom Records we wanted to try out something different with Rituals III and looked for some other labels who had an interesting roster and a passionate approach. So we send the music to some labels we liked personally a lot. One of them was Narshardaa. 

André , the man behind it responded very quickly and was totally into it. So we had longer conversations and had a very good feeling since the beginning.  We are very happy with the collaboration. He’s very dedicated when it comes to his releases and we’re looking forward to the next one with him. You just want the right people in your team.
Those who understand your ideas ,approach to music, releasing and are open to your way of being a band. 

Wombat Cult: We are in fairly complex months, where the music hardly resists far from the stages and the public.

How do you resist? What happens to Kavrila during this long journey through the desert?

Kavrila: We tried to stay creative and kept writing music. Also we tried to stay in touch with our fans and did a „Distance Tape“ with our little Black Metal project Alirvak. On top of the songs we recorded personal messages for everyone who ordered a tape and put them on the B-Side. Stuff like that to cover the running costs a little and stay close in these distant times you know. 

Wombat Cult: We have completed this first half of 2021, and dozens of fascinating albums have emerged.
Can you come back to the ones that left their mark on you?

Kavrila: Sure thing, here’s a list of what we love and listened to recently. Not all was released 2021 by the way. 

Andreas:
Ossaert – Pelgrimsoord
Suffering Hour – The Cyclic Reckoning
Fear Factory – Aggression Continuum

Miltos:
Rotting Christ – The Heretics
New Model Army – From Here
At The Gates – The Nightmare Of Being

Daniel:
Run The Jewels – RTJ4
Honeyhoney – 3
Gary Clark Jr. – This Land

Alex: 
Eyehategod – A History Of Nomadic Behaviour
Conway The Machine – From King T A GOD
Gulch – Impenetrable Cerebral Fortress

To discover and support Kavrila:

Wombat Interview #15 – Glass Eye


The English version is just after the French one.


VERSION FRANCAISE :

Loin du Wombat Burrow, en Californie, un projet fou est né, un maelström des genres, une tempête faite de Rock, Progressif et Psychédélique naissant avec Glass Eye.
Nous avons eu l’occasion de rencontrer l’homme derrière ce groupe obsessionnel ! Préparez-vous à une séance de lecture pleine de mystère et de formes curieuses.


Wombat Cult : Glass Eye a commencé à se révéler ces derniers mois à travers les réseaux sociaux, sans dévoiler ses contours, ce qui crée une aura à la fois mystérieuse et attirante .
Quelle est votre histoire? Qui êtes-vous?

Glass Eye : Je suis Febian Perez, je suis l’auteur-compositeur et leader de Glass Eye. Ravi de vous rencontrer aujourd’hui.
J’écris et j’interprète depuis aussi longtemps que je me souvienne. Ayant grandi dans le Bronx, New York m’a exposé à toutes sortes d’art et de musique uniques, de tous les coins du monde.
Mon histoire de base est la suivante: je suis un collectionneur de sons et ma fascination à exploiter mon obsession de découvrir de façonner mon appétit bestial est quelque chose pour lequel je suis infiniment vorace.

Wombat Cult : Le paysage musical à travers lequel vous progressez avec « Somewhere, Nowhere » chevauche le rock progressif et le métal progressif, mais il serait triste de vous placer dans un genre spécifique car il y a tant d’expérimentations. En allant dans un domaine à la limite de l’avant-gardisme, votre proposition mixe le spectre sonore de la scène Shoegaze, mais aussi Psych Rock tout en insufflant une subtile texture jazz pour nous amener à votre titre de clôture «The Frozen Sea» en travaillant autour de variations aux sonorités Free Jazz.
Peux-tu nous guider, mettre en lumière tes influences, les champs musicaux qui t’ont guidé tout au long de la composition de cet album?

Glass Eye : Ma seule influence, autour des concepts de Glass Eye, lorsque j’ai plongé dans la création de cet album était mes propres goûts personnels – qui sont partout. Cette règle m’a permis d’écrire et d’enregistrer de la musique pour moi-même; pour faire quelque chose que j’apprécierais et écouterais.
Musicalement, je me trouve accro à tout ce qui a un côté énigmatique et un groove puissant – qui peut aller d’artistes tels que King Crimson à des artistes comme Radiohead.

Wombat Cult : La qualité sonore de l’album «Somewhere, Nowhere» est fabuleuse. Vous avez réussi à laisser respirer chaque piste instrumentale, laissant à chacun d’eux leurs propres chemins, identités, donnant aux morceaux l’apparat d’une hydre sonore, un labyrinthe où le plaisir de se perdre est immense, où les voix viennent clarifier une nébuleuse obscurité, aux multiples textures.
Où avez-vous enregistré et dans quelles conditions?

Glass Eye : J’ai enregistré l’album dans divers studios à travers les États-Unis – la plupart des enregistrements étant effectués aux Hallowed Halls avec l’ingénieur Jordan Richter. Les conditions, si je me souviens bien, étaient très isolantes et idéales pour le temps dont j’avais besoin, le processus fut extrêmement lent et méthodique.

Wombat Cult : Cela fait presque un an que le groupe est apparu sur les réseaux sociaux, l’envie de vous découvrir s’est éveillée et la campagne promotionnelle de «Somewhere, Nowhere» a commencé.
Cependant, au milieu du chaos culturel de l’année 2020, le public n’a pas pu trouver le moyen d’écouter, de commencer à se familiariser avec votre proposition.
Que s’est-il passé pendant cette longue et difficile année pour Glass Eye?

Glass Eye : Nous sommes restés chez nous. Nous avons apporté beaucoup de travaux de finition à nos compositions nous sommes préparés à la résurgence éventuelle de la musique live.

Wombat Cult: Au sein de votre univers à la fois visuel, mais aussi à travers le titre de l’album et vos chansons, on ressent une adversité, une dichotomie presque tangible dans le rapport entre la beauté, dans sa forme totale, presque chirurgicale, à la limite du paranormal, et le mal, le vice qui est inhérent à cette condition trouvant continuellement la faille pour jaillir comme les cristaux au cœur du visage du portrait sur votre artwork.
Quels concepts et idées vouliez-vous aborder avec Glass Eye? Y a-t-il un message, une envie d’expression autour d’un thème, un sentiment?

Glass Eye : Les concepts de perte, de mensonge, d’obsession, de vanité et de dévotion sont très présents dans mon travail – je désire un art qui est relatif à tous ces domaines mais qui reste pour autant indéfinissable. Je dirais donc qu’il y a un peu de tout cela dans ce que je fais.

Wombat Cult : Votre oeuvre m’a tout de suite séduit, a éveillé ma curiosité et m’a permis d’entrer dans votre album de manière très visuelle.
Comment avez-vous conçu la pochette de votre album? Avec quel artiste avez-vous collaboré? Comment?

Glass Eye : Cela a été fait en interne, de manière collaborative. L’idée était de créer un contraste visuel avec ce que l’on attend du Rock and Roll.

Wombat Cult : D’ailleurs, tout en restant dans le champ visuel de votre album, il y a un vrai contraste entre votre oeuvre et l’image que vous créez sur Instagram ou Facebook. Les photos que vous partagez sont pour la plupart en noir et blanc, où votre couverture est d’un rose pâle envoûtant avec un jeu assez fin autour des couleurs.
Pouvez-vous clarifier cela pour nous?

Glass Eye : L’art de cette version capture l’esthétique conceptuelle globale de la musique, représente le caractère de nos morceaux. C’est coloré, mais menaçant, avec de nombreux tons sous-jacents.

Wombat Cult: Cela fait donc quelques mois que l’enregistrement de « Somewhere, Nowhere » est terminé, les concerts sont rares dans le monde entier.
Avez-vous eu l’occasion d’écrire la suite de ce premier album, des idées pour éclairer l’avenir de Glass Eye?

Glass Eye : L’album à suivre en est aux premiers stades de mixage. Il plonge, la tête la première, dans un vaste océan de sons – fortement influencé par l’essence de nos débuts – mais avec sa propre torsion, tension sonore.

Wombat Cult: L’album sortira au format vinyle, dans quelques semaines, sur le label TDP Incorporated, dont vous êtes la première sortie.
Comment s’est passée votre rencontre avec eux ? Pouvez-vous nous parler de l’esprit de ce tout jeune label ?

Glass Eye : C’était une rencontre fort hasardeuse. Nous sommes tombés l’un sur l’autre par avons instantanément ressenti une connexion et un lien créatifs. Leur esprit est celui de développer l’artiste à son plein potentiel – à travers leur amour et leur souci de la musique, ils ont créé une collection de beaux vinyles et de produits dérivés. J’en suis très fier.

Pour découvrir et soutenir Glass Eye :

ENGLISH VERSION:

Far away from the Wombat Burrow, in California, a crazy is born, a maelstrom of genres, a storm made of Rock, Progressive and Psychedelic magmais birthing with Glass Eye.
We had the opportunity to meet the man behind this obsessive band, prepare you for a reading session plenty of mistery, and curious forms.


Wombat Cult: Glass Eye has started to reveal itself in recent months through social networks, without revealing its outlines, which creates an aura that is both mysterious and attracting curiosity.
What is your story ? Who are you ?

Glass Eye: I am Febian Perez-I’m the songwriter and frontman of Glass Eye. Pleased to meet you today.
I’ve been writing and performing music since as long as I can remember. Growing up in the Bronx, NY exposed me to all kinds of unique art and music, from all corners of the world. My basic story is- I’m a collector of sounds and my fascination to harness my obsession into its own beast is something I am endlessly voracious for.


Wombat Cult: The musical landscape through which you progress with “Somewhere, Nowhere” straddles Progressive Rock and Progressive Metal, however it would be sad to place yourself in a specific genre as there are so many experimentations. By going into a field on the edge of avant-gardism, your proposal mixes the sound spectrum of the Shoegaze scene, but also Psych Rock while instilling a subtle jazz texture to bring us to your closing title “The Frozen Sea” working around variations with Free Jazz sounds.
Can you guide us, shed light on your influences, the musical fields that have guided you throughout the composition of this album?

Glass Eye: My sole conceptual influence when I dived into creating this album was my own personal tastes-which are all over the place. This rule allowed me to write and record music for myself; to make something that I would appreciate and listen to.
Musically, I find myself hooked by anything with an enigmatic edge and powerful groove-which can range from artists such as king crimson to ones like Radiohead. 


Wombat Cult: The sound quality of the album « Somewhere, Nowhere » is fabulous. You have succeeded in letting each instrumental track breathe, leaving each of them their own paths, identities, giving the pieces the pageantry of a sonic hydra, a maze in which the pleasure of losing ourselves is immense, where the voices come to clarify the possible paths and guide us in the heart of this succulent abundance of textures.
Where did you recorded and under what conditions?

Glass Eye: I recorded the album in various studios across the United States-with most of the tracking being done at The Hallowed Halls with engineer Jordan Richter. The conditions, as I remember were very isolatory and ideal for self indulgence-time never mattered, so the process was extremely slow and methodical.

Wombat Cult: It’s been almost a year since the group appeared on social media,  the desire to discover awakened, and the « Somewhere, Nowhere » promotional campaign began.
However, in the midst of the cultural chaos that was the year 2020, the public could not find the way to listen, to begin to familiarize with your proposal.
What happened during this long and difficult year for Glass Eye?

Glass Eye: We have stayed inside-finishing work and preparing for the eventual resurgence of live music. 

Wombat Cult: Within your universe both visual, through your artwork, but also thought through the title of the album and your songs, we feel an adversity, an almost tangible dichotomy in the relationship between beauty, in its total, almost surgical form, bordering on the paranormal, and the evil, the vice that is inherent in this condition continually finding the loophole to spring up like the crystals in the heart of the portrait face on your sleeve.
What concepts and ideas did you want to tackle with Glass Eye? Is there a message, a desire for expression around a theme, a feeling?

Glass Eye: Concepts of loss, lies, obsession, vanity and devotion are very present in my work-I desire art which is relative yet undefinable. So I’d say, there’s a bit of that in what I make. 

Wombat Cult: Your artwork won me over immediately, aroused my curiosity and allowed me to enter your album in a very visual way.
How did you design your album cover? With which artist did you collaborate with? How?

Glass Eye: It was done in house. The idea was to create a visual contrast to what is expected in Rock and Roll. 

Wombat Cult: Besides, while remaining around the visual field of your album, there is a real contrast between your artwork and the image you create on Instagram or Facebook. The photos you share are mostly black and white, where your cover is a haunting pale pink with a fairly fine play around the colors.
Can you clarify this for us?

Glass Eye: The art for this release captures the overall conceptual aesthetic of its music. It’s colorful, but menacing and with many underlying tones.

Wombat Cult: So it’s been a few months since “Somewhere, Nowhere” ended, concerts are scarce all around the globe.
So did you have the opportunity to write the sequel to this first album, any ideas to shed some light on the future of Glass Eye?

Glass Eye: The follow up album is in early mix stages. It dives, head first into a vast ocean of sounds-heavily influenced by the essence of our debut-but with its own twist on the sound.

Wombat Cult: The album will be released in vinyl format on the TDP Incorporated label, of which you are the first release.
How was your meeting with them? Can you tell us about the spirit of this very young label?

Glass Eye: It was a very serendipitous meeting. We stumbled over each other by chance and instantly formed a creative connection and bond. Their spirit is that of developing the artist to their full potential-through their love and care for the music, they have created a collection of beautiful vinyls and merch.

To Discover And Support Glass Eye:

  • https://www.glasseyeofficial.com/
  • https://glasseyeofficial.bandcamp.com/merch
  • Wombat Interview #14 – Wormsand


    The English version is after the French one.


    VERSION FRANÇAISE :

    Depuis déjà trois ans, Wormsand parcourt les routes pour infliger une dose de leur Sludge/Doom puissant, radical, accompagné d’un EP, qui permettait de saisir la proposition, la force mais également les formes nouvelles travaillées avec acharnement pour offrir de nouveaux codes, de nouvelles lectures d’un genre qui semble parfois se mordre la queue.
    Avec Shapeless Mass, leur premier album, le trio du Sud-Est de la France revient justement d’une longue et fascinante année d’expérimentations à la fois sonores et visuelles et parvient à tirer jusqu’à nous les formes disparates, horizons lointains, jusqu’à nos oreilles pour révéler Wormsand à travers un travail d’orfèvrerie rare, faisant briller des facettes insoupçonnées, insoupçonnables, mais pourtant désormais essentielles.
    A la croisée des galeries Wombat Cult en a profité pour échanger autour de ce premier chapitre marquant !

    Wombat Cult : Il y a quelques années, j’ai eu le plaisir d’avoir une entrevue avec deux d’entre vous, Julien (Guitare/Chant) et Clément (Basse/Chant), avec le groupe Clystone. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et vous parcourez les routes de France sous le doux nom de Wormsand, déjà fort d’un EP et vous nous proposez aujourd’hui « Shapeless Mass » votre premier album.
    Pouvez-vous nous présenter Wormsand à la fois au travers de son histoire mais également de sa vision sonore ?

    Wormsand : Tout d’abord salut, c’est un plaisir de répondre à tes questions et avant toute chose on voulait te remercier pour le temps accordé et la pertinence de tes questions. .
    Pour tout te dire, Wormsand est né de la volonté de Ju et Clem de continuer à jouer ensemble suite à la fin de Clystone. Tout en restant dans la sphère Stoner/Fuzz/Sludge, on voulait se donner un peu plus de liberté pour expérimenter et s’affranchir de certains codes pour laisser plus de places à des influences psychédéliques, grunge, post ou, de manière plus générale, liées à un peu tout ce qu’on peut avoir envie d’écouter chacun de notre côté. Assez rapidement on a pensé à proposer à Tom de se joindre à nous. On avait déjà eu l’occasion de le croiser sur scène. Son jeu nous avait beaucoup plu et on pensait que nos influences matcheraient bien. Au niveau de l’approche sonore, l’objectif était de rester fidèle à la lourdeur du doom/sludge mais d’ajouter bien plus de contraste et de varier les intentions au maximum pour aérer le propos.

    Wombat Cult : « Shapeless Mass » marque un tournant dans votre écriture de manière comparative à votre premier EP. Là où votre précédente sortie compilait quatre de vos morceaux laissant entrevoir vos influences, le champ des possibles, cette nouvelle proposition dépasse la simple entrevue de vos influences, l’aspect compilation, pour offrir un ensemble cohérent où chaque morceau s’enlace afin de créer une œuvre complète qui se doit d’être écouté d’une traite pour l’apprécier à sa juste, et merveilleuse, valeur.
    Comment avez-vous construit un tel monstre, où chaque morceau dévoile un travail minutieux pour bâtir l’architecture pachydermique de votre album ? Comment s’est organisé le processus de composition ?

    Wormsand : Contrairement à l’EP, qui a été composé et enregistré dans l’urgence, avec l’objectif de proposer rapidement un aperçu de notre projet, on a pris une année entière pour conceptualiser et composer l’intégralité des morceaux de “Shapeless Mass”. L’album raconte une histoire et chaque morceau en est un élément qui apparaît dans un ordre chronologique. Cet ordre justifie différentes subdivisions en son sein, tout d’abord entre les 2 faces de 4 morceaux chacune, mais aussi au sein même des faces puisque tous les morceaux fonctionnent par paire (aussi bien au niveau des titres que des tonalités employées). De même tous les morceaux s’enchaînent ce qui répond à une volonté de matérialiser le caractère narratif de l’album.
    Pour ce qui est du processus de composition, Ju et Clem composent les riffs ensemble et structurent le gros des morceaux et des lignes de chant à deux puis on bosse l’ensemble en répète tous les trois pour rendre le tout cohérent entre les différents instruments.

    Wombat Cult : Le son est robuste, avec un large spectre que le jeu de Tom (Batterie) vient tailler, dans cette masse sonore monolithique, révélant les détails et contours de manière puissante et effrénée. La prise son mais également l’équilibrage ainsi que la spatialisation des différentes pistes m’a vraiment touché, entre force brute, pouvoir de l’instant, et travail obsessionnel sur les moindres fréquences.
    Où avez-vous enregistré, dans quelles conditions ? Comment avez-vous travaillé autour du mix ?

    Wormsand : On a fait les prises instrumentales début 2020 au studio Blackfish Records avec notre team habituelle ainsi que JP, le gérant du studio, qu’on remercie au passage pour nous avoir donné l’accès à son super spot. On a ensuite enregistré les voix chez Clem puis on a fait plusieurs sessions de mix avec notre ingé son Nico à divers endroits (Studio Murder à Vallauris, chez Clem, chez Nico) entre la fin du confinement et le milieu de l’été.
    L’ensemble du mix a été pensé pour coller au concept dans le souci d’accentuer les contrastes liés aux différentes parties de l’album. Enfin, le mastering a été réalisé par Daïgo au Gouha Studio à Gorbio à l’automne.

    Wombat Cult : En restant autour du facteur sonore, je reste toujours assez étonné par le son qu’a réussi à modeler Julien. Il s’agit vraiment d’un travail singulier autour des effets, qui apporte une identité unique à Wormsand.
    Que se cache-t-il sous ses pieds pour offrir un son si tranchant et écrasant ?

    Wormsand : Le son d’ensemble (guitare et basse) est pensé pour fonctionner comme un seul bloc, on utilise beaucoup d’effets sur les 2 instruments dont certains en commun pour obtenir un rendu homogène. En vrac on peut citer de la fuzz sur la guitare comme sur la basse, un octaver sur la guitare, un phaser commun aux deux instruments. On a aussi fait le choix de composer en Drop D, là où beaucoup de groupes du style choisissent de s’accorder plus grave, dans le but de garder un son incisif et défini.

    Picture taken by Marine Neyssensas

    Wombat Cult : « Shapeless Mass », bien qu’il s’agisse d’une entité où les morceaux sont des morceaux de puzzle, organes vitaux complexes et complets, vous ne cédez jamais à la monotonie, à la répétition avec un sens aigüe dans la structure et la dynamique des titres. Dans une de ces pièces, « Ebbing Out », vous osez même la structure de la balade. Elément exceptionnel sur la scène Stoner/Doom, à l’exception de l’incontournable Circles de Elephant Tree, et vous relevez le pari haut la main.
    Comment s’est décidé ce tournant audacieux au cœur de votre album ?

    Wormsand : Pour tout te dire ça faisait un moment qu’on avait envie de composer un morceau plus calme et éthéré, on a trouvé que cette idée se prêtait bien au concept car on voulait une piste qui se démarque en apportant une respiration au milieu de l’album tout en symbolisant la solitude.

    Wombat Cult : Le travail sur les voix chez Wormsand me fascine, que cela soit en live ou en studio, la combinaison entre les vocaux aériens, puissants de Clément, et les lignes de chant retors, boueuses parfois même graveleuses de Julien, est une vraie réussite.
    Par quel procédé avez-vous établi cette figure vocale bicéphale entre ciel, refuge aux maux du monde, et tourbe, maelstrom engloutissant le moindre espoir ?

    Wormsand : C’est quelque chose qui est apparu assez vite lorsqu’on a tous les deux commencé à jouer et composer ensemble il y a des années. Comme on aime bien les contrastes ça nous donne une option de plus qui permet d’enrichir les compos. Souvent quand on compose un riff on sait déjà quelle voix irait bien dessus et ça nous semble, en définitive, assez logique.

    Wombat Cult : Lorsque l’on lit le nom des titres proposés sur « Shapeless Mass », on observe une vraie fracture autour de la proposition de l’EP qui mêlait français et jeux de mots. L’album, quant à lui, semble s’être affranchi de cette dimension entre humour (Michel Sardoom) et qualificatifs boisés (Bûche De Ramonage), et vous semblez vous dirigez vers une vision, mythologie nouvelle.
    Qu’en est-il ? Quels sont les dimensions, points que vous décidez de bâtir, structurer chez Wormsand à la fois dans ce premier album mais également à l’avenir ?

    Wormsand : Il y a plusieurs raisons à ce changement d’approche à vrai dire: Tout d’abord on trouvait ça fun d’avoir des titres humoristiques mais on a eu le sentiment d’avoir fait un peu le tour de la question puisque c’était quelque chose qui était déjà présent chez Clystone donc on avait à coeur d’éviter la redondance et de ne pas proposer une parodie de notre propre idée. D’autre part, on voulait aller au bout du concept de l’album en titrant chaque morceau comme si c’était un chapitre différent de l’histoire. On pense poursuivre dans cette direction pour les prochains albums puisqu’on conçoit “Shapeless Mass” comme le point de départ d’un univers qui sera le cadre de nos sorties futures.

    Wombat Cult : L’artwork de l’album semble assez simple à première vue, puis dès que l’on commence à s’immerger dans les détails proposés par Louis Hyerle, on se rend très vite compte de la quantité astronomique de détails et symboles révélant un abîme foisonnant de possibilités.
    De quelle manière s’est structuré ce visuel ? Comment avez-vous organisé le travail avec Louis Hyerle ? Pouvez-vous apporter des clés de lecture à cette œuvre qui ne demande que d’être décryptée ?

    Wormsand : On bosse avec Louis depuis des années. Comme c’est un ami, on échange beaucoup sans tabous, ça permet d’avoir une manière de travailler vraiment constructive et aboutie. Pour la pochette de “Shapeless Mass”, on était au départ partis sur un tout autre visuel. La cover finale est le fruit de longs mois de recherches et d’expérimentations autour de l’idée initiale.
    Au-delà de la pochette, on conceptualise l’ensemble de notre univers visuel avec lui, cela va de notre set light pour les concerts à nos clips en passant par notre communication sur les réseaux sociaux.
    L’idée est de créer du lien et du sens à tous les niveaux de lecture et ça passe forcément par les visuels. Louis a un excellent esprit synthétique et nous aide beaucoup dans cette optique. En ce qui concerne la lecture de la couverture de “Shapeless Mass”, on y retrouve de nombreuses références aux paroles et le clip d’Escaping qu’on a dévoilé le 25/03 offre d’autres indices de compréhension de l’ensemble.

    Wombat Cult : « Shapeless Mass » a le droit à une très belle sortie autour de plusieurs formats physiques, chez différents labels, qu’il s’agisse du CD (Poutrasseau Records), de la cassette (Stellar Frequencies) mais également du vinyle (Saka Cost).
    Comment vos chemins avec ces différents acteurs se sont croisés ? Pouvez-vous nous les présenter ? Comment s’est décidée cette sortie sur une pluralité de labels ?

    Wormsand : De manière générale on avait envie de proposer des objets chouettes et différents pour chacun des formats physiques de l’album et notre but était vraiment de choisir l’option qui convenait le mieux à cela, en tenant compte également du rapport humain avec les labels en question, qui est un aspect qui nous tient particulièrement à cœur. On va répondre au cas par cas pour détailler chaque support du mieux possible.
    Tout d’abord le vinyle sort chez Saka Čost qui est un label nantais géré par notre ami Flobath, notre EP était sorti chez lui et on a été mutuellement satisfait de cette collaboration alors c’était assez naturel de choisir cette option quand Flo nous l’a proposée.
    Les Cassettes sortent chez Stellar Frequencies qui est un label Lyonnais géré par nos potes d’Alpha du Centaure. Cédric nous a proposé un concept qui nous a plu énormément avec un tirage limité de cassettes peintes à la main avec des marbrures et un visuel qui colle parfaitement à celui de l’album tout en en proposant une version alternative.
    Enfin, le CD sort à la fois sur le label Italien Brigante Records qui nous permet de gagner en visibilité auprès d’une scène dont on se sent forcément proche, de par notre proximité géographique et car on a toujours été super bien reçu à chaque fois qu’on a eu la chance de se produire de l’autre côté de la frontière, mais aussi sur Poutrasseau Records, le label qu’on a lancé avec l’ensemble des membres du collectif Poutrasseau et qu’on cherche à développer pour matérialiser le dynamisme de la scène du Sud-Est de la France qui foisonne de projets plus intéressants les uns que les autres et dont on encourage chacun et chacune à s’intéresser de plus près.

    Wombat Cult : Vous avez récemment eu une date live à la MJC Picaud, retransmise en streaming. Vous étiez accompagnés de Namjera et Verdun.
    Quel a été votre ressenti sur cette date, cette modalité nouvelle pour « préserver » les arts de la scène, « vivants » ? Comment s’organise ce type d’événements qui ont certainement un paramétrage logistique différents d’une organisation de concerts traditionnels ?

    Wormsand : La MJC nous a contactés il y a plusieurs mois pour proposer à Poutrasseau d’organiser un plateau Stoner. Avec les contraintes actuelles, il est apparu évident que ça ne pourrait pas prendre la forme d’un concert avec public mais le projet de live stream mis en place par l’équipe de Picaud nous semblait être le meilleur moyen de se produire quand même. On a proposé à Verdun de nous accompagner car ça faisait longtemps qu’on voulait partager un plateau avec eux et on a été super contents que ça puisse enfin se faire.
    D’un point de vue logistique, ça se rapproche énormément d’une organisation de concert classique d’autant plus que la team de la MJC est super rodée et bosse vraiment très bien. Le concert en lui-même était quelque peu déroutant : l’interaction avec le public reste quelque chose d’essentiel à notre style mais ça reste une super expérience et, paradoxalement, un des seuls moyens de rester en lien avec notre public en ce moment.

    Wombat Cult : Enfin, l’année est désormais entamée depuis quelques mois, 2020 fut assez cataclysmique, vous êtes assez proche d’une scène tournée vers le DIY, et de petites formations qui vivent essentiellement par et pour la scène, loin de la promotion moderne tournée vers les agences de promotions et les réseaux sociaux.
    Pouvez-vous nous donner des formations qui vous semblent essentielles, des groupes à soutenir en cette période troublée ?

    Wormsand : La crise actuelle a porté un terrible coup à la scène DIY et on pense que c’est dans son ensemble qu’il faut la soutenir. Cela passe par plein de petites actions qui peuvent aller d’acheter des bières auprès de certaines salles pour faire tourner un peu de trésorerie, à participer à des cagnottes pour leur venir en aide mais aussi de commander du merch aux groupes, à ne pas hésiter à repartager des posts sur les réseaux pour faire survivre tout ce microcosme le temps que la situation soit moins critique.
    On a croisé tellement de personnes et de projets incroyables qu’il semble difficile de n’oublier personne mais on peut citer en vrac Yarostan, Spiralpark, Carivari, Dissident, Djiin, Namjera, Witchfinder et si ça vous intéresse vous pouvez aussi check les sorties à venir des side-projects de Clem (Bourbier) et Tom (Dirty Black Summer).
    Pour conclure, on pense qu’il est très important de rester positifs et de se tenir prêts pour le moment où le gros de la crise sera passé et où on pourra enfin remonter sur scène, on a hâte de revoir tout le monde

    Pour découvrir et soutenir Wormsand :


    ENGLISH VERSION:

    For three years now, Wormsand is traveling the roads to inflict a dose of their powerful, radical Sludge / Doom, accompanied with an EP, which made it possible to grasp the proposal, the strength but also the new forms worked to offer new codes, new readings of a genre that sometimes seems to bite its tail.
    With Shapeless Mass, their first album, the trio from the South-East of France just come back from a long and fascinating year of sound and visual experiments and manages to bring us singular forms, distant horizons, until our ears and reveal Wormsand through a rare goldsmith work, shining unsuspected facets, unsuspectable, yet now essential.
    At the crossroads of galleries Wombat Cult took the opportunity to discuss about this first milestone chapter!

    Wombat Cult: Few years ago, I had the pleasure to have an interview with two of you, Julien (Guitar / Vocals) and Clément (Bass / Vocals), with the band Clystone. Since then, water has flowed under the bridges and you travel the roads of France under the sweet name of Wormsand, you’ve got already an EP and today you offer to us « Shapeless Mass » your first album.
    Can you present us Wormsand through its history but also through its sound vision?

    Wormsand: First of all hi, it’s a pleasure to answer your questions and we wanted to thank you for your time and the relevance of your questions. .
    To be honest, Wormsand was born from Julien and Clément’s desire to continue playing together after the end of Clystone. While staying in the Stoner / Fuzz / Sludge sphere, we wanted to give us a little more freedom to experiment and free ourselves from certain codes to leave more possibilities for psychedelic, grunge, post or, more generally, influences related to a little everything that we can listen to each on our side.
    Fairly quickly, we thought of suggesting that Tom join us. We had already had the opportunity to meet him on stage. We really liked his playing and we thought our influences would match well. In terms of the sound approach, the goal was to remain faithful to the heaviness of the doom / sludge but to add much more contrast and vary the intentions as much as possible to air the matter.

    Wombat Cult: “Shapeless Mass” marks a turning point in your writing compared to your first EP. Where your previous release compiled four of your songs suggesting your influences, the field of possibilities, this new proposal goes beyond the simple maelstrom of your influences, the compilation aspect, to offer a coherent whole where each song is positioned in order to create a complete work which must be listened to in one go to appreciate it at its true, and marvelous, value.
    How did you build such a monster, where each track reveals a meticulous work to build the pachydermal architecture of your album? How was the composition process organized?

    Wormsand: Unlike the EP, which was composed and recorded in a hurry, with the objective of quickly offering an overview of our project, we took a whole year to conceptualize and compose all the pieces of “Shapeless Mass ”. The album tells a story and each track is a piece of it that appears in chronological order.
    This order justifies different subdivisions within it, firstly between the 2 sides of 4 pieces each, but also within the sides themselves since all the pieces work in pairs (both in terms of titles and tones used). Likewise, all the songs are linked together, which responds to a desire to materialize the narrative character of the album.
    As for the composition process, Julien and Clément compose the riffs together, structure the sonorities of the songs, prepare the vocal lines in pairs and then we work together repeating all three to make everything coherent between the different instruments.

    Wombat Cult: The sound is robust, with a large spectrum that the playing of Tom (Drums) comes to carve, in this monolithic sound mass, revealing the details and outlines in a powerful and unbridled way. The sound recording but also the balancing and spatialization of the different tracks really touched me, between brute force, power of the moment, and obsessive work on the lowest frequencies.
    Where did you record, under what conditions? How did you work around the mix?

    Wormsand: We did the instrumental takes in early 2020 at the Blackfish Records studio with our usual team as well as JP, the studio manager, that we thank for giving us access to his great spot. We recorded the vocals at Clément’s house and then we did several mixing sessions with our sound engineer Nico at various places (Studio Murder in Vallauris, at Clément’s house, at Nico’s house) between the end of confinement and the middle of summer.
    The whole mix was thought to stick to the concept in order to accentuate the contrasts linked to the different parts of the album. Finally, the mastering was carried out by Daïgo at the Gouha Studio in Gorbio in the fall.

    Wombat Cult: Staying around the sound factor, I’m still quite amazed by the sound that Julien has managed to shape. This is really a unique work around effects, which brings a unique identity to Wormsand.
    What is hiding under his feet to deliver such a sharp, overwhelming sound?

    Wormsand: The whole sound (guitar and bass) is designed to work as a single block, we use a lot of effects on the 2 instruments, some of them in common to achieve a homogeneous rendering.
    We can quote the fuzz on the guitar as on the bass, an octaver on the guitar, a phaser common to both instruments. We also made the choice to compose in Drop D, where many bands of the style choose to tune more low, in order to keep a sound incisive and defined.

    Wombat Cult: « Shapeless Mass », although it is an entity where the tracks are puzzle pieces, complex and complete vital organs, you never give in to monotony, to repetition with a sharp sense in the structure and dynamics of titles. In one of these pieces, “Ebbing Out”, you even dare the structure of the ballad. Exceptional item on the Stoner / Doom scene, with the exception of the must-have Elephant Tree’s Circles song, and you are rising to the challenge.
    How did you decide on this daring turn at the heart of your album?

    Wormsand: To be honest, it’s been a while since we wanted to compose a calmer and more ethereal piece, we found that this idea lent itself well to the concept because we wanted a track that stands out by bringing a breath in the middle of the album while symbolizing loneliness.

    Wombat Cult: The work on vocals with Wormsand fascinates me, whether live or in the studio, the concept between the airy, powerful vocals of Clément, and the twisted, muddy and sometimes even gritty vocals of Julien, is a real success.
    By what process did you establish this two-headed vocal figure between sky, refuge for the evils of the world, and peat, maelstrom swallowing up the slightest hope?

    Wormsand: It was something that came along quite quickly when we both started playing and composing together years ago.
    As we like the contrasts, it gives us one more option that allows us to enrich the compositions. Often when we compose a riff, we already know which voice would go well on it and that seems to us, in the end, quite logical.

    Wombat Cult: When we read the names of the tracks offered on « Shapeless Mass », we can see a real divide around the EP’s proposal, which mixed French and puns. The album, for its part, seems to have freed itself from this dimension between humor (Michel Sardoom) and woody qualifiers (Bûche De Ramonage), and you seem to be heading towards a new vision, mythology.
    What is it? What are the dimensions, points that you decide to build with Wormsand in this first album but also in the future?

    Wormsand: There are several reasons for this change of approach to tell the truth: First of all, we found it fun to have humorous titles but we had the feeling that we had covered the issue a bit since it ‘was something that was already present with Clystone. So we were keen to avoid redundancy and not come up with a parody of our own idea.
    On the other hand, we wanted to go beyond of it with the concept of the album by titling each track as if it was a different chapter in the story. We think we will continue in this direction for the next albums since we conceive « Shapeless Mass » as the starting point of a universe which will be the framework of our future releases.

    Wombat Cult: The album artwork seems quite simple at first glance, then as soon as you start to immerse yourself in the details offered by Louis Hyerle, you quickly realize the astronomical amount of details and symbols revealing an abyss teeming with possibilities.
    How was this visual structured? How did you organize the work with Louis Hyerle? Can you provide some reading keys to this work which only asks to be decrypted?

    Wormsand: We’ve been working with Louis for years. As he is a friend, we talk a lot without taboos, it allows us to have a really constructive and successful way of working. For the cover of “Shapeless Mass”, we started out with a completely different visual. The final cover is the result of long months of research and experimentation around the initial idea.
    Beyond the cover, we conceptualize our entire visual universe with it, ranging from our light set for concerts to our clips, including our communication on social networks.
    The idea is to create connection and meaning at all levels of reading and that necessarily involves the visuals. Louis has an excellent synthetic mind and helps us a lot in this regard. When it comes to reading the cover of « Shapeless Mass », there are plenty of references to the lyrics, and the video for Escaping released on 03/25 offers further clues to understanding the whole thing.

    Wombat Cult: “Shapeless Mass” has the right to a very nice release around several physical formats, with different labels, whether about the CD (Poutrasseau Records), the cassette (Stellar Frequencies) but also vinyl (Saka Cost).
    How did your paths have been cross with these different actors? Can you present them to us? How did you decide about this release with different labels?

    Wormsand: In general, we wanted to offer cool and different objects for each of the physical formats of the album. Our goal was really to choose the best option for each support, also taking attention about the human relationship with the labels in question, which is an aspect that is particularly close to our hearts. We will respond on a case-by-case basis to detail each support as best as possible.
    First of all the vinyl is released by Saka Čost which is a Nantes label managed by our friend Flobath, our EP was released by him and we were mutually satisfied with this collaboration so it was quite natural to choose this option when Flo came to us.
    The Cassettes are released by Stellar Frequencies which is a label from Lyon managed by our friends from Alpha du Centaure. Cédric offered us a concept that we really liked with a limited edition of hand-painted cassettes with marbling and a visual that perfectly matches that of the album while offering an alternative version.
    Finally, the CD is released both on the Italian label Brigante Records which allows us to gain visibility with a scene that we necessarily feel close to, by our geographical proximity and because we have always been super well received each time that we had the chance to perform on the other side of the frontier, but also on Poutrasseau Records, the label that we launched with all the members of the Poutrasseau collective.
    We are trying to develop, materialize the dynamism of the scene in the South-East of France, which abounds in projects, each more interesting than the next and in which everyone is encouraged to take a closer interest.

    Wombat Cult: You recently had a live date at MJC Picaud, broadcasted in streaming. You were accompanied by Namjera and Verdun.
    How did you feel about this date, this new method of “preserving” the “living” performing arts? How is this type of event organized, which certainly has a different logistical setup from an organization of traditional concerts?

    Wormsand: The MJC Picaud contacted us several months ago to suggest that Poutrasseau organize a Stoner set. With the current constraints, it became obvious that it could not take the form of a concert with an audience, but the live stream project set up by the Picaud team seemed to us to be the best way to perform anyway.
    We offered to come to Verdun with us because we’ve wanted to share a field with them for a long time and we were super happy that it could finally be done.
    From a logistical point of view, it is very similar to organizing a classic concert, especially since the MJC team is super well established and works really well. The concert itself was a bit confusing: the interaction with the audience remains something essential to our style but it’s still a great experience and, paradoxically, one of the only ways to stay in touch with our audience currently…

    Wombat Cult: Finally, the year has now started a few months ago, 2020 was quite cataclysmic, you are quite close to a scene turned towards DIY, and small groups who live mainly by and for the scene, far from the promotion modern geared towards promotion agencies and social networks.
    Can you give us training that you think is essential, groups to support in this troubled time?

    Wormsand: The current crisis has taken a terrible impact on the DIY scene and we believe that it should be supported as a whole. This involves a lot of small actions which can range from buying beers from certain venues to make a little cash flow, to participating in prize pools to help them but also to order merch to bands, not to hesitate, share posts on the social medias to make this microcosm survive until a less critical situation.
    We met so many incredible people and projects that it seems difficult to don’t forget anyone but we can mention Yarostan, Spiralpark, Carivari, Dissident, Djiin, Namjera, Witchfinder and if you are interested you can also check the side-projects releases to come of Clément (Bourbier) and Tom (Dirty Black Summer).
    To conclude, we think it’s very important to stay positive and be ready for the moment to go back on stage, we can’t wait to see everyone again.


    To discover and support Wormsand:

    Wombat Interview #13 – Tassi


    The English version is just after the French one.


    VERSION FRANCAISE :

    Pour la première fois, Wombat Cult a creusé jusqu’en Chine pour discuter avec Dryad, chanteur de Bliss-Illusion, autour de son projet solo : Tassi.
    Avec « Northland I & Northland II », édités chez Anesthetize pour l’Europe, Tassi propose un voyage à la fois onirique et ésotérique, à l’entre-monde, bercé par une poésie d’une grande délicatesse, ayant réussi à naître au travers de cet rencontre des univers, horizons entre Post-Black Metal, Shoegaze, Ambient et culture Bouddhiste.
    Une oeuvre qui ne ressemble à aucune autre, une expédition sonore qui rappelle par sa modalité de lecture spiralaire Séjour Sur Les Monts Fuchun peint, entre 1348 et 1850 par Huang Gongwang, sur un rouleau de 7 mètres, laissant l’amateur se perdre dans un paysage qui semble infini. Un infini que Tassi nous propose de traverser pour atteindre un monde apaisé, sage entre Homme et Dieu.


    Wombat Cult : Bonjour Dryad,
    Tassi est ton projet personnel, décroché musicalement de Bliss-Illusion chez qui tu officies en tant que chanteur.
    Comment est né ce nouveau projet ? Comment le décrirai-tu ?

    Tassi: Bonjour, je suis heureux de pouvoir accepter ton interview !
    Je pense que la naissance de Tassi est apparue il y a longtemps dans mon esprit, je l’avais rangé dans un coin de ma tête comme une malédiction. J’avais le projet et l’idée de créer un projet solo. C’est seulement l’année dernière qui a été vraiment spéciale pour moi, m’ayant permis de finalement concrétiser ce projet.
    Présentons brièvement la situation: je perçois et pense que Tassi est semblable à ma vie antérieure. Le monde dans lequel ce projet évolue est un très bel endroit, où la connaissance et la sagesse sont plus élevées que sur notre terre.
    Je pense que ma demeure s’y trouve.

    Dryad
    Picture taken by Dryad

    Wombat Cult :  En Europe, tout comme dans une très grande partie du monde, Nous découvrons tout juste cette poétique proposition que tu nous offres avec cet album compilant Northland I et Northland II.
    Cependant, ces deux chapitres de l’histoire de Tassi ont eu le droit en Chine a une sortie indépendante.
    Pour quelles raisons sont intervenues ces deux modalités de distributions ?

    Tassi : Je pense que je dois cette opportunité à mon bon ami William pour avoir permis que mon album puisse sortir en Europe. Bien sûr, il y a aussi le label Anesthetize qui a joué un rôle primordial. J’apprécie vraiment ce qu’ils ont fait pour moi.
    Je sais qu’il est très difficile de faire comme en Chine pour distribuer Tassi. Mon label chinois ne vend qu’en Chine.
    Sous les conseils de William notre manager pour Bliss-Illusion, on a voulu sortir une version propre à l’Europe pour parvenir à guider mes compositions jusqu’à vous.

    Artwork chinois pour « Northland I »
    Artwork chinois pour « Northland II »
    Artworks réalisés par 毁怜 (Huǐ lián)

    Wombat Cult : Avec Tassi, on ressent beaucoup d’influences allant d’Envy à Alcest tout en s’engouffrant avec fascination dans un brouillard d’Ambient qui vient nous bercer, nous envelopper, dans ‘univers assez singulier que tu as réussi à bâtir.
    Quelles ont été les influences, les sonorités qui ont  permis de faire immerger une telle création entre Black Metal, Shoegaze, Ambient et parfois même Post-Rock ?

    Tassi : Quand j’étais enfant, j’aimais les choses belles et chaleureuses, en particulier celles pleines de divinité et de romance.
    L’année dernière a été une année terrible pour les gens du monde entier. J’espère que le monde ira bientôt mieux. J’espère vraiment que les gens retrouveront ce sentiment de chaleur, d’apaisement lorsqu’ils entendront mon album.
    J’aime beaucoup le Black Metal, genre que j’ai découvert en 2005. A cette époque, mes groupes préférés étaient Gorgoroth, Emperor, Summoning, Darkthrone, Alcest ou encore Lifelover.
    Plus tard, lorsque j’ai entendu Sigur Rós pour la première fois, j’ai pleuré, de manière significative. Cela a duré assez longtemps avant que je puisse m’en remettre.
    Ma femme m’a dit: « La plus grande musique du monde, quand tu l’entends, ton premier sentiment est, doit être : c’est vraiment super d’être en vie. ».
    En un mot, j’espère que les gens pourront retrouver cette chaleur qui nous manque, le plus tôt possible.

    Wombat Cult :  Le rendu final en terme qualitatif, d’un point de vue sonore, est vraiment superbe.
    Comment s’est déroulé l’enregistrement de Northland I et II ?
    Quelles sont les modulations en matière de travail autour des compositions en passant d’un travail de groupe, avec Bliss-Illusion, à un projet solo, avec Tassi ?

    Tassi : Merci.
    Pendant la période épidémique, en raison des limitations, la qualité d’enregistrement n’était pas très satisfaisante. Je n’avais pas accès à tout le matériel nécessaire pour enregistrer dans de bonnes conditions. Cela a été plus long que je ne l’avais prévu.

    Les œuvres de Bliss-Illusion sont principalement composées par le guitariste, Wang, désormais. Au sein de la formation, je m’occupe principalement d’écrire les paroles. J’ai donc le temps pour travailler pleinement mon groupe solo. Ce n’est pas une manière de travailler que je pourrai comparer.

    Wombat Cult : La sortie de Northland I et II au format CD est prévue le 10 avril. Cette journée correspond au festin du Grand Gardien, ainsi que la fête des pères, mais c’est également le fête du Dieu Dragon, tout comme celle de Buddha, comme vous l’avez mentionné dans votre description.
    Pourrai tu revenir sur ces événements, nous les introduire au sein de la culture chinoise ?

    Tassi: Pour être honnête, je n’ai pas grand chose à dire. Je pense juste que ce jour est de bon augure, et c’est le premier jour des vacances (samedi). Il y est facile de se détendre. Bien sûr, j’ai choisi de sortir l’album au festival du pharmacien Buddha dans l’espoir que cet album puisse aider le monde à dissiper l’épidémie le plus rapidement possible.

    Picture taken by Dryad

    Wombat Cult : L’artwork du CD regroupant Northland I et Northland II fait résonner en moi la couverture de l’album « Let Mortal Heroes Sing Your Fame » de Summoning et m’intrigue d’autant plus de par la multitude de symbolisme en présence.
    Tu as travaillé pour cette conception visuelle avec Alcide Nathanaël, inconnu dans la sphère Metal mais réputé pour son travail dans l’univers du Tarot.
    Peux-tu nous guider au sein de cette création ? Comment s’est déroulée cette collaboration ?

    Tassi : M. Alcide a été contacté par mon agent William. J’aime beaucoup ses œuvres.
    Bien sûr, je suis fasciné par le mysticisme depuis mon plus jeune âge, et ses œuvres me rappellent une couleur romantique et mystérieuse. Je pense que cette oeuvre, en particulier, représente très bien ces deux albums.
    Merci encore, M Alcide. Je vous remercie pour votre travail acharné.

    Wombat Cult : Tassi porte une dimension ésotérique et spirituelle forte. Nous retrouvons  à plusieurs moments des sonorités nous ouvrant à les méditations mais surtout  des ambiances et atmosphères, qui vu de l’Europe sont uniques, et singulières au coeur des projets Post-Black Metal ou Blackgaze, à l’exception du Kodama d’Alcest qui cependant restait en surface autour de cette dimension.
    Nous serions ravis d’avoir les clés pour accéder à cet univers d’une incommensurable richesse.
    Pourrais-tu nous apporter quelques clés de lecture sur cette dimension culturelle que tu as su marier avec finesse chez Tassi ?

    Tassi : Tassi est situé dans un monde entre l’Humanité et Dieu. Je crois que c’est aussi l’endroit où je résidais. J’en ai conscience grâce à des bribes de ma vie antérieure.
    En fait, le rôle d’Uni (l’amante représentée dans l’album) est une pièce maîtresse dans la croyance de Tassi. Elle n’est pas une personne, elle est un visage, un voyage à travers plein de divinités. J’ai perçu cette histoire durant une période où j’étais très fatigué du monde.
    Plus tard, j’ai rencontré mon âme soeur et ma foi. Puis j’ai compris ce que je voulais dire dans ce monde. Je suis très reconnaissant pour tout cela. Tassi voyage entre mes vues sur ce monde céleste et mon existence terrienne.
    J’espère que les gens tristes arriveront à mener leur gouvernail vers une belle vie, que leurs ennuis et inquiétudes n’aboutissent pas, et s’évaporent.

    Wombat Cult : Pour la création des paroles que nous pouvons retrouver dans Northland I et Northland II,vous avez indiqué avoir utilisé une langue que vous avez personnellement créée.
    Comment cette idée de créer votre propre monde linguistique s’est il organisée ? Comment avez-vous réussi à construire cette langue nouvelle ? A partir de quelles langues, quels dialectes, avez-vous établi ces nouveaux mots ?

    Je suis très sensible aux langages et symboles étranges, ésotériques depuis que je suis très jeune. A cette époque, je me parlais très souvent à moi-même. Malgré de nombreuses inspections et tests, sans trouver d’anomalies particulières, ma famille qui s’inquiétait beaucoup lors de mes premières discussions, avec mon propre être, a commencé peu à peu à s’y habituer.
    Cette situation est encore d’actualité, mais cela m’arrive moins.
    Les mots de l’album proviennent de Caelum Deva, et c’est tout. J’aime le latin et le sanskrit, mais j’étudie très peu, quand j’entends leur prononciation, je tombe amoureux d’eux.
    Ce sont ces deux langues qui m’inspirent. En fait, je veux essayer d’exprimer des « paroles », essayer de nouvelles sonorités, expérimenter tout simplement avec différentes couleurs pour le troisième album (Caelum Deva III). Ma femme est peintre, elle peut mélanger des couleurs gracieuses, créer de nouvelles perspectives, c’est ce que je veux atteindre mais cela ne veut pas dire que le troisième album sera un album instrumental.
    Nous sommes justement en train de travailler dessus.

    Photo prise par William

    Wombat Cult : L’album raconte une histoire, presque mythologique, qui m’a rappelé au doux souvenirs des Nibelungen, et de l ‘amour chevaleresque entre Siegrid et Kriemhild.
    Quelle est l’histoire qui nous est contée derrière ces mots nouveaux et ces expressions musicales singulières ?

    En fait, l’inspiration provient de la chanson « Leave absara Deva » de Bliss-Illusion ainsi que de « Caelum Deva », issu de l’album de Tassi. Ces histoires sont toutes issues d’un recueil d’histoires courtes.
    Tassi est un ménestrel qui vit dans un autre temps et un autre espace. J’ai créé le calendrier et les mois du Royaume du Nord. Avant de rencontrer Uni, c’était une personne très triste et difficile. Ils se sont rencontrés au bord d’un lac (Lour tears Lake).
    Uni est l’incarnation de Deva (Deva est une divinité, qui dans la pratique du Bouddhisme se juxtapose avec le concept de Karma).
    Elle est venue à Tassi et lui a appris beaucoup de sagesse et de connaissances. Elle lui a également révélé de nombreux mystères de l’univers. Plus tard, Uni quitta Tassi et se rendit dans un espace dimensionnel supérieur (le monde de Bouddha). Tassi la chercha sans relâche.
    Grâce à la sagesse et aux capacités qu’Uni lui a données, il a voyagé à travers le temps et l’espace, parcourant l’univers jusqu’à retrouver Uni.
    En fait, le personnage d’Uni reflète ma femme dans la réalité. Elle m’a tant appris.

    Wombat Cult :  Vu d’Europe, la scène Metal chinoise est assez peu visible hormis quelques exceptions comme pour le cas de Zuriaake.
    En France, nous avons la chance d’avoir un spécialiste en la matière, William fondateur de Scholomance Webzine, qui s’est énormément penché sur la question, et avec lequel vous semblez couramment converser.
    Au-delà de cet apport considérable et le travail presque quotidien opéré par Scholomance serait-il possible, pour ouvrir le public européen à de nouvelles formations, de nous conseiller plusieurs formations chères à vos yeux ?

    Tassi : William est vraiment une très belle personne ! Il m’a beaucoup apporté et nous soutiens énormément avec mon groupe, Bliss-Illusion, je l’apprécie vraiment.
    Pour être honnête, j’écoute très, très peu de groupes chinois, donc je n’ai pas de groupes à recommander. Je suis beaucoup plus intéressé par ce qu’il se passe en Europe.
    J’espère que Bliss-Illusion pourra se produire dans différents pays d’Europe.
    Merci pour cette interview. J’espère que vous êtes en sécurité et en bonne santé.

    Pour découvrir et soutenir Tassi :

    « Northland I & Northland II » de Tassi
    Artwork réalisé par Alcide Nathanaël

    ENGLISH VERSION:

    For the first time, Wombat Cult has dug to China to discuss with Dryad, singer of Bliss-Illusion, around his solo project: Tassi.
    With « Northland I & Northland II », released by Anesthetize for Europe, Tassi offers a journey that is both dreamlike and esoteric, between the worlds, rocked by a poetry of great delicacy, having succeeded in being born through this meeting of universes, horizons between Post-Black Metal, Shoegaze, Ambient and Buddhist culture.
    A work that is unlike any other, a sound expedition that recalls by its spiral reading mode The Fuchun Mountains painted, between 1348 and 1850 by Huang Gongwang, on a 7-meter roll, leaving the amateur to get lost in a landscape that seems endless. An infinite that Tassi invites us to cross to reach a peaceful world, wise between Man and God.


    Wombat Cult: Hello Dryad, Tassi is your personal project, musically away from Bliss-Illusion in which you officiate as a singer.
    How is born this new project ? How would you describe it?

    Tassi: Hello, I’m glad to be able to accept your interview!
    I think the birth of Tassi appeared in my mind a long time ago, I had it put away in the back of my head like a curse. I had the project and the idea to become a solo project. It was only the last year that was really special for me, allowing me to finally make this project a reality.
    Let’s briefly present the situation: I perceive and think that Tassi is similar to my previous life. The world in which this project operates is a very beautiful place, where knowledge and wisdom are higher than on our earth.
    I think that there is my home.

    Wombat Cult: In Europe, like in a very large part of the world, We are just discovering this poetic proposal that you offer us with this album compiling Northland I and Northland II.
    However, these two chapters of Tassi’s history have had the right to an independent release in China.
    What are the reasons for these two distribution methods?

    Tassi: I think I owe it to my good friend William that my album can be released in Europe. Of course, there are also the anesthetize label. I really appreciate what they have done for me.
    I know that it is very difficult to do as in China to distribute Tassi. My Chinese label only sells in China. Under the advice of William our manager for Bliss-Illusion, we wanted to release a specific version for Europe to manage and guide my compositions to you.

    On the left the chinese artwork for « Northland I »
    On the right the chinese artwork for « Northland II »
    Artworks by 毁怜 (Huǐ lián)

    Wombat Cult: With Tassi, we feel a lot of influences going from Envy to Alcest by rushing with fascination in a fog of Ambient which comes to embrace us, to envelop us, in a rather singular universe that you have succeeded to build.
    What were the influences, the sounds that made it possible to see such a creation emerge between Black Metal, Shoegaze, Ambient and sometimes even Post-Rock?

    Tassi: When I was a child, I liked warm and beautiful things, especially those full of divinity and romance. Last year was a terrible year for people all over the world. I hope the world will get better soon. I really hope people will feel warm and happy when they will hear my album.
    I really love Black Metal that I discovered in 2005. At that time, my favorite bands were Gorgoroth, Emperor, summoning, Darkthrone, Alcest, lifelover.
    Later, when I first heard for the first time Sigur Rós, I cried during a long time.
    My wife told me, « the greatest music in the world is when you hear it, your first feeling is: it’s really great to be alive. ».
    In a word, I hope people could regain their missing warmth as soon as possible.

    Wombat Cult: The final result in terms of quality, from a sound point of view, is really superb.
    How did the recording of Northland I and II ?
    What are the modulations in terms of work around the compositions, moving from a band work, with Bliss-Illusion, to a solo project, with Tassi?

    Tassi : Thanks.
    During the epidemic period, due to limitations, the recording quality was not very satisfactory. I did not have access to all the necessary equipment to record in good conditions.
    It took longer than I expected.

    Picture taken by Dryad

    Wombat Cult: The release date of Northland I and II in CD is the 10 april. This day corresponds to the feast of the Great Guardian and all the Day of the Brave Father but it is also the festival of the Dragon King and the festival of the pharmacist Buddha like you mentioned in your description.
    Can you go back on these cultural, spiritual events, explain them to us ?

    Tassi: To be honest, I don’t have many things to say. I just think this day is auspicious, and it’s the first day of the holiday (Saturday). It’s easy to relax.
    Of course, I choose to release the album in the pharmacist Buddha festival in the hope that this album can help the world dispel the plague as soon as possible.

    Picture taken by Dryad

    Wombat Cult: The artwork of the CD bringing together Northland I and Northland II makes the cover of Summoning’s « Let Mortal Heroes Sing Your Fame » resonate in me and intrigues medue to the multitude of symbolism involved.
    You worked for this visual design with Alcide Nathanaël, unknown in the Metal sphere but renowned for his work in the universe of Tarot. Can you guide us through this creation? How did this collaboration go?

    Tassi: Mr. Alcide was contacted by my agent William. I really like his works.
    Of course, I’ve been fascinated by mysticism since I was very young, and his works exude a romantic and mysterious color to me. I think they are very suitable for these two albums, Northland I and Northland II.
    Thank you again, Mr. Alcide. Thank you for your hard work.

    Wombat Cult: Tassi carries a strong esoteric and spiritual dimension. We find at several times sonorities opening us to meditation, which seen from Europe are unique, and singular at the heart of Post-Black Metal or Blackgaze projects, with the exception of Kodama by Alcest which however remained on the surface around this dimension. We would be delighted to have the keys to access this universe of immeasurable richness.
    Could you provide us with some keys to understanding this cultural dimension that you have been able to combine with finesse at Tassi?

    Tassi: Tassi is located in a world between Man and God. I believe that it is also the place where I used to stay. Of course, it’s due to the fate, I also know something about my previous life.
    In fact, the role of Uni (Tassi’s lover) has already become Tassi’s belief.
    She is not a person, she is a journey, a face full of divinity. I used to be very tired of the world.
    Later, I met my lover and my faith. Then I understood what I meant in this world. I am very grateful for all of this.
    I hope that sad people will manage to lead their rudder to a good life, that their troubles and worries disappear, go away.

    Wombat Cult: For the lyrics, which we discover in the heart of the diptych Northland I and Northland II, you indicated that you used a language that you personally created.
    How did this idea of creating your own linguistic world come about? How did you manage to build this new language? From which languages, which dialects, have you established these new words?

    I have been very sensitive to strange language and symbols since I was very young. At that time, I always like to talk to myself. My family used to worry that they didn’t find any abnormality after the inspection, and gradually they got used to it. This situation continues to the present, but less than before.
    The words on the album come from Caelum Deva, and that’s it. I like Latin and Sanskrit, but I study very little, when I hear their pronunciation, I fall in love with them.
    These two languages inspire me. Actually, I want to try to express « lyrics », try new sounds, just experiment with different colors for the third album (Caelum Deva III). My wife is a painter, she can mix graceful colors, create new perspectives, that’s what I want to achieve but that doesn’t mean that the third album will be an instrumental album.
    We are just working on it.

    Picture taken by William

    Wombat Cult: The album tells a story, almost mythological, which reminded me to the sweet but dramatic memories of the Nibelungen, the chivalrous love between Siegrid and Kriemhild.
    What is the story that is told to us behind these new words and these singular musical expressions?

    In fact, the inspiration and theme of Bliss Illusion’s song « Leave Absara Deva » and « Caelum Deva » from my personal album are all from a collection of short stories.
    Tassi is a minstrel who lives in another time and space. I created the schedule and months of the Northern Kingdom.
    Before meeting uni, Tassi was a very sad and difficult person.
    They met them by a lake (Lour tears Lake).
    In fact, Uni was the incarnation of Deva (Deva is a deity, which in the practice of Buddhism is juxtaposed with the concept of Karma).
    She came to Tassi and taught him a lot of wisdom and knowledge, including many mysteries in the universe.
    Later, Uni left Tassi and went to a higher dimensional space (Buddha world). Tassi was looking for her all the time.
    Through the wisdom and ability that Uni gave him, he traveled beyond time and space in the universe until he saw Uni again.
    In fact, the role of Uni reflects my wife in reality.
    She brought me so much.

    Dryad
    Picture taken by Dryad

    Wombat Cult: From Europe, the Chinese Metal scene is not very visible except for a few exceptions as in the case of Zuriaake.
    In France, we are fortunate to have a specialist in the subject, William founder of Scholomance Webzine, who has given a lot of thought to the issue, and with whom you seem to be conversing frequently.
    Beyond this considerable contribution and the almost daily work carried out by Scholomance, would it be possible, to open the European public to new bands, to advise us on several formations that are dear to you?

    William is really a wonderful person! He gave a lot to me and my band, and I really appreciate him. To be honest, I listen to very, very few Chinese bands, so there is no band to recommend. I’m still looking forward to the performance market in Europe. I hope my band, Bliss-Illusion, will have the possibility to perform in various countries in Europe. In short, I will cherish every opportunity to contact you.
    Thank you for your interview. I hope you are safe and healthy.

    To discover and support Tassi:

  • https://tassi.bandcamp.com/album/northland-i-ii
  • https://anesthetize.bandcamp.com/album/northland-i-ii
  • « Northland I & Northland II » by Tassi
    Artwork by Alcide Nathanaël

    Wombat Interview #12 – Spiralpark

    Photo prise par Marine Neyssensas // Picture taken by Marine Neyssensas

    The English version is just after the French one.


    Depuis quelques années une scène intéressante se développe dans le Sud-Est de la France autour de l’association Poutrasseau avec des groupes comme Wormsand, Toru, Namjera, Carivari et de nombreuses formations qui jouent une vision nerveuse et nouvelle de l’industrie du Rock, où le DIY, la force brute, l’énergie, la fuzz et l’amour sont les maîtres concepts.
    Aujourd’hui, Wombat Cult invite l’un d’entre eux, Spiralpark, première sortie du nouveau label Poutrasseau Records. Le groupe fait fondre un océan de sonorités entre Psych Rock et Doom jusqu’à se révéler être une vraie machine à riffs Surf Rock avec une cohérence fantastique.
    Venez découvrir cette formation underground qui saura vous faire vibrer de tout votre être.



    Wombat Cult : Spiralpark est un projet qui réunit de nombreuses têtes connues de la scène underground du Sud-Est de la France, dont des membres du groupe de Hardcore Crusty. Comment a pris forme votre décision de créer Spiralpark ? Comment cela s’est-il déroulé ?

    Antoine : De façon naturelle, nous avions déjà l’habitude de jouer ensemble par le passé. Crusty s’est arrêté, donc nous avons décidé de remonter un nouveau projet plus psychédélique, plus garage, en laissant de côté l’agressivité plus hardcore grâce au chant clair de Dorian.

    Do : Dès le moment où j’ai commencé à faire de la musique, le fait de former un groupe est devenu mon objectif principal. Bien avant Spiralpark, j’avais eu l’occasion de rencontrer des musiciens avec qui le projet de faire un groupe avait débuté mais sans suite concrète. Après cela, j’ai fait la connaissance de Mathéa lors de mon service civique à la radio Agora Côte d’Azur, le courant est de suite passé tant au niveau amical que musical.
    A partir de ce moment-là j’ai pu rejoindre le groupe d’amis dans lequel se trouvaient Antoine et Etienne. En Novembre 2018 le projet musical a pris forme, et ce depuis plus de deux ans maintenant !

    Étienne : Tout d’abord, Crusty a joué pour beaucoup, trois des membres du groupe étaient dedans, donc ça a permis d’avoir une base, on avait déjà l’habitude de jouer ensemble, et avions donc cet avantage.
    Concernant Do, on se connaissait déjà avant le groupe, alors lorsqu’on est venu vers moi pour me proposer d’intégrer la formation avec lui, j’ai sauté sur l’occasion. D’autant plus que j’avais pas de groupe à ce moment-là et que le projet me branchait.

    Mat : Ha ha, ça s’est fait assez instinctivement. Comme l’a mentionné Do, nous nous sommes rencontrés à la Radio. On a tout de suite accroché, étant passionnés de Rock tous les deux. Je lui ai présenté (ou représenté) des amis dont Antoine et Etienne, avec qui, effectivement, je jouais déjà de la gratte dans Crusty.
    Do n’ayant jamais vraiment eu de groupe, il m’a proposé d’en fonder un avec du synthé et beaucoup de fuzz et c’était parti !

    Wombat Cult : Les sonorités de Spiralpark sont particulièrement vastes, elles échappent à toutes classifications tant l’ensemble sonore, relativement labyrinthique, permet au groupe de s’affranchir de frontières, parfois geôles, inhérentes à certains genres.
    Comment pourriez-vous présenter votre projet ?

    Antoine : Spiralpark est effectivement un mélange de nombreuses influences. Dorian a des influences plus pychédéliques, alors que pour ma part j’ai des influences plus tournées vers des style de musique agressifs comme le Sludge ou le Metal Hardcore. Du coup, Spiralpark est un mélange de plein d’influences liées au rock alternatif des années 90 ainsi qu’à des groupes de prog des années 70.

    Do : Étant autodidacte depuis mes 14 ans, âge auquel j’ai débuté la musique, tout boutonneux dans ma chambre, mes idées de compositions viennent toujours en me posant avec ma guitare à la recherche d’une sonorité cool !
    Dès que ça sonne bien j’ai tendance à tourner ma trouvaille dans tous les sens, à la déformer, à l’étoffer jusqu’à atteindre une base mélodique qui nous permet ensuite de composer avec tous les instruments lors des répètes !

    Étienne : Je pense qu’avec la différence de goûts musicaux, le résultat ne pouvait que suivre. Chacun de nous a exploré des univers tellement variés qu’on peut trouver des influences de styles qui à priori n’auraient rien à voir dans une musique qu’on a qualifiée d’un style (Garage Psyché), mais qui, en fin de compte essaie un maximum de s’affranchir des codes.
    On fait du Rock parce qu’on aime le Rock sous de nombreuses formes et parce que c’est le style qui nous correspond, sur le plan artistique, mais aussi par le mode de vie qui en découle.

    Mat : C’est vrai qu’on a tous les quatre des influences bien différentes. Pour ma part j’écoute vraiment de tout tant que ça m’inspire, touche mon petit être sensible ! J’ai bien évidemment quelques préférences et des genres qui m’ont plus marqués grâce à mes parents qui ont toujours écouté du Rock des années 50 à 90.
    Plus spécifiquement, je suis tombée amoureuse du piano dès l’âge de 6 ans et aussi des sons d’orgues qu’on peut entendre dans les genres Psyché, Prog etc. Pour ce qui concerne mon amour pour le Garage Rock, il est arrivé plus tard, j’avais 14 ans et c’est là que j’ai commencé à fréquenter les “têtes connues de la scène underground du Sud-Est de la France” dont Manu, Clément, Etienne, Diogo et d’autres.
    Donc je dirais que notre projet c’est juste de s’éclater en faisant de la musique qui nous anime !

    Wombat Cult : La composition est assez atypique tant elle se dévoile de façon hermétique, parfois même très crue, criarde, lors des premiers segments de l’EP, pour au final venir nous enlacer et nous porter dans des dédales où la fuzz semble rebondir sur les moindres textures sonores.
    Comment procédez-vous dans votre processus compositionnel, pour réussir à marier ces nombreuses influences, références, tout en gardant une expression qui vous est propre ? Passez-vous par des phases sauvages de jams, ou tout cela est finement calculé, préparé afin de ne pas laisser place au hasard ?

    Antoine : Il n’y a pas de règle établie, cependant Dorian arrive a chaque nouvelle répète avec de nouvelles idées, on jam par dessus de façon instinctive afin d’expérimenter le plus possible avant de prendre une décision sur la composition. Cela n’est pas finement calculé mais ne dépend pas non plus du hasard, il s’agit surtout d’expérimenter jusqu’à avoir un résultat qui satisfasse.

    Do : Bien entendu la musique est une passion et laisse place à beaucoup d’imagination au travers des jams que nous faisons lors de la compo ! De plus, la passion laisse forcément place à nos influences et aux musiques qui nous inspirent et desquelles on aimerait se rapprocher dans les sonorités ou même dans l’ambiance que ces dernières proposent au public.
    En nous apprivoisant musicalement, nous avons trouvé une certaine osmose qui permet de s’affranchir des frontières des sonorités pour atteindre au contraire un labyrinthe infini de mélodies et d’imagination.

    Étienne : Même si le projet savait où il voulait aller, on a quand même mis un certain temps à trouver la bonne formule. On a passé de nombreuses répétitions à simplement trouver les bons axes de travail, les bonnes recettes de composition. Après je pense qu’on vient de loin à ce niveau là, mais qu’on a encore beaucoup de chemin avant de trouver la “bonne méthode”, et c’est super satisfaisant de voir la progression au fur et à mesure.
    A l’heure actuelle, on est justement en train de peaufiner ça, trouver les bonnes compos c’est définir dès le départ où tu souhaites chercher, approfondir.

    Mat : Il nous arrive de jammer mais la plupart du temps Do apporte des idées de riffs, Antoine arrive très rapidement à poser un rythme qui claque, puis Etienne et moi venons nous ajouter en essayant d’harmoniser le mieux possible le tout.
    Etienne et Antoine, ayant le plus d’expériences, ont plus de facilité à structurer un morceau. Do a toujours des tas d’idées à proposer et pour ma part je travaille beaucoup de mon côté pour essayer de trouver de chouettes mélodies qui collent.
    Pour ce qui en est des paroles, la majorité proviennent de l’imagination de Do qui sont ensuite corrigées par différents amis dont JB, Aless, Chloé G et Chloé F. J’en profite pour encore les remercier !

    Photo prise par Marine Neyssensas

    Wombat Cult : Où avez-vous, et dans quelles conditions, enregistré votre EP ?

    Do : Tout l’EP n’a pas été enregistré au même endroit. Du coup, la basse et la batterie ont été enregistrées au studio Phebe’s qu’on remercie encore pour leur accompagnement pour notre première fois dans un studio !
    Le synthé a été enregistré dans notre salle de répète à Roquebrune-Cap-Martin par Manu . Il a aussi enregistré la guitare et le chant d’Etienne, Mathéa et moi-même. Toute la partie du chant et de la guitare a été faite chez Clément, membre fondateur de l’association Poutrasseau.
    Je tiens encore à les remercier d’avoir bossé avec nous sur cet EP.

    Antoine : Do a tout dit mais merci beaucoup au studio Phebes pour le coup de main et de nous avoir permis d’enregistrer l’EP sur une super batterie Gretsch.

    Étienne : L’enregistrement s’est déroulé entre les mois de décembre 2019 et janvier 2020. On a eu la chance d’avoir de super opportunités et d’avoir accès à du matériel qu’on n’aurait jamais pu s’offrir, et rien que pour ça je ne remercierai jamais assez tous ceux qui y ont contribué, de près ou de loin.

    Mat : Comme l’a précisé Étienne, notre premier EP a fini d’être enregistré en Janvier 2020. Période très difficile pour les membres et le public de Poutrasseau, car c’est là que Jean-Louis nous a quittés. Grand acteur de la culture musicale de notre région, c’est grâce à lui que nous sommes là aujourd’hui. Notamment avec l’association mais aussi de nombreux groupes dont Wormsand qui ont beaucoup appris de lui. Ce moment de deuil et de « naissance » (de l’EP) restera à jamais marqué dans nos esprits.
    Je tiens également à remercier Manu, Clément et le studio Phebe’s pour leur confiance et leur aide.

    Wombat Cult : Je parlais il y a quelques temps avec Manu, de Carivari, Dissident et Indikush, qui s’est occupé de votre mix. Nous revenions sur le fait que la piste chant est très en arrière contrairement aux instruments, comme une approche jusqu’au boutiste des années 90 où les voix étaient au même niveau que les instruments, vous prolongez ici le procédé en mettant en retrait la voix comme un écho, une parole du subconscient.
    Quelle est la raison de cette décision pour le moins singulière ?

    Antoine : Comme tu as dit le chant en retrait est un code dans le rock des années 90 le groupe est sensible à ce genre d’inspiration. Il était pour nous naturel de prendre cette direction dans le mix.

    Do : Lors de l’enregistrement du chant et du choix des effets (reverb, delay et radio) la décision est placée sous le signe de l’expérience de ce que cela pouvait donner dans un mix. Cette dimension, qui est apparentée au style des années 90, correspondait à ce que nous projetions en termes de sonorités pour notre premier EP et nous en sommes fiers ! Tout l’EP possède son univers qui lui est propre et qui a bien évidemment évolué pour laisser place aujourd’hui à de nouvelles compos mais aussi, à de multiples modifications sur les morceaux de l’EP, notamment au niveau du chant et de la voix. En effet, aujourd’hui ma voix est un instrument à part entière auquel je laisse une place plus assurée ce qui me permet de la faire évoluer constamment.

    Étienne : Trop de place pour la voix, c’est pas assez de place pour les autres instruments. Mettre en avant un instrument par rapport aux autres, c’est pas vraiment l’approche qu’on a de notre musique. L’objectif c’est l’ensemble et non mettre en valeur une seule face de tout un procédé de composition, qui en fin de compte sonne mieux comme un tout que comme plusieurs entités qui se côtoient sans se compléter.

    Mat : Hmm je dirais aussi que c’est parce qu’on ne veut pas se diriger vers un style Pop mais plus Rock, Noisy. Le morceau « Decision » avait justement ce côté là qui ne nous plaisait pas trop (on ne l’a jamais rejoué en live d’ailleurs).

    Wombat Cult : Votre artwork est assez singulier, et quelque peu addictif dans ses tonalités acides. Quel a été le processus de création de ce dernier ?

    Antoine : Notre ami artiste Loïc a une collection impressionnante de créatures psychédéliques et déroutantes dans ses cahiers. Nous avions un petit concept au départ : celui d’un pochette avec un labyrinthe. Loïc a une patte graphique très personnelle, pour ce qui est de la colorisation Mathéa a réussi à rendre la pochette super attractive, il s’agit d’une œuvre participative, je suis très content du rendu !

    Do : Cet artwork part tout d’abord d’un concept que j’ai imaginé puis que j’ai partagé avec Antoine, Etienne et Mathéa pour pouvoir le réaliser. C’est une anticipation du concept qui va suivre et qui reste secret pour le moment ! Ce concept est assez profond et ses illustrations laissent totalement libre cours à votre imagination !

    Étienne : L’idée c’était de faire une pochette originale, avec un labyrinthe et des influences psychédéliques. Lorsqu’on a cherché des idées pour ajouter du détail et attirer le regard des gens sur la pochette, on a rapidement pensé à Loïc, étant donné qu’on savait de quoi il était capable. On lui a proposé, et l’idée l’a emballé, donc il a réalisé ce dessin qui correspondait exactement à l’idée qu’on avait eue à partir du moment où on a pensé à lui. Mathéa s’est ensuite chargée de la couleur et de la mise en page, chose qu’elle maîtrise étant donnée son expérience avec Poutrasseau, et le résultat est plus que satisfaisant.

    Mat : Et bien personnellement j’aurais bien aimé réaliser de A à Z l’artwork mais à cette époque là j’avais un taf alimentaire qui me prenait beaucoup trop d’énergie. Du coup on a pensé à Loïc, ami de longue date et dessinateur très talentueux. On s’est mis d’accord sur l’incrustation de créatures, déjà créées par Loïc Delucis, dans un labyrinthe avec un espèce de désert et trou noir en arrière plan parce que… c’est ce que notre musique nous a inspiré ! Loïc a très bien exécuté notre idée puis je me suis chargée de la colorisation de son dessin (qu’Illustrator a vectorisé) sur Photoshop. Le choix des couleurs s’est fait en groupe. Et pour les polices j’ai été conseillée par Claire que je remercie également !

    Wombat Cult : Votre album est paru sur le label Poutrasseau Records, dont vous êtes la première sortie, pouvez-vous nous présenter ce nouveau label, mais également sa direction artistique future ?

    Antoine : La direction artistique de Poutrasseau est simple, c’est faire de la musique rock ou dérivée mais de façon personnelle, nous voulons que les groupes aient leur propre identité.

    Do : Comme le dit Antoine, Poutrasseau a quand même pour pilier la simplicité, la passion, le partage et l’entraide pour la réalisation des projets musicaux. L’objectif étant de mettre en valeur les groupes de notre région ou d’ailleurs et grandir ensemble !

    Mat : L’idée du label Poutrasseau Records a vu le jour lors du premier confinement, lorsque l’équipe de Poutrasseau cherchait à… survivre. Car oui, nous ne pouvions plus organiser de concerts (bon je parle au passé mais malheureusement c’est toujours d’actualité) et c’est ainsi qu’on s’est dit que ça pouvait être une bonne chose de monter notre label.
    En premier lieu, commencer par faire connaître les ptits groupes en interne pour ensuite développer de plus en plus l’asso, nos compétences et bien sûr les découvertes !
    Pour l’instant je ne peux dévoiler la prochaine sortie qui se prépare (hé hé) mais la direction artistique est tout à fait liée à celle de Poutrasseau.
    C’est-à-dire que grossièrement on se concentre sur des groupes originaux qui jouent du Rock au sens large (Psyché, Hardcore, Noise, Sludge, Garage, Stoner…). Du lourd.

    Photo prise par Marine Neyssensas

    Wombat Cult : Bien avant d’être un label Poutrasseau était une association spécialisée dans l’organisation de concerts, de belles dates ont vu le jour.
    Plusieurs d’entre vous sont étroitement liés à ce nom qu’est Poutrasseau, qui est bien plus qu’une association, nous pourrions presque parler de communauté, pouvez-vous nous éclairer sur la question ? Qu’est ce que l’entité Poutrasseau ?

    Antoine : Poutrasseau est avant tout un groupe d’amis qui ont une passion commune pour la musique lourde et électrique.
    Il est également vrai qu’une certaine esthétique sonore ressort des groupes de Poutrasseau, ainsi qu’une envie de faire de la musique le plus sérieusement possible à notre échelle.

    Étienne : Je pense qu’avant de voir Poutrasseau comme une entité avec des barrières stylistiques, on retrouve une idée de base : l’important c’est le rock, c’est faire avec les moyens du bord parfois, mais te donner à fond pour que ça soit le mieux possible avec ce que tu as au moment présent. C’est l’esprit de convivialité, le partage autour de concerts, d’événements et faire découvrir plein d’univers musicaux au plus de personnes possible.

    Mat : J’ai envie de dire que… Poutrasseau est une de mes plus belles raisons de vivre 🙂 Organiser des concerts qui poutrent avec ses meilleurs amis, que demander de plus ? Poutrasseau c’est la force, le Rock et beaucoup d’amour.

    Wombat Cult : Nous venons tout juste de clôturer 2020, et au vu des diagonales de genre que compose votre formation, il serait intéressant de connaître les albums qui ont retenu votre attention. C’est à vous !

    Antoine : En debut d’année le nouvel album de Igoor ainsi que celui de Slift ont réussi à me transporter, à part ça j’ai beaucoup apprécié l’EP du groupe de hardcore de Philadelphie Soul Glo (ça dure 11 minute ça va vite, ça détend) Whealfall et Freeze Corleone m’ont régalé en fin d’année.

    Étienne : Difficile de dire précisément quels albums de 2020 j’ai écouté, encore moins dans le style. J’écoute beaucoup de genres différents, 2020 a été une année où j’ai beaucoup expérimenté en musique et j’ai élargi au maximum mes horizons musicaux, donc te dire un projet en particulier serait inapproprié.

    Mat : Il y a eu de belles sorties chez les copain.ine.s ! Je pense à Toru qu’on avait déjà fait jouer avec Poutrasseau à La Matrice c’était vraiment super (on aurait dû les refaire jouer en Décembre mais ça a dû être annulé) ; Beesus (avec qui on aurait dû partager la scène pour fêter la sortie de notre EP en Avril…) ; Concrete Mountain (qui nous ont tellement fait kiffer au Gouha Rock Fest !) ; First Came The Shadow ; Mindhoney ; Hadewijch et enfin, même si ce n’est pas un album, lors du 1er confinement Manu a partagé une espèce de collab avec trois enregistrements de Drone / Ambient improvisés où donc Manu, avec son projet Hemene, participe, mais aussi Héloïse guitariste dans Toru et un random guy qui s’est joint à eux. J’ai trouvé ça bien cool ! Autant le concept que le résultat ! C’est écoutable sur Soundcloud sous le nom Rituels Virtuels, “Nice Spanish Lion #4”.
    En moins underground il y a bien « Ummon » de Slift qui casse des culs et que j’aimerais vraiment voir en live, « EP » de Korto est très sympa (même si je préfère l’album d’avant), le dernier Elder, « Omens » ne m’a pas énormément marqué contrairement à leurs albums précédents (je m’attendais à autre chose) mais ça reste un groupe que je voudrais revoir en live, sinon il y a le dernier album de The Ocean qui est pas mal !
    Enfin, je kiffe bien “Lament” de Touché Amoré, groupe que j’ai découvert grâce à ton top, merci !

    Do : Alors au niveau des groupes de 2020, je suis quasi 100% d’accord avec Mathéa haha ! En dehors de ça j’ai découvert des sons super cool qui m’ont beaucoup influencé musicalement comme Thee Oh Sees que j’avais d’ailleurs vu au Pointu Festival de 2018, Ghost Frog notamment leur dernier album “Astral arcade” ou le dernier album de King Krule :“Man Alive”.

    Wombat Cult : 2021 est là, dans une période semblant sans lendemain, mais dans laquelle il nous faut penser l’avenir, que souhaiteriez-vous que cette année, aux senteurs apocalyptiques, apporte à Spiralpark ?

    Antoine : Des concerts, des bières et du partage. Bisous Quentin, merci beaucoup de nous avoir accordé cette interview.

    Do : Bah bien évidemment des concerts … même si ça n’a pas l’air gagné ! On compte mettre à profit tout ce temps pour composer et s’améliorer sur les techniques ! Un énorme merci à toi Quentin pour tes questions super intéressantes, prends soin de toi.

    Étienne : Si on peut juste se produire un minimum, répéter et sortir un nouvel album ça sera déjà pas trop mal. Je sais que ça paraît assez pessimiste, mais je préfère voir mes attentes à la baisse pour ne pas être déçu, j’espère cependant être agréablement surpris.
    Un grand merci pour l’interview, en espérant se croiser pour apprécier le rock comme au bon vieux temps.

    Mat : DES CONCERTS ! Oui ce serait bien de pouvoir faire une tournée avant de sortir un nouvel album. Revoir notre public, nos potes / connaissances qui nous manquent mais aussi découvrir d’autres personnes, d’autres endroits, faire le Rock.
    Puis voilà on espère sortir un nouvel album qui ne pourra qu’être meilleur étant toujours en quête d’améliorer notre son. Et plus particulièrement de mon côté parce que je change de synthé principal ! (+ il est fort probable que d’autres petits synthés se rajoutent au délire.)
    Merci pour tout Quentin ! La bise de loin.

    Pour découvrir et soutenir Spiralpark :

    Artwork by Loïc Delucis and Mathéa Fieschi

    ENGLISH VERSION:

    Since some years an interesting scene is growing in the South East of France around the Poutrasseau association with Wormsand, Toru, Namjera, Carivari and many bands that play a nervous and new vision of the Rock industry, where DIY, raw strenght, energy, fuzz and love are the main words.
    Today Wombat Cult invites one of them, Spiralpark, first act in the new label Poutrasseau Records. The band melt an ocean of sonorities between Psych Rock to Doom via a Surf Rock riffs machine style with a fantastic coherence.
    Come discover this underground act which will plow your mind.



    Spiralpark is a project that brings together many famous faces from the underground scene of the South-East of France, and several members of Hardcore Crusty group.
    How did your decision to create Spiralpark take shape? What did the project take place?

    Antoine: Naturally, we were used to playing together in the past. Crusty stopped, so we decided to put together a new project more psychedelic, more garage, leaving aside the hardcore vibes thanks to the clear Dorian vocals.

    Do: From the moment I started making music, forming a band was my main goal.
    Long before Spiralpark, I had the opportunity to meet musicians with whom the project of forming a band had started but without concrete follow-up.
    After I got to know Mathéa during my civic service at Agora Côte d´Azur, the current has immediately passed both on a friendly and musical level.
    Since then I was able to join the group of friends in which Antoine and Etienne were.
    In November 2018 the musical project took shape, and has been for more than two years now!

    Étienne: First of all, Crusty played a lot, three of the band members were inside, so it allowed us to have a base, we were already used to playing together, and therefore had this advantage.
    Regarding Do, we already knew each other before the band, so when someone came to me to offer to join the training, I jumped on the occasion. Especially since I had no band at the time and the project plugged me.

    Mat: Ha ha, it happened quite instinctively. As Do mentioned, we we met on the Radio. We immediately hooked, being passionate about Rock all both.
    I introduced him (or represented) to my friends including Antoine and Etienne with whom, indeed, I was already playing the guitar in Crusty (my first band).
    Do, having never really had a band, he suggested create one with synths and lots of fuzz. Here begins Spiralpark!

    The soundscape of Spiralpark is particularly vast, it eludes all classifications as the sound ensemble, relatively labyrinthine, allows the group to free itself from borders, sometimes jails, inherent in certain genres.
    How could you present your project?

    Antoine: Spiralpark is indeed a mixture of many genres and subgenres. Dorian has more psychedelic influences, while for my part I have influences more geared towards more aggressive styles of music like Sludge or Hardcore Metal.
    Therefore, Spiralpark is a mixture of many influences related to alternative rock of the 90s and 70s prog bands.

    Do: I am self-taught since I was 14, when I started music, everything spotty of buttons in my room, my ideas for compositions always come by asking me with my guitar looking for a cool sound! As soon as it sounds good I tend to turn it in all directions, to distort it, to flesh it out until it reaches a melodic base which then allows us to compose with all the instruments during rehearsals!

    Étienne: I think that with the difference in musical tastes, the result could only to follow. Each of us has explored such varied musical universes that we can find influences of styles that would have nothing to do with music that has been called in a style (psyche garage), but which in the end tries as much as possible to free itself codes.
    We play rock music because we love rock in many forms and because that this is the style that suits us, artistically, but also the way of life that resulting.

    Mat: It’s true that the four of us have very different influences. For my part I listen really anything as long as it inspires me, touch my sensitive little being! I obviously have some preferences and genres that have marked me more due to my parents who have always listened to rock from the 50s to the 90s.
    More specifically, I fall i love with piano from the age of 6 and also of the organ sounds that can be heard in the genera Psyche, Prog etc.
    As for my love for Garage Rock, it happened later when I was 14 and that’s where I started hanging out with the « known heads of the underground scene of the South-East of France ”including Manu, Clément, Etienne, Diogo and others.
    So I would say our project is just to have fun making music that drives us!

    The composition is quite atypical as it is revealed hermetic, sometimes even very raw, garish, during the first segments of the EP, to finally come and embrace, carry us in mazes where the fuzz seems to bounce on the slightest textures sound.
    How do you proceed in your compositional process, to succeed in marrying these many influences, references, while keeping an expression of your own?
    Do you go through wild phases of jams, or all this is finely calculated, prepared so as not to leave room for random mixtures?

    Antoine: There is no set rule, however Dorian arrives at each new rehearsal with new ideas, we instinctively jam over them in order to experience the most possible before making a decision on the composition. It is not finely calculated but does not depend on chance either, it is above all about experimenting until we have a result that satisfies us.

    Do: Of course music is a passion and leaves place for a lot of imagination with jams we do during the composition!
    In addition, passion necessarily melts our influences, the music that inspires us and which we would like to bring closer together in the sounds or even in the atmosphere that they offer to the public.
    By taming ourselves musically, we found a certain osmosis which allows us to break free from the boundaries of sonorities and instead achieve an endless labyrinth of melodies and imagination.

    Étienne: Even if the project knew where it wanted to go, we still took some time to find the right formula. We spent a lot of rehearsals just finding the good lines of work, good composition recipes.
    Afterwards I think we come from far away at this level, but we still have a long way to go before we find the « right one method « , and it’s super satisfying to see the progress as you go. Actually, we are just fine-tuning that, and finding the right way for the songs, to define from the start where we want to look, to go deeper.

    Mat: Sometimes we jam but most of the time Do brings ideas to riffs, Antoine very quickly manages to set a slamming rhythm, then Etienne and me let’s add ourselves by trying to harmonize everything as best as possible. Etienne and Antoine, having more experience, they have an easier way for structure a song.
    Do always has lots of ideas to propose. For my part I work a lot on my side to try to find cool melodies that stick. As for the lyrics, the majority come from the imagination of Do who are then corrected by various friends including JB, Aless, Chloé G and Chloé F. I take this opportunity to thank them again!

    Picture taken by Marine Neyssensas

    Wombat Cult: Where did you, and under what conditions, record your EP?

    Do: Not all the EP was recorded in the same place. Suddenly, the bass and the drums have were recorded at the Phebe’s studio, which we would like to thank again for their support for our first time in a studio!
    The synth was recorded in our rehearsal room at Roquebrune-Cap-Martin by Manu who also recorded guitar and vocals as well as that Etienne and Mathéa.
    All the vocals and guitar parts were done by Clément, founding member of the Poutrasseau association.
    I still want to thank them for having worked with us on this EP.

    Antoine: Do said everything but thank you very much to the Phebe’s studio for the help and
    allowing us to record the EP on a Gretsch super kit.

    Étienne: The recording sessions took place between December 2019 and January 2020.
    We were lucky to have great opportunities and to have access to equipment that we would have never been able to afford, and for that alone I can never thank enough everyone who has contributed, near or far.

    Mat: As Étienne said, our first EP finished being recorded in January 2020. Very difficult time for the members and the public of Poutrasseau, because this is where Jean-Louis has passed away. A major player in the musical culture of our region, it is thanks to him that we are here today, especially with the association but also many groups including Wormsand who have learned a lot from him. This moment of mourning and « birth » (of the EP) will remain forever marked in our minds.
    I would also like to thank Manu, Clément and the Phebe’s studio for their trust and their help.

    Wombat Cult: I was talking some time ago with Manu, who took care of your mix. We came back to the fact that the singing part is very far behind unlike the instruments, as a end-to-end approach from the 90s when the voices were at the same level as the instruments, here you extend the process by indenting the voice as a echo, a word from the subconscious. What is the reason for this singular decision to say the least?

    Antoine: As you said, receding vocals are a code in 90s rock the band is sensitive to this kind of inspiration.
    It was natural for us to take this direction in the mix.

    Do: When recording the vocals and choosing the effects (reverb, delay and radio) the decision has been placed under the sign of the experience of what this could give in a mix. This dimension, which is akin to the style of the 90s, corresponded to what we were planning in terms of sounds for our first EP and we’re proud of it!
    The entire EP has its own universe which has obviously evolved to give way today to new compositions but also to multiple modifications on songs from the EP, especially vocals. Indeed, today my voice is a full-fledged instrument to which I let a more assured place which allows it to constantly evolve.

    Étienne: Too much space for the voice, is not enough space for the other instruments. Putting an instrument in front of others is not really the approach we have of our music. The goal is the whole and not highlighting just one side of everything a process of composition, which in the end sounds better as a whole than as several entities that coexist without complementing each other.

    Mat: Hmm I would also say it’s because we don’t want to go in a Pop way but more Rock, Noisy. The song « Decision » had just that side that we didn’t like not too much (we never played it live again).

    Wombat Cult: Your artwork is quite unique, and somewhat addictive in its acidic tones.
    What was the process of creating the latter?

    Antoine: Our artist friend Loïc has an impressive collection of psychedelic and confusing creatures in his notebook. We had a small concept at the start: that of a pocket with a labyrinth.
    Loïc has a very personal graphic touch, for this which is colorization Mathéa succeeded in making the cover super attractive, this is a participatory work, I am very happy with the rendering!

    Do: This artwork starts off with a concept that I imagined and then shared with Antoine, Etienne and Mathéa to be able to realize it. It is an anticipation of the concept that will follow and which remains secret for the moment!
    This concept is quite deep and its illustrations let your imagination running wild!

    Étienne: The idea was to make an original cover, with a labyrinth and some psych influences.
    When looking for ideas to add detail and catch the eye of people on the cover, we quickly thought of Loïc, given that we knew what he was able. We proposed to him, and he was thrilled with the idea, so he made this drawing that matched exactly with the idea that we had.
    Mathea is responsible for color and layout, something she masters given his experience with Poutrasseau, and the result is more than satisfactory.

    Mat: Well, personally I would have liked to make the artwork from A to Z, but at this moment, I had a food job that took too much energy. So we have thought about Loïc, a long-time friend and very talented designer.
    We agreed on the inlay of creatures, already created by Loïc Delucis, in a labyrinth with a strange desert and a black hole in the background because … that’s what our music inspired us!
    Loïc executed our idea very well.
    I took care of the colorization of his drawing (which Illustrator vectorized) in Photoshop. The choice of colors was made with the whole band. And for the fonts I was advised by a good friend, Claire, whom I also thank!

    Wombat Cult: Your album was released on the Poutrasseau Records label, and you are the first release, can you present us this new label, but also its future artistic direction?

    Antoine: The artistic direction of Poutrasseau is simple, it is to make Rock or derivative music but in a personal way, we want that the bands have their own identity.

    Do: As Antoine says, Poutrasseau still simplicity, passion, sharing and mutual support for the realization of musical projects as a pillar.
    The goal is to put lights on bands in our region or elsewhere and grow together!

    Mat: The idea for the Poutrasseau Records label was born during the first confinement, when the Poutrasseau team was looking to … survive.
    Because yes, we could no longer organize concerts (well I’m talking about the past tense but unfortunately it’s still relevant today) and that’s how we said to ourselves that it could be a good thing to set up our label.
    First, start by making the small groups known internally and then develop more and more the association, our skills and of course the discoveries!
    For the moment I cannot reveal the next release which is being prepared (hey hey) but the artistic direction is completely linked to that of Poutrasseau. That is to say that roughly we focus on original bands that play Rock in a large sense (Psyche, Hardcore, Noise, Sludge, Garage, Stoner …). Be sure it will be Heavy.

    Picture taken by Marine Neyssensas

    Wombat Cult: Long before being a label Poutrasseau was an association specializing in the organization of concerts, some great dates have emerged.
    Several of you are closely linked to the name Poutrasseau, which is much more than an association, we could almost speak of community, can you enlighten us on the question? What is the Poutrasseau entity?

    Antoine: Poutrasseau is above all a group of friends who have a common passion for heavy and electric music. It is also true that a certain sound aesthetic emerges from Poutrasseau’s bands, as well as a desire to make music as seriously as possible on our scale.

    Étienne: I think that before seeing Poutrasseau as an entity with stylistic barriers, we find a basic idea: the important thing is Rock.
    It is the spirit of conviviality, sharing around concerts, events and making discover many musical universes to as many people as possible.

    Mat: I want to say that … Poutrasseau is one of my best reasons for living.
    Organizing concerts that beam with his best friends, what more could you ask for? Poutrasseau is the strength, Rock and a lot of love.

    Wombat Cult: We have closed 2020, and given the genre diagonals that make up your training, it would be interesting to know the albums that caught your attention.
    It’s yours !

    Antoine: At the start of the year Igorrr’s new album as well as Slift’s UMMON were able to transport me, apart from that I really enjoyed the EP of the Philadelphia Hardcore band Soul Glo (it lasts 11 minutes it goes fast , it relaxes).
    Whealfall and Freeze Corleone delighted me at the end of the year.

    Do: So 2020, I almost agree 100% with Mathéa! Apart from that I discovered super cool sounds that have influenced me a lot musically like Thee Oh Sees that I had seen at the Pointu Festival in 2018, Ghost Frog in particular their last album “Astral arcade” or the last King Krule album: “Man Alive”.

    Étienne: It’s hard to say exactly which albums from 2020 I listened to, let alone in style. I listen to a lot of different genres, 2020 has been a year where I experimented a lot with music and broadened my musical horizons as much as possible, so telling you about a particular project would be inappropriate.

    Mat: There were some great releases from friends! I think about Toru that we had planned with Poutrasseau at La Matrice and that it was really great; Beesus (with whom we should have shared the stage to celebrate the release of our EP in April …); Concrete Mountain (which we loved so much at Gouha Rock Fest!); First Came The Shadow; Mindhoney; Hadewijch! ; but also even if it’s not an album but, during the 1st confinement Manu shared a kind of collab with three musicians Drone / Ambient recordings where Manu, with his Hemene project, participates, but also Héloïse guitarist in Toru and a random guy who joined them. I thought it was very cool! Both the concept and the result! You can listen to it on Soundcloud under the name Rituels Virtuels, « Nice Spanish Lion # 4 ».

    In less underground there is indeed « Ummon » of Slift which breaks ass and which I would really like to discover live, « EP » of Korto is very nice (even if I prefer the album from before), the last Elder , “Omens” didn’t impress me much unlike their previous albums (I expected something else) but it’s still a band that I would like to see live again, otherwise there is The Ocean’s last album which is not wrong !
    Finally, I really like “Lament” by Touché Amoré, a bandthat I discovered in your 2020 top, thank you!

    Wombat Cult: 2021 is here, in a period that seems without tomorrow, but in which we have to think about the future, what would you like this year, with its apocalyptic scents, to bring to Spiralpark?

    Antoine: Concerts, beers and sharing.
    Kisses Quentin, thank you very much for giving us this interview.

    Do: Well obviously concerts … even if it does not seem won! We intend to use all this time to compose and improve on the techniques!
    A huge thank you to you Quentin for your super interesting questions, take care of yourself.

    Étienne: If we can just perform as little as possible, rehearse and release a new album, that won’t be too bad. I know it sounds pretty pessimistic, but I prefer to lower my expectations so as not to be disappointed, however hope to be pleasantly surprised.
    Many thanks for the interview, hoping to cross paths to enjoy rock like the good old days.

    Mat: CONCERTS! Yes it would be nice to be able to do a tour before releasing a new album. See our audience, our friends who we miss but also discover other people, other places, to Rock.
    Then here we are hoping to release a new album that can only be better as we are always looking to improve our sound. And more particularly on my side because I’m changing the main synth!
    Thanks for everything Quentin! The breeze from afar.

    To Discover and Support Spiralpark:

    Wombat Interview #11 -Starmonger

    The English version is available just after the French one.


    Version Française :

    Amateurs de Retro Sci / Fi, Pulp Stories, d’ondulations de Fuzz et d’explorations DIY, le groupe de Stoner français Starmonger est venu au coeur du terrier de Wombat Cult pour parler de Revelations, leur premier album mais aussi présenter un groupe qui travaille depuis 5 ans à construire une mythologie et un paysage sonore à la fois intrigant et singulier.

    Wombat Cult: Pouvez-vous nous présenter Starmonger dans les grandes lignes à travers votre histoire et l’identité actuelle que vous avez réussi à forger autour du groupe ?

    Starmonger a été créé en 2015 par Arthur et Steve, et a été rejoint par Seb en 2017 à la batterie. On aime les riffs fuzzy très lourds à la croisée des mondes du stoner, desert-rock et doom, autour de thèmes ancrés dans le fantastique et la SF retro/pulp, souvent un peu décalés, kitschs ou teintés d’humour, en y mélangeant un peu d’occulte et d’onirisme.

    Wombat Cult: Revelations, votre premier album vient tout juste de sortir. Pourtant vous n’en êtes pas à votre coup d’essai avec déjà quatre EPs dans votre besace, en cinq ans. Un premier album qui reprend de manière intégrale vos compositions passées. Comment s’est organisée cette sortie ?

    C’est un projet de longue date qui se concrétise, un peu comme la fin du “chapitre 1” du groupe. Distiller nos morceaux au fur et à mesure à travers nos EPs nous a permis de nous faire découvrir un peu, de commencer à faire des concerts, travailler notre identité sonore… C’était important pour nous de réunir tout ce travail dans un album, en montrant que ça forme un tout cohérent.
    Pour accompagner la sortie, on s’est dit que l’occasion était trop belle pour ne pas concrétiser un autre projet : un clip pastiche de film d’horreur pulp pour le titre “Rise of the Fishlords”. Deux jours de tournage épiques en juillet, et un résultat dont on est très fiers, grâce à Seb, notre batteur, réalisateur de métier !

    Pour la sortie en elle-même, on a eu la grande chance d’avoir le clip présenté en avant-première chez “The Obelisk”, qui nous suit depuis notre précédent clip (“Dark and Gloomy”). Puis quelques jours après la sortie, l’album faisait partie des “Doom Charts” de Novembre, et plusieurs chroniqueurs, podcasts parlaient de nous de manière très positive…
    On est plutôt satisfaits, car c’est une sortie dans des conditions difficiles : vu la situation sanitaire, pas de concerts pour faire de promo, se faire un peu plus connaître et vendre quelques albums.
    C’est très difficile pour un nouveau groupe inconnu (et sans label !) de sortir du lot en utilisant exclusivement Internet.

    Wombat Cult: Certains de vos morceaux datent déjà d’il y a cinq ans, quelle est la sensation et le sentiment, pour vous, de revenir sur les morceaux genèses du groupe afin de les ancrer de nouveau dans la temporalité présente ?

    “Wanderer” et “Tell Me” sont des morceaux dont on est vraiment fiers, qui ont été respectivement l’ouverture et le final de tous nos concerts jusqu’à présent, et on s’éclate toujours autant à les jouer. Ce sont nos morceaux les plus bruts et directs, et ça fait plaisir de pouvoir les mettre à nouveau en avant ! C’est avec eux qu’on a commencé à forger notre identité sonore, et malgré notre évolution depuis, ils sont toujours très cohérents avec le reste de notre travail.
    On pourrait dire que la boucle est bouclée, et ce de manière tout à fait naturelle.

    Wombat Cult: Le son sur Revelations est vraiment solide, offrant une stature robuste et directe à vos morceaux.
    Comment a fonctionné le travail autour du remix des Eps et de l’enregistrement de certains segments pour délivrer cet album ?
    Où avez-vous travaillé et dans quelles conditions, au cours de cette année 2020 quelque peu singulière ?

    Tout d’abord merci pour le compliment ! C’est Arthur (guitares) qui s’est occupé des enregistrements et mixages des différents EPs, ainsi que de remettre tout en ordre et à un niveau de production plus uniforme pour l’album, entièrement en home-studio. Pour l’album “Revelations” on est restés dans une démarche 100% “do it yourself”.

    A l’origine, c’était un peu comme tous les groupes qui démarrent, on faisait ça dans une optique de débrouille, de réduction des coûts, et aussi d’apprentissage (en amateur !) des techniques autour du son, du mixage, de la production de manière générale. Notre processus d’écriture/enregistrement est du coup très artisanal. A l’exception du chant enregistré en studio de répétition, tout est fait à la maison : guitares, basse et batterie. On a l’immense chance de vivre à une époque où les outils de MAO, de simulation d’instruments, sont à la fois d’une qualité bluffante et plus accessibles que jamais. Du coup, pas de SM57 sur un baffle 2×12 poussé à fond par un ampli 100W, pas d’assemblage de 12 micros autour de la batterie, pas de matos vintage (à part les pédales d’effet) : on a fait le choix d’aller jusqu’au bout avec des simulations d’ampli et une batterie électronique.

    C’est moins sexy bien sûr, mais en contrepartie, ça nous a offert une grande flexibilité pour faire des ajustements de dernière minute. Quand on a décidé d’enfin tout compiler dans un album, il fallait tout remettre à niveau, et refaire certaines parties, notamment niveau batterie, car Seb ne jouait pas certains morceaux de la même manière que nos anciens batteurs. Pour les autres instrus, on avait accès aux prises directes depuis le début, donc c’était surtout une histoire de re-amping (via des nouveaux fuzz et phasers physiques + amplis virtuels), et de refaire les prises qu’on ne trouvait plus satisfaisantes. Et enfin, un gros boulot de remixage général, avec de précieux conseils de Pierre Etchandy, qui travaille avec Mars Red Sky ! Une sacré chance encore une fois.

    Tout le son était fini avant Mars 2020, donc nous n’avons pas souffert des problèmes de confinement, fermetures et annulations (en tout cas pas pour cet aspect), mais je peux tout à fait imaginer qu’on aurait pu tout enregistrer/mixer chacun enfermé chez soi. A l’exception de certaines choses plus compliquées comme le chant, mais on peut trouver des solutions créatives comme hurler dans sa cave !

    Au final c’est un processus enrichissant, très flexible… mais aussi très chronophage, avec un investissement personnel important.
    On ne remplace pas aussi facilement le savoir-faire d’un ingénieur son.

    Wombat Cult: Chez Starmonger on retrouve de nombreuses architectures de riffs connus, il n’y a pas nécessairement la volonté d’ouvrir de nouveaux champs, mais plutôt offrir une expérience de partage assez jouissive pour tous les amateurs de Fuzz. Pourtant on ressent énormément d’influences dans vos compositions, un mélange de saveurs autour de la scène Stoner/Doom et ses horizons plus ou moins lointains qui vous donnent une identité qui vous est propre.
    Quelles sont ces senteurs, influences qui ont permis de définir votre identité sonore ?

    C’est assez varié ! Je pense que le groupe qui nous a le plus influencés, voire donné envie de nous lancer là dedans, c’est incontestablement Truckfighters. L’amour de la Big Muff poussée à fond, de la production “in your face”, un desert rock modernisé… Ça se retrouve pas mal chez nous.

    On peut aussi citer Red Fang, Fu Manchu ou Kadavar. Tous ces groupes vont puiser dans les 60s et 70s, mais ont ajouté une patte moderne, et c’est un peu ce que l’on cherche à faire. A côté de ça, même si on adore la scène stoner/desert/etc, on voit aussi beaucoup d’uniformisation et de recettes entendues 100 fois. C’est pas forcément un problème, certains le font très bien ! Mais on voulait proposer quelque chose d’un peu plus varié, sans révolutionner le genre car on n’a pas cette prétention.
    On essaie d’intégrer des éléments à la fois plus prog et plus “viscéraux”, en puisant chez Baroness, Mastodon ou Kylesa.

    Wombat Cult: Dans votre biographie vous expliquez brièvement votre propos entre divination et cinéma drive-in. Les titres font régulièrement référence à cette culture à cheval entre les années 50/60, à une époque où le cinéma indépendant américain était au cœur des fantasmes fiévreux de tout un chacun.
    Pouvez-vous nous guider dans ces univers qui attirent, plaisent, mais sont trop peu représentés avec un amour certain, et placer Starmonger au centre de cette mythologie ?
    PS: En espérant un jour voir un de vos titres inspiré par Invasion Of The Saucer Man ou encore un album concept autour de Roger Corman.

    Avant que Seb nous rejoigne, en plus des thèmes assez classiques autour de l’occulte, la divination, et autres, le groupe évoluait déjà dans un univers assez cinématographique et “pulp” : Wanderer et son prophète désabusé dans le désert, Dark and Gloomy et son ambiance de slasher, Rust est une référence directe au monde de Mad Max…

    Depuis l’arrivée de Seb, on a passé la seconde, car c’est un imaginaire qui lui tient à cœur. “Rise of the Fishlords” par exemple : à l’origine, le nom est une simple blague sortie de nulle part, avec en tête l’image de cette attaque de monstres marins un peu cheap. Le texte a suivi, parlant de l’apocalypse climatique entraînant l’invasion des créatures marines. Et puis tout s’est emballé, avec Seb qui nous a proposé de pousser le délire le plus loin possible, avec un clip en référence à “La Créature du Lagon Noir” et aux films de la même époque, à l’imagination et la créativité débordantes, mais aux moyens limités.

    Ces premiers romans de SF, ces films fantastiques ou horrifiques qu’on trouve aujourd’hui aussi kitschs que cultes, c’est une mine d’or pour l’inspiration, ça déchaîne l’imagination ! C’est assez intéressant de regarder ça depuis aujourd’hui, où les productions artistiques et culturelles “fantastiques/SF” sont souvent calibrées et surproduites, mais où il manque une petite étincelle de folie et de “do it yourself”.

    Wombat Cult: Le visuel entre vos EPs et votre album a complètement changé, dans une voie particulièrement qualitative, tout comme pour vos morceaux qui ne cessent de résonner de part et d’autre dans ma boîte crânienne.
    Comment s’est décidé ce changement visuel artistique, qui avouons-le est une vraie réussite, comment s’est-il organisé ?

    Pour les EPs, c’était encore une fois du DIY intégral : l’important c’était de rendre nos morceaux disponibles à l’écoute. On a bricolé des images en restant dans le thème pour accompagner les sorties… Mais l’idée de l’artwork était présente depuis longtemps, notamment pour Steve qui avait commencé le concept.

    Après avoir finalisé les morceaux pour l’album, on a demandé à Jo Riou (https://www.instagram.com/jo_riou/) de nous faire un visuel.
    On s’est croisés de nombreuses fois à l’occasion de concerts stoner à Paris, et ses travaux de posters et covers entre art “psychédélique” 70’s et Art Nouveau collaient bien avec ce qu’on avait en tête !

    Wombat Cult: L’année 2020 touche à sa fin, douze mois que nous avons trouvé chargé en excellentes surprises musicales chez Wombat Cult. Quels sont vos albums incontournables de l’année, où le grand enfermement aura au moins permis de se plonger des heures durant au cœur d’une multitude de propositions musicales ?

    Un de nos coups de coeur de l’année, c’est UMMON de Slift. Un chef d’oeuvre de heavy psych ! Le dernier King Buffalo, “Dead Star”, nous a aussi beaucoup fait partir dans l’espace…On peut aussi citer le dernier Forming the Void, “Reverie”, qui pousse leur maîtrise de son lourd et du groove toujours plus loin; “Question Mark” de Enigma Experience, nouvelle formation du guitariste de Truckfighters. Et enfin les “Isolation Tapes” de Kadavar, album bien plus expérimental que leurs précédents. Ce dernier nous a touché dans sa démarche intime et introspective et sa prise de risque, son pas de côté, dans une période où on perd nos repères et où il est difficile de se projeter loin dans l’avenir.

    Et pour revenir en France, ça a été l’occasion de découvrir les nouveaux albums de Qilin, avec qui on a déjà partagé une scène, et de Occult Hand Order et Karkara. Des groupes talentueux à découvrir !

    Wombat Cult: Enfin, 2021 est à nos portes, quel serait votre souhait pour Starmonger ?

    2020 a été une année particulière pour tout le monde, et Starmonger ne déroge pas à la règle… Il y a de très importants changements pour nous, avec le départ de Steve et son remplacement à la basse et au chant… Ces derniers mois ont donc été pour nous l’occasion de clore un chapitre en beauté, avec la sortie de Revelations et du clip de Rise of the Fishlords, mais aussi de commencer à métamorphoser le groupe et à travailler sur de nouvelles compos et une nouvelle alchimie. Ça a été (et c’est toujours) une gigantesque transition pour nous.

    Pour 2021, d’abord il nous faut vous présenter cette évolution ! Ça arrivera en début d’année avec un peu de communication. Pour la suite, on travaille sur nos nouvelles compos. On verra sous quelle forme il sera plus judicieux de sortir ça, mais en tout cas se frotter à l’enregistrement studio cette fois. L’idéal serait de pouvoir refaire de la scène, on trépigne à l’idée de présenter les nouveaux morceaux !

    Selon la situation sanitaire, on s’adaptera, peut être avec quelques vidéos en studio, livestreams, etc…Et de manière plus générale, sans parler spécifiquement de nous, on croise très fort les doigts pour un retour progressif à la normal côté concerts et festivals, car cette scène stoner/doom est tout de même très underground, et ne vit que par l’énergie de gens vraiment passionnés : artistes, organisateurs, fans, etc.

    Pour découvrir et soutenir Starmonger :


    English Version:

    Lovers of Retro Sci/Fi, Pulp Stories, Fuzz ondulations et DIY explorations, the french Stoner band Starmonger is came to the Wombat Burrow to speak about Revelations, their new and first album but also present a band that work since 5 years to build a singular and interesting mythological soundscape.

    Wombat Cult: Can you give us an overview of Starmonger through your history and the current identity that you have managed to forge around the band?

    Starmonger was created in 2015 by Arthur and Steve, and was joined by Seb in 2017 on drums. We like very heavy fuzzy riffs at the crossroads of the worlds of stoner, desert-rock and doom, around themes rooted in fantasy and retro or pulp SF, often a little offbeat, kitsch or tinged with humor, mixing them together with a little bit of occult and dreamlike.

    Wombat Cult: Revelations, your first album has just been released. However, you are not at your first attempt with already four EPs in your bag, in five years. A first album which takes your past compositions in full. How was this outing organized?

    It’s a long-standing project coming to fruition, much like the end of “Chapter 1” of the band. Distilling our songs as and when in EPs allowed us to make ourselves discover a little, to start doing concerts, to work on our sound identity …

    It was important for us to bring all this work together in an album, by showing that it forms a coherent whole. To accompany the release, we said to ourselves that the opportunity was too good not to realize another project: a pastiche pulp horror film clip for the title “Rise of the Fishlords” .

    Two epic days of filming in July, and a result of which we are very proud, thanks to Seb, our drummer, director by profession! For the release itself, we were very lucky to have the clip presented in advance -first on “The Obelisk”, which follows us since our previous music video (“Dark and Gloomy”). And a few days after the release, the album was part of the “Doom Charts” in November, and several columnists and podcast were talking about us in a very positive way…

    We are rather satisfied, because it is a release in difficult conditions: given the sanitary situation, no concerts to promote, make ourselves a little better known and sell a few albums. It’s very difficult for a new, unknown (and unlabeled!) Band to stand out from the crowd using the internet exclusively.

    Starmonger shot by Pierre-Emmanuel Leydet

    Wombat Cult: Some of your songs are already five years old, what is the feeling and the feeling of going back to the original songs of the band in order to anchor them again in the present temporality?

    “Wanderer” and “Tell Me” are songs we’re really proud of, which have been respectively the opening and the ending of all our concerts so far, and we still have so much fun playing them. the most raw and direct pieces, and it’s nice to be able to put them forward again! It was with them that we started to forge our sound identity, and despite our evolution since then, they are still very consistent with the rest of our work. You could say that the circle has come full circle, and in a completely natural way.

    Wombat Cult : The sound on Revelations is really solid, providing a robust and straightforward stature to your tracks.
    How did the work around the Eps remix and the recording of certain segments work to deliver this album?
    Where did you work and under what conditions, during this somewhat unique year 2020?

    First of all, thank you for the compliment!
    It was Arthur (guitars) who took care of the recordings and mixes of the various EPs, but also to put everything in order and to a more uniform production level for the album, entirely in the home studio. For the album “Revelations”, we stayed in a 100% “do it yourself” approach.

    Originally, it was a bit like all bands that start, we did that with a view to resourcefulness, cost reduction, and also learning (as an amateur!) techniques around sound, mixing, of production in general. Our writing / recording process is therefore very artisanal. With the exception of the vocals recorded in the rehearsal studio, everything is done at home: guitars, bass and drums. We are extremely fortunate to live in an era where computer music and instrument simulation tools are both of bluffing quality and more accessible than ever. Suddenly, no SM57 on a 2×12 cabinet pushed to the limit by a 100W amp, no assembly of 12 microphones around the battery, no vintage gear (apart from the effects pedals): we made the choice of  » go all the way with amp simulations and electronic drums. It’s less sexy of course, but on the other hand, it gave us a lot of flexibility to make last-minute adjustments.

    When we decided to finally compile everything into an album, we had to upgrade everything, and rework some parts, especially drums, because Seb did not play some songs in the same way as our old drummers. For the other instrumentals, we had access to direct takes from the start, so it was mostly a story of re-amping (via new fuzz and physical phasers + virtual amps), and redoing the takes that we no longer found satisfactory.
    Finally, a big job of general remixing, with precious advice from Pierre Etchandy, who works with Mars Red Sky! Good Luck Again!

    All sound was over before March 2020, so we didn’t suffer from the containment, shutdowns and cancellations issues (at least not for that aspect), but I can fully imagine that we could have recorded/mixed everything each locked at home. Except for some more complicated things like singing, but you can find creative solutions like howling in your cellar!
    In the end it’s a rewarding process, very flexible … but also very time-consuming, with a significant personal investment. You can’t replace the know-how of a sound engineer so easily.

    Wombat Cult : With Starmonger we find many well-known riff architectures, there is not necessarily the desire to open up new fields, but rather to offer a quite enjoyable sharing experience for all Fuzz lovers. Yet we feel a lot of influences in your compositions, a mixture of flavors around the Stoner / Doom scene and its more or less distant horizons which give you an identity that is unique to you.
    What are these scents, influences that helped define your sound identity?

    It’s quite varied! I think the band that has influenced us the most, if not made us want to get into this, is undoubtedly Truckfighters. The love of the Big Muff pushed to the limit, of the production « in your face », a modernized desert rock… It is not bad with us.

    We can also mention Red Fang, Fu Manchu or Kadavar. All these bands are going to draw from the 60s and 70s, but have added a modern touch, and that’s kind of what we’re looking to do. Beside that, even if we love the stoner / desert / etc scene, we also see a lot of standardization and recipes heard 100 times. This is not necessarily a problem, some do it very well!
    But we wanted to offer something a little more varied, without revolutionizing the genre because we don’t have that pretension. We try to integrate elements that are both more prog and more “visceral”, drawing on Baroness, Mastodon or Kylesa.

    Wombat Cult: In your biography you briefly explain your vision between divination and drive-in cinema. The titles regularly refer to this culture straddling the 50s and 60s, at a time when independent American cinema was at the heart of everyone’s feverish fantasies. Can you guide us in these universes that attract, please, but are too little represented with a certain love, and place Starmonger at the center of this mythology?
    PS: Hoping one day to see one of your songs inspired by Invasion Of The Saucer Man or a concept album around Roger Corman.

    Before Seb joins us, in addition to fairly classic themes around the occult, divination, etc. the band was already evolving in a rather cinematographic and “pulp” universe: Wanderer and his disillusioned prophet in the desert, Dark and Gloomy and his slasher atmosphere, Rust is a direct reference to the world of Mad Max…

    Since the arrival of Seb, we skipped the second, because it is an imagination that is close to his heart. “Rise of the Fishlords” for example: originally, the name was a simple joke that came out of nowhere, with the image of this attack of sea monsters a little cheap.
    Text followed, talking about the climate apocalypse leading to the invasion of sea creatures. And then everything was packed, with Seb who suggested that we push the delirium as far as possible, with a clip in reference to “The Creature From The Black Lagoon” and to films of the same period, to the imagination and the Overflowing creativity, but with limited means.

    These first sci-fi novels, these fantastic or horrific films that we find today as kitsch as they are cult, are a gold mine for inspiration, it unleashes the imagination! It’s quite interesting to watch this from today, where “fantasy / sci-fi” artistic and cultural productions are often calibrated and overproduced, but lack a little sparkle of craziness and “do it yourself”.

    Wombat Cult: The visual between your EPs and your album has completely changed, in a particularly qualitative way, just like for your songs which keep resounding on both sides in my head box. How was this artistic visual change decided, which let’s face it is a real success, how was it organized?

    For the EPs, it was once again full DIY: the important thing was to make our songs available to listen to. We tinkered with images while remaining in the theme to accompany the releases…
    But the idea of ​​the artwork had been present for a long time, especially for Steve who had started the concept. After finalizing the songs for the album, we asked to Jo Riou (https://www.instagram.com/jo_riou/) to make us a visual.
    We bumped into each other many times at Stoner concerts in Paris, and his poster and cover works between 70’s “psychedelic” art and Art Nouveau fit well with what we had in mind!

    Wombat Cult: The year 2020 has ended, twelve months loaded with excellent musical surprises. What are your essential albums of the year, where the great confinement will at least have allowed you to immerse yourself for hours in the heart of a multitude of musical proposals?

    One of our favorites of the year is Slift’s UMMON. A heavy psych masterpiece! The last King Buffalo, « Dead Star », also made us go to space a lot… We can also quote the last Forming the Void, « Reverie », which pushes their mastery of heavy sound and groove even further; “Question Mark” by Enigma Experience, a new adventurewith the Truckfighters guitarist. And finally Kadavar’s “Isolation Tapes”, album much more experimental than their previous ones. The latter touched us in his intimate and introspective approach and his risk-taking, his step aside, in a period when we lose our bearings and where it is difficult to project far into the future.
    And to return to France, it was the opportunity to discover the new albums of Qilin with whom we have already shared a scene, and of course Occult Hand Order and Karkara. Talented bands to discover!

    Wombat Cult: Finally, 2021 is here, what would be your wish for Starmonger?

    2020 has been a special year for everyone, and Starmonger is no exception to the rule… There are some very important changes for us, with the departure of Steve and his replacement on bass and vocals…
    The last few months have therefore was for us the opportunity to close a chapter in style, with the release of Revelations and the clip for Rise of the Fishlords, but also to start to transform the band and to work on new songs with a new chemistry. It has been (and still is) a gigantic transition for us.

    For 2021, first we must present this evolution to you! It will happen at the beginning of the year with a little communication. Then, we are working on our new songs. We’ll see in what form it makes more sense to release this, but in any case dabble in studio recording this time. The ideal would be to be able to refind the stage, we are rushing to present the new songs!
    Depending on the health situation, we will adapt, perhaps with a few videos in the studio, livestreams, etc … And more generally, without specifically talking about us, we are crossing our fingers very strongly for a gradual return to normal on the concert side and festivals, because this stoner / doom scene is still very underground, and only lives by the energy of really passionate people: artists, organizers, fans, etc.

    To Discover and support Starmonger:

    Wombat Interview #10 – Vinnum Sabbathi

    The English version is after the French one. 


    Bien loin de son terrier, Wombat Cult s’est rendu par delà les océans pour rencontrer Vinnum Sabbathi, formation mexicaine désormais incontournable, et pilier de la scène -comme nous prenons plaisir à l’appeler- Interstellar Doom.


    VERSION FRANÇAISE :

    Wombat Cult : Vinnum Sabbathi commence à devenir un nom incontournable de la scène Doom internationale. Je me rappelle de votre présence sur l’affiche du Sonic Blast il y a quelques années, m’ouvrant à votre univers.
    Pouvez-vous revenir sur les débuts, les balbutiements, de votre aventure ?

    Juan : Salutations du Mexique, merci pour cette interview et aussi pour ces bien belles paroles. Le groupe a commencé comme un projet solo en 2012. J’ai enregistré chez moi une démo merdique cette année-là tout en jouant de la guitare avec un groupe appelé Bloodwitch où j’ai rencontré notre bassiste Samuel et aussi son frère Daniel (de Satánico Pandemonium et Rivers of Gore) , à la fin de cette année, j’ai enregistré le premier EP et Sam a rejoint le groupe peu de temps après.

    Nous avons joué quelques concerts en duo et un jour, Bloodwitch a joué avec Bar de Monjas où nous avons rencontré Gerardo, nous lui avons demandé de se joindre à Vinnum Sabbathi et en 2013 nous avons enregistré le deuxième EP. Mon frère Roman s’est joint à l’aventure pour jouer des Samples et des FX en 2014 lorsque nous avons commencé à jouer plus souvent, à partir de cette année-là avec le festival Nrmal et beaucoup de showcases avec Lxs Grises, qui était un collectif d’artistes underground.

    En 2015, nous avons tourné avec Bar de Monjas et enregistré le Split Fuzzonaut et un 4-way Split avec El Ahorcado, Terror Cósmico et Weedsnake, puis Gerardo a dû partir quelques temps à l’étranger pour ses études. Notre ami Leonardo (de Nazareno el Violento & Apocalipsis) nous a alors rejoint en tant que batteur pendant quelques années pour nous aider avec nos concerts au Mexique.

    Wombat Cult: La grande particularité de Vinnum Sabbathi, au-delà de votre sens de la composition hors pair, est la présence des Sample en guise de « chant ».
    Comment cela fonctionne, comment vous y prenez-vous pour que cette tonalité assez monocorde puisse devenir un élément clé de votre univers ?

    Juan : Je pense que très tôt il était évident que le chant ne ferait pas partie du son du groupe, l’idée initiale de VS était, d’une certaine manière, d’essayer de devenir la bande sonore d’événements liés à la science comme un décollage de vaisseau spatial, avec un mur de riffs lourds et forts, associé au flux de communication.

    Les Samples sont devenus une partie essentielle de notre son, parfois l’ambiance de ces derniers guide la musique et l’inverse également. Je suis un grand fan des vieux documentaires liés à l’espace et souvent ceux-ci en sont l’inspiration, mais nous avons également incorporé des sujets liés à la science-fiction, en particulier dans nos albums, alors que toutes nos chansons de la série HEX restent des sujets spatiaux / scientifiques.

    Pour moi, toute la substance liée au satanisme, à la sorcellerie ou encore à la magie noire qui entoure le genre n’est pas attrayante, si vous voulez une catastrophe, vous n’avez qu’à écouter les nouvelles ou regarder autour de vous, en tout cas c’est ce que l’on perçoit ici et je pense que c’est en partie ce nous voulons transmettre à travers les échantillons vocaux; rien de plus réel qu’Isaac Asimov lui-même qui vous parle des effets secondaires possibles de la manipulation génétique et de la détérioration de l’environnement pour l’avenir.

    Wombat Cult: On parle de plus en plus d’une scène Space Doom qu’il s’agisse de vous ou encore Vestjysk Orken, Comacozer ou encore Yuri Gagarin. De manière personnelle je préfère qualifier le genre d’Interstellar Doom, rebondissant sur la caractéristique de ces groupes à offrir un voyage entre les astres à la découverte de sonorités nouvelles. Comment arriveriez-vous à définir le concept même d’Interstellar Doom d’un point de vue architectural sonore ?

    Juan: Nous sommes fans de ces groupes également, Yuri Gagarin nous a fait fondre la cervelle au Sonic Blast il y a quelques années et évidemment nous ne pouvons toujours pas croire que nous avons pu collaborer avec les gars de Comacozer pour le Split.
    C’est une question difficile cependant; Personnellement, je lutte toujours chaque fois que la musique doit être étiquetée dans les divisions Stoner / Doom, mais oui, le lien entre les thèmes liés à l’espace / science-fiction avec des riffs lourds et lents devient peut-être paysage musical à part entière, l’Interstellar Doom pourrait alors être précis pour la ligne actuelle de groupes dans ce domaine (même les maîtres Ufomammut me viennent à l’esprit), cela étant dit, ma référence ultime pour qualifier cela est la formation hollandaise 35007.

    Wombat Cult: Le travail autour du rendu sonore sur vos albums est très précis, néanmoins la proposition que vous faîtes avec Of Dimensions &Theories est stupéfiante, le son y est si volumineux et vaste qu’il produit de vraies échappées émotionnelles.
    Dans quelles conditions avez-vous enregistré cet album ? Comment s’est déroulé le travail autour du mix et du mastering, qui nous propulse vers des horizons où la curiosité est reine ?

    Juan: L’idée de l’album a commencé il y a presque deux ans lorsque nous développions «The Good Earth is Dying» et la tournée avec Cegvera, lors des répétitions précédant l’enregistrement, nous nous sommes retrouvés avec la longue chanson qui allait devenir «A Superstring Revolution I- II »et à partir de là, le reste de l’album a commencé à se rassembler lentement, puisque nous ne nous voyons généralement pas très souvent, nous assemblons toujours la plupart du matériel en seulement quelques répétitions. Le concept de l’histoire est basé sur « The Elegant Universe » de Brian Greene, mais Gerardo a également ajouté quelques idées clés pour le fusionner avec The Sixth Glare de Cegvera.

    De retour à la mi-2019 après une tournée «intéressante» avec Fumata en Europe, je me suis retrouvé dans un barbecue pot Astral Fest à Bristol avec beaucoup de grands groupes internationaux de la famille Stolen Body Records et juste par curiosité, j’ai réussi à enregistrer certains d’entre eux en leur demandant de répondre à une question dans leur propre langue, je pense que cela a suscité l’idée d’enregistrer tous les Sampl esdu nouvel album à partir de zéro.
    Nous avons donc fini par écrire des scripts pour toute l’histoire, qui ont été enregistrés par de bons amis de différentes nationalités, et à la fin 2019, nous avons réussi à enregistrer des démos pour l’album avec ces Samples. Lorsque nous étions en route vers le studio, nous avons écouté ces démos durant de longues heures, pour développer nos idées avant d’enregistrer.

    L’album a été enregistré pendant une période de 3 jours, du 3 au 5 janvier 2020 au Testa Estudio à Guanajuato, propriété de Victor Velazquez alias «KB». Nous avons enregistré précédemment le Split avec Cegvera et aussi le Split 4 Way là-bas, donc nous étions déjà familiers avec le studio et la dynamique de travail.
    Nous avons tout enregistré ensemble dans la même pièce et ajouté des secondes guitares, synthés et samples plus tard. Pour cet enregistrement, nous avons eu la chance d’expérimenter avec différents matériels, pour les guitares j’ai fini par utiliser mon Beta Lead dans l’un des baffles que j’ai fabriqué pour le studio, chargé avec Eminence V1216 et Texas Heat, pour les deuxièmes guitares j’ai utilisé une Blackface Fender Twin Reverb. Pour la basse, Sam a utilisé un Fender Bassman 100 dans un Ampeg 115HLF et pour la batterie, Gerardo a utilisé un mélange de tambours Ludwig du studio.

    La chanson «Beyond Perturbative States» a été composée à la dernière minute lors de l’enregistrement, nous avons eu l’idée d’une sorte de chanson Drone mais nous n’avions rien de prêt avant de nous rendre en studio, nous avons utilisé un Fender Rhodes pour la première partie et nous avons improvisé un Jam Dronesque en une seule prise pour la fin, et même si tout était fait à la dernière minute, nous avons tous adoré le résultat final. Après 3 jours en studio, nous avons ramené un mix brut à la maison, puis KB a fait des ajustements plus tard sur cette base, nous avons fini par faire 3 révisions et KB a également fait le master numérique et vinyle, comme pour le matériel utilisé pour le mix et le master : seul KB sait ce qui s’est passé là-bas.

    « Of Dimensions And Theories » by Vinnum Sabbathi / Designed by Asep Yasin Abdulah

    Wombat Cult: A de nombreuses reprises, nous avons pu voir que vous apportiez un soin tout particulier au choix de votre matériel pour définir une image sonore au plus proche de celle que vous ressentez.
    Pouvez-vous revenir sur le matériel utilisé pour créer le son Vinnum Sabbathi et les raisons pour lesquelles vous avez choisi de vous équiper de la sorte ?

    Juan : En règle générale, notre choix d’équipement reflète ce que nous pouvons nous permettre et ce qui nous semble vraiment bon, nous sommes toujours à la recherche de bonnes affaires et essayons autant que nous le pouvons (les équipements coûteux « doom » sont hors de notre portée). Pour la guitare et la basse, nous utilisons des amplis Sunn à semi-conducteurs pour à peu près tout, car ces amplis sont des bêtes de somme, super bruyants, faciles à réparer et ici au Mexique, ils sont encore assez bon marché par rapport au marché américain.

    J’avais déjà expérimenté la série Concert mais en ce moment je joue via un Beta Lead associé à un cab 2 × 12 que j’ai fabriqué, qui est chargé de G12T-75. Je joue sur une Epiphone SG depuis le début, sur ma planche il y a un V845 Vox Wah, pour les pédales dirt j’utilise un overdrive et fuzz que j’ai construit il y a des années, suivi d’un Ibanez DE-7 et d’un EHX Freeze que j’ai modifié pour utiliser avec une pédale d’expression Moog comme contrôle de volume.

    Samuel utilise un Concert Bass associé à un baffle de basse Sunn 215B, il joue une Fender Precision Bass et un pédalier simple avec juste un accordeur bon marché, un Boss ODB-3 et un Bass Cry Baby Wah. Pour les Samples, Roman utilise un Digitech JamMan Solo et récemment il a obtenu un Moog Sub Phatty, que nous avons inclus un peu dans le nouvel album.

    Gerardo : J’ai toujours été fan de l’héritage de Bonham, qui consiste en des sons de batterie forts et profonds. J’ai une Gretsch Catalina Club (tom à air 13 ′, tom au sol 18 ′ et grosse caisse 26 ′) qui suit parfaitement cette ligne, et personnellement, je pense qu’elle correspond parfaitement au son Vinnum. Au niveau de la caisse claire, j’essaye toujours de changer un peu, normalement j’utiliserais un Yamaha Oak custom 14 × 7, mais pour ODAT j’ai utilisé un acrolite Ludwig du 70’s 14 × 5.5.

    Wombat Cult :  Le visuel chez Vinnum Sabbathi semble également être une pièce maîtresse. Ce travail artistique réussit toujours à rendre pleinement compte de l’ambiance de vos différentes sorties.
    Vous changez régulièrement d’artistes pour donner une image à vos compositions allant de Mike Sandoval à Asep Yasin Abdulah en passant par Hellbound Graphics.
    Comment procédez-vous dans le choix de l’artiste mais également dans la collaboration avec ce dernier ?

    Juan : Nous aimons collaborer avec différents artistes, la plupart d’entre eux sont locaux pour nous et aussi de bons amis depuis les premiers jours de Vinnum comme Valde (Hellbound Graphics, également d’Akuma) et Raúl (Lesuperdemon, également de Jesus on Dope) , Diego Bureau, Leonardo (Mico, également de Fumata) et Mike Sandoval.
    Nous regardons constamment leur travail et nous entrons juste en contact avec qui nous pourrait avoir une bonne approche pour une idée spécifique.
    Pour notre nouvel album, nous avions Yasin dans notre esprit après son travail avec Cegvera, et nous pensons qu’il a fait un superbe travail pour représenter l’ambiance de l’histoire.

    Wombat Cult : Vous avez pris part à de nombreux splits que cela soit avec Comacozer récemment mais aussi Cegvera et Bar De Monjas.
    Comment choisissez-vous ces partenaires musicaux mais surtout comment fonctionne la relation entre les deux groupes pour créer des albums cohérents comme vous les proposez ?

    Juan : Notre premier Split est arrivé en 2014 lors d’une tournée avec certains de nos groupes préférés: Weedsnake, Terror Cósmico & El Ahorcado, c’était la première fois que nous enregistrions dans un vrai studio et nous étions super stressés à l’époque car la nuit précédente, certains connards ont volé la batterie de notre voiture, mais à part ça, nous avons eu de superbes souvenirs et cela nous a ouvert à toute l’idée de «Split».

    En 2015, nous avions beaucoup joué avec Bar de Monjas et l’idée de faire un Split est venue naturellement, je pense, Fausto a inventé le terme «Fuzzonaut» et cette collaboration a commencé toute la série «HEX» pour nous. Nous nous sommes dirigés vers Vesubio 34, le studio d’enregistrement de notre bon ami Cardiel, où nous avons enregistré le tout en une seule journée!
    Il a aussi involontairement lancé le tout «enregistré en une seule prise» pour la série HEX, puisque nous ne pouvions nous permettre qu’une journée en studio pour le suivi.

    Le suivant s’est produit en 2018 lors d’une série de concerts dans les villes frontalières nord de Tijuana et Mexicali avec nos copains d’Owain, nous avons pensé que ce serait cool d’enregistrer quelque chose là-bas et nous avons également fini par faire le tout en une seule journée à Cacho Estudio. C’est le seul enregistrement à ce jour avec notre copain Mico à la batterie.
    En juin de la même année, Gerardo a amené le gang de Cegvera au Mexique pour faire une tournée ensemble, donc encore une fois l’idée de faire un Split était tout simplement naturelle et je pense que je parle au nom de tout le monde quand je dis que c’était une tournée très spéciale (nous avions un premier concert à guichets fermés à Mexico et nous avons vendu TOUS le merch de la tournée là-bas!), nous nous sommes éclatés pendant la tournée et nous avons enregistré le tout en une journée au Studio Testa, « The Good Earth is Dying » est une sortie très spéciale, pour la musique mais aussi du fait des souvenirs qu’elle nous a laissé.

    Au cours de cette session d’enregistrement, nous avons réussi à obtenir deux morceaux supplémentaires qui ont fini par faire partie du Split que nous avons sorti cette année avec Comacozer, pour celui-ci l’idée est venue d’Adam, l’homme principal derrière Psychedelic Salad Records que nous avons rencontré durant le Sonic Blast en 2017.
    Nous sommes fans des gars de Comacozer depuis un certain temps, donc c’était une collaboration longue distance très excitante, nous sommes impatients de visiter l’Australie dans un proche avenir et de jouer cette version ensemble.

    Pour 2021, nous avons déjà quelques collaborations en cours, nous voulions les enregistrer en 2020, mais les restrictions COVID ont définitivement ralenti les choses. J’espère que nous aurons des nouvelles dans les mois à venir.

    « Fuzzonaut Split » by Bar De Monjas & Vinnum Sabbathi / Artwork by Mike Sandoval

    Wombat Cult: Of Dimensions Ad Theories, a le droit a un prologue musical qui a été composé par Cegvera sous le nom de The Sixth Glare. L’album est dingue et néanmoins très confidentiel contrairement à la sortie de votre second album qui s’articule pourtant avec celui de Cegvera.
    Pouvez-vous nous éclairer sur l’interconnexion entre ces deux albums ?

    Gerardo: Le lien entre les deux albums se joue autour de l’état actuel du monde, délabré, dans lequel nous vivons.
    Le Sixth Glare se concentre sur l’événement de la sixième extinction de masse que nous vivons (pas seulement humain, mais la biodiversité dans son ensemble).
    Alors que ‘Of Dimensions and Theories’ est complètement fictif. L’histoire racontée dans ‘The Sixth Glare’ est vraie à 90%: maladie + perte de biodiversité + changement climatique + catastrophes anthropiques + surpopulation + effondrement environnemental.

    L’album est sorti juste avant l’arrivée du Corona, et certaines personnes nous ont dit que c’était un album «prophétique». Vérité à dire: TSG n’est pas vraiment prophétique.
    La plus grande partie était déjà attendue – et même prédite par la communauté scientifique – ce n’est pas une conspiration; ce ne sont pas les illuminati.
    Nous parlons d’un monde épuisé / gaspillé / fatigué par tous les dégâts qui ont été causés sans relâche pendant des siècles. Il est vrai que TSG est un peu plus confidentiel (nous n’en avons pas autant parlé), mais si cela vous intéresse, vous pouvez trouver d’horribles faits scientifiques (et peu de fiction) sur l’état actuel du monde, imprimés sur la pochette de ce disque, qui a également été publié par Stolen Body Records.

    C’est là que Vinnum entre en jeu – ODAT – où 4 astronautes sont à la recherche d’un endroit propice pour perpétuer l’existence humaine. Nous avons toujours aimé faire des choses ensemble pour renforcer les liens entre les scènes heavy britanniques et mexicaines. 2020 n’a pas fait exception.

    Wombat Cult: Vous avez travaillé avec une pluralité de abels depuis 2014, que cela soit Stolen Body Records, Aim Down Sight Records ou encore Interstellar Smoke Records.
    Comment procédez-vous pour déterminer que tel album sortira sur tel label ?

    Juan: Nous serons toujours ravis de travailler avec différents labels, c’est sûr, pour nous, c’est incroyable que notre travail soit considéré par des gens d’autres pays, souhaitant le publier sur différents formats. Nous le savons parce que nous gérons nous-mêmes un petit label, dans le but de sortir la musique de groupes underground que nous aimons, nous sommes conscients du travail acharné et des risques que cela implique donc nous sommes reconnaissants envers les personnes derrière les labels pour leur confiance.

    Stolen Body Records est notre principal label, Alex et Suz font à peu près partie de notre famille depuis que nous les avons rencontrés en 2017 lors de notre tournée européenne, même sentiment avec Matthias de Aim Down Sight Records qui a sorti nos EPs et notre premier album, nous avons appris à le connaître personnellement pendant cette tournée et nous sommes de bons amis depuis.
    Cette année, nous avons commencé à travailler avec Psychedelic Salad d’Australie pour le Split avec Comacozer et Interstellar Smoke Records de Pologne; Jacek, qui est l’homme derrière ISR, a travaillé avec des groupes d’Amérique latine comme Arteaga, The Wizard et nos copains Satánico Pandemonium, alors nous étions heureux d’être inclus dans leur roster.
    Nous avons également travaillé avec le label indonésien Southcave Records avec une version cassette limitée de Gravity Works dans le passé.

    Wombat Cult: Vu de l’Europe, la scène Stoner/Doom Sud-Américaine est en pleine explosion avec de nombreux groupes qui semblent porter le futur du genre. En tant que groupe majeur de cette sphère, pouvez-vous nous donner votre point de vue sur la situation et nous donner des noms qui méritent de rayonner par-delà les océans ?

    Roman: L’histoire du rock en Amérique latine est si diversifiée, par exemple en Argentine depuis les années 70, la société a soutenu la musique rock, mais au Mexique, le rock a été interdit par le gouvernement depuis la fin des années 70 jusqu’aux années 90. Je pense que dans le cas du Stoner, Doom, Psychedelia, chaque pays a créé quelque chose de spécial parce que les groupes locaux combinaient les vieux sons Rock and Roll, la Cumbia et les sons latins avec la lourdeur du Metal, du Punk et bien sûr, l’influence du groupes principaux comme Kyuss, Pentagram, Electric Wizard, etc.

    Je pense que le succès du mouvement latino-américain réside dans la diversité des sons de chaque scène et aussi, dans le contexte social: toute la scène latino-américaine partage certains problèmes comme la pauvreté, la corruption, les inégalités, la révolution sociale et plus encore. Dans le cas de la musique, nous n’avons pas les mêmes opportunités qu’en Amérique ou en Europe, donc nous essayons toujours de trouver le moyen de survivre et de continuer à faire de la musique, ce niveau de nécessité fait que beaucoup de groupes travaillent vraiment dur pour y parvenir avec des objectifs comme sortir un album sur vinyle ou jouer à l’étranger.

    La scène latino-américaine et les fans sont très spéciaux, je pense que le travail des sites Web, des collectifs et des labels est très important pour la scène underground, il y a une TONNE d’informations rassemblées sur le site Doomed & Stoned Latinoamerica (https: // doomednstonedlatino. com), mais découvrez également le travail de Red House, Abraxas, Noiseground, Necio Records, Manicomio Discos, Lucifer Discos, Bruxa Verde, Void Stoner Doom Worship, etc.

    Juan : Quant à notre scène locale au Mexique, vous pouvez visiter notre petit label LSDR Records (https://lsdr.bandcamp.com) où vous pouvez trouver beaucoup d’albums, de compilations et de bootlegs live de certains des groupes de heavy underground que nous connaissons, en voici quelques-uns que nous recommandons totalement :
    Saturno Grooves, Terror Cósmico, Fumata, El Culto del Ojo Rojo, Satánico Pandemonium, Vyctoria, Cardiel, Sunset Images, Par Asito, Abyssal, Annapura, Tolot, Bardo, Malamadre, Moonwatcher, Weedsnake, Chivo Negro, k. and even though they don’t play anymore please check out Apocalipsis, Akuma et El Ahorcado.

    Wombat Cult: Nous arrivons au terme d’une année 2020 qui aura su se composer de centaines d’albums fantastiques et de pléthore de nouvelles formations au potentiel certain.
    Quels sont vos coups de cœur ?

    Juan : Voici quelques-uns de nos favoris (sans ordre particulier) :
    Wren – GROUNDSWELLS
    Arcadian child – Protopsycho
    Camel Driver – \ /
    Cat Clyde – Good Bones
    Yuri Gagarin – Outskirts of Reality
    Satánico Pandemonium – Culto Suicida
    Soden – Onwards … Towards the Tundra
    Abyssal – Misanthrope (2020)
    Slift – Ummon
    Lowrider – Refractions
    Rezn- Chaotic Divine
    Cuarzo- Vol. II
    IAH – III
    Jupiterian – Protosapien
    Ozo – Pluto
    Oranssi Pazuzu –Mestrarin Kynsi
    Power Plant – Cargo
    Primitive Man – Immersion
    Saturno Grooves – Cosmic Echoes

    Wombat Cult : 2021 est arrivé, quels sont vos projets d’avenir, vos rêves?

    Gerardo: Pendant que la tempête se calme: créer de la nouvelle musique, passer du temps avec ma famille, écrire des textes et profiter autant que possible des paysages naturels. Après la tempête: Tourner avec mes amis (au Mexique et peut-être une petite tournée européenne ?), voir de nouveaux endroits, de nouveaux amis et profiter des paysages naturels autant que possible

    Roman : Créer de nouveaux morceaux et travailler sur de nouveaux splits, cela peut prendre un certain temps pour un nouvel album, mais c’est aussi sur ma liste.

    Juan: Survivre, sortir et retourner jouer sur scène.

    Pour découvrir et soutenir Vinnum Sabbathi :

    Pour découvrir l’album introductif au concept de « Of Dimensions And Theories » : The Sixth Glare par Cegvera :


    English Version:

    Far from its burrow, Wombat Cult has traveled across the oceans to meet Vinnum Sabbathi, a now essential Mexican formation, and pillar of the scene – as we take pleasure in calling it – Interstellar Doom.


    Wombat Cult: Vinnum Sabbathi is starting to become an essential name in the international doom scene. I remember your presence on the Sonic Blast poster a few years ago, opening me up to your universe.
    Can you go back to the beginnings of your adventure?

    Juan: Greetings from Mexico, thanks for this interview and also for the kind words. The band started as a one-man project back in 2012. I home-recorded a crappy Demo that year while playing guitar with a band called Bloodwitch where I met our bassist Samuel and also his brother Daniel (from Satánico Pandemonium and Rivers of Gore), by the end of that year I recorded the first EP and Sam joined the band shortly after.

    We played a couple of shows as a duo and one day Bloodwitch played a show with Bar de Monjas where we met Gerardo, we asked him to join and by 2013 we home-recorded the second EP. My brother Roman joined to play samples and FX by 2014 when we started to play more often, starting that year with Nrmal festival and a lot of showcases with Lxs Grises, which was an underground collective of artists.

    By 2015 we toured with Bar de Monjas and recorded the Fuzzonaut Split and a 4-way Split with El Ahorcado, Terror Cósmico and Weedsnake, then Gerardo had to go overseas for his PhD studies for a bit and our buddy Leonardo (from Nazareno el Violento & Apocalipsis) joined as drummer for some years to help us with our shows in Mexico.

    Wombat Cult: The great peculiarity of Vinnum Sabbathi, beyond your sense of the composition, sharpened, is the presence of the Samples by way of « singing part ».
    How does it work, how do you go about making this fairly monotonous tone can become a key part of your universe?

    Juan: I think very early on it was obvious that vocals were not part of the sound of the band, the initial idea for VS was to, in a certain way, try to become the soundtrack of science related events like a spaceship liftoff, with a wall of heavy and loud riffs paired with the communication feed.

    Samples have become an essential part of our sound, sometimes the vibe of the samples guides the music and the other way around as well. I’m a huge fan of old space related documentaries and often those are the inspiration, but we have also incorporated some sci-fi related threads, especially in our Albums, while all our songs on the HEX series remain space/science topics.

    For me the whole satanic/witchcraft/black magic thing that surrounds the genre is not appealing, if you want doom you only have to turn on the news or go look around, at least that’s the vibe around here and I think that’s in part what we want to transmit through the voice samples; nothing more real than Isaac Asimov himself telling you about the possible side effects of genetic manipulation and the deterioration of the environment for the future.

    Wombat Cult: We are talking more and more about a Space Doom scene whether it is you or Vestjysk Orken, Comacozer or Yuri Gagarin. In a personal analysis, I prefer to qualify the genre of Interstellar Doom, playing with the characteristics of these bands to offer a trip between the stars searching for new sounds, new possibilities.
    How will you come to define the very concept of Interstellar Doom from an architectural sound point of view?

    Juan: We’re all fans of those bands as well, Yuri Gagarin melted our brains in Sonic Blast some years ago and obviously we still can’t believe we were able to collaborate with the Comacozer guys for the Split.
    This is a difficult question though; I personally always struggle whenever the music has to be labeled within the stoner/doom divisions, but yeah the connection between space/sci-fi related themes with heavy and slow riffs is becoming its own thing maybe, so Interstellar Doom might be accurate for the current line of bands into this (even the masters Ufomammut come to mind), that being said, my ultimate reference for this is the great dutchmen 35007.

    « Gravity Works » by Vinnum Sabbathi / Artwork by Mike Sandoval

    Wombat Cult: The work around the sound rendering on your albums is very precise, nevertheless the proposal you make with Of Dimensions & Theories is astounding, the sound is so large and vast that it produces real emotional escapes.
    Under what conditions did you record this album? How was unfolded the work around the mix and mastering, which propels us towards horizons where curiosity is queen at each listening?

    J: The idea of the Album started almost two years ago when we were developing “The Good Earth is Dying” and the tour with Cegvera, during the rehearsals previous to the recording we ended up with the long song that would become “A Superstring Revolution I-II” and from there the rest of the Album started to come together slowly, since we usually don’t see each other very often we always put together most of the material in just a couple of rehearsals. The concept for the story is based in “The Elegant Universe” from Brian Greene, but also Gerardo added some key ideas to merge it with Cegvera’s The Sixth Glare.

    Back in mid-2019 after an “interesting” tour with Fumata in Europe, I ended up in a post Astral Fest BBQ in Bristol with lots of great international bands from the Stolen Body family and just by curiosity I managed to record some of them answering a question in their own languages, I think that sparkled the idea to record all the samples for the new Album from scratch, so we ended up writing scripts for the whole story, which were recorded by some good friends from different nationalities, and by the end of 2019 we managed to record demos for the Album already with the samples, so while heading to the studio we only listened to those demos for hours on the road.

    The Album was recorded during a 3-day period, from January 3 rd to 5 th 2020 at Testa Estudio in Guanajuato, owned by Victor Velazquez aka “KB”. We recorded previously the Split with Cegvera and also the 4-way Split there, so we were already familiar with the studio and the work dynamics. We recorded everything together in the same room and added second guitars, synths and samples later on. For this recording we had the chance to experiment with different gear, for guitars I ended up using my Beta Lead into one of the cabs I made for the studio, loaded with Eminence V1216 and Texas Heat, for the second guitars I used a Blackface Fender Twin Reverb. For bass Sam used a Fender Bassman 100 into an Ampeg 115HLF and for drums Gerardo used a mix of Ludwig drums from the studio .

    The song “Beyond Perturbative States” was composed last minute while recording, we had the idea of some kind of drone song but we had nothing ready before heading to the studio, we used a Fender Rhodes for the first part and we improvised a drone(ish) jam in a single take for the end, and even though it was all last minute we all loved the final result. After 3 days in the studio, we took a raw mix back home and then KB made adjustments later on based on that, we ended up doing 3 revisions and KB also did the digital and vinyl master, as for the gear used for mix and master only KB knows what happened there haha.

    Wombat Cult: On many occasions we have seen that you are bringing a particular care in choosing your equipment to define a sound image closest to what you feel.
    Can you come back to the material used to create the Vinnum Sabbathi sound and the reasons why you chose you to equip in this way?

    Juan: Generally, our gear choice reflects what we can afford and what sounds good to us really, we’re always on the hunt for good deals and trying stuff as much as we can (expensive “doom” gear is way out of our reach). For guitar and bass we have been using solid state Sunn amps for pretty much everything, because those amps are workhorses, super loud, easy to repair and here in Mexico are still pretty cheap to get compared with the US market.

    I had experimented with the Concert series before but right now I’m playing through a Beta Lead paired with a 2×12 cab that I made, which is loaded with G12T-75s. I have been playing an Epiphone SG since the beginning, on my board there’s a V845 Vox Wah, for dirt pedals I use an overdrive and fuzz that I built years ago, followed by an Ibanez DE-7 and a EHX Freeze which I modified to use with a Moog expression pedal as volume control.

    Samuel uses a Concert Bass paired with a Sunn 215B bass cab, he plays a Fender Precision Bass and a simple pedalboard with just a cheap tuner, a Boss ODB-3 and a Bass Cry Baby Wah. For samples, Roman uses a Digitech JamMan Solo and recently he got a Moog Sub Phatty, which we included for a bit in the new Album.

    Gerardo: I’ve always been a fan of the Bonham’s legacy, which is loud and deep drum sounds. I have a Gretsch Catalina Club (13′ air tom, 18′ floor tom and a 26′ bass drum) which follows that line perfectly, and personally, I think it fits perfectly with the Vinnum sound. Snare-wise I always try to change a little bit, normally I would use a Yamaha Oak custom 14×7, but for ODAT I used a Ludwig acrolite form the 70’s 14×5.5.

    Wombat Cult: The visual at Vinnum Sabbathi also seems to be a centerpiece. This artistic work always succeeds in fully reflecting the atmosphere of your different releases. You regularly change artists to give a new image to your compositions ranging from Mike Sandoval to Asep Yasin Abdulah but also Hellbound Graphics.
    How do you proceed in choosing the artist but also in collaboration with him?

    Juan: We love to collaborate with different artists as much as we can, most of them are local to us and also good friends since the early Vinnum days like Valde (Hellbound Graphics, also from Akuma) and Raúl (Lesuperdemon, also from Jesus on Dope), Diego Bureau, Leonardo (Mico, also from Fumata) and Mike Sandoval. We are constantly looking at their work and we just get in touch with who we think might have a good approach for a specific idea, for our new Album we had Yasin in our mind after his work with Cegvera, and we think he did a superb job to represent the vibe of the story.

    Wombat Cult: You have taken part in many splits, whether with Comacozer recently but also Cegvera and Bar De Monjas.
    How do you choose these musical partners but especially how works the relationship between the two bands to create albums consistent as you suggest?

    Juan: Our first Split took place back in 2014 while on tour with some of our favorite bands: Weedsnake, Terror Cósmico & El Ahorcado, it was the first time we recorded in a real studio and we were super stressed at the time because the night before some asshole stole our car’s battery, but apart from that we had the best times and it opened the whole “Split” idea to us.

    By 2015 we had been playing a lot together with Bar de Monjas and the idea of doing a Split kinda happened naturally I think, Fausto coined the term “Fuzzonaut” and that collaboration started the whole “HEX” series thing for us. We headed to Vesubio 34, the recording studio owned by our good friends Cardiel, where we recorded the whole thing in a single day! It also involuntarily started the whole “recorded in a single take” thing for the HEX series, since we only could afford a day in the studio for tracking.

    The next one happened back in 2018 during a run of shows in the north border cities of Tijuana and Mexicali with our buddies Owain, we thought it would be cool to record something over there and we also ended up doing the whole thing in a single day at Cacho Estudio. This is the only recording so far featuring our buddy Mico on drums (fun fact). By June of that same year Gerardo brought the Cegvera gang to Mexico to do a tour together, so again the idea of doing a Split was just natural and I think I speak on behalf of everyone when I say that was one very special tour (we had a sold out first show in Mexico City and we sold ALL the tour merch there!), we had a blast during the tour and we recorded the whole thing in a day at Testa Studio, “The Good Earth is Dying” is a very special release, for the music but also from the memories behind it.

    During that recording session we managed to get two extra tracks that ended being part of the collaboration we released this year with Comacozer, for this one the idea came from Adam, the main man behind Psychedelic Salad Records who we met in Sonic Blast back in 2017. We have been fans of the Coma guys for some time so this was a very exciting long-distance collaboration, we are looking forward to visit Australia in a near future and play this release together.

    For 2021 we already have a couple of collaborations in process, we wanted to record those in 2020 but COVID restrictions definitely slowed things down. Hopefully we’ll have news in the upcoming months.

    « Here And Beyond » by Comacozer & Vinnum Sabbathi / Artwork by SIX.D.SIX

    Wombat Cult: Of Dimensions & Theories, has the right to a musical prologue which was composed by Cegvera under the name The Sixth Glare. The album is crazy and nevertheless very confidential unlike the release of your second album which is articulated with that of Cegvera.
    Can you give us some light on the interconnection between these two albums?

    Gerardo: The connection between both albums is basically the current status of the decayed world we are living in. The Sixth Glare is focused on the Sixth Mass extinction event that we are experiencing (not just human, but biodiversity as a whole). While ‘of Dimensions and Theories’ is completely fictional, the story that is narrated in ‘The Sixth Glare’ is 90% true: Disease + Biodiversity Loss + Climate change + Anthropogenic disasters + overpopulation + environmental collapse.

    The album was released just before the corona strike, and some people told us it was a ‘prophetic’ album. Truth to be told: TSG is not really prophetic. Most of it was already expected -and even predicted by the scientific community- it is not a conspiracy; it is not the illuminati. We are talking about a depleted/wasted/tired world and all the damage that has been done tirelessly for centuries. It is true that TSG is a bit more confidential (we have not talked about it as much), but if interested, you can find horrific scientific (and few fictional) facts about the current status of the world printed on the sleeve of this record which was also released by Stolen Body Records.

    This is where Vinnum jumps in – ODAT – where 4 astronauts are in search of a place that’s suitable to perpetuate human existence. We have always liked doing things together to strengthen the bonds between British and Mexican heavy scenes. 2020 was not the exception.

    « The Sixth Glare » by Cegvera / Artwork by Hellbound Graphics

    Wombat Cult: You worked with many different labels like Stolen Body Records, Aim Down Sight Records or Interstellar Smoke Records.
    How do you process to choose which album will be released on which label?

    Juan: We will always be happy to work with different labels for sure, for us is amazing that our work is considered by people in other countries to be released on any format. We know it because we run a small label ourselves, with the goal to release the music from underground bands that we love, we are aware of the hard work and risk it involves so we’re grateful with the people behind the labels for their trust.

    Stolen Body Records has been our main label, Alex and Suz have been pretty much part of our family since we met them back in 2017 during our Euro tour, same feeling with Matthias from Aim Down Sight Records who released our EPs and our first Album, we got to know him in person as well during that tour and we have been good friends since then. This year we started working with both Psychedelic Salad from Australia for the Split with Comacozer and Interstellar Smoke Records from Poland; Jacek who’s the man behind ISR has been working with bands from Latin America like Arteaga, The Wizard and our buddies Satánico Pandemonium so we were happy to be included in their roster. We also have worked with the Indonesian label Southcave Records with a limited cassette version of Gravity Works in the past.

    Wombat Cult: Seen from Europe, the South American Stoner / Doom scene is in full swing with many bands that seem to carry the future of the genre.
    As a major band in this sphere, can you give us your take on the situation and give us names that deserve to shine beyond the oceans?

    Roman: Rock history in Latin America is so diverse, for example in Argentina since the 70’s the society supported the rock music, but in México the rock was banned by the government since the late 70’s until the 90’s.
    I think in the case of the Stoner, Doom, Psychedelia, each country created something special because the local bands combined the old rock and roll sounds, cumbia and the Latin sounds with the heaviness of metal, punk and of course, the influence of the main bands like Kyuss, Pentagram, Electric Wizard, etc.

    I think the success of the Latin American movement lays in the diversity of sounds of each scene and also, the social context: the entire Latin American Scene shares some issues like poverty, corruption, inequality, social revolution and more. In the case of the music, we don´t have the same opportunities like in America or Europe, so we always try to find the way to survive and keep doing music, that level of necessity makes a lot of bands work really hard to achieve goals like to release an album on vinyl or to play overseas.

    The Latin American scene and the fans are very special, I think the work of websites, collectives, and labels are very important to the underground scene, there’s a TON of info gathered in the Doomed & Stoned Latinoamerica site (https://doomednstonedlatino.com), but also check out the work of Red House, Abraxas, Noiseground, Necio Records, Manicomio Discos, Lucifer Discos, Bruxa Verde, Void Stoner Doom Worship, etc.

    Juan: As for our local scene in Mexico, you can visit our small label LSDR Records ( https://lsdr.bandcamp.com) where you can find a lot of Albums, compilations and live bootlegs from some of the underground heavy bands we know, here are some that we totally recommend: Saturno Grooves, Terror Cósmico, Fumata, El Culto del Ojo Rojo, Satánico Pandemonium, Vyctoria, Cardiel, Sunset Images, Par Asito, Abyssal, Annapura, Tolot, Bardo, Malamadre, Moonwatcher, Weedsnake, Chivo Negro, k. and even though they don’t play anymore please check out Apocalipsis, Akuma and El Ahorcado.

    Wombat Cult: We are coming to the end of the year 2020 which will have been made up of hundreds of fantastic albums and a plethora of new formations with certain potential. What are your favorites?

    Juan: Here are some of our favorites (in no particular order):
    Wren – GROUNDSWELLS
    Arcadian child – Protopsycho
    Camel Driver – \ /
    Cat Clyde – Good Bones
    Yuri Gagarin – Outskirts of Reality
    Satánico Pandemonium – Culto Suicida
    Soden – Onwards … Towards the Tundra
    Abyssal – Misanthrope (2020)
    Slift – Ummon
    Lowrider – Refractions
    Rezn- Chaotic Divine
    Cuarzo- Vol. II
    IAH – III
    Jupiterian – Protosapien
    Ozo – Pluto
    Oranssi Pazuzu –Mestrarin Kynsi
    Power Plant – Cargo
    Primitive Man – Immersion
    Saturno Grooves – Cosmic Echoes

    Wombat Cult: 2021 is upon us, what are your plans for the future, your dreams?

    Gerardo: While the storm calms down: To create new music, to spend some time with my family, write some research stuff and enjoy natural landscapes as much as I can. After the storm: Tour with my friends (within Mexico and maybe a small European tour?), new places, new friends and enjoy natural landscapes as much as I can.

    Roman: Create new tunes and work in some new splits, might take a while for a new Album but also have that on my list.

    Juan: Survive. Go out and play live shows again.

    « Live Session » by Vinnum Sabbathi – Artwork by Jacob Ramirez

    To Discover And Support Vinnum Sabbathi:

    To Discover the prequel album around « Of Dimensions And Theories »: The Sixth Glare by Cegvera:

    Wombat Interview #9 – Pilori

    Photo par Sébastien Saunier / Séb CrtnBrgd Rhc


    The English Version is just after the French one.


    VERSION FRANÇAISE :

    Pilori, groupe mélangeant la virulence de la scène Grindcore à la force sonore du Death Metal, a pris un petit moment pour entrer dans le terrier de Wombat Cult afin de parler de leur nouvelle sortie « A Nos Morts ».

    Wombat Cult: Pilori n’est pas né avec ce premier album « A Nos Morts », vous avez créé le groupe en 2016 ,sorti un premier split avec Dakhma et parcouru quelques scènes prestigieuses comme celle du festival OUTCH! en 2018. Pouvez-vous revenir sur l’histoire du groupe et les raisons pour lesquelles après quatre années à ravager l’hexagone et l’Europe vous sortez enfin ce premier album ?

    Gr. (chant) : Alors, Pilori c’est quatre lascars, et pour la faire courte on va dire que l’on est originaires de Rouen, en Normandie. Je la fais courte car on est trois à être de Rouen ou de sa région, mais notre batteur lui a une longue histoire : mais il vous la racontera mieux que moi ! On a commencé les répètes en 2015, premier concert en 2016. L’idée est venue de notre guitariste que je connais depuis des années et qui, lors d’une soirée, m’a fait part de son envie de monter un projet crust/grind, et m’a demandé si je serais intéressé pour y prendre le micro. J’étais évidemment complètement chaud, et quelques mois plus tard, on s’est retrouvés avec un premier batteur (parti du groupe depuis) pour commencer à répéter. L’idée de base, c’était juste de faire un groupe inspiré de trucs comme Nails, Cursed, Trap Them, All Pigs Must Die, etc., et de se faire plaisir.
    On avait surtout envie de jouer, de faire des dates, et advienne que pourra. Et de fil en aiguille, je crois que l’on y a vraiment pris beaucoup de plaisir donc on a continué encore et encore en s’impliquant toujours davantage. Rien n’était calculé au départ, et c’est toujours le cas aujourd’hui. Je pense que l’on continuera tant que l’on prendra autant de plaisir à faire ce que l’on fait ; le cas échéant, on arrêtera. Sans trop se poser de questions. Et si on sort enfin un premier album, c’est sûrement parce que l’on se sentira prêts ! Et aussi parce que l’on avait assez de matières pour que ce soit considéré comme un album ! On ne s’est pas pressés pour le faire, c’est sur, mais au regard du résultat, c’est certainement mieux ainsi et il n’y a aucun regret de ce côté-là.
    On a pris notre temps pour composer ce premier opus, travailler nos morceaux, faire un truc cohérent doit on soit fiers. On ne s’est pas dit qu’il fallait faire tant de morceaux obligatoirement, ou forcément faire un album, mais à force de composer, plus on avait de trucs sous le coude, et plus on avait vraiment envie de faire un long format pour franchir une sorte de cap symbolique.

    Wombat Cult: Vos compositions et structures sur « A Nos Morts » délivrent un mélange à la fois rugueux et savoureux, pour ceux qui apprécient la savate en plein visage, entre la scène Hardcore et Metal Extrême. Comment vous définiriez-vous sur la scène musicale actuelle, à l’heure où les appellations ne cessent de fuser, de se mêler et de s’entrechoquer ? Quelles ont été vos influences principales lors de la création des morceaux de ce premier album ?

    Gr. (chant) : Se définir, c’est toujours un exercice que je n’aime pas trop. Parce qu’au final on ne fait pas vraiment du crust, pas vraiment du grind, pas vraiment du death, pas vraiment du black metal, mais peut-être un peu de tout ça, et ce, pour la simple et bonne raison, que ce sont les genres que l’on aime et écoute tous beaucoup. On nous a rangé et classé sous plusieurs étiquettes aussi variées que différentes, ça ne me pose pas de problème.
    Si certains pensent que l’on fait du deathgrind, ça me va. Si d’autres pensent que l’on fait du blackened crust, ça me va aussi. Je m’en fous complètement à vrai dire.
    Les influences principales pour la création de cet album ont été nombreuses et diverses, c’est très certainement pour cela qu’au final on était un peu classables dans plein de catégories. Perso, j’écoute autant des groupes de punk hardcore à la Gallows, Ceremony, Drug Church, que du black metal à la Immortal, Darkthrone, Marduk, Glaciation, que du grind à la Full of Hell, Nails, Dead in the Dirt, que du death à la Immolation, Incantation, Unleashed, Morbid Angel, Deicide… Je parle uniquement en mon nom là, mais globalement c’est à peu de choses près la même chose pour tous les autres du groupe.
    Mon batteur et mon guitariste sont les principaux compositeurs et arrangeurs des titres, et leurs influences sont assez similaires à tout ce que je viens de citer. Le panel est très large. Personne chez nous n’écoute que du death, que du grind, que du black ou que du crust, mais beaucoup de tout ça.

    J. (basse): En effet, il n’est pas évident de base d’appliquer une étiquette au dos de chaque skeud que l’on peut croiser, et encore moins aujourd’hui car forcément tout a quasiment déjà été pondu, donc pour sortir un peu du lot chacun se doit de faire son petit mix d’influences et de composer avec ceux qui t’entourent et c’est à ce moment que chaque membre du groupe apporte sa pierre a l’édifice et que ça marche ou pas.
    Pour mes premiers pas dans Pilori, je confirme que la composition n’est pas sur une ligne directrice mais plutôt sur ce que chacun a à exprimer, ce qui peut donner de bonnes surprises.

    Wombat Cult : Le son de l’album est bon à en décrocher des mâchoires par dizaine, la bande-son idéale pour une distribution de roustes en règle. Où avez-vous enregistré et dans quelles conditions ?

    Gr. (chant) : Merci beaucoup pour ces gentils compliments. Ça fait vraiment plaisir ces belles métaphores, mais il faut surtout les adresser à Damien Lefebvre, Cyrille Gachet, Bertrand Lebourgeois et Brad Boatright, qui sont les quatre grands artisans de ce chantier.
    En gros, Damien était notre bassiste jusqu’à l’enregistrement de l’album. Il a fait la basse sur « À Nos Morts », et c’était son chant du cygne chez nous car il n’avait plus assez de temps et d’énergie pour se consacrer pleinement à Pilori. Il a un petit home studio, pas trop mal équipé, et il a donc, outre le fait de jouer ses lignes de basse, enregistré les prises guitare, chant et donc basse de l’album.
    Juste avant, on avait fait la batterie avec Bertrand Lebourgeois, à la Gare aux Musiques, située à une demi-heure de Rouen. On avait déjà bossé deux fois avec lui par le passé pour Pilori, et certains d’entre nous y étaient également déjà allés pour d’autres projets. On a donc enregistré à la « maison » si je puis dire, avec des gens que l’on connaît bien et qui nous connaissent bien. Par conséquent, c’était hyper détendu, ce qui aide à être en confiance, à faire ses prises sans pression. Surtout, on avait pas de contraintes de temps, et ça c’est assez confortable. Si on avait eu besoin d’un jour supplémentaire pour quoi que ce soit, ce n’était absolument pas un souci.
    Les journées de prises ont été productives, collégiales, faites dans un cadre limite familiale, incitant à la bonne humeur, donc pas de stress ou autre de négatif. Ça nous a permit de bosser sereinement, et d’être concentrés et investis. À titre personnel, ce sont là les prises studio qui se sont le mieux passé de ma petite expérience. Bref, une fois tout dans la boite, c’est parti au mixage chez Cyrille Gachet, qui lui est à Bordeaux. Je le connaissais un petit peu, pour l’avoir croisé avec nos potes de Fange, pour qui il a régulièrement bossé. On aimait bien ses prods, non seulement sur Fange, mais aussi sur des trucs genre Huata ou Verdun par exemple. Les échanges avec lui étaient riches, denses, et incroyablement productifs. Il nous écoutait beaucoup, respectait nos désirs et nos directions ; mais en même temps, il apportait aussi énormément par ses conseils, son savoir-faire, son expérience. Ça a été plusieurs semaines d’échanges où à chaque fois, tu es encore davantage persuadé d’avoir choisi le bon type. Comme une partie de tennis où celui avec qui tu joues te renvoie des super balles qui te permettent à ton tour de lui renvoyer de super balles.
    Puis, le mastering, on l’a confié à Brad Boatright d’Audiosiege. Tout simplement parce qu’il a masterisé plus de la moitié des trucs que l’on écoute et qui nous influence directement : Nails, Full of Hell, Trap Them, All Pigs Must Die, Gatecreeper, Cult Leader, et j’en passe… Sans oublier de grosses pointures comme Obituary, Pig Destroyer, Integrity, Tragedy…
    Pourquoi aller chez un type et lui demander de faire du Brad Boatright ? Autant aller directement à la source ! Pareil, encore une étape productive. Le mec masterise des gros noms, il pourrait faire Pilori par-dessus la jambe, mais non, il est carré, il est pro, il est à l’écoute. Si l’album sonne aussi bien, c’est sûrement plus grâce à eux que grâce à nous !

    J. (basse) : Pour ma part, j’ai eu le rôle « d’oreille extérieur » étant arrivé dans le groupe en début d’année. La partie studio avait été effectuée quelques mois auparavant, je n’ai donc pas connu, ni vécu la conception. J’ai par conséquent pris a cœur de donner mon avis sur les différents mix & mastering qui nous ont été proposés, je ne sais plus combien mais il y en a eu… et il a fallu donner des avis sur de très légères différences qui certes ne sont pas flagrantes mais a qui il faut prêter une grande attention pour ne pas avoir a regretter ça plus tard. Et les gars qui ont eu la tête dans le guidon pendant de nombreux mois avec cet enregistrement n’ont pas dit non a l’avis externe que je pouvais apporter. Ça a été une façon alternative pour s’intégrer dans un groupe mais ce fut très important de le faire sérieusement.

    Wombat Cult : Sur les morceaux « Que La Bête Meure » et « Poursuite Du Vent », on retrouve respectivement en tant qu’invités  Dylan Walker de Full Of Hell et Matthias Jungbluth de Fange. Comme ce sont passées ces fabuleuses rencontres et surtout comment avez-vous travaillé sur ces morceaux ?

    Gr. (chant) : Matthias de Fange, je le connais depuis genre 5 ans maintenant. C’est devenu un ami. On a tourné deux semaines en Europe de l’Est avec Fange, donc on se connaît désormais très très bien. Je lui ai demandé parce que on voulait « inviter » un pote à poser sur l’album, pour moi c’était naturel que ce soit lui. On s’entend bien, on aime bien sa voix, et on est contents de ce qu’il a fait sur le morceau. De plus, aspect non- négligeable, mais il a écrit lui-même ses paroles pour son feat, donc ça c’est vraiment cool.
    Pour Dylan Walker, on a ouvert au Gibus, à Paris, pour Full of Hell en juillet dernier. Outre le fait que c’était déjà beaucoup pour nous d’ouvrir pour ce groupe que l’on aime particulièrement, j’ai discuté un peu avec lui à la fin du concert. Le mec est tranquille, abordable. Je tente de lui proposer un feat au culot, il me dit « pourquoi pas, faut que j’écoute ». Quelques temps plus tard, je lui envoie les maquettes de quelques morceaux, et il me répond aussitôt, il me dit que ça lui plaît, qu’il est ok.
    Les deux ont enregistré depuis chez eux, car non seulement c’était en période de confinement, mais surtout, on allait pas faire venir Dylan de Pennsylvanie pour 30 secondes de feat !
    De ce côté-là aussi, RAS, tout s’est bien passé, les gars ont fait ça propre, se sont investis. C’est vraiment une énorme plus-value de les avoir sur l’album, je les en remercie encore.

    J. (basse) : J’ai un peu bloqué quand le voile a été soulevé sur les featuring qui étaient au programme et en attente d’enregistrement. Donc patiemment, tout comme pour les mix, mastering, etc…, j’étais au taqué sur le moindre son qui allait sortir, et bien sûr ces fameux invités qui avaient quartier libre sur le titre et la partie choisie. Il y a donc forcément une excitation sur le fait de l’implication de tierce personne et les choix qui seront pris par le type qui va brailler sur le son que tu vas sortir.
    Et la surprise fut grande car clairement tout était là : l’envie de faire un truc solide par ces 2 gars s’est vraiment fait ressentir aux premières écoutes. Tout le monde a accueilli cela avec beaucoup d’enthousiasme et le travail fait dessus par la suite sur le mix et mastering a permis de mettre encore plus en avant le taf fournit par Matthias et Dylan.

    Wombat Cult : Le titre « A Nos Morts » questionne beaucoup, il installe un climat de devoir de mémoire, de rappel d’individus ou entités perdues, décédées. Qui sont les Morts que célèbre Pilori ?

    Gr. (chant) : Ouh la non, aucun devoir de mémoire. Enfin ce n’est pas dans ce sens-là que je l’ai écrit en tout cas. Les morts que l’on célèbre, ce sont les nôtres, celles qui mettront fin à nos vies. Je pense sincèrement que beaucoup de gens sont dans le déni par rapport à la mort, alors que c’est elle qui donnera un sens à nos vies. C’est toujours la fin qui donne une globalité à tout ce qui s’est passé avant.
    La mort fait partie intégrante de la vie, il ne faut pas l’oublier. Et c’est en sachant que tout cela, à un moment, aura une fin, que l’on peut vivre pleinement. Si l’on se croit immortel, on ne peut profiter pleinement. Très récemment, aux funérailles d’un ami (au passage, paix à son âme), dans l’oraison funèbre il a été dit qu’il trouvait que ses dernières années de vie où il était malade et se savait condamné étaient les plus belles pour lui. Pourquoi cela ? Et bien je pense tout simplement parce qu’il était conscient d’être on ne peut plus proche de la ligne d’arrivée, et ainsi il ressentait pleinement le parfum de la vie. Il a profité au max, croqué chaque seconde. Le temps qui passe est précieux, et tout ceci est éphémère.
    Il faut en être conscient. A travers les morts que l’on célèbre, ce sont en réalité nos vies que l’on fête.

    Wombat Cult : Le vocabulaire employé et les définitions que vous affichez pour vous définir renvoient à une période de colère, de mise à mort généralisée, un climat que Robespierre aurait pu vanter tant le plaisir d’abattre semblait être le tissu qu’il revêtait. Y’a t’il une histoire que vous souhaitez conter dans vos paroles ou des thématiques spécifiques que vous voulez aborder ? Comment fonctionnez-vous pour la rédaction des textes ?

    Gr. (chant) : Je vais parler pour moi, mais je pense que je peux m’avancer en affirmant cela pour chacun de nous : il n’y a pas de réelle « colère » dans Pilori. Enfin, je veux dire, pas la colère dans le sens où on l’entend aujourd’hui quand tu parles d’un groupe de punk/hardcore et assimilés, c’est-à-dire être en rogne contre la société et le clamer haut et fort. Au bout d’un moment, tu vois bien que ça tourne en rond tout ça, les mecs ont des revendications qui sont toutes les mêmes d’un groupe à l’autre et surtout qui sont des épiphénomènes : si il faut être contre ça à tel moment, les mecs le seront, si il faut ensuite être engagé là-dessus à un autre moment, les mecs le seront aussi. Finalement, il n’y a plus de réel engagement, plus de vraie subversion.
    Il y a beaucoup de poseurs, des mecs qui se mettent dans un mouvement parce que ça fait bien, parce qu’il faut suivre ça, parce que ça fait gagner des points sociaux, ça fait gonfler ta street cred ; mais ce n’est pas que de la pose, c’est juste que les gens s’en foutent aujourd’hui. Leurs engagements sont hyper impersonnels. Je parle de façon généraliste là hein, je ne dis pas que tout le monde fait de la merde et que moi je suis au-dessus de ça. C’est un constat global, je ne fais pas du cas par cas, je ne mets pas tout le monde dans le même sac, mais puisque tu parles de « colère », c’est ça qui m’est venu. Donc non, dans Pilori point de colère de la sorte. Nos textes ne sont pas « engagés », dans le sens où ce ne sont pas de pseudo-pamphlet révolutionnaire à deux balles. J’écris seul les textes, les gars ont bien entendu un droit de regard et de veto, mais bon jusqu’ici ils ont toujours tout validé et m’ont laissé totale carte blanche. En fait, ils me disent que c’est bien, mais ils ne doivent pas les lire haha !
    Plus sérieusement, les thématiques abordées sont, je crois, assez transparentes si on lit les paroles. Ça parle beaucoup du temps qui passe inexorablement comme je le disais juste au-dessus, de nos vies à nous qui défilent, de nos morts qui célébreront ces vies-là. Ça parle aussi des vanités, des futilités, qui sont nombreuses au cours de nos vies justement. On court après des choses impalpables, après des likes, des pouces bleus, via une mise en scène de notre propre vie, de notre propre image, lors de quelque chose de très très autocentré. Ça nous détourne de pas mal de sujets intéressants du coup, j’en reviens aux gens qui n’ont plus de combats, enfin de vrais et de réels combats, qui les touche vraiment. Ces vanités, ces futilités, ont causé ça : tu vas au manif avec ton smartphone pour publier en story Insta le fait que tu y es, tu partages une publication « engagée » pour récolter toi du soutien via des likes, pas pour soutenir une cause.
    Finalement, les causes s’effacent derrière tout ça, puisque c’est encore du « moi, moi, moi, moi, regardez-moi ». C’est pour ça que c’est creux, que c’est empli de vacuité, qu’il n’y a rien derrière. Tu peux pas te prendre en selfie en faisant attention à ton meilleur profil tout en te battant en même temps pour une cause X ou Y. Ça n’a pas de sens, ça n’existe pas. Voilà, dans mes réponses aux deux dernières questions, il y a le gros de l’histoire que conte cet album.
    Rajoutez à cela le fait que les gens aient besoin de sang, d’inquisition, de lyncher un coupable (qu’il soit d’ailleurs coupable ou non, qu’il l’ait adulé avant ou non) plutôt que de savoir la vérité, de la chercher, de la trouver, et vous serez pas loin de la vérité.

    Wombat Cult : Le visuel réalisé par Jois Cabe Artworks est vraiment obsédant de par sa saturation et cette symbolique pesante de magie noire entre les astres et les hommes. Comment s’est déroulé le processus de création de cette pochette déjà presque incontournable tant elle imprime la rétine ?

    Gr. (chant) : « symbolique pesante de magie noire entre les astres et les hommes », ha ouais merde, j’avais pas vu tout ça moi, mais c’est cool si toi tu l’as vu haha ! Non mais c’est vraiment cool si tu aimes la pochette, nous aussi on l’aime beaucoup. Encore heureux tu me diras, sinon ça aurait été con de choisir ça pour illustrer notre album. Mais c’est vrai que c’est un super visuel, on en est très contents. Jois Cabe est un super type en plus. Il est indonésien, donc on ne le connaît pas personnellement, mais les nombreuses discussions avec lui à ce sujet étaient vraiment très cools et très constructives. Il a aussi dessiné notre nouveau logo, et fait le design d’un nouveau t-shirt.
    En fait, à la base, au début du début, on devait travailler avec un autre type. Un mec que l’on connaît et dont on aimait aussi, forcément, beaucoup le travail. Il devait nous dessiner un truc totalement original pour le coup, faire une création, du sur-mesure selon nos désidératas et indications. Et ça ne s’est finalement pas fait car le type n’était pas ultra- réactif, disons-le clairement. Ça a beaucoup traîné, on a pas eu de nouvelles, pas eu les premières esquisses promises. Personnellement, ça m’a soûlé, ça m’a lassé. Si le mec est motivé, si il veut bosser pour toi, tu ne dois pas lui courir après alors que toutes les deadlines fixées sont dépassées. Je trouve ça chiant, lourd, irrespectueux… Et, dans le même temps, je suis tombé totalement par hasard sur le travail de Jois Cabe.
    Ses illustrations m’ont beaucoup plu. Ça nous a d’ailleurs tous beaucoup plus. Je l’ai contacté car il vendait des dessins déjà fait, des « sketchs » comme on dit, et moi j’ai voulu lui en acheter pour faire du merch avec, pour des t-shirts. Et le visuel de la pochette, c’est un truc qu’il avait déjà dessiné. Ce n’est pas une création spéciale pour nous, on ne lui a rien commandé. On est tombés dessus, on a vraiment tous kiffé. On le trouvait comme toi, vraiment obsédant, d’autant que l’on cherchait quelque chose qui « détonne » un peu, quelque chose d’un peu original.
    On voulait pas spécialement sortir du lot, mais on ne voulait pas avoir la même pochette que tous les groupes de notre genre, un truc super codifié et de ce fait, super cliché. On ne voulait pas un truc estampillé d’office « death/grind/crust », et on se disait que ce type de visuel aurait tout aussi bien pu convenir à un groupe de post-rock par exemple. Du coup, comme on avait pas trop de nouvelles du premier lascar, et que de toute façon on avait plus vraiment envie de tafer avec lui, ce visuel s’est imposé à nous d’office. De plus, on y trouvait une signification relative à l’album. Pas dans le sens mystique, astral ou magie noir, mais dans le sens d’une sorte de célébration de nos morts.
    Et puis de toute façon, on y voit ce que l’on veut comme toi tu y vois ce que tu veux. J’ai pas l’impression que toutes les pochettes d’album, même les plus cultes, soient forcément en lien quelconque avec le titre, voire même le thème, de celui-ci.

    Wombat Cult : La sortie s’est effectuée sur une myriade de labels en fonction du support proposé et principalement chez Terrain Vague Records dont l’un de vous fait partie intégrante. Comment s’est décidée cette fraction entre les différents acteurs de la scène underground pour la distribution de ce premier album ?

    Gr. (chant) : Ça s’est décidé selon un facteur très simple : si les maquettes (qui en plus sonnaient vraiment très très rudes) et le projet te parle, et que tu as un peu de thunes à investir dedans, que ce soit 50 ou 500€, vas-y fonce, t’es le bienvenu ! J’ai tout chapeauté et tout diligenté avec Terrain Vague, et avec le soutien total sans faille de tous les autres labels.
    On est contents car la plupart des micro-labels, à l’instar du mien, sont fauchés mais hyperactifs. Les mecs sont des passionnés, ils savent qu’ils ne vont pas forcément gagner des masses d’argent avec leurs sorties, mais si ils croient en ton truc, ils s’investissent. La scène underground est comme ça. Beaucoup d’investissement personnel, beaucoup d’implication, beaucoup de passion. Ça fait du bien. Ce qui est flatteur, c’est que le projet a plu, pour te paraphraser, a une myriade de labels d’un peu partout à travers le globe : Italie, République Tchèque, États-Unis, Taïwan, Angleterre, Allemagne, Belgique…
    On les remercie tous. Du coup, chaque label a eu sa part de vinyle, proportionnellement à son investissement financier, c’est donc parti un peu partout, et c’est cool car ça permet aussi une diffusion et une distribution à plus grande échelle.

    Wombat Cult :  La scène Hardcore/Crust/ Powerviolence semble depuis quelques mois se soulever et faire jaillir des nouveaux noms formidables qu’il s’agisse de Cavalerie, Bain de Sang ou encore vous-même. Quel est votre sentiment sur la scène hexagonale et quel serait le plateau idéal ?

    Gr. (chant) : Je pense que la scène hexagonale est ultra riche en groupes de qualité. Bain de Sang, ce sont nos potes, leur dernière sortie est mortelle, alors que la première était déjà très bien. Cavalerie, je ne les connais pas, mais j’ai vu leur truc circuler, j’ai jeté une oreille, et ça m’a vraiment beaucoup plu pour un tout premier jet d’un jeune groupe. Là on parle de la scène crust/powerviolence, mais la scène française dans son ensemble recèle de bien des pépites : Fange, Mourir, Skelethal, Whoresnation, et j’en passe et des meilleurs. Je cite ça pêle-mêle sans réfléchir du tout, donc j’en oublie forcément plein.
    On a pas à rougir, et je ne dis aucunement cela par chauvinisme. Si pas mal de ces groupes- là étaient ricains, ça tournerait à mort, et ça serait encore plus connu et reconnu. Mais voilà, en France, ce qui remplit des salles, ce qui cachetonne un max, c’est Mass Hysteria, No One Is Innocent, Tagada Jones, Ultra Vomit, etc… Le pire, c’est que je crois, sans me tromper, que ce sont des groupes qui ne s’exportent pas. Ça tourne juste sur du jeudi- vendredi-samedi dans des SMAC de Province pour faire son intermittence et terminé.
    Bref, il y a un gros vivier, un gros potentiel en France, beaucoup de groupes cools, je pense que l’on est pas les plus mal lotis. Pour le plateau idéal, j’en sais rien par contre. Je dirais un plateau dont on fait partie déjà haha ! Allez, je dirais avec Fange, Whoresnation, Cowards, Bain de Sang, Worst Doubt et Nuisible pour citer les potes !

    J. (basse) : On a toujours eu une belle scène qui peine de temps à autres a s’exporter, ce qui nous offre tout de même la chance de pouvoir se prendre de belles claques par des groupes souvent sous-côtés dans des caves de bar, principal endroit de sortie pour tout ce petit peuple.
    De plus, la France reste un vivier dans ce style et de nombreux groupes viennent à éclore régulièrement que ce soit pour un projet à court ou long terme, on y croise souvent les mêmes têtes mais c’est bien ce qui fait vivre la scène et ça marche comme ça, malgré le coté un peu schizo de nombreux acteurs du milieu qui souhaiteraient jouer plus souvent, dans des meilleures conditions, mais qui d’un autre coté kiffe cette configuration minimale et ne voudraient rien changer afin de garder cette intimité qui fait l’unanimité.
    Après pour un plateau idéal, je ne vais pas aller plus loin que ceux cités au-dessus qui sont de très bons groupes avec qui partager la scène.

    Wombat Cult : L’année 2020 est déjà bien entamée, avez-vous déjà des albums ou groupes qui vous ont marqué depuis le mois de janvier ?

    Gr. (chant) : Juste des trucs sortis en 2020 ? Alors qu’est-ce qui m’a bien marqué en sorties de l’année, laisse-moi réfléchir (et surtout voir si c’est bien sorti en 2020 !). Et bien, en trucs français déjà, il y a l’album de Mourir « Animal bouffe animal » que j’ai vraiment beaucoup aimé, également celui de Fange « Pudeur » (même si ce n’est pas mon effort préféré du groupe, j’avais davantage aimé « Punir » et « Purge »). Sinon, j’ai aussi bien flashé sur deux sorties Profound Lore : Caustic Wound et Warp Chamber, deux trucs death/grind bien calcinés ; ou encore l’album de Black Curse « Endless Wound ».
    Il y a également « Colony Collapse » de Wvrm que j’ai beaucoup écouté avec plaisir, tout comme un « super groupe » (des trucs qui d’office me semblent toujours hyper pourris, mais là ça a marché), Umbra Vitae. L’album est vraiment très très bon. Ha oui, le « Rotted Future » d’Imperial Triumphant, grosse baffe. Et dans les trucs qui vont sortir et dont on a déjà eu quelques extraits, le nouvel album d’Incantation a l’air terrible, les premiers morceaux m’ont bien donné envie, tout comme un groupe de black autrichien, Theotoxin. Ha oui, au rayon des prochaines sorties, l’écoute des nouveaux Napalm Death, avec ce côté un peu Killing Joke, m’a fait saliver également. Qu’est-ce qu’il y a d’autre… Ha oui, un truc de crust/blackened canadien, Ahna. Leur album « Crimson dawn » a très bien marché sur moi. Et pour finir, j’ai commencé français, je finirais français, le dernier Glaciation, « Ultime éclat », vraiment un super album de black metal.
    En fait non, je vais finir avec des trucs non métal, death ou grind, parce que je suis loin de n’écouter que ça, et j’ai pas mal fait tourner les albums de Partisan (« Savage Peace ») et de Deathmaze (« Eaux Rouges »), deux trucs de post-punk belges. Et un truc que j’attends à fond après avoir écouté les premiers extraits, c’est le nouvel album d’Uniform, « Shame », truc new-yorkais de noise, plus ou moins dans la veine de Daughters. Voilà ! Merci.

    J. (basse) : Malgré l’année merdique, on a clairement la chance d’avoir de gros groupes qui nous ont sorti de bon skeuds. Déjà au moment ou j’écris je tiens à dire que je suis sur la 2ème écoute du nouveau Napalm Death et je n’ai pas grand-chose a lui reprocher .. Ça tabasse comme j’aime, encore des nouveaux titres qui risquent de défoncer en live. Un peu la même pour le dernier Pig Destroyer qu’il me tarde de voir aussi défendre ce nouvel album qui passe très régulièrement chez moi, tout comme le dernier Misery Index. Bon celui-là est sorti l’année dernière, mais j’étais un peu passé à côté et il commence à vraiment me plaire.
    Dans un autre style, le live session de Shawn James sorti récemment , ainsi que le dernier Seasick Steve permettent de reposer un peu tout ça. Pour ces deux artistes-là, les nouvelles sorties sont rarement décevantes pour ma part.
    Une première oreille a été jetée sur le premier titre du futur Anaal Nathrakh, et ça m’a bien plu donc j’attends la suite avec impatience. Et pour la partie un peu plus hardcore en ce moment je bloque bien sur Hands of God, pas révolutionnaire mais ça marche, et je tiens a mentionner les copains de Wolfpack qui ont sorti leur A.D. qui m’a beaucoup plu, et je pense qu’on est pas mal, merci !

    Pour écouter et soutenir Pilori :


    ENGLISH VERSION:

    Pilori, modern band mixing power of Grindcore scene and Death Metal wall of sound, takes a little time to enter in the Wombat Cult burrow to speak a little bit about their new release « A Nos Morts ».

    Wombat Cult: Pilori was not born with this first album « A Nos Morts », you created the bandin 2016, released a first split with Dakhma and visited some prestigious stages like the OUTCH festival! in 2018.
    Can you come back around the history of Pilori and the reasons why after four years of ravaging France and Europe you are finally releasing this first album?

    Gr. (Vocals): So, Pilori is four lads, and to make it short we will say that we are from Rouen, in Normandy. I keep it short because there are three of us from Rouen or its region, but our drummer has a long story for him: but he will tell it to you better than me! We started rehearsing in 2015, first concert in 2016. The idea came from our guitarist whom I have known for years and who, during a party, told me about his desire to set up a crust / grind, and asked if I would be interested in taking the mic there.
    I was obviously completely hot, and a few months later, we found ourselves with a first drummer (part of the band since) to start rehearsing. The basic idea was just to make a band inspired by stuff like Nails, Cursed, Trap Them, All Pigs Must Die, etc., and have some fun. We especially wanted to play, to make dates, and come what may. And one thing leading to another, I think we really enjoyed it so we continued and continued to get more and more involved. Nothing was calculated at the start, and it still is today.
    I think we will continue as long as we take as much pleasure in doing what we are doing; if it stops, we will stop. Without asking too many questions.
    And if we finally release a first album, it is surely because we will feel ready! And also because we had enough material for it to be considered an album! We were in no hurry to do it, that’s for sure, but in view of the result, it’s certainly better this way and there is no regrets on that side.
    We took our time to compose this first opus, to work on our songs, to do something coherent, we should be proud. We didn’t say to ourselves that we had to do so many pieces necessarily, or necessarily make an album, but by dint of composing, the more stuff we had under our elbow, the more we really wanted to do a long format for to cross a kind of symbolic milestone.

    Wombat Cult: Your compositions and structures on « A Nos Morts » deliver a mixture both rough and tasty, for those who appreciate the slap in the face, between the Hardcore scene and Extreme Metal.
    How would you define yourself on the current music scene, at a time when the appellations keep flowing, mingling and clashing? What were your main influences when creating the songs for this first album?

    Gr. (Vocals): Defining yourself is always an exercise that I don’t really like. Because in the end we don’t really do crust, not really grind, not really death, not really black metal, but maybe a little of all that, and this, for the simple and good reason, that these are the genres that we all love and listen to a lot. We have been arranged and classified under several genres as varied as they are different, that does not pose a problem to me.
    If some people think we’re doing deathgrind, that’s fine with me. If others think we’re making blackened crust, that’s fine with me too. I don’t really care.
    The main influences for the creation of this album were many and diverse, which is certainly why in the end we were somewhat classifiable in a lot of categories. Personally, I listen to hardcore punk bands like Gallows, Ceremony, Drug Church, black metal like Immortal, Darkthrone, Marduk, Glaciation, as grind like Full of Hell, Nails, Dead in the Dirt, from death to Immolation, Incantation, Unleashed, Morbid Angel, Deicide… I speak only for myself, but overall it’s pretty much the same for everyone else in the band.
    My drummer and guitarist are the main songwriters and arrangers of the tracks, and their influences are quite similar to everything I just mentioned. The panel is very large. No one in our area listens to death, grind, black or crust, but a lot of all that.

    J. (bass): It is not easy to apply a genre on the back of each album that we can cross, and even less today because necessarily everything has almost already been laid, so to stand out a little from the crowd, everyone must make their own mix of influences and compose with those around you and that’s when each member of the group brings their stone to the building and it works or not.
    For my first steps in Pilori, I confirm that the composition is not on a guideline but rather on what each one has to express, which can give good surprises.

    Wombat Cult: The sound of the album is jaw-dropping by the dozen.
    Where did you register and in what conditions?

    Gr. (Vocals): Thank you very much for these kind compliments. These beautiful metaphors are really fun, but they should especially be addressed to Damien Lefebvre, Cyrille Gachet, Bertrand Lebourgeois and Brad Boatright, who are the four great craftsmen of this project. Basically, Damien was our bassist until the album was recorded. He did the bass on “À Nos Morts”, and it was his swan song with us because he didn’t have enough time and energy to devote himself fully to Pilori. He has a small home studio, not too badly equipped, and therefore, in addition to playing his bass lines, he recorded the guitar, vocals and therefore bass takes of the album.
    Just before, we had done the drums with Bertrand Lebourgeois, at the Gare aux Musiques, located half an hour from Rouen. We had worked with him twice in the past for Pilori, and some of us had been there for other projects as well. So we recorded at « home », if I may say so, with people we know well and who know us well. As a result, it was super relaxed, which helps to feel confident, to do your holds without pressure. Above all, we had no limit of time, and that’s quite comfortable. If we needed an extra day for anything, that was absolutely no problem. The shooting days were productive, collegial, made in a limited family setting, encouraging good humor, so no stress or other negative. It allowed us to work serenely, and to be focused and invested. Personally, these are the studio takes that have gone best in my little experience.
    Once everything is in the box, it’s time for mixing at Cyrille Gachet, who is in Bordeaux. I knew him a little bit, having crossed paths with our friends from Fange, for whom he worked regularly. We liked his productions, not only on Fange, but also on things like Huata or Verdun for example. The exchanges with him were rich, dense, and incredibly productive. He listened to us a lot, respected our desires and our directions; but at the same time, he also contributed enormously through his advice, his know-how, his experience. It’s been several weeks of exchanges where each time, you are even more convinced that you have chosen the right type. Like a game of tennis where the one you play with throws you super balls that allow you to return super balls to him.
    Then, the mastering, we entrusted it to Brad Boatright of Audiosiege. Quite simply because he has mastered more than half of the stuff we listen to and which directly influences us: Nails, Full of Hell, Trap Them, All Pigs Must Die, Gatecreeper, Cult Leader, and so on … Without forgetting big names like Obituary, Pig Destroyer, Integrity, Tragedy …
    Why go to a guy’s house and ask him to do Brad Boatright? You might as well go straight to the source! Same, another productive step. The guy masters big names, he could do Pillory over the leg, but no, he is square, he is pro, he is listening. If the album sounds so good, it’s probably more thanks to them than to us!

    J. (bass): For my part, I had the role of « outside ear » having arrived in the band at the beginning of the year. The studio part had been done a few months before, so I didn’t know or experience the design. I therefore took it to heart to give my opinion on the different mixes & mastering that were offered to us, I do not know how many but there were some … and we had to give opinions on very slight differences which certainly are not obvious but to whom we must pay great attention so as not to have to regret it later. And the guys who got their heads in the handlebars for many months with this recording didn’t say no to the outside advice I could provide. It was an alternative way to integrate into a group but it was very important to do it seriously.

    Wombat Cult: On the tracks « Que La Bête Meure » and « Poursuite Du Vent », we find respectively as guests Dylan Walker of Full Of Hell and Matthias Jungbluth of Fange.
    How did these fabulous encounters go and especially how did you work on these songs?

    Gr. (Vocals): Matthias of Fange, I’ve known him since 5 years now. He became a friend. We toured two weeks in Eastern Europe with Fange, so we know each other very well now. I asked him because we wanted to “invite” a friend to be present as guest on the album, for me it was natural that it was him. We get along well, we like his voice, and we’re happy with what he did on the track. Also, not insignificant aspect, but he wrote his lyrics for his feat himself, so that’s really cool.
    For Dylan Walker, we opened at Gibus in Paris for Full of Hell last July. Besides the fact that it was already a lot for us to open up for this band that we particularly like, I talked a little with him at the end of the concert. The guy is quiet, approachable.
    I try to offer him a feat with the nerve, he tells me « why not, I must listen ». Some time later, I send him the models of some pieces, and he answers me immediately, he tells me that he likes it, that it is ok.
    The two has been recorded from home, because not only it was confinement, but above all, we were not going to bring Dylan from Pennsylvania for 30 seconds of feat!
    On this side too, nothing to say, everything went well, the guys made it clean, got involved. It’s really a huge added value to have them on the album, I thank them again.

    J. (bass): I got a bit stuck when the veil was lifted on the features that were on the program and awaiting recording. So patiently, just like with the mixes, mastering, etc …, I was in awe of every sound that was going to come out, and of course those famous guests who had free rein on the title and the chosen part. So there is bound to be an excitement about the third party involvement and the choices that will be made by the guy who is going to bawl at the sound you are going to put out.
    And the surprise was great because clearly everything was there: the desire to do something solid by these 2 guys was really felt at the first listening. Everyone greeted this with great enthusiasm and the work done on it afterwards on the mix and mastering allowed to highlight even more the work provided by Matthias and Dylan.

    Wombat Cult: The title « A Nos Morts » intrigue a lot, it sets up a climate of duty to remember, to recall lost and deceased individuals or entities.
    Who are the Deads that Pilori celebrates?

    Gr. (Vocals): Ooh no, no remembrance duty.
    Finally, it is not in that sense that I wrote it anyway. The deaths we celebrate are our own, those who will end our lives. I sincerely believe that a lot of people are in denial about death, when it is death that will give meaning to our lives. It is always the end which gives a globality to everything that has happened before.
    Death is an integral part of life, it should not be forgotten. And it is knowing that all of this, at some point, will have an end, that we can live fully. If we believe ourselves to be immortal, we cannot fully enjoy it.
    Very recently, at the funeral of a friend (by the way, peace to his soul), in the funeral oration it was said that he found that his last years of life when he was ill and knew he was condemned were the most beautiful for him. Why that ?
    Well I think just because he was aware of being closer to the finish line, and so he felt the scent of life fully. He made the most of it, crunched every second. The time that passes is precious, and all of this is fleeting.
    You must be aware. Through the deaths that we celebrate, it is in reality our lives that we celebrate.

    Wombat Cult: The vocabulary used and the definitions that you display to define yourself refer to a period of anger, of generalized killing, a climate that Robespierre could have praised as the pleasure of slaughtering seemed to be the fabric he wore.
    Is there a story you want to tell in your lyrics or specific themes you want to address? How do you work for writing texts?

    Gr. (Vocals): I will speak for myself, but I think I can go forward by affirming this for each of us: there is no real “anger” in Pilori.
    Finally, I mean, not anger in the sense we hear it today when you talk about a punk/hardcore band and the like, that is to say to be pissed off at society and claim it high and loud. After a while, you can see that it all goes round and round, the guys have demands which are all the same from one band to another and above all which are epiphenomena: if we have to be against that to « A certain moment », guys will be, if you then have to be committed to it at another time, guys will be too. Finally, there is no more real commitment, no more real subversion.
    There are a lot of chillers, guys who get into a movement because it feels good, because you have to follow it, because it earns social points, it inflates your street cred; but it’s not all chilling, it’s just that people don’t care today. Their commitments are hyper impersonal. I’m speaking in a generalist way. I’m not saying that everyone is doing shit and that I’m above that. It’s a global observation, I don’t do it on a case-by-case basis, I don’t put everyone in the same bag, but since you talk about “anger”, that’s what came to me.
    So no, in Pillory there is no such anger. Our texts are not « committed », in the sense that they are not revolutionary pseudo-pamphlet with two bullets. I write the texts alone, the guys of course have the right to review and veto, but they have always validated everything and left me complete carte blanche. In fact, they tell me it’s good, but they shouldn’t read them!
    More seriously, the themes tackled are, I believe, quite transparent if you read the lyrics. It speaks a lot about the time that inexorably passes as I was saying just above, of our own lives passing by, of our deaths who will celebrate those lives. It also speaks of vanities, trivialities, which are numerous in our lives. We run after intangible things, after likes, blue thumbs, via a staging of our own life, of our own image, during something very very self-centered. It distracts us from a lot of interesting subjects suddenly, I come back to people who have no more fights, well real and real fights, which really touches them. These vanities, these trivialities, caused that: you go to the demonstration with your smartphone to publish in Insta story the fact that you are there, you share a « committed » publication to collect your support via likes, not to support a cause .
    Finally, the causes disappear behind it all, since it is still “me, me, me, me, look at me”. That’s why it’s hollow, it’s filled with emptiness, there’s nothing behind it. You can’t take a selfie paying attention to your best profile while at the same time fighting for an X or Y cause. It doesn’t make sense, it doesn’t exist. So, in my answers to the last two questions, there is the bulk of the story this album tells.
    Add to that the fact that people need blood, an inquisition, to lynch a culprit (whether he is guilty or not, whether he has worshiped him before or not) rather than knowing the truth. , to seek it, to find it, and you will not be far from the truth.

    Wombat Cult: The visual produced by Jois Cabe Artworks is really haunting due to its saturation and this heavy symbolism of black magic between the stars and men.
    How did the process of creating this already almost essential cover go as it imprints the retina?

    Gr. (Vocals): « heavy symbolism of black magic between stars and men », ha yeah shit, I hadn’t seen all that myself, but it’s cool if you saw it!
    No, but it’s really cool if you like the cover, we like it a lot too. Still happy you will tell me, otherwise it would have been stupid to choose this to illustrate our album. But it’s true that it’s a great visual, we are very happy with it. Jois Cabe is a great guy too. He’s Indonesian so we don’t know him personally, but the many discussions with him about it were really cool and very constructive. He also designed our new logo, and designed a new t-shirt.
    Basically, at the beginning of the beginning, we had to work with another guy. A guy that we know and whose work we also liked, obviously. He had to design something totally original for us, make a creation, tailor-made according to our desires and indications. And it didn’t happen in the end because the guy wasn’t ultra-responsive, let’s be clear. It dragged on for a long time, we haven’t heard from, we haven’t had the first sketches promised. Personally, it got me drunk, it bored me. If the guy is motivated, if he wants to work for you, you must not run after him when all the fixed deadlines are exceeded. I find it boring, heavy, disrespectful… And, at the same time, I completely stumbled upon Jois Cabe’s work.
    I really liked his illustrations. It has us all a lot more. I contacted him because he was selling drawings already done, “sketches” as they say, and I wanted to buy him some to do merch with, for t-shirts. And the cover art was something he had already drawn. It’s not a special creation for us, we haven’t ordered anything from it. We stumbled upon it, we all really enjoyed it. We found him like you, really obsessive, especially as we were looking for something that “clashes” a little, something a little original.
    We didn’t especially want to stand out from the crowd, but we didn’t want to have the same cover art as all the bands of our genre, something super codified and therefore super cliché. We didn’t want something automatically stamped « death / grind / crust », and we said to ourselves that this type of visual could just as well have been suitable for a post-rock band for example. Suddenly, since we hadn’t heard much from the first guy, and anyway we didn’t really want to work with him, this visual was imposed on us automatically. In addition, there was a meaning related to the album. Not in the mystical, astral or dark magic sense, but in the sense of a sort of celebration of our dead.
    And anyway, we see what we want as you see what you want. I don’t have the impression that all album covers, even the most cult, are necessarily in any way whatsoever with the title, or even the theme, of it.

    Wombat Cult: The release took place on a myriad of labels depending on the medium offered and mainly at Terrain Vague Records of which one of you is in.
    How was thes choice has been decided between the various actors of the underground scene for the distribution of this first album?

    Gr. (Vocals): It was decided according to a very simple factor: if the models (which also sounded really very, very rough) and the project speak to you, and you have a little money to invest in them, either 50 or 500 €, go for it, you’re welcome! I oversaw everything and diligently did everything with Terrain Vague, and with the full and unwavering support of all the other labels.
    We’re happy because most micro-labels, like mine, are broke but hyperactive. Guys are passionate, they know they aren’t necessarily going to make a lot of money with their outings, but if they believe in your thing, they get involved. The underground scene is like that. A lot of personal investment, a lot of involvement, a lot of passion. It feels good. What is flattering is that the project pleased, to paraphrase you, has a myriad of labels from all over the world: Italy, Czech Republic, United States, Taiwan, England, Germany, Belgium …
    We thank them all. Suddenly, each label had its share of vinyl, in proportion to its financial investment, so it went everywhere, and it’s cool because it also allows a larger scale distribution and distribution.

    Wombat Cult: The Hardcore / Crust / Powerviolence scene seems since a few months now to be rising and spouting new formidable names be it Cavalerie, Bain De Sang or even yourself.
    What is your feeling on the French scene and what would be the ideal set to tour?

    Gr. (Vocals): I think the French scene is very rich in quality bands. Bain De Sang, these are our friends, their last outing is fatal, while the first was already very good. Cavalerie, I don’t know them, but I saw their stuff going around, I threw an ear, and I really liked it very much for a very first draft of a young band.
    Here we are talking about the crust/powerviolence scene, but the French scene as a whole conceals many nuggets: Fange, Mourir, Skelethal, Whoresnation, and so on and the best. I quote that jumbled up without thinking at all, so I inevitably forget a lot.

    There is nothing to be ashamed of, and I am not saying that out of chauvinism. If a lot of these groups were American, it would turn to death, and it would be even more known and recognized.
    But here, in France, what fills the rooms, what seals a max, it is Mass Hysteria, No One Is Innocent, Tagada Jones, Ultra Vomit, etc … The worst is that I believe, without being mistaken , that these are bands that do not export. It just runs on Thursday-Friday-Saturday in provincial SMAC to do its intermittent and finished.
    In short, there is a big breeding ground, a big potential in France, a lot of cool bands, I think we are not the worst off.
    For the ideal set, however, I don’t know. I would say a tray that we are already part of haha! Come on, I would say with Fange, Whoresnation, Cowards, Bain de Sang, Worst Doubt and Nuisible to quote the pals!

    J. (bass): We have always had a beautiful scene that struggles to export from time to time, which still gives us the chance to be able to take a good slap in the face of bands often under-sides in cellars. bar, the main outlet for all these little people.
    In addition, France remains a breeding ground in this style and many bands come to emerge regularly whether for a short or long term project, we often meet the same heads but this is what brings the scene to life and it works like that, despite the somewhat schizo side of many players in the field who would like to play more often, in better conditions, but who on the other hand enjoys this minimal configuration and would not want to change anything in order to keep the privacy that makes unanimity.
    Afterwards, for an ideal set, I will not go further than those mentioned above which are very good bands with which to share the stage.

    Wombat Cult: The year 2020 is already well underway, do you already have albums or groups that have marked you since January?

    Gr. (Vocals): Just stuff released in 2020?
    So what marked me well in the outings of the year, let me think (and especially see if it came out well in 2020!).
    Well, in French stuff already, there is the album of Mourir « Animal bouffe animal » which I really liked, also that of Fange « Pudeur » (even if it is not my favorite effort of the band, I liked more “Punish” and “Purge”).
    Otherwise, I also really liked two Profound Lore releases: Caustic Wound and Warp Chamber, two very charred death / grind stuff; or the Black Curse album « Endless Wound ».


    There is also “Colony Collapse” by Wvrm which I listened to a lot with pleasure, as well as a “great band” (stuff that always seems super rotten to me, but it worked), Umbra Vitae. The album is really, really good. Oh yes, Imperial Triumphant’s “Rotted Future”, big slap. And in the stuff that is going to come out and of which we have already had some extracts, the new Incantation album looks terrible, the first songs made me want to, just like a black Austrian band, Theotoxin.

    Ha yes, in the radius of the next releases, listening to the new Napalm Death, with this side a little Killing Joke, also made me salivate. What else is there… Oh yeah, some Canadian crust / blackened thing, Ahna. Their album “Crimson dawn” worked really well for me. And to finish, I started French, I will finish French, the last Glaciation, “Ultime brilliance”, really a great black metal album.
    Actually no, I’m going to end up with non-metal, death or grind stuff, because I’m far from listening to all that, and I’ve run the Partisan (“Savage Peace”) and Deathmaze albums a lot. (“Eaux Rouges”), two Belgian post-punk stuff. And one thing that I fully expect after listening to the first extracts is Uniform’s new album, « Shame », a New York noise thing, more or less in the vein of Daughters. Here ! Thank you.

    J. (bass): Despite the crappy year, we are clearly lucky to have big bands that gave us good albums. Already when I write I want to say that I am on the 2nd listening of the new Napalm Death and I don’t have much to reproach him.
    A bit the same for the last Pig Destroyer which I can’t wait to see also defend this new album which is played very regularly with me, just like the last Misery Index. Well this one came out last year, but I kinda missed it and I’m starting to really like it.
    In another style, the recently released live session by Shawn James, as well as the latest Seasick Steve, give it a bit of rest. For these two artists, the new releases are rarely disappointing for me.
    A first ear was cast on the first title of the future Anaal Nathrakh, and I liked it so I look forward to the sequel. And for the more hardcore part at the moment I’m blocking on Hands of God, not revolutionary but it works, and I want to mention the friends of Wolfpack who released their AD which I really liked, and I think that ‘we are not bad, thank you!

    To listen and support Pilori:

    Wombat Interview #8 – Pixie Ninja

    The english version of the interview is just after the French one.


    Au-delà des habituelles formations norvégiennes tournées vers les landes du Black Metal ou bien les plaines de la scène Stoner /Doom, la Norvège recèle mille et un trésors en matière de créativité musicale et c’est que nous a prouvé Pixie Ninja en deux albums. Leur album Colour Out Of Space vient de sortir et mêle toutes les nuances qui font du Rock cette entité crépusculaire indomptable et surprenante.
    Nous avons eu le plaisir de rencontrer Jostein et Marius afin d’échanger autour du groupe et de cet album marquant au fer rouge l’année 2020.


    VERSION FRANÇAISE :

    Wombat Cult : Trois ans après votre premier album, Ultrasound, vous revenez sur le devant de la scène avec un second effort nommé Colours Out Of Space. Ce nouvel album est bien différent de votre première proposition.
    Ultrasound prônait une multidiversité de schémas instrumentaux qui lui donnait une approche quasiment insaisissable bien que fascinante.
    Colours Out Of Space, quant à lui, est bien plus aéré et prend le temps de développer les atmosphères entre ombre et lumière.
    Comment avez-vous travailler ce virage dans votre processus créatif ?

    Jostein de Pixie Ninja : Quand nous avons enregistré Ultrasound, nous sommes devenus fous de tout. Nous avons beaucoup expérimenté avec les sons et, en gros, nous avons essayé toutes sortes de choses étranges, ce qui s’est avéré génial à la fin.
    Mais sur cet album, nous voulions juste prendre notre temps avec tout et comme tu le dis, laisser les choses évoluer. Je pense que nous avons beaucoup grandi musicalement depuis Ultrasound, et nous avons également convenu avant de commencer l’album que nous allions vraiment laisser la musique parler d’elle-même, et ne rien précipiter.

    Marius de Pixie Ninja : Nous voulions enregistrer un nouvel album en utilisant certains des éléments d’Ultrasound, mais il fallait quand même se sentir frais, du moins pour nous. Ultrasound était un projet expérimental où nous faisions tout ce que nous voulions.
    Nous avons essayé un tas d’idées folles, certaines ont fonctionné, d’autres pas. Colors out of Space est d’abord inspiré de certaines des histoires courtes de H.P Lovecraft, donc cette fois, nous devions planifier un peu mieux les choses pour que cela se sente bien.
    Nous avons vraiment pris notre temps pour développer des atmosphères, et de l’air entre les parties de folie totale, avec des éléments cosmiques, et presque d’un autre monde, qui décrivent l’univers créé par Lovecraft.

    Wombat Cult : Les sonorités utilisées au coeur de ce nouvel album sont surprenantes. Comme dit précédemment, votre proposition nous guide dans l’obscurité tendant toujours dans une démarche positive à tendre vers la lueur qui vacille au coeur des ténèbres.
    Vous êtes une formation instrumentale et pourtant votre musique parle et laisse passer ce message d’échapper à l’inéluctable fin.
    Auriez-vous des thématiques, ambiances importantes à vos yeux, à vos coeurs que vous souhaitez laisser ressentir à travers vos morceaux ?

    Jostein de Pixie Ninja : Le thème de cet album se base sur les histoires de H.P Lovecraft. Nous essayons de capturer l’essence des histoires et de leur donner vie dans les chansons. C’est définitivement notre point de vue sur ses récits, et depuis le début et tout au long de la réalisation de l’album, je crois vraiment que nous avons réussi à le faire.
    L’album est assez sombre, brut et mystérieux, et nous avons essayé d’en capturer l’aspect cosmique, ainsi que la sensation parfois psychédélique des écrits du romancier.
    Il a des éléments plus classiques que Ultrasound, mais a définitivement le son d’un album de Pixie Ninja.

    Marius de Pixie Ninja : Nous n’avons pas de recette en soi pour peindre notre paysage de manière musicale. Nous n’utilisons pas de voix dans notre musique comme vous l’avez peut-être entendu.
    Mais quand même, nous parvenons à parler à travers la façon dont nous écrivons notre musique. Nous avons rarement des thèmes ou des ambiances en tête lorsque nous écrivons de la musique. Personnellement, je sens que la musique s’écrit presque d’elle-même, on enregistre ce que l’on ressent sur-le-champ.
    Moi, Jostein et Mattias avons les mains libres lorsque nous écrivons de la musique, et c’est peut-être pour cela que nous avons réussi à créer notre propre identité musicale. La façon dont nous sommes trois personnalités totalement différentes, avec des goûts différents en matière de musique et d’autres points de vue artistiques.

    PIcture taken by Marius Leiranes

    Wombat Cult : Pixie Ninja est assez unique en son genre, et m’a vraiment stupéfait dès la première écoute.
    Comment est-il possible qu’un tel projet puisse naître ? Comment est-il possible que la rencontre de quatre individus ait pu invoquer une telle singularité sonore ? Pouvez-vous revenir sur votre création en tant que groupe ?


    Jostein de Pixie Ninja : Marius et moi avons joué de la musique ensemble depuis aussi longtemps que je me souvienne et après avoir tout joué, des albums de guitare acoustique pure au black metal, nous avons en quelque sorte senti que nous devions essayer autre chose. Et c’est là que Pixie Ninja est né. Nous nous sommes assis un jour et avons décidé de prendre un chemin totalement différent. Notre seule règle était de faire quelque chose que nous n’avions jamais entendu auparavant. Et nous avons juste commencé à tripoter nos synthétiseurs, guitares, basse et pratiquement tous les instruments que nous pouvions trouver. Nous avons toujours été dans le prog, donc tout a débuté à partir de là. Je pense que c’est lors de l’enregistrement du morceau « Polysomnographic » que nous avons décidé de contacter Mattias Olsson. Nous lui avons envoyé une démo du morceau et lui avons demandé s’il pouvait être intéressé de venir derrière la batterie sur l’album.
    Cela semblait si long à l’époque, et nous connaissions son travail antérieur avec Anglagård, Necromonkey, Molesome et la liste s’allonge encore et encore. Il a vraiment apprécié. Il est aussi un grand producteur, donc il a vraiment pris une grande part à faire d’Ultrasound un excellent disque.
    A partir de là, tout est allé très vite. Nous sommes allés dans son studio à Stockholm pour répéter pour des concerts et c’est à ce moment-là que nous avons rencontré Fredrik Klingwall, qui est un vieil ami de Mattias et un grand musicien. Nous avions entendu beaucoup de bien sur lui, et nous lui avons demandé s’il était intéressé jouer en live avec nous, ce qu’il a fait, et voilà où nous en sommes aujourd’hui tous les quatre.

    Marius de Pixie Ninja : Jostein et moi-même avons commencé à jouer ensemble en 2008. À cette époque, nous étions dans le black metal, donc naturellement nous avons commencé comme un groupe de black metal nommé : Entangling Roots. Plus tard, Jostein a déménagé dans une autre ville, et j’ai commencé mon propre groupe avec deux autres gars dans ma ville natale nommé : Rusty Crown (Jan-Tore Bredesen et Kim Brian Furumo). Nous avons joué quelques concerts entre 2012 et 2014 avant de nous dissoudre.
    À cette époque, Jostein était retourné à Rognan, alors nous nous sommes réunis et avons décidé de faire de la nouvelle musique ensemble. Cette fois, nous voulions faire quelque chose de complètement différent de jouer du rock/métal. C’est ainsi que Pixie Ninja est né.

    Wombat Cult : Le titre de votre album semble être une référence directe à Lovecraft, tout comme la présence d’une partie du visage de l’auteur sur l’artwork.
    Quelle est l’âme de Pixie Ninja et quelle est la place de Lovecraft au coeur de votre oeuvre ? Quelles sont vos influences culturelles ?

    Marius de Pixie Ninja : La première idée était d’écrire un album concept basé sur «The Modern Prometheus» écrit par Mary Shelley.
    Mais un soir, je buvais un verre avec mon ami (Niklas), j’ai décidé de partager le concept du nouvel album que nous avions en tête. Il m’a juste regardé avec un sourire sur le visage et a dit que nous devrions plutôt utiliser Lovecraft comme source d’inspiration. Il a ramassé des livres de Lovecraft et nous avons commencé à discuter d’idées.
    Donc Niklas est l’homme principal derrière toute l’idée de Lovecraft, donc un grand merci à lui. Niklas a demandé que je lise certaines des nouvelles de Lovecraft. Alors je l’ai fait, et je les ai adorées. La façon dont Lovecraft écrit et l’univers qu’il a créé avec sa fiction d’horreur cosmique et ses mythes est au-delà de l’incroyable. Je crois que Lovecraft est l’un des écrivains d’horreur les plus influents de tous les temps, alors nous avons pensé que faire un album basé sur certaines de ses nouvelles était la bonne chose à faire.

    Wombat Cult : Dans l’album, il y a la présence de nombreux invités. J’imagine donc que ce n’était pas facile de travailler et d’enregistrer avec toutes ces personnes autour du projet. Où l’album a été enregistré? Quelles étaient les conditions?

    Jostein de Pixie Ninja : L’album a été principalement enregistré par moi et Marius dans notre studio à Rognan. C’est où nous écrivons nos chansons et les enregistrons et faisons tout ce que nous pouvons avant envoyer les pistes à Mattias. Et à partir de là, il fait ce qu’il fait de mieux.
    On parle des pistes, de la structure, de chaque partie et jusque dans les moindres détails. De là, il met une partie de sa magie sur la musique, les mellotrons, les orgues, les tambours et autres. Quant aux musiciens invités sur cet album, je crois qu’ils vivent tous à Stockholm non loin de son studio.
    Ils ont tous été très professionnels, donc il n’y a jamais eu problème pendant l’enregistrement. Toutes les personnes avaient la liberté de faire ce qu’ils voulaient, et si cela fonctionnait, cela restait sur l’album.

    Wombat Cult : Une sensation de liberté musicale se fait ressentir dans vos manières de jouer et de composer. Le fait d’avoir mis en avant le clavier me rappelle parfois certains albums d’Ulver. Le fait de mettre en avant cet instrument par rapport à la traditionnelle guitare renvoie à la fois aux modes de fonctionnements des années 80 mais échappe à ses sonorités kitsch venant embrasser plus volontier les pâturages de la scène expérimentale.
    Quelles sont les albums et groupes qui vous ont inspiré pour penser et laisser résonner les notes de la sorte dans nos esprits ?

    Jostein de Pixie Ninja : Comme tu l’as mentionné, Ulver est définitivement un groupe par lequel nous sommes influencés. En particulier dans les conditions d’utilisation des synthétiseurs. C’est juste en quelque sorte un plus et c’est plus facile de exprimer et expérimenter toutes les possibilités illimitées qu’il peut contenir.

    Pour ce qui est des albums, Perdition City et Blood Inside de Ulver montrent vraiment qu’il n’y a pas de limite à ce qui peut être fait en termes d’expérimentation, de structure et d’écriture. Deux albums époustouflants qui nous ont beaucoup inspirés au fil des ans et le seront pour les années à venir. Mais il y a tellement de grands groupes qui continuent de briser les frontières et c’est vraiment inspirant aussi.

    Marius de Pixie Ninja : Motorpsycho doit également être mentionné ici. Nous avons vraiment été influencés par leur style de jeu unique qu’ils ont réussi à créer au cours des dernières années. Motorpsycho est une institution en matière de musique et de leur évolution depuis les années 90 est incroyable.
    Habituellement, les groupes produisent leurs meilleurs albums au début de leur carrière. Plus tard, beaucoup d’entre eux finissent par se copier à nouveau. L’une des principales raisons pour lesquelles j’ai un si grand respect pour Motorpsycho, c’est qu’ils continuent d’évoluer. Je dis toujours que « c’est le meilleur album de Motorpsycho » quand ils sortent un nouvel album.

    Picture taken by Anne-Marie Forker

    Wombat Cult : Votre artwork est très particulier mêlant différents types de procédés artistiques, de la même manière que votre musique d’ailleurs.
    Comment avez-vous procédé pour la création visuelle de ce nouvel album ?

    Jostein de Pixie Ninja : Il n’y a jamais vraiment eu d’autre graphiste dans notre esprit que l’incroyable Henning Lindahl. Il est extrêmement talentueux et a beaucoup d’idées lorsqu’il s’agit de visualiser nos idées pour l’artwork. Donc, fondamentalement, nous essayons d’expliquer le thème, l’atmosphère et la musique du mieux que nous pouvons, et il semble toujours comprendre ce que nous recherchons, ainsi que ses propres idées géniales pour la pochette.

    Marius de Pixie Ninja : Henning Lindahl a également fait un grand nombre de pochettes d’albums pour d’autres groupes tels que Weserbergland, Necromonkey, Molesome, Anima Morte et bien d’autres.

    Wombat Cult : L’ambiance que parvient à créer vos morceaux donne des visions très cinématographiques, il est assez aisé d’imaginer tout un monde, toute une histoire autour de vos créations.
    Si une oeuvre cinématographique devait s’adapter à votre travail compositionnel, à quoi ressemblerait le film ?

    Jostein de Pixie Ninja : Je n’ai vraiment aucune idée de ce à quoi un film ressemblerait pour être honnête, mais je crois que ce serait assez fou ! Lorsque nous créons la musique, avant qu’elle ne prenne vie, nous visualisons toujours chaque partie pour que tout se connecte de manière étrange. Si je devais expliquer à quoi ressemblerait un film basé sur cet album, ce serait probablement avec un univers très sombre et tordu.

    Marius de Pixie Ninja : Si jamais on nous demandait de faire une bande originale pour un film, j’aimerais pouvoir travailler avec SpectreVision. Ils ont fait des films comme Mandy, et bien sûr l’adaptation cinématographique de Color out of Space, le film mettant en vedette Nicolas Cage. J’adore ce studio.

    Wombat Cult : Vous m’aviez parlé la dernière fois d’une différence musicale en fonction du support (CD, Vinyl) avec lequel on découvre ce nouvel album. Pouvez-vous nous en dire plus ?


    Jostein de Pixie Ninja : Oui, il y a donc quelques surprises en fonction du CD ou du vinyle, mais fondamentalement, le vinyle contient la version originale et le CD la version numérique, il y a des fins alternatives et de petits changements sur certaines parties ici et là. C’était en fait l’idée de Mattias et ça s’est avéré géniale.

    Marius de Pixie Ninja : C’était en fait gardé secret (jusqu’à présent). Donc, si vous voulez profiter pleinement de l’album, vous devez posséder les deux versions de l’album.

    Wombat Cult : Vous êtes signés chez Apollon Records depuis 2017. Le label n’arrête pas de prendre de l’ampleur et de propulser des groupes comme Bismarck ou encore Kryptograf depuis quelques mois.
    Avez-vous perçu en tant que groupe le développement du label pour la sortie de votre second album ?

    Marius de Pixie Ninja : Apollon Records ressemble à une maison de disques qui ne cesse de grandir. Ils signent de nouveaux groupes souvent, et sortent constamment de la nouvelle musique. Nous sommes signés sur le label prog d’Apollon, et nous pouvons voir aujourd’hui la croissance de ce label. Apollon records prog a été reconnu dans le monde entier en raison de tous les excellents groupes qu’ils ont signés ces dernières années, et il semble qu’ils continueront de le faire pendant de nombreuses années venir.

    Wombat Cult : Nous avons déjà bien avancé sur l’année, nous sommes en août, avez-vous eu des coups de coeur depuis le début de l’année en matière de groupes ou de nouveaux albums ?

    Marius de Pixie Ninja : Je crois que cette année est la meilleure depuis bien longtemps.
    Beaucoup de mes groupes préférés ont sorti un nouvel album cette année comme; Motorpsycho, Ulver (pas encore sorti), Gösta Berlings Saga, Weserbergland, Arabs In Aspic, Wobbler (pas encore sorti). Greg Puciato de The Dillinger Escape Plan, et The Black Queen sort également son premier album en solo plus tard cette année qu’il a nommé; Child Soldier: Creator Of God. Je suis un grand fan de Greg et je suis très enthousiasmé par ses débuts en solo. Donc, comme je l’ai dit, ce sera une excellente année pour la musique!

    Pour découvrir et soutenir Pixie Ninja :


    ENGLISH VERSION:


    Beyond the usual Norwegian formations turned towards the moors of Black Metal or the plains of the Stoner / Doom scene, Norway conceals a thousand and one treasures in terms of musical creativity and this is what Pixie Ninja has proven to us in two albums. . Their album Color Out Of Space has just been released and mixes all the nuances that make Rock this indomitable and surprising twilight entity.
    We had the pleasure of meeting Jostein and Marius to discuss about the band and this album marking the year 2020.

    Wombat Cult: Three years after your first album, Ultrasound, you are back in the spotlight with a second effort called Colours Out Of Space. This new album is very different from your first proposal. Ultrasound advocated a multidiversity of instrumental schemas that gave it an almost elusive, yet fascinating, approach.
    Colours Out Of Space, meanwhile, is much more airy and takes the time to develop atmospheres between shadow and light. How did you work this shift in your creative process?

    Jostein from Pixie Ninja: Well, when we recorded Ultrasound we kinda just went nuts on everything. We experimented a lot with sounds and basically just trying out all sorts of weird things, which turned out great in the end. But on this album we wanted to just take our time with everything and as you say, let things develop. I think we have grown musically quite a bit since Ultrasound, and we also agreed before starting on the album that we were going to really let the music speak for itself, and not rush anything, so it was important to us that the album didn’t end up like a copy of the last one.

    Marius from Pixie Ninja: We wanted to record a new album using some of the elements from Ultrasound, but still it needed to feel fresh, at least to us. Ultrasound was an experimental project where we did whatever we felt like. We tried out a bunch of crazy ideas, some ideas worked, others did not. Colours out of Space is first of all inspired by some of the short stories by H.P Lovecraft, so this time we needed to plan things a bit better to make it feel right. We really took our time to develop atmospheres, and air between the layers of utter madness, with cosmic, and almost otherworldly elements, which describes the universe Lovecraft created.

    Wombat Cult: The sonorities used in the heart of this new album are surprising. As said before, your proposal guides us in the dark always leading in a positive approach to tend towards the glow that wavers in the heart of darkness.
    You are an instrumental band and yet your music speaks and let pass this message of escaping the inevitable end.
    Do you have themes, atmospheres that are important to you, to your hearts that you want to let feel through your songs?

    Jostein from Pixie Ninja: The theme for this album are stories from the great author H.P Lovecraft. And we try to capture the essence of the stories and bring them to life in the songs. It’s definitely our take on the stories, and from the beginning and throughout the making of the album, I really believe we managed to do that. So the album is quite dark, raw and mysterious, and we also tried to capture the cosmic aspect of it, as well as the sometimes psychedelic feel. It has more classic elements to it than Ultrasound but it definitely got the unmistakable sound of a Pixie Ninja album.

    Marius from Pixie Ninja: We do not have a recipe per say in how we paint our landscape music wise. We do not use vocals in our music as you may have heard. But still, we manage to speak through the way we write our music. We rarely have themes or atmospheres in mind when we write music. I personally feel that the music almost writes itself, we record what we feel there and then. Me, Jostein and Mattias have free hands when we write music, and maybe that’s why we have managed to create our own musical identity. The way we are three totally different personalities, with different tastes in music and other artistic viewpoints.

    Picture taken by Marius Leiranes

    Wombat Cult: Pixie Ninja is quite one of a kind, and really blew me away from the first listen.
    How is it possible that such a project could be born? How is it possible that the meeting of four individuals could invoke such a sonic singularity? Can you come back to your creation as a group?

    Jostein from Pixie Ninja: Me and Marius have played music together for as long as i can remember and having played everything from pure acoustic guitar albums to black metal, we kind of felt we needed to try something else. And that is where Pixie Ninja was born. We sat down one day and decided to take a totally different path. Our only rule was to make something we haven’t heard before. And we just started fiddling around on our syntheseizers, guitars, bass and basically every instrument we could find. We have always been into prog, so everything just kind of went on from there.
    I think it was during the recording of the track « Polysomnographic » that we decided to reach out to Mattias Olsson, so we sent him a demo of the track and asked if he could be interested in playing drums on the album. It seemed like such a longshot at the time, and we knew about his earlier work with Anglagård, Necromonkey, Molesome and the list just goes on and on, and we just had to ask him. He really enjoyed it and that was it. He is also a great producer as well, so he really took a big part of making Ultrasound a great record.
    And from there on, everything just went upwards. We went down to his studio in Stockholm to rehearse for live shows and that is when we met Fredrik Klingwall, which is an old friend of Mattias and a great musician, and we knew all too well about him as well, and asked if he would be interested in playing live with us, which he did, so there you have it.

    Marius from Pixie Ninja: Jostein and myself started playing together in 2008. At that time we were into black metal metal, so naturally we started out as a black metal band named; Entangling Roots. Later on Jostein moved to another town, and I started my own band with two other guys in my hometown named; Rusty Crown (Jan-Tore Bredesen & Kim Brian Furumo). We played a few shows in the time between 2012-2014 before we disbanded. At that time Jostein had moved back to Rognan, so we got back together and decided to make new music together. This time we wanted to do something completely different than playing rock/metal. So that’s how Pixie Ninja was born.

    Wombat Cult: The title of your album seems to be a direct reference to Lovecraft, as does the presence of part of the author’s face on the artwork.
    What is the soul of Pixie Ninja and what is Lovecraft’s place at the heart of your work? What are your cultural influences?

    Marius from Pixie Ninja: The first idea was to write a concept album based on “The Modern Prometheus” written by Mary Shelley. But one night I was having a drink with my friend (Niklas), I decided to share the concept of the new album we had in mind. He just looked at me with a grin on his face and said that we should use Lovecraft as inspiration instead. He picked up some Lovecraft books and we started discussing ideas. So Niklas is the main man behind the whole Lovecraft idea, so a big thanks to him. Niklas requested that I read some of the short stories by Lovecraft. So I did, and I loved them. The way Lovecraft writes, and the universe he has created with his cosmic horror fiction and mythos is beyond amazing. I believe that Lovecraft is one of the most influential horror writers of all time, so we felt that making an album based on some of his short stories was the right thing to do.

    Wombat Cult: In the album, there’s the presence of many guest musicians. So I imagine that it wasn’t easy to work and record with all these persons around the project.
    Where the album has been record? Whats were the conditions? Speak us about this recording time!

    Jostein from Pixie Ninja: The album was mainly recorded by me and Marius at our studio in Rognan. That’s where we write our songs and record them and do as much as we possibly can before sending the tracks to Mattias. And from there, he does what he does best. We talk about the tracks, the structure, every part and down to the smallest detail. From there on he puts some of his magic on the music, mellotrons, organs, drums and what not. As for the guest musicians on this album, I believe they all live in Stockholm not far away from his studio. And they have all been really professional so it never was any problem during the recording. And it never was under any conditions really. Everyone had the freedom to do what they wanted, and if it worked, it stayed on the album.

    Picture taken by Marius Leiranes

    Wombat Cult: A feeling of musical freedom is felt in your ways of playing and composing. The fact of having put forward the keyboard sometimes reminds me of certain Ulver albums. The fact of putting forward this instrument compared to the traditional guitar returns at the same time to the modes of operation of the 80s but escapes its kitsch sounds coming to embrace more readily the pastures of the experimental scene.
    What are the albums and bands that inspired you to think and let the notes resonate in this way in our minds?

    Jostein from Pixie Ninja: As you mentioned, Ulver is definitely a band that we are influenced by. Especially in terms of using synthesizers. It just sort of cuts through more and it’s easier to express and experiment with all the unlimited possibilities that it may contain. As for albums, Perdition City and Blood Inside by Ulver really shows that there is no limit to what can be done in terms of experimentation, structure and songwriting. Two really breathtaking albums that have inspired us greatly through the years and will for many years to come.
    But there are just so many great bands out there that continue to break boundaries and that is really inspiring too.

    Marius from Pixie Ninja: Motorpsycho must also be mentioned here. We have really been influenced by the unique play style they have managed to create during the past years. Motorpsycho is an institution when it comes to music and the way they have evolved during their beginning in the early nineties is incredible. Usually bands produce their best albums early in their career. Later many of them just end up copying themselves again again. One of the main reasons I have such huge respect for Motorpsycho, is that they still continue to evolve. I always say that “this is the best album of Motorpsycho” when they release a new album. Only to repeat myself whenever they release a new one.

    Wombat Cult: Your artwork is very particular mixing different types of artistic processes, in the same way as your music for that matter.
    How did you proceed for the visual creation of this new album?

    Jostein from Pixie Ninja: It was never really any other artwork designer in our minds but the amazing Henning Lindahl. He is extremely talented and easy to work with when it comes to visualizing our ideas for the artwork. So basically we try to explain the theme, the atmosphere and the music as best as we possibly can, and he always seems to understand what we are looking for, as well as his own great ideas for the artwork.

    Marius from Pixie Ninja: Henning Lindahl has also done a great number of album covers for other bands as well such as; Weserbergland, Necromonkey, Molesome, Anima Morte, and many more.

    Wombat Cult: The atmosphere that your pieces manage to create gives very cinematographic visions, it is quite easy to imagine a whole world, a whole story around your creations. If a cinematographic work had to adapt to your compositional work, what would the movie look like?

    Jostein from Pixie Ninja: I really have no idea what a movie would look like to be honest, but i believe it would be pretty fucked up, haha! But I mean, when we are creating the music, before it comes to life, we always visualize each part so that everything kind of connects in a weird way. But if i had to explain what a movie based on this album would look like, it probably would be with a very dark and twisted universe.

    Marius from Pixie Ninja: If we ever were requested to make a soundtrack to a movie I would love to be able to work with SpectreVision. They made movies like Mandy, and of course the movie adaption of Color out of Space, the movie starring Nicolas Cage. I absolutely love that studio.

    PIcture by Marius Leiranes and Christian Arnaud

    Wombat Cult: You told me the last time about a musical difference depending on the medium (CD, Vinyl) with which we discover this new album. Can you tell us more ?

    Jostein from Pixie Ninja: Yeah, so there are a few surprises on both CD and vinyl, but basically the vinyl contains the original version and on the CD and digital version there are some alternate endings and small changes on some parts here and there. It was actually Mattias’s idea and it turned out great.

    Marius from Pixie Ninja: It’s actually been kept a secret (until now). So if you want the full experience of the album, you should own both versions of the album.

    Wombat Cult: You have been signed to Apollon Records since 2017. The label has not stopped growing and propelling bands like Bismarck or Kryptograf for a few months. As a band, did you feel the development of the label for the release of your second album?

    Marius from Pixie Ninja: Apollon Records seems like a Record Company that keeps on growing. They sign new bands often, and release new music constantly. We are signed to the prog label of Apollon, and we can see today the growth of that label. Apollon records prog has been recognized worldwide because of all the excellent bands they have signed over the past couple of years , and it seems like they will continue to do so for many years to come.

    Wombat Cult: We have already made good progress over the year, it is August, have you had any favorites since the beginning of the year in terms of groups or new albums?

    Marius from Pixie Ninja: Yes I have! I believe this specific year to be the best of many because of the releases so far. Many of my favorite bands have released a new album this year like; Motorpsycho, Ulver (not yet released), Gösta Berlings Saga, Weserbergland, Arabs In Aspic, Wobbler (not yet released). Greg Puciato from The Dillinger Escape Plan, and The Black Queen is also releasing his solo debut later on this year which he named; Child Soldier: Creator of God. I’m a huge fan of Greg, and I’m super excited about his solo debut. So like I said, it’s going to be a great year for music!

    To discover and support Pixie Ninja:


    Wombat Interview #7 – Black Farm Records

    The English version is after the French one.


    En ce mois d’août à la fois crépusculaire et caniculaire Wombat Cult s’est réfugié dans la vieille ferme à vinyles de Thomas et JB. Une bonne occasion pour laisser la parole à Thomas au cours d’une interview fleuve sur leur jeune et prometteur label et plus globalement sur la passion du format physique, dernier rempart face à l’engloutissement du monde digital.


    VERSION FRANÇAISE :

    Wombat Cult : Black Farm Records est aujourd’hui un label influent sur la scène Stoner/Doom. Comment cette aventure a-t-elle débuté ?


    Black Farm Records : L’aventure Black Farm est née il y a 5 ans environ. Avec mon ami (et associé) JB, l’idée nous est venue assez naturellement. Nous avions bossé dans le disque ensemble, et même si nos trajectoires professionnelles avaient radicalement évolué l’idée de monter notre propre label nous avait toujours titillés. Nous souhaitions devenir acteurs de cette scène Stoner et Doom, et en tant que collectionneurs de disques, nous nous sommes logiquement spécialisés sur le format vinyle. Nous avons créé la structure juridique et go !


    Influent ? Je sais pas trop, mais je l’espère ! Mais ce qui est sûr c’est que le nom circule, que les groupes sont satisfaits de la relation que nous mettons en place avec eux, satisfaits également des conseils qu’on leur donne, et la liberté totale que nous leur garantissons.
    Nous veillons aussi à ce que nos clients soient complètement satisfaits, depuis leur commande sur le shop jusqu’à la réception de leur colis, ou pour toute question qu’ils peuvent avoir ; le service offert doit être irréprochable. Nous sommes nous aussi des consommateurs de vinyles, et nous voulons offrir l’expérience d’achat idéale.

    Wombat Cult : Ta ligne éditoriale s’oriente vers des groupes d’une certaine diversité au coeur de la scène Doom. On y trouve Dope Smoker, Pesta, Grave Disgrace, Mammon’s Throne ou encore Mephistofeles.
    Quelle est ta manière de choisir un groupe que tu souhaites signer ?


    Black Farm Records : Cette scène est vaste et très riche, notre souhait est d’essayer de la représenter dans sa diversité, de ne pas nous enfermer dans une niche mais plutôt de surprendre ceux qui nous suivent depuis le début.
    Le fait d’être deux associés avec des sensibilités différentes nous a permis de sélectionner les groupes avec, je pense, une certaine rigueur.
    Nous ne suivons pas de « règle » particulière pour signer tel ou tel autre artiste, tout part de l’album en question. Si on a le poil qui se dresse, bingo ! On contacte le groupe et lui propose nos services.

    Wombat Cult : Ton « Best-Seller » est « Whore » de Mephistofeles. L’album est désormais un incontournable et atteint presque la position de classique.
    Comment s’est déroulée cette rencontre ?


    Black Farm Records : Nous avons contacté Mephistofeles juste après la découverte sur Bandcamp de leur premier album, « Whore ». Ça a été une claque : on a tout de suite été impressionné par la consistance de ce premier album. Il n’y a aucun temps mort, pas de remplissage, juste du riff à l’état sauvage.
    Le groupe nous a répondu assez rapidement, on leur a proposé nos services et quelques jours plus tard, on signait un contrat. Tout a été très facile et naturel.
    Aujourd’hui encore, les rapports que l’on entretient sont transparents et efficaces, comme pour la réédition de Whore du mois de juin dernier.
    Je pense sincèrement que « Whore » est un classique. Il fait partie de ces albums incontournables de la scène.
    Je suis très fier du chemin parcouru par Mephistofeles, et ils le méritent entièrement.

    « Whore » by Mephistofeles

    Wombat Cult : Black Farm Records est un label spécialisé dans le format vinyle. Le retour de ce support ne cesse de se développer depuis maintenant plusieurs années.
    Quelle relation entretiens-tu avec le disque revenu d’outre-tombe ?


    Black Farm Records : Une relation particulièrement forte ! J’adore tout de ce support : le son bien entendu, les textures au toucher, l’odeur d’un skeud sorti en 1969 et l’histoire qu’on peut liresur les paperscuffs qui ornent le sillon… Et le papier qui permet à des pochette complètement folles de voir le jour… Et ça fait 20 ans que ça dure !
    Au début des années 2000, le vinyle était loin de la bonne santé commerciale qu’il affiche aujourd’hui, et on n’en trouvait pas aussi facilement. A cette époque, JB et moi travaillions chez United Musics Company, un distributeur spécialisé Stoner/Hard Rock/Doom. UMC distribuait des labels comme Man’s Ruin, People Like You, Tee Pee… Le catalogue était assez incroyable, on avait Lowrider, Nebula, Orange Goblin, Unida, Reverend Bizarre, Hellacopters, Isis, … Et tout ça en CD et vinyle !
    Je crois que c’est à ce moment-là que je suis tombé dedans. Et depuis, cette passion ne m’a jamais lâché.

    Wombat Cult : Ton label est orienté autour de la distribution de support physique analogique. Que penses-tu du retour florissant du support vinyle mais également de la renaissance assez récente du format cassette ?


    Black Farm Records : Je suis forcément très heureux de ce retour du vinyle, et la vitalité qu’il affiche aujourd’hui devrait encore durer quelques années si on en croit les courbes de croissance commerciale.
    En ce qui concerne la cassette, j’avoue ne pas bien comprendre cette résurgence.
    J’ai toujours trouvé ce support peu pratique et pas très attractif. Et pourtant j’ai grandi avec ! Dans les années 80, on se prêtait des cassettes avec les potes du collège. On passait des heures à les copier. Le CD était très cher à l’époque (je me souviens avoir payé plus de 200F pour le Led Zeppelin « I »), et on ne pouvait pas les graver au début. Mais quand c’est devenu possible, j’ai eu vite fait, comme beaucoup d’autres je pense, à enterrer la cassette.


    Cela dit, j’ai récupéré un sac de cassettes qui dormait depuis une trentaine d’années dans le grenier chez mes parents. Je me suis replongé avec nostalgie dans ce sac, et réécouté des trucs que j’avais oublié.

    Wombat Cult : De la rencontre entre un groupe et un label apparaît la possible naissance du format physique.
    Néanmoins, entre la signature et l’arrivée de l’objet entre les mains de l’auditeur, un long chemin entre prestataires et procédures administratives apparaît.
    Peux-tu nous éclairer sur ce cheminement ?


    Black Farm Records : C’est parfois un peu long c’est vrai, mais rien de compliqué ou astreignant. Les procédures administratives sont assez réduites à vrai dire, ce qui prend le plus de temps je pense, c’est plutôt la conception graphique de l’ensemble, et puis bien entendu les délais de fabrication.
    En général, les groupes disposent de l’album enregistré, mixé, prêt à presser, et toute la conception graphique. En revanche, certains ont bien l’album, mais n’ont aucune pochette, aucun visuel à utiliser. Ils ont souvent des idées ou des attentes particulières pour la pochette, alors j’interviens pour les orienter, les aider et les financer si besoin.
    Une fois que tous les éléments sont envoyés au fabricant, vérifiés et approuvés, il n’y
    a plus qu’à prendre son mal en patience…

    Wombat Cult : Quels sont les groupes et labels qui t’ont donné envie de te lancer sur cette voie ?


    Black Farm Records : Il y en a énormément, les énumérer serait presque du suicide rédactionnel. J’ai pas mal collectionné les Hellacopters pendant un moment. J’avais réussi à mettre la main sur beaucoup des 45t que le groupe avait sortis et bien sûr les 33t, et comme il existait plusieurs éditions, il me les fallait toutes. J’étais plutôt « complétiste » pour ce groupe et j’ai vite compris que tout posséder me coûterait très très cher, et surtout, m’amènerait à renoncer à d’autres sorties… Les Hellacopters ont beaucoup participé au fait que j’aille chercher les éditions rares, les plus limitées, bourrées de goodies ; goodies qui d’ailleurs restent souvent dans les pochettes.
    Certains disques sont vraiment des œuvres d’art, que ce soit la couleur ou les mélanges de couleurs des disques en eux-mêmes, ou les choix de papier pour les pochettes, les visuels complètement dingues, les pochettes die-cut, ou pop-up… On peut se permettre tellement de choses avec l’objet vinyle que ça en fait tourner la tête. Mais je dois dire que la version vinyle de Megasus (« s/t » – 2009) fait partie de ces disques qui ont participé à ce besoin de me lancer.
    Quant aux labels, c’est pareil, il y en a un beau paquet ! J’ai cité Man’s Ruin tout à l’heure, le label de Frank Kozik, et à mon sens ce label est vraiment une référence en matière de Stoner/Doom et affiliés. Le catalogue est monstrueux, et très hétéroclite.
    Tee Pee records, période Tony Presedo, est aussi une référence. Je n’ai toujours pas compris pourquoi il s’est fait remercier… Travis Witherell et son label Hydro-Phonic a aussi fait de l’excellent boulot. Toute cette passion mise au service de la musique et du « produit » vinyle…

    Je pense aussi à Robert Black et DHU records dont je suis fan, mais aussi Joshua Wilkinson et the Company records, … tous ces fans de musique qui s’investissent personnellement dans la création d’objets incroyablement chiadés. On ne parle plus de simple disque vinyle dans une vulgaire pochette, tout est très élaboré. Et en parlant de passion, je t’invite à checker ce label, le Narthécophore, on peut véritablement parler de sacerdoce.

    Des plus grosses machines comme Relapse, Southern Lord ou Rise Above sont autant d’influences également.

    « Derek » by Lucifungus

    Wombat Cult : En tant qu’audiophile, quel est ton souvenir musical le plus marquant ?


    Black Farm Records : Sans aucun doute ma première rencontre avec Tool. Un copain m’avait prêté le CD d’ « Undertow », et je me souviens m’être assis devant les enceintes pendant toute la durée de l’album à me demander ce qui était en train d’en sortir. Je n’avais jamais entendu ça auparavant et encore aujourd’hui Tool fait partie de ces groupes intouchables pour moi.

    Wombat Cult : Quels groupes aurais-tu rêvé de signer chez Black Farm Records ?


    Black Farm Records : Tous ceux que j’adore, et il y en a beaucoup ! J’écoute des choses très différentes.
    Je peux passer de « Obey » (1997) des Brainbombs et sa Noise hostile et sordide à « Sea Shanties » (1969) de High Tide et son Hard Prog visionnaire. Je pourrais aussi citer d’autres groupes diamétralement opposés comme SunnO))) et Laddio Bolocko, ou Unsane et les Stooges par exemple… Ou pourquoi pas Mayhem et Edgar Broughton Band. Et les Doors, putain, les Doors !

    Mais le catalogue n’aurait alors plus aucune logique, ça partirait dans tous les sens.

    Wombat Cult : Quels conseils pourrais-tu donner à une personne qui souhaiterait monter son propre label ?

    Black Farm Records : De bien peaufiner le projet avant de se lancer, ça veut dire monter une communauté solide, signer un ou deux groupes en amont, trouver les bons partenaires pour le pressage, l’impression, la distribution… Ne pas s’emballer tout de suite avec des projets coûteux, et de ne surtout pas compter son temps ni son argent.
    Il y a énormément de satisfaction à en tirer, et de très belles rencontres, et ça en vaut vraiment la peine.

    Pour découvrir les sorties Black Farm Records :


    ENGLISH VERSION :

    In this August at the same time twilight and scorching Wombat Cult took refuge in the old vinyl farm of Thomas and JB. A good opportunity to give the floor to Thomas during an interview on their young and promising label and more generally on the passion for the physical format, the last bulwark against the engulfing of the digital world.


    Wombat Cult: Black Farm Records is today an influential label on the Stoner / Doom scene. How did this adventure start?

    Black Farm Records: The Black Farm adventure began about 5 years ago. With my friend (and partner) JB, the idea came to us quite naturally. We had worked in the record industry together, and although our professional trajectories had radically changed the idea of ​​setting up our own label had always tickled us.
    We wanted to become actors in this Stoner and Doom scene, and as record collectors, we logically specialized in the vinyl format. We have created the legal structure and go!


    Influential? I’m not sure, but I hope so! But what is certain is that the name is circulating, the bands are satisfied with the relationship we are building with them, also satisfied with the advice we give them, and the total freedom we guarantee them. We also ensure that our customers are completely satisfied, from their order in the shop to the receipt of their package, or for any questions they may have; the service offered must be irreproachable. We are vinyl consumers too, and we want to provide the perfect shopping experience.

    Wombat Cult: Your editorial line is directed towards bands of a certain diversity at the heart of the Doom scene.
    There are Dope Smoker, Pesta, Grave Disgrace, Mammon’s Throne or even Mephistofeles. How do you choose a band that you want to sign?


    Black Farm Records: This scene is vast and very rich, our wish is to try to represent it in its diversity, not to lock ourselves in a definitive type of bands but rather to surprise those who follow us from the beginning. Being two partners with different sensitivities allowed us to select groups with, I think, a certain rigor. We do not follow any particular « rule » for signing this or that other artist, everything starts from the album in question. If we have the hair that stands up, bingo! We contact the band and offer them our services.

    « Forward Unto Flame » by Mammon’s Throne


    Wombat Cult: Your « Best-Seller » is « Whore » from Mephistofeles.
    The album is now a « must-have » and almost reaches the position of classic.
    How did this meeting go?


    Black Farm Records: We contacted Mephistofeles just after the discovery on Bandcamp of their debut album, « Whore ». It was a slap in the face: we were immediately impressed by the consistency of this first album. There is no downtime, no fill, just riff in the wild. The band responded to us fairly quickly, we offered our services to them and a few days later, we signed a contract. Everything was very easy and natural.

    Even today, the reports we maintain are transparent and efficient, as with the reissue of Whore last June. I sincerely think « Whore » is a classic. It is one of those essential albums on the scene. I am very proud of the road traveled by Mephistofeles, and they fully deserve it.


    Wombat Cult: Black Farm Records is a label specializing in vinyl format. The return of this support has continued to develop for several years now.
    What relationship do you have with the vinyl support that came back from beyond the grave?


    Black Farm Records:
    A particularly strong relationship! I love everything about this medium: the sound of course, the textures to the touch, the smell of a skeud released in 1969 and the story that can be read on the paperscuffs that adorn the groove … And the paper that allows completely crazy covers to see the light of day … And it’s been 20 years that it lasts!
    In the early 2000s, vinyl was in a critical situation from the good commercial health it enjoys today, and it was not found as readily. At that time, JB and I were working at United Musics Company, a specialist Stoner / Hard Rock / Doom distributor. UMC distributed labels like Man’s Ruin, People Like You, Tee Pee…
    The catalog was quite incredible, we had Lowrider, Nebula, Orange Goblin, Unida, Reverend Bizarre, Hellacopters, Isis,… And all that on CD and vinyl!
    I think that’s when I fell into it. And since then, that passion has never let go.

    Wombat Cult: Your label is oriented around the distribution of analogue physical media. What do you think of the flourishing return of vinyl media but also of the fairly recent renaissance of the cassette format?

    Black Farm Records: I’m obviously very happy with this return of vinyl, and the vitality it displays today should last a few more years if we are to believe the commercial growth charts. As for the tape, I confess that I don’t fully understand this resurgence.
    I have always found this support impractical and unattractive. And yet I grew up with it! In the 80s, we lent each other cassettes with our college friends. We spent hours copying them. The CD was very expensive back then (I remember paying over 200F (30 euros approximately) for the Led Zeppelin « I »), and you couldn’t burn them at first.
    But when it did become possible, I was quick, like many others I think, to bury the tape.

    But I recovered a bag of cassettes that had been dormant for about 30 years in the attic at my parents’ house. I wandered back into that bag with nostalgia, and listened to stuff I had forgotten.


    Wombat Cult: From the meeting between a group and a label appears the possible birth of the physical format. Nevertheless, between the signature and the arrival of the object in the hands of the auditor, a long road between service providers and administrative procedures appears.
    Can you enlighten us on this journey?

    Black Farm Records: It can be a bit long, yes, but nothing complicated or demanding. The administrative procedures are quite reduced to be honest, what takes the most time I think is more the graphic design of the whole, and then of course the manufacturing times.
    Usually bands have the album recorded, mixed, ready to press, and all the graphic design.
    On the other hand, some do have the album, but have no cover, no visual to use. They often have specific ideas or expectations for the cover art, so I step in to guide them, help them and fund them if needed.
    Once all the items are sent to the manufacturer, verified and approved, there is no more than take his pain patiently…

    « Rest In Peace » by Grave Disgrace

    Wombat Cult: What are the bands and labels that made you want to get started on this path?

    Black Farm Records: There are so many, listing them would be almost editorial suicide. I collected Hellacopters quite a bit for a while. I had managed to get my hands on a lot of the 45s that the band had released and of course the 33s, and since there were several editions, I needed them all. I was rather « complete » for this group and I quickly understood that owning everything would cost me very, very expensive, and above all, would lead me to give up other outings …
    The Hellacopters were very involved in my going look for rare editions, the most limited, stuffed with goodies; goodies that often remain in the pockets.
    Some records are truly works of art, whether it’s the color or color mixes of the records themselves, or the paper choices for covers, goofy visuals, die-cut covers, or pop- up… You can afford so much with the vinyl object that it makes your head spin. But I have to say that the vinyl version of Megasus (« s / t » – 2009) is one of those records that helped with this need to get started. As for the labels, it’s the same, there are a lot of them!
    I mentioned Man’s Ruin earlier, Frank Kozik’s label, and in my opinion this label is really a benchmark in terms of Stoner / Doom and affiliates. The catalog is monstrous, and very heterogeneous.
    Tee Pee records, Tony Presedo period, is also a reference. I still don’t understand why he got thanked… Travis Witherell and his Hydro-Phonic label did a great job as well. All this passion put at the service of music and the vinyl « product »…

    I also think of Robert Black and DHU records of which I am a fan, but also Joshua Wilkinson and the Company records,… all those music fans who are personally involved in the creation of incredibly chiadded objects.
    We are no longer talking about a simple vinyl record in a vulgar sleeve, everything is very elaborate. And speaking of passion, I invite you to check out this label, Le Narthécophore, we can truly speak of priesthood.
    Bigger machines like Relapse, Southern Lord or Rise Above are also influences.

    Wombat Cult: As an audiophile, what is your most striking musical memory?

    Black Farm Records: Without a doubt my first encounter with Tool. A friend loaned me the “Undertow” CD, and I remember sitting in front of the speakers for the entire duration of the album wondering what was coming out of it.
    I had never heard that before and even today Tool is one of those untouchable bands for me.

    Wombat Cult: Which bands would you have dreamed of signing to Black Farm Records?

    Black Farm Records: All the ones I love, and there are a lot of them! I listen to very different things. I can go from “Obey” (1997) by Brainbombs and its hostile and sordid Noise to “Sea Shanties” (1969) by High Tide and its visionary Hard Prog. I could also cite other diametrically opposed groups like SunnO))) and Laddio Bolocko, or Unsane and the Stooges for example… Or why not Mayhem and Edgar Broughton Band. And the Doors, damn, the Doors!
    But then the catalog would no longer have any logic, it would go all over the place.

    Wombat Cult: What advice could you give to someone who would like to start their own label?

    Black Farm Records: Fine-tuning the project before launching, that means building a solid community, signing one or two groups upstream, finding the right partners for pressing, printing, distribution…
    Do not get carried away immediately with expensive projects, and above all not to count your time or money. There is a lot of satisfaction to be gained from it, and some great meetings, and it’s really worth it.

    To discover the Black Farm Records releases :