Wombat Interview #16 – Kavrila

The interview is available in French and English. The English version is after the french, scroll it and dig it like a wombat.

VERSION FRANÇAISE :

Kavrila, formation originaire d’Hambourg, officie depuis quelques années dans un magma à la rencontre des territoires soniques entre Sludge, Heavy Metal, Doom, et un on ne saurait quoi de Death Metal.
Après avoir déversé sa colère sur deux EP de la série « Rituals », le groupe vient mettre fin dans un chaos pour le moins excitant, où les os viennent se broyer au rythme des quatre morceaux présents, tous plus rageurs, frontaux et sans pitié les uns que les autres.
Wombat Cult a traversé la ligne Maginot, entre deux ogives nucléaires et quelques corps célestes pour rencontrer la formation qui fera plier votre cellule MM.

Wombat Cult : Salut Kavrila, Cela fait déjà quelques années que je suis vos sorties avec intérêt. La sortie de ce troisième EP, tout bonnement fascinant, m’a poussé à vous écrire pour partager quelques instants avec vous.
Pouvez-vous faire la lumière sur votre formation, vous présenter ?

Kavrila: Bonjour ! Merci pour l’interview mec.
Nous avons fondé le groupe en 2016 et créé le premier EP assez spontanément. J’ai connu notre batteur Miltos bien avant que Kavrila ne prenne vie. Un jour, il m’a montré des démos et je les ai absolument adorées.
Comme je suis également batteur et que je n’ai jamais chanté auparavant, je me suis lancé dans cette direction et RITUALS I est né quelques mois plus tard. Nous n’attendions rien de particulier de ce premier EP, mais les premiers retours ont été très bons et nous ont permis de continuer.
De plus, nous nous sommes beaucoup amusés avec ce nouveau projet qu’est Kavrila et les concerts. C’était dangereux, frais et excitant pour nous et cela l’est encore.

« Blight », premier album / Artwork by Philipp Igumnov

Wombat Cult : Depuis 2016, Kavrila a sorti 3 EP, la trilogie Rituals, et un album du nom de «Blight ».
Pouvez-vous revenir sur la dissociation à opérer entre les expérimentations de Rituals et la sortie de Blight ?
Devons-nous les voir comme la continuité d’un même propos, ou plutôt à la manière de deux pistes d’expérimentations parallèles ? 

Kavrila : L’idée des trois EP est venue très tôt. Nous avons aimé l’idée d’écrire 4 à 5 chansons qui représentent notre humeur et notre approche actuelles afin de les utiliser comme une véritable transposition émotionnelle. Pas trop intellectuel, juste une émotion pure qui prend forme dans une musique et des paroles intenses.
De plus, nous pensions que proposer un voyage musical avec cette trilogie qu’est Rituals serait génial, une sorte de voyage dans nos âmes.

Un album est un animal différent cependant. Bien sûr il y a plus de chansons mais aussi une trame narrative qui mène aux chansons, aux paroles, aux illustrations et à la dramaturgie souhaitée.
En fin de compte, il s’agit d’une approche plus profonde de ce qu’étaient les EP, moins primitive, soudaine.
Néanmoins, ces deux options d’expression nous gardent concentrés et affamés.

Wombat Cult : Lors de nombreuses conversations ou lectures d’articles, la comparaison avec vos collègues nationaux Mantar est faite.
Bien qu’appréciant le groupe originaire de Brême, je trouve que Kavrila va dans une direction qui diffère. La classification à travers la dénomination Mantar pour le dépassement des paysages musicaux gravitant autour du Sludge me perturbe.
Comment qualifieriez-vous Kavrila dans cette optique de classification des genres ? Pouvez-vous décomposer les influences qui ont fait naître votre vision si singulière des musiques dites extrêmes ?

Kavrila : Les gens aiment comparer les groupes et ont besoin de segmenter ce qu’ils écoutent en genres et autres merdes, un comportement tout à fait normal. Et bien sûr, la classification Mantar est compréhensible jusqu’à un certain point. Mais je pense que ce n’est qu’une première réflexion et une conclusion inachevée.
Je suis d’accord avec toi, nous allons dans une direction différente et je suis sûr que la plupart des gens qui nous donnent une chance le découvriront quand ils examineront notre musique et notre univers.

Nos influences viennent de plusieurs directions. Je pense que notre principale raison de jouer cette musique est d’exprimer certains sujets qui sont difficiles à mettre en mots. Evidemment, nous sommes tous fans de musique Heavy et de nombreux genres musicaux qui y sont liés en général.
Je suis sûr que cela se répercute également dans notre son, mais comme je l’ai dit, nous recherchons avant tout l’intensité, la véracité et l’énergie qui traversent quatre individus avec pour résultat une expérience cathartique.
Pour nous et les auditeurs.

Picture taken by Michael Nehrmann

Wombat Cult : Tout au long des trois EPs « Rituals » vos sonorités n’ont cessé d’évoluer, la qualité sonore s’est affinée tout en gardant ce grain, cette crasse si envoûtante de la scène underground. Vous faîtes parti des groupe qui jouent sur les nuances et travaillent constamment leurs sons, leurs approches. Vous ne stagnez à aucun moment et les sorties sont de plus en plus belles.
Comment avez-vous travaillé au fil des ans pour passer de cette approche rugueuse, aux sonorités hardcore de « Rituals I » jusqu’à vous retrouver aujourd’hui dans une dimension plus tournée vers le Death Metal « Mélodique » ? Quelles rencontres, expérimentations, lumières, vous ont guidé dans cette direction ? 

Kavrila : Merci! La stagnation, c’est la mort.
On doit rester intéressé et ouvert à nous-même et à l’approche de la musique que nous jouons.
Quand vous jouez simplement et essayez de copier des trucs qui ne viennent pas vraiment de vous en tant que musicien, les gens vont l’entendre, à mon avis. Ce n’est pas sincère. Nous essayons donc d’être très honnêtes les uns envers les autres et de rester curieux de ce qui peut sortir de chacun de nos esprits avec spontanéité.

Wombat Cult : La qualité sonore de Rituals III est déconcertante, tranchante et percutante.
Où avez-vous enregistré et dans quelles conditions ?

Kavrila : Nous l’avons enregistré nous-mêmes dans notre salle de répétition, ainsi que les trois EP et l’album également.
Miltos est l’homme derrière les enregistrements et le mixage. Il a également évolué au fil des ans et a encore fait un excellent travail.
En ce qui concerne le son, les chansons ou les paroles, tout le monde est impliqué et chaque opinion compte. Nous avons tous une vision et une sensation assez claires de la façon dont ce groupe devrait sonner au moment où nous enregistrons ou écrivons.
Cependant, nous expérimentons des choses et restons aventureux.

Wombat Cult : Les thématiques que vous abordez avec Kavrila semblent graviter vers la fin des civilisations, l’écroulement de l’humanité telle que nous la connaissons au-delà des guerres et du temps, au cœur d’une dimension nihiliste totale.
Pouvez-vous nous éclairer sur le procédé d’écriture des textes, ainsi qu’autour du message que vous souhaitez délivrer ?

Kavrila : Il n’y a pas vraiment de message derrière nos morceaux. Il s’agit plus d’histoires que de prêcher la « bonne parole ». Les paroles sont la plupart du temps très personnelles mais laissent aussi une certaine place à vos propres interprétations.
Pour moi, c’est difficile d’écrire sur des trucs inventés. Ce doit être quelque chose qui m’est arrivé dans la vie ou que j’ai observé quelque part.
Notre bassiste Daniel m’aide beaucoup tout au long du processus d’écriture et de finalisation pour trouver la bonne tonalité et les mots justes pour ce que je veux livrer. Il s’identifie à beaucoup de choses qui se passent dans ma tête.

Wombat Cult : Les trois artworks de la trilogie Rituals ont été réalisés par Philipp Igumnov. Elles sont à la fois effrayantes et obsédantes. On y traverse d’un EP à l’autre le temps, l’histoire, les croyances mais aussi le passage invisible entre la vie et la mort. Un passage autour de l’entre-monde ésotérique qui se juxtapose avec d’une part le réel et d’autre part l’au-delà.
Comment s’est organisée la réalisation de ces artworks ? Selon quels procédés ? Accompagnez-nous dans la lecture symbolique de vos visuels.

Kavrila : Tes questions sont des analyses critiques mec, génial.
Alors que nous terminions Rituals I, j’ai cherché une illustration de couverture appropriée sur Internet et je suis tombé sur les œuvres de Philipp Igumnov. Elles nous ont totalement époustouflés dès le début. Il y a une certaine obscurité et beauté en même temps. Ses collages ont quelque chose que je n’ai jamais vu auparavant.

Juste de la magie noire transformée en graphisme et parfaitement adaptée à notre musique. L’ambiance générale soutient parfaitement la musique. Lors de la clôture du premier EP, je lui ai juste demandé si nous pouvions utiliser une toile.
Je lui ai envoyé la musique, il l’a aimée et nous a donné la permission. C’était à peu près la même chose avec le deuxième et le troisième.
Nous voulions qu’il crée une ligne rouge pour les trois EP.

La lecture symbolique est quelque chose que les gens doivent travailler pour eux-mêmes, nous ne voulons pas donner trop de directives. Nous préférons laisser la musique et les visuels parler d’eux-mêmes.

Wombat Cult : Rituals III vient de sortir chez Nashardaa Records. Le label commence à apparaître un peu partout avec des sorties éclectiques telles que Durga, Codeia, Toundra ou encore Respire.
Comment votre passage chez ce nouveau label s’est-il déroulé ? Comment les avez-vous rencontré ?

Kavrila : Après les deux premiers EPs et la sortie de l’album sur Backbite/Hand Of Doom Records, nous voulions essayer quelque chose de différent avec Rituals III. Nous avons cherché d’autres labels qui avaient un line-up intéressant et une approche passionnée. Nous avons envoyé notre musique à des labels que nous aimions beaucoup.
L’un d’eux était Narshardaa.

André , l’homme derrière le label, a répondu très rapidement. Il était totalement à fond dans notre vision. Nous avons eu de longues conversations et avons eu un très bon feeling depuis le début.
Nous sommes très heureux de cette collaboration. Il est très dévoué quand il s’agit de ses sorties et nous attendons avec impatience la prochaine avec lui. Nous souhaitions juste trouver les bonnes personnes, celles qui comprennent nos idées, et sont ouverts à notre façon d’être un groupe.

Wombat Cult : Nous sommes dans des mois assez complexes, où la musique survit difficilement loin des scènes et du public.
Comment résistez-vous ? Que se passe-t-il chez Kavrila durant cette longue traversée du désert ?

Kavrila : Nous avons essayé de rester créatifs et avons continué à écrire de la musique. Nous avons également essayé de rester en contact avec nos fans et avons fait une « Distance Tape » avec notre petit projet Black Metal Alirvak.
En plus des chansons, nous avons enregistré des messages personnels pour tous ceux qui ont commandé une cassette et les ont mis sur la face B. Des trucs comme ça pour couvrir un peu les frais de fonctionnement et rester proche en ces temps distanciels, enfin vous savez.

Wombat Cult : Nous avons terminé ce premier semestre 2021, et des dizaines d’albums fascinants ont vu le jour.
Pouvez-vous revenir sur ceux qui vous ont le plus marqué ?
 

Kavrila : Bien évidemment, voici une liste de ce que nous écoutons et apprécions actuellement. Il ne s’agit pas seulement d’albums sortis en 2021.

Andreas:
Ossaert – Pelgrimsoord
Suffering Hour – The Cyclic Reckoning
Fear Factory – Aggression Continuum

Miltos:
Rotting Christ – The Heretics
New Model Army – From Here
At The Gates – The Nightmare Of Being

Daniel:
Run The Jewels – RTJ4
Honeyhoney – 3
Gary Clark Jr. – This Land

Alex: 
Eyehategod – A History Of Nomadic Behaviour
Conway The Machine – From King T A GOD
Gulch – Impenetrable Cerebral Fortress

Pour soutenir et découvrir Kavrila :



ENGLISH VERSION :

Kavrila, from Hamburg, is working since a few years in a magma at the meeting of sonic territories between Sludge, Heavy Metal, Doom, and a nobody knows what of Death Metal. After having poured out their anger on two EPs of the serie « Rituals », the band comes to end the trilogy in a chaos for the less exciting, where the bones come to crush to the rhythm of the four pieces of the EP, all more angry, frontal and without mercy.
Wombat Cult dug the Maginot Line, between two nuclear warheads and some celestial bodies to meet the formation that will bend your MM cell.

Wombat Cult: Hello Kavrila, I follow your works with interest since a few years now.
The release of this third EP, which is simply fascinating, prompted me to write to you to share a few moments with the band.
Can you enlighten us, tell us your story?

Kavrila: Hi there! Thank you for the opportunity man.
Well, we founded the band back in 2016 and created the first EP pretty spontaneously. I knew our Drummer Miltos quite some time before Kavrila got to life. Someday he showed me some demos and I absolutely loved them.
As I am a drummer as well and never sang before, I’ve thrown myself into it and RITUALS I was born a couple of months later. We waited nothing about this firt release, but the first feedback towards the band was very good and let us kept going.
Also, we had so much fun with this new band and the live shows. It was dangerous, fresh and exciting for us and still is to this day.  

« Blight », first album / Artwork by Philipp Igumnov

Wombat Cult: Since 2016, Kavrila has released 3 EPs, the Rituals trilogy, and an album called “Blight”.
Can you come back to the dissociation between the experiments of Rituals (EP trilogy) and the release of Blight (First album)? Should we see them as a continuation of the same subject, or rather as two parallel ways, doors, around Kavrila philosophy?

Kavrila: The idea of three EPs came very early. We liked the thought to write 4 to 5 songs which represents our current mood and approach to this band or use it as an actual emotional output. Not too overly intellectual, just pure emotion forged to intense music and lyrics. Also, we thought it would be great to have some musical journey at the end with all three parts told.
An album is a different animal though. Of course, more songs but also an overall theme which leads to the songs, lyrics, artwork and dramaturgy. In the end more of everything and a deeper approach of what the EPs were about. These two output options keeping us focused and hungry. 

Wombat Cult: During many conversations or article readings, the comparison with your national Mantar colleagues is made.
Although I like the band from Bremen, I find that Kavrila is going in a different direction. The classification through the name Mantar to definite the musical soundscapes who goes beyond Sludge disturbs me.

How would you qualify Kavrila in this perspective of genre classification?
Can you bring us the influences that gave birth to your singular vision of music?

Kavrila: Well, people like to compare bands and need to stuff you in genres and shit – totally normal behaviour. And of course, the Mantar classification is comprehensible to a certain point. But I think this is just a first thought and unfinished conclusion.
I agree with you that we’re going in a different direction and I’m sure most of the people who give us a spin will find out when they look into the music and everything a little deeper. Our influences come from many directions. I think our main reason for playing this music is to express certain topics which are hard to put in words. Sure, all of us are fans of heavy music and many of music’s genres in general. I’m sure these flows into our sound as well, but as I said, first and foremost we’re looking for intensity, truthfulness and energy running through four individuals with the result of being a cathartic experience.
For us and the listeners. 

Picture taken by Michael Nehrmann

Wombat Cult: Throughout the three Rituals EPs your tones have continued to evolve, the sound quality has been refined while keeping that grain, that haunting grime of the underground scene.
You are part of the bands who play on nuances and constantly work on their sounds, their approaches.
You don’t stagnate at any time and the releases are more and more beautiful.

How have you worked over the years to move from this rough approach, with the hardcore sonorities of Rituals I, until you find yourself today in a dimension more turned towards « Melodic » Death Metal?
What encounters, experiments, lights have guided you in this evolving horizon?

Kavrila: Thanks! Stagnation is death.
You have to stay interested and open to yourself and your approach to the music you play. When you just play along and try to copy some shit that’s not really from yourself as a musician, people will hear that, in my opinion. It’s not sincere.
So we try to be very honest to each other and also stay curious of what may came out of us. 

Wombat Cult: The sound quality of Rituals III is baffling, beautifully sharp.
Where did you record and under what conditions?

Kavrila: We recorded it ourself in our rehearsal room, as all three EPs and the album as well.
Miltos is the man behind the recordings and mixing. He evolved through the years as well and again did a great job. When it comes to sound, songs or lyrics everybody is involved and every opinion counts. We all have a pretty clear vision and feel of how this band should sound like at the moment we record or write.
At the same time we try things out and keep ourselves adventurous. 

Wombat Cult: The themes you dig with Kavrila seem to gravitate towards the end of civilisations, the collapse of humanity as we know it beyond wars and time, at the heart of a total nihilistic dimension.

Can you enlighten us on the process of writing texts, but also around the message you want to deliver?

Kavrila: There’s not really a message behind it, more telling a story than preaching some knowledge with a waving finger. The lyrics are very personal most of the time but also leaving a certain space for your own interpretations.
For me it’s hard to write about made up stuff. It has to be something I came around in life or observe somewhere. Our bass player Daniel is helping a lot throughout the writing and finalisation process to find the right tonality and words for what I want to deliver. He is a native speaker and also can relate to a lot of stuff that goes on in my mind. 

Wombat Cult: The three artworks of the Rituals trilogy were done by Philipp Igumnov. They are both frightening and haunting.
We cross from one EP to another across time, history, beliefs but also the invisible way between life and death.
A passage around the esoteric in-between worlds which is juxtaposed with the real one and the beyond, in a chaotic and hopeless landscape.

How was the drawing sessions of these artworks have been organised?
According to what procedures?
Guide us in the symbolic reading of your visuals.

Kavrila: Your questions are reviews at the same time man, awesome.
As we finished Rituals I, I looked for a fitting cover artwork on the internet and stumbled over the works from Philipp Igumnov. They totally blew us away from the beginning. They have a certain darkness and beauty at the same time. His collages are something I never saw before. Just dark magic turned into graphics and somehow perfectly fitting to our music.
The overall vibe just nails it and supports the music perfectly. The particular piece for the first EP literally jumped in our face so I just asked him if we could use it. I send him the music, he liked it and just gave us the permission.
It was pretty much the same with the second and third one. We wanted him for all three EPs to draw a red line artwork wise as well.

The symbolic reading is something the people should do for themselves, we don’t want to give too many guidelines and let the music and visuals speak for itself. 

Wombat Cult: Rituals III has just been released on Nashardaa Records. The label is starting to appear everywhere with eclectic releases such as Durga, Codeia, Toundra and Respire.

How did your way with this new label go? How did you meet them?

Kavrila: After the first two EPs and the album came out on Backbite/Hand Of Doom Records we wanted to try out something different with Rituals III and looked for some other labels who had an interesting roster and a passionate approach. So we send the music to some labels we liked personally a lot. One of them was Narshardaa. 

André , the man behind it responded very quickly and was totally into it. So we had longer conversations and had a very good feeling since the beginning.  We are very happy with the collaboration. He’s very dedicated when it comes to his releases and we’re looking forward to the next one with him. You just want the right people in your team.
Those who understand your ideas ,approach to music, releasing and are open to your way of being a band. 

Wombat Cult: We are in fairly complex months, where the music hardly resists far from the stages and the public.

How do you resist? What happens to Kavrila during this long journey through the desert?

Kavrila: We tried to stay creative and kept writing music. Also we tried to stay in touch with our fans and did a „Distance Tape“ with our little Black Metal project Alirvak. On top of the songs we recorded personal messages for everyone who ordered a tape and put them on the B-Side. Stuff like that to cover the running costs a little and stay close in these distant times you know. 

Wombat Cult: We have completed this first half of 2021, and dozens of fascinating albums have emerged.
Can you come back to the ones that left their mark on you?

Kavrila: Sure thing, here’s a list of what we love and listened to recently. Not all was released 2021 by the way. 

Andreas:
Ossaert – Pelgrimsoord
Suffering Hour – The Cyclic Reckoning
Fear Factory – Aggression Continuum

Miltos:
Rotting Christ – The Heretics
New Model Army – From Here
At The Gates – The Nightmare Of Being

Daniel:
Run The Jewels – RTJ4
Honeyhoney – 3
Gary Clark Jr. – This Land

Alex: 
Eyehategod – A History Of Nomadic Behaviour
Conway The Machine – From King T A GOD
Gulch – Impenetrable Cerebral Fortress

To discover and support Kavrila:

Wombat Interview #9 – Pilori

Photo par Sébastien Saunier / Séb CrtnBrgd Rhc


The English Version is just after the French one.


VERSION FRANÇAISE :

Pilori, groupe mélangeant la virulence de la scène Grindcore à la force sonore du Death Metal, a pris un petit moment pour entrer dans le terrier de Wombat Cult afin de parler de leur nouvelle sortie « A Nos Morts ».

Wombat Cult: Pilori n’est pas né avec ce premier album « A Nos Morts », vous avez créé le groupe en 2016 ,sorti un premier split avec Dakhma et parcouru quelques scènes prestigieuses comme celle du festival OUTCH! en 2018. Pouvez-vous revenir sur l’histoire du groupe et les raisons pour lesquelles après quatre années à ravager l’hexagone et l’Europe vous sortez enfin ce premier album ?

Gr. (chant) : Alors, Pilori c’est quatre lascars, et pour la faire courte on va dire que l’on est originaires de Rouen, en Normandie. Je la fais courte car on est trois à être de Rouen ou de sa région, mais notre batteur lui a une longue histoire : mais il vous la racontera mieux que moi ! On a commencé les répètes en 2015, premier concert en 2016. L’idée est venue de notre guitariste que je connais depuis des années et qui, lors d’une soirée, m’a fait part de son envie de monter un projet crust/grind, et m’a demandé si je serais intéressé pour y prendre le micro. J’étais évidemment complètement chaud, et quelques mois plus tard, on s’est retrouvés avec un premier batteur (parti du groupe depuis) pour commencer à répéter. L’idée de base, c’était juste de faire un groupe inspiré de trucs comme Nails, Cursed, Trap Them, All Pigs Must Die, etc., et de se faire plaisir.
On avait surtout envie de jouer, de faire des dates, et advienne que pourra. Et de fil en aiguille, je crois que l’on y a vraiment pris beaucoup de plaisir donc on a continué encore et encore en s’impliquant toujours davantage. Rien n’était calculé au départ, et c’est toujours le cas aujourd’hui. Je pense que l’on continuera tant que l’on prendra autant de plaisir à faire ce que l’on fait ; le cas échéant, on arrêtera. Sans trop se poser de questions. Et si on sort enfin un premier album, c’est sûrement parce que l’on se sentira prêts ! Et aussi parce que l’on avait assez de matières pour que ce soit considéré comme un album ! On ne s’est pas pressés pour le faire, c’est sur, mais au regard du résultat, c’est certainement mieux ainsi et il n’y a aucun regret de ce côté-là.
On a pris notre temps pour composer ce premier opus, travailler nos morceaux, faire un truc cohérent doit on soit fiers. On ne s’est pas dit qu’il fallait faire tant de morceaux obligatoirement, ou forcément faire un album, mais à force de composer, plus on avait de trucs sous le coude, et plus on avait vraiment envie de faire un long format pour franchir une sorte de cap symbolique.

Wombat Cult: Vos compositions et structures sur « A Nos Morts » délivrent un mélange à la fois rugueux et savoureux, pour ceux qui apprécient la savate en plein visage, entre la scène Hardcore et Metal Extrême. Comment vous définiriez-vous sur la scène musicale actuelle, à l’heure où les appellations ne cessent de fuser, de se mêler et de s’entrechoquer ? Quelles ont été vos influences principales lors de la création des morceaux de ce premier album ?

Gr. (chant) : Se définir, c’est toujours un exercice que je n’aime pas trop. Parce qu’au final on ne fait pas vraiment du crust, pas vraiment du grind, pas vraiment du death, pas vraiment du black metal, mais peut-être un peu de tout ça, et ce, pour la simple et bonne raison, que ce sont les genres que l’on aime et écoute tous beaucoup. On nous a rangé et classé sous plusieurs étiquettes aussi variées que différentes, ça ne me pose pas de problème.
Si certains pensent que l’on fait du deathgrind, ça me va. Si d’autres pensent que l’on fait du blackened crust, ça me va aussi. Je m’en fous complètement à vrai dire.
Les influences principales pour la création de cet album ont été nombreuses et diverses, c’est très certainement pour cela qu’au final on était un peu classables dans plein de catégories. Perso, j’écoute autant des groupes de punk hardcore à la Gallows, Ceremony, Drug Church, que du black metal à la Immortal, Darkthrone, Marduk, Glaciation, que du grind à la Full of Hell, Nails, Dead in the Dirt, que du death à la Immolation, Incantation, Unleashed, Morbid Angel, Deicide… Je parle uniquement en mon nom là, mais globalement c’est à peu de choses près la même chose pour tous les autres du groupe.
Mon batteur et mon guitariste sont les principaux compositeurs et arrangeurs des titres, et leurs influences sont assez similaires à tout ce que je viens de citer. Le panel est très large. Personne chez nous n’écoute que du death, que du grind, que du black ou que du crust, mais beaucoup de tout ça.

J. (basse): En effet, il n’est pas évident de base d’appliquer une étiquette au dos de chaque skeud que l’on peut croiser, et encore moins aujourd’hui car forcément tout a quasiment déjà été pondu, donc pour sortir un peu du lot chacun se doit de faire son petit mix d’influences et de composer avec ceux qui t’entourent et c’est à ce moment que chaque membre du groupe apporte sa pierre a l’édifice et que ça marche ou pas.
Pour mes premiers pas dans Pilori, je confirme que la composition n’est pas sur une ligne directrice mais plutôt sur ce que chacun a à exprimer, ce qui peut donner de bonnes surprises.

Wombat Cult : Le son de l’album est bon à en décrocher des mâchoires par dizaine, la bande-son idéale pour une distribution de roustes en règle. Où avez-vous enregistré et dans quelles conditions ?

Gr. (chant) : Merci beaucoup pour ces gentils compliments. Ça fait vraiment plaisir ces belles métaphores, mais il faut surtout les adresser à Damien Lefebvre, Cyrille Gachet, Bertrand Lebourgeois et Brad Boatright, qui sont les quatre grands artisans de ce chantier.
En gros, Damien était notre bassiste jusqu’à l’enregistrement de l’album. Il a fait la basse sur « À Nos Morts », et c’était son chant du cygne chez nous car il n’avait plus assez de temps et d’énergie pour se consacrer pleinement à Pilori. Il a un petit home studio, pas trop mal équipé, et il a donc, outre le fait de jouer ses lignes de basse, enregistré les prises guitare, chant et donc basse de l’album.
Juste avant, on avait fait la batterie avec Bertrand Lebourgeois, à la Gare aux Musiques, située à une demi-heure de Rouen. On avait déjà bossé deux fois avec lui par le passé pour Pilori, et certains d’entre nous y étaient également déjà allés pour d’autres projets. On a donc enregistré à la « maison » si je puis dire, avec des gens que l’on connaît bien et qui nous connaissent bien. Par conséquent, c’était hyper détendu, ce qui aide à être en confiance, à faire ses prises sans pression. Surtout, on avait pas de contraintes de temps, et ça c’est assez confortable. Si on avait eu besoin d’un jour supplémentaire pour quoi que ce soit, ce n’était absolument pas un souci.
Les journées de prises ont été productives, collégiales, faites dans un cadre limite familiale, incitant à la bonne humeur, donc pas de stress ou autre de négatif. Ça nous a permit de bosser sereinement, et d’être concentrés et investis. À titre personnel, ce sont là les prises studio qui se sont le mieux passé de ma petite expérience. Bref, une fois tout dans la boite, c’est parti au mixage chez Cyrille Gachet, qui lui est à Bordeaux. Je le connaissais un petit peu, pour l’avoir croisé avec nos potes de Fange, pour qui il a régulièrement bossé. On aimait bien ses prods, non seulement sur Fange, mais aussi sur des trucs genre Huata ou Verdun par exemple. Les échanges avec lui étaient riches, denses, et incroyablement productifs. Il nous écoutait beaucoup, respectait nos désirs et nos directions ; mais en même temps, il apportait aussi énormément par ses conseils, son savoir-faire, son expérience. Ça a été plusieurs semaines d’échanges où à chaque fois, tu es encore davantage persuadé d’avoir choisi le bon type. Comme une partie de tennis où celui avec qui tu joues te renvoie des super balles qui te permettent à ton tour de lui renvoyer de super balles.
Puis, le mastering, on l’a confié à Brad Boatright d’Audiosiege. Tout simplement parce qu’il a masterisé plus de la moitié des trucs que l’on écoute et qui nous influence directement : Nails, Full of Hell, Trap Them, All Pigs Must Die, Gatecreeper, Cult Leader, et j’en passe… Sans oublier de grosses pointures comme Obituary, Pig Destroyer, Integrity, Tragedy…
Pourquoi aller chez un type et lui demander de faire du Brad Boatright ? Autant aller directement à la source ! Pareil, encore une étape productive. Le mec masterise des gros noms, il pourrait faire Pilori par-dessus la jambe, mais non, il est carré, il est pro, il est à l’écoute. Si l’album sonne aussi bien, c’est sûrement plus grâce à eux que grâce à nous !

J. (basse) : Pour ma part, j’ai eu le rôle « d’oreille extérieur » étant arrivé dans le groupe en début d’année. La partie studio avait été effectuée quelques mois auparavant, je n’ai donc pas connu, ni vécu la conception. J’ai par conséquent pris a cœur de donner mon avis sur les différents mix & mastering qui nous ont été proposés, je ne sais plus combien mais il y en a eu… et il a fallu donner des avis sur de très légères différences qui certes ne sont pas flagrantes mais a qui il faut prêter une grande attention pour ne pas avoir a regretter ça plus tard. Et les gars qui ont eu la tête dans le guidon pendant de nombreux mois avec cet enregistrement n’ont pas dit non a l’avis externe que je pouvais apporter. Ça a été une façon alternative pour s’intégrer dans un groupe mais ce fut très important de le faire sérieusement.

Wombat Cult : Sur les morceaux « Que La Bête Meure » et « Poursuite Du Vent », on retrouve respectivement en tant qu’invités  Dylan Walker de Full Of Hell et Matthias Jungbluth de Fange. Comme ce sont passées ces fabuleuses rencontres et surtout comment avez-vous travaillé sur ces morceaux ?

Gr. (chant) : Matthias de Fange, je le connais depuis genre 5 ans maintenant. C’est devenu un ami. On a tourné deux semaines en Europe de l’Est avec Fange, donc on se connaît désormais très très bien. Je lui ai demandé parce que on voulait « inviter » un pote à poser sur l’album, pour moi c’était naturel que ce soit lui. On s’entend bien, on aime bien sa voix, et on est contents de ce qu’il a fait sur le morceau. De plus, aspect non- négligeable, mais il a écrit lui-même ses paroles pour son feat, donc ça c’est vraiment cool.
Pour Dylan Walker, on a ouvert au Gibus, à Paris, pour Full of Hell en juillet dernier. Outre le fait que c’était déjà beaucoup pour nous d’ouvrir pour ce groupe que l’on aime particulièrement, j’ai discuté un peu avec lui à la fin du concert. Le mec est tranquille, abordable. Je tente de lui proposer un feat au culot, il me dit « pourquoi pas, faut que j’écoute ». Quelques temps plus tard, je lui envoie les maquettes de quelques morceaux, et il me répond aussitôt, il me dit que ça lui plaît, qu’il est ok.
Les deux ont enregistré depuis chez eux, car non seulement c’était en période de confinement, mais surtout, on allait pas faire venir Dylan de Pennsylvanie pour 30 secondes de feat !
De ce côté-là aussi, RAS, tout s’est bien passé, les gars ont fait ça propre, se sont investis. C’est vraiment une énorme plus-value de les avoir sur l’album, je les en remercie encore.

J. (basse) : J’ai un peu bloqué quand le voile a été soulevé sur les featuring qui étaient au programme et en attente d’enregistrement. Donc patiemment, tout comme pour les mix, mastering, etc…, j’étais au taqué sur le moindre son qui allait sortir, et bien sûr ces fameux invités qui avaient quartier libre sur le titre et la partie choisie. Il y a donc forcément une excitation sur le fait de l’implication de tierce personne et les choix qui seront pris par le type qui va brailler sur le son que tu vas sortir.
Et la surprise fut grande car clairement tout était là : l’envie de faire un truc solide par ces 2 gars s’est vraiment fait ressentir aux premières écoutes. Tout le monde a accueilli cela avec beaucoup d’enthousiasme et le travail fait dessus par la suite sur le mix et mastering a permis de mettre encore plus en avant le taf fournit par Matthias et Dylan.

Wombat Cult : Le titre « A Nos Morts » questionne beaucoup, il installe un climat de devoir de mémoire, de rappel d’individus ou entités perdues, décédées. Qui sont les Morts que célèbre Pilori ?

Gr. (chant) : Ouh la non, aucun devoir de mémoire. Enfin ce n’est pas dans ce sens-là que je l’ai écrit en tout cas. Les morts que l’on célèbre, ce sont les nôtres, celles qui mettront fin à nos vies. Je pense sincèrement que beaucoup de gens sont dans le déni par rapport à la mort, alors que c’est elle qui donnera un sens à nos vies. C’est toujours la fin qui donne une globalité à tout ce qui s’est passé avant.
La mort fait partie intégrante de la vie, il ne faut pas l’oublier. Et c’est en sachant que tout cela, à un moment, aura une fin, que l’on peut vivre pleinement. Si l’on se croit immortel, on ne peut profiter pleinement. Très récemment, aux funérailles d’un ami (au passage, paix à son âme), dans l’oraison funèbre il a été dit qu’il trouvait que ses dernières années de vie où il était malade et se savait condamné étaient les plus belles pour lui. Pourquoi cela ? Et bien je pense tout simplement parce qu’il était conscient d’être on ne peut plus proche de la ligne d’arrivée, et ainsi il ressentait pleinement le parfum de la vie. Il a profité au max, croqué chaque seconde. Le temps qui passe est précieux, et tout ceci est éphémère.
Il faut en être conscient. A travers les morts que l’on célèbre, ce sont en réalité nos vies que l’on fête.

Wombat Cult : Le vocabulaire employé et les définitions que vous affichez pour vous définir renvoient à une période de colère, de mise à mort généralisée, un climat que Robespierre aurait pu vanter tant le plaisir d’abattre semblait être le tissu qu’il revêtait. Y’a t’il une histoire que vous souhaitez conter dans vos paroles ou des thématiques spécifiques que vous voulez aborder ? Comment fonctionnez-vous pour la rédaction des textes ?

Gr. (chant) : Je vais parler pour moi, mais je pense que je peux m’avancer en affirmant cela pour chacun de nous : il n’y a pas de réelle « colère » dans Pilori. Enfin, je veux dire, pas la colère dans le sens où on l’entend aujourd’hui quand tu parles d’un groupe de punk/hardcore et assimilés, c’est-à-dire être en rogne contre la société et le clamer haut et fort. Au bout d’un moment, tu vois bien que ça tourne en rond tout ça, les mecs ont des revendications qui sont toutes les mêmes d’un groupe à l’autre et surtout qui sont des épiphénomènes : si il faut être contre ça à tel moment, les mecs le seront, si il faut ensuite être engagé là-dessus à un autre moment, les mecs le seront aussi. Finalement, il n’y a plus de réel engagement, plus de vraie subversion.
Il y a beaucoup de poseurs, des mecs qui se mettent dans un mouvement parce que ça fait bien, parce qu’il faut suivre ça, parce que ça fait gagner des points sociaux, ça fait gonfler ta street cred ; mais ce n’est pas que de la pose, c’est juste que les gens s’en foutent aujourd’hui. Leurs engagements sont hyper impersonnels. Je parle de façon généraliste là hein, je ne dis pas que tout le monde fait de la merde et que moi je suis au-dessus de ça. C’est un constat global, je ne fais pas du cas par cas, je ne mets pas tout le monde dans le même sac, mais puisque tu parles de « colère », c’est ça qui m’est venu. Donc non, dans Pilori point de colère de la sorte. Nos textes ne sont pas « engagés », dans le sens où ce ne sont pas de pseudo-pamphlet révolutionnaire à deux balles. J’écris seul les textes, les gars ont bien entendu un droit de regard et de veto, mais bon jusqu’ici ils ont toujours tout validé et m’ont laissé totale carte blanche. En fait, ils me disent que c’est bien, mais ils ne doivent pas les lire haha !
Plus sérieusement, les thématiques abordées sont, je crois, assez transparentes si on lit les paroles. Ça parle beaucoup du temps qui passe inexorablement comme je le disais juste au-dessus, de nos vies à nous qui défilent, de nos morts qui célébreront ces vies-là. Ça parle aussi des vanités, des futilités, qui sont nombreuses au cours de nos vies justement. On court après des choses impalpables, après des likes, des pouces bleus, via une mise en scène de notre propre vie, de notre propre image, lors de quelque chose de très très autocentré. Ça nous détourne de pas mal de sujets intéressants du coup, j’en reviens aux gens qui n’ont plus de combats, enfin de vrais et de réels combats, qui les touche vraiment. Ces vanités, ces futilités, ont causé ça : tu vas au manif avec ton smartphone pour publier en story Insta le fait que tu y es, tu partages une publication « engagée » pour récolter toi du soutien via des likes, pas pour soutenir une cause.
Finalement, les causes s’effacent derrière tout ça, puisque c’est encore du « moi, moi, moi, moi, regardez-moi ». C’est pour ça que c’est creux, que c’est empli de vacuité, qu’il n’y a rien derrière. Tu peux pas te prendre en selfie en faisant attention à ton meilleur profil tout en te battant en même temps pour une cause X ou Y. Ça n’a pas de sens, ça n’existe pas. Voilà, dans mes réponses aux deux dernières questions, il y a le gros de l’histoire que conte cet album.
Rajoutez à cela le fait que les gens aient besoin de sang, d’inquisition, de lyncher un coupable (qu’il soit d’ailleurs coupable ou non, qu’il l’ait adulé avant ou non) plutôt que de savoir la vérité, de la chercher, de la trouver, et vous serez pas loin de la vérité.

Wombat Cult : Le visuel réalisé par Jois Cabe Artworks est vraiment obsédant de par sa saturation et cette symbolique pesante de magie noire entre les astres et les hommes. Comment s’est déroulé le processus de création de cette pochette déjà presque incontournable tant elle imprime la rétine ?

Gr. (chant) : « symbolique pesante de magie noire entre les astres et les hommes », ha ouais merde, j’avais pas vu tout ça moi, mais c’est cool si toi tu l’as vu haha ! Non mais c’est vraiment cool si tu aimes la pochette, nous aussi on l’aime beaucoup. Encore heureux tu me diras, sinon ça aurait été con de choisir ça pour illustrer notre album. Mais c’est vrai que c’est un super visuel, on en est très contents. Jois Cabe est un super type en plus. Il est indonésien, donc on ne le connaît pas personnellement, mais les nombreuses discussions avec lui à ce sujet étaient vraiment très cools et très constructives. Il a aussi dessiné notre nouveau logo, et fait le design d’un nouveau t-shirt.
En fait, à la base, au début du début, on devait travailler avec un autre type. Un mec que l’on connaît et dont on aimait aussi, forcément, beaucoup le travail. Il devait nous dessiner un truc totalement original pour le coup, faire une création, du sur-mesure selon nos désidératas et indications. Et ça ne s’est finalement pas fait car le type n’était pas ultra- réactif, disons-le clairement. Ça a beaucoup traîné, on a pas eu de nouvelles, pas eu les premières esquisses promises. Personnellement, ça m’a soûlé, ça m’a lassé. Si le mec est motivé, si il veut bosser pour toi, tu ne dois pas lui courir après alors que toutes les deadlines fixées sont dépassées. Je trouve ça chiant, lourd, irrespectueux… Et, dans le même temps, je suis tombé totalement par hasard sur le travail de Jois Cabe.
Ses illustrations m’ont beaucoup plu. Ça nous a d’ailleurs tous beaucoup plus. Je l’ai contacté car il vendait des dessins déjà fait, des « sketchs » comme on dit, et moi j’ai voulu lui en acheter pour faire du merch avec, pour des t-shirts. Et le visuel de la pochette, c’est un truc qu’il avait déjà dessiné. Ce n’est pas une création spéciale pour nous, on ne lui a rien commandé. On est tombés dessus, on a vraiment tous kiffé. On le trouvait comme toi, vraiment obsédant, d’autant que l’on cherchait quelque chose qui « détonne » un peu, quelque chose d’un peu original.
On voulait pas spécialement sortir du lot, mais on ne voulait pas avoir la même pochette que tous les groupes de notre genre, un truc super codifié et de ce fait, super cliché. On ne voulait pas un truc estampillé d’office « death/grind/crust », et on se disait que ce type de visuel aurait tout aussi bien pu convenir à un groupe de post-rock par exemple. Du coup, comme on avait pas trop de nouvelles du premier lascar, et que de toute façon on avait plus vraiment envie de tafer avec lui, ce visuel s’est imposé à nous d’office. De plus, on y trouvait une signification relative à l’album. Pas dans le sens mystique, astral ou magie noir, mais dans le sens d’une sorte de célébration de nos morts.
Et puis de toute façon, on y voit ce que l’on veut comme toi tu y vois ce que tu veux. J’ai pas l’impression que toutes les pochettes d’album, même les plus cultes, soient forcément en lien quelconque avec le titre, voire même le thème, de celui-ci.

Wombat Cult : La sortie s’est effectuée sur une myriade de labels en fonction du support proposé et principalement chez Terrain Vague Records dont l’un de vous fait partie intégrante. Comment s’est décidée cette fraction entre les différents acteurs de la scène underground pour la distribution de ce premier album ?

Gr. (chant) : Ça s’est décidé selon un facteur très simple : si les maquettes (qui en plus sonnaient vraiment très très rudes) et le projet te parle, et que tu as un peu de thunes à investir dedans, que ce soit 50 ou 500€, vas-y fonce, t’es le bienvenu ! J’ai tout chapeauté et tout diligenté avec Terrain Vague, et avec le soutien total sans faille de tous les autres labels.
On est contents car la plupart des micro-labels, à l’instar du mien, sont fauchés mais hyperactifs. Les mecs sont des passionnés, ils savent qu’ils ne vont pas forcément gagner des masses d’argent avec leurs sorties, mais si ils croient en ton truc, ils s’investissent. La scène underground est comme ça. Beaucoup d’investissement personnel, beaucoup d’implication, beaucoup de passion. Ça fait du bien. Ce qui est flatteur, c’est que le projet a plu, pour te paraphraser, a une myriade de labels d’un peu partout à travers le globe : Italie, République Tchèque, États-Unis, Taïwan, Angleterre, Allemagne, Belgique…
On les remercie tous. Du coup, chaque label a eu sa part de vinyle, proportionnellement à son investissement financier, c’est donc parti un peu partout, et c’est cool car ça permet aussi une diffusion et une distribution à plus grande échelle.

Wombat Cult :  La scène Hardcore/Crust/ Powerviolence semble depuis quelques mois se soulever et faire jaillir des nouveaux noms formidables qu’il s’agisse de Cavalerie, Bain de Sang ou encore vous-même. Quel est votre sentiment sur la scène hexagonale et quel serait le plateau idéal ?

Gr. (chant) : Je pense que la scène hexagonale est ultra riche en groupes de qualité. Bain de Sang, ce sont nos potes, leur dernière sortie est mortelle, alors que la première était déjà très bien. Cavalerie, je ne les connais pas, mais j’ai vu leur truc circuler, j’ai jeté une oreille, et ça m’a vraiment beaucoup plu pour un tout premier jet d’un jeune groupe. Là on parle de la scène crust/powerviolence, mais la scène française dans son ensemble recèle de bien des pépites : Fange, Mourir, Skelethal, Whoresnation, et j’en passe et des meilleurs. Je cite ça pêle-mêle sans réfléchir du tout, donc j’en oublie forcément plein.
On a pas à rougir, et je ne dis aucunement cela par chauvinisme. Si pas mal de ces groupes- là étaient ricains, ça tournerait à mort, et ça serait encore plus connu et reconnu. Mais voilà, en France, ce qui remplit des salles, ce qui cachetonne un max, c’est Mass Hysteria, No One Is Innocent, Tagada Jones, Ultra Vomit, etc… Le pire, c’est que je crois, sans me tromper, que ce sont des groupes qui ne s’exportent pas. Ça tourne juste sur du jeudi- vendredi-samedi dans des SMAC de Province pour faire son intermittence et terminé.
Bref, il y a un gros vivier, un gros potentiel en France, beaucoup de groupes cools, je pense que l’on est pas les plus mal lotis. Pour le plateau idéal, j’en sais rien par contre. Je dirais un plateau dont on fait partie déjà haha ! Allez, je dirais avec Fange, Whoresnation, Cowards, Bain de Sang, Worst Doubt et Nuisible pour citer les potes !

J. (basse) : On a toujours eu une belle scène qui peine de temps à autres a s’exporter, ce qui nous offre tout de même la chance de pouvoir se prendre de belles claques par des groupes souvent sous-côtés dans des caves de bar, principal endroit de sortie pour tout ce petit peuple.
De plus, la France reste un vivier dans ce style et de nombreux groupes viennent à éclore régulièrement que ce soit pour un projet à court ou long terme, on y croise souvent les mêmes têtes mais c’est bien ce qui fait vivre la scène et ça marche comme ça, malgré le coté un peu schizo de nombreux acteurs du milieu qui souhaiteraient jouer plus souvent, dans des meilleures conditions, mais qui d’un autre coté kiffe cette configuration minimale et ne voudraient rien changer afin de garder cette intimité qui fait l’unanimité.
Après pour un plateau idéal, je ne vais pas aller plus loin que ceux cités au-dessus qui sont de très bons groupes avec qui partager la scène.

Wombat Cult : L’année 2020 est déjà bien entamée, avez-vous déjà des albums ou groupes qui vous ont marqué depuis le mois de janvier ?

Gr. (chant) : Juste des trucs sortis en 2020 ? Alors qu’est-ce qui m’a bien marqué en sorties de l’année, laisse-moi réfléchir (et surtout voir si c’est bien sorti en 2020 !). Et bien, en trucs français déjà, il y a l’album de Mourir « Animal bouffe animal » que j’ai vraiment beaucoup aimé, également celui de Fange « Pudeur » (même si ce n’est pas mon effort préféré du groupe, j’avais davantage aimé « Punir » et « Purge »). Sinon, j’ai aussi bien flashé sur deux sorties Profound Lore : Caustic Wound et Warp Chamber, deux trucs death/grind bien calcinés ; ou encore l’album de Black Curse « Endless Wound ».
Il y a également « Colony Collapse » de Wvrm que j’ai beaucoup écouté avec plaisir, tout comme un « super groupe » (des trucs qui d’office me semblent toujours hyper pourris, mais là ça a marché), Umbra Vitae. L’album est vraiment très très bon. Ha oui, le « Rotted Future » d’Imperial Triumphant, grosse baffe. Et dans les trucs qui vont sortir et dont on a déjà eu quelques extraits, le nouvel album d’Incantation a l’air terrible, les premiers morceaux m’ont bien donné envie, tout comme un groupe de black autrichien, Theotoxin. Ha oui, au rayon des prochaines sorties, l’écoute des nouveaux Napalm Death, avec ce côté un peu Killing Joke, m’a fait saliver également. Qu’est-ce qu’il y a d’autre… Ha oui, un truc de crust/blackened canadien, Ahna. Leur album « Crimson dawn » a très bien marché sur moi. Et pour finir, j’ai commencé français, je finirais français, le dernier Glaciation, « Ultime éclat », vraiment un super album de black metal.
En fait non, je vais finir avec des trucs non métal, death ou grind, parce que je suis loin de n’écouter que ça, et j’ai pas mal fait tourner les albums de Partisan (« Savage Peace ») et de Deathmaze (« Eaux Rouges »), deux trucs de post-punk belges. Et un truc que j’attends à fond après avoir écouté les premiers extraits, c’est le nouvel album d’Uniform, « Shame », truc new-yorkais de noise, plus ou moins dans la veine de Daughters. Voilà ! Merci.

J. (basse) : Malgré l’année merdique, on a clairement la chance d’avoir de gros groupes qui nous ont sorti de bon skeuds. Déjà au moment ou j’écris je tiens à dire que je suis sur la 2ème écoute du nouveau Napalm Death et je n’ai pas grand-chose a lui reprocher .. Ça tabasse comme j’aime, encore des nouveaux titres qui risquent de défoncer en live. Un peu la même pour le dernier Pig Destroyer qu’il me tarde de voir aussi défendre ce nouvel album qui passe très régulièrement chez moi, tout comme le dernier Misery Index. Bon celui-là est sorti l’année dernière, mais j’étais un peu passé à côté et il commence à vraiment me plaire.
Dans un autre style, le live session de Shawn James sorti récemment , ainsi que le dernier Seasick Steve permettent de reposer un peu tout ça. Pour ces deux artistes-là, les nouvelles sorties sont rarement décevantes pour ma part.
Une première oreille a été jetée sur le premier titre du futur Anaal Nathrakh, et ça m’a bien plu donc j’attends la suite avec impatience. Et pour la partie un peu plus hardcore en ce moment je bloque bien sur Hands of God, pas révolutionnaire mais ça marche, et je tiens a mentionner les copains de Wolfpack qui ont sorti leur A.D. qui m’a beaucoup plu, et je pense qu’on est pas mal, merci !

Pour écouter et soutenir Pilori :


ENGLISH VERSION:

Pilori, modern band mixing power of Grindcore scene and Death Metal wall of sound, takes a little time to enter in the Wombat Cult burrow to speak a little bit about their new release « A Nos Morts ».

Wombat Cult: Pilori was not born with this first album « A Nos Morts », you created the bandin 2016, released a first split with Dakhma and visited some prestigious stages like the OUTCH festival! in 2018.
Can you come back around the history of Pilori and the reasons why after four years of ravaging France and Europe you are finally releasing this first album?

Gr. (Vocals): So, Pilori is four lads, and to make it short we will say that we are from Rouen, in Normandy. I keep it short because there are three of us from Rouen or its region, but our drummer has a long story for him: but he will tell it to you better than me! We started rehearsing in 2015, first concert in 2016. The idea came from our guitarist whom I have known for years and who, during a party, told me about his desire to set up a crust / grind, and asked if I would be interested in taking the mic there.
I was obviously completely hot, and a few months later, we found ourselves with a first drummer (part of the band since) to start rehearsing. The basic idea was just to make a band inspired by stuff like Nails, Cursed, Trap Them, All Pigs Must Die, etc., and have some fun. We especially wanted to play, to make dates, and come what may. And one thing leading to another, I think we really enjoyed it so we continued and continued to get more and more involved. Nothing was calculated at the start, and it still is today.
I think we will continue as long as we take as much pleasure in doing what we are doing; if it stops, we will stop. Without asking too many questions.
And if we finally release a first album, it is surely because we will feel ready! And also because we had enough material for it to be considered an album! We were in no hurry to do it, that’s for sure, but in view of the result, it’s certainly better this way and there is no regrets on that side.
We took our time to compose this first opus, to work on our songs, to do something coherent, we should be proud. We didn’t say to ourselves that we had to do so many pieces necessarily, or necessarily make an album, but by dint of composing, the more stuff we had under our elbow, the more we really wanted to do a long format for to cross a kind of symbolic milestone.

Wombat Cult: Your compositions and structures on « A Nos Morts » deliver a mixture both rough and tasty, for those who appreciate the slap in the face, between the Hardcore scene and Extreme Metal.
How would you define yourself on the current music scene, at a time when the appellations keep flowing, mingling and clashing? What were your main influences when creating the songs for this first album?

Gr. (Vocals): Defining yourself is always an exercise that I don’t really like. Because in the end we don’t really do crust, not really grind, not really death, not really black metal, but maybe a little of all that, and this, for the simple and good reason, that these are the genres that we all love and listen to a lot. We have been arranged and classified under several genres as varied as they are different, that does not pose a problem to me.
If some people think we’re doing deathgrind, that’s fine with me. If others think we’re making blackened crust, that’s fine with me too. I don’t really care.
The main influences for the creation of this album were many and diverse, which is certainly why in the end we were somewhat classifiable in a lot of categories. Personally, I listen to hardcore punk bands like Gallows, Ceremony, Drug Church, black metal like Immortal, Darkthrone, Marduk, Glaciation, as grind like Full of Hell, Nails, Dead in the Dirt, from death to Immolation, Incantation, Unleashed, Morbid Angel, Deicide… I speak only for myself, but overall it’s pretty much the same for everyone else in the band.
My drummer and guitarist are the main songwriters and arrangers of the tracks, and their influences are quite similar to everything I just mentioned. The panel is very large. No one in our area listens to death, grind, black or crust, but a lot of all that.

J. (bass): It is not easy to apply a genre on the back of each album that we can cross, and even less today because necessarily everything has almost already been laid, so to stand out a little from the crowd, everyone must make their own mix of influences and compose with those around you and that’s when each member of the group brings their stone to the building and it works or not.
For my first steps in Pilori, I confirm that the composition is not on a guideline but rather on what each one has to express, which can give good surprises.

Wombat Cult: The sound of the album is jaw-dropping by the dozen.
Where did you register and in what conditions?

Gr. (Vocals): Thank you very much for these kind compliments. These beautiful metaphors are really fun, but they should especially be addressed to Damien Lefebvre, Cyrille Gachet, Bertrand Lebourgeois and Brad Boatright, who are the four great craftsmen of this project. Basically, Damien was our bassist until the album was recorded. He did the bass on “À Nos Morts”, and it was his swan song with us because he didn’t have enough time and energy to devote himself fully to Pilori. He has a small home studio, not too badly equipped, and therefore, in addition to playing his bass lines, he recorded the guitar, vocals and therefore bass takes of the album.
Just before, we had done the drums with Bertrand Lebourgeois, at the Gare aux Musiques, located half an hour from Rouen. We had worked with him twice in the past for Pilori, and some of us had been there for other projects as well. So we recorded at « home », if I may say so, with people we know well and who know us well. As a result, it was super relaxed, which helps to feel confident, to do your holds without pressure. Above all, we had no limit of time, and that’s quite comfortable. If we needed an extra day for anything, that was absolutely no problem. The shooting days were productive, collegial, made in a limited family setting, encouraging good humor, so no stress or other negative. It allowed us to work serenely, and to be focused and invested. Personally, these are the studio takes that have gone best in my little experience.
Once everything is in the box, it’s time for mixing at Cyrille Gachet, who is in Bordeaux. I knew him a little bit, having crossed paths with our friends from Fange, for whom he worked regularly. We liked his productions, not only on Fange, but also on things like Huata or Verdun for example. The exchanges with him were rich, dense, and incredibly productive. He listened to us a lot, respected our desires and our directions; but at the same time, he also contributed enormously through his advice, his know-how, his experience. It’s been several weeks of exchanges where each time, you are even more convinced that you have chosen the right type. Like a game of tennis where the one you play with throws you super balls that allow you to return super balls to him.
Then, the mastering, we entrusted it to Brad Boatright of Audiosiege. Quite simply because he has mastered more than half of the stuff we listen to and which directly influences us: Nails, Full of Hell, Trap Them, All Pigs Must Die, Gatecreeper, Cult Leader, and so on … Without forgetting big names like Obituary, Pig Destroyer, Integrity, Tragedy …
Why go to a guy’s house and ask him to do Brad Boatright? You might as well go straight to the source! Same, another productive step. The guy masters big names, he could do Pillory over the leg, but no, he is square, he is pro, he is listening. If the album sounds so good, it’s probably more thanks to them than to us!

J. (bass): For my part, I had the role of « outside ear » having arrived in the band at the beginning of the year. The studio part had been done a few months before, so I didn’t know or experience the design. I therefore took it to heart to give my opinion on the different mixes & mastering that were offered to us, I do not know how many but there were some … and we had to give opinions on very slight differences which certainly are not obvious but to whom we must pay great attention so as not to have to regret it later. And the guys who got their heads in the handlebars for many months with this recording didn’t say no to the outside advice I could provide. It was an alternative way to integrate into a group but it was very important to do it seriously.

Wombat Cult: On the tracks « Que La Bête Meure » and « Poursuite Du Vent », we find respectively as guests Dylan Walker of Full Of Hell and Matthias Jungbluth of Fange.
How did these fabulous encounters go and especially how did you work on these songs?

Gr. (Vocals): Matthias of Fange, I’ve known him since 5 years now. He became a friend. We toured two weeks in Eastern Europe with Fange, so we know each other very well now. I asked him because we wanted to “invite” a friend to be present as guest on the album, for me it was natural that it was him. We get along well, we like his voice, and we’re happy with what he did on the track. Also, not insignificant aspect, but he wrote his lyrics for his feat himself, so that’s really cool.
For Dylan Walker, we opened at Gibus in Paris for Full of Hell last July. Besides the fact that it was already a lot for us to open up for this band that we particularly like, I talked a little with him at the end of the concert. The guy is quiet, approachable.
I try to offer him a feat with the nerve, he tells me « why not, I must listen ». Some time later, I send him the models of some pieces, and he answers me immediately, he tells me that he likes it, that it is ok.
The two has been recorded from home, because not only it was confinement, but above all, we were not going to bring Dylan from Pennsylvania for 30 seconds of feat!
On this side too, nothing to say, everything went well, the guys made it clean, got involved. It’s really a huge added value to have them on the album, I thank them again.

J. (bass): I got a bit stuck when the veil was lifted on the features that were on the program and awaiting recording. So patiently, just like with the mixes, mastering, etc …, I was in awe of every sound that was going to come out, and of course those famous guests who had free rein on the title and the chosen part. So there is bound to be an excitement about the third party involvement and the choices that will be made by the guy who is going to bawl at the sound you are going to put out.
And the surprise was great because clearly everything was there: the desire to do something solid by these 2 guys was really felt at the first listening. Everyone greeted this with great enthusiasm and the work done on it afterwards on the mix and mastering allowed to highlight even more the work provided by Matthias and Dylan.

Wombat Cult: The title « A Nos Morts » intrigue a lot, it sets up a climate of duty to remember, to recall lost and deceased individuals or entities.
Who are the Deads that Pilori celebrates?

Gr. (Vocals): Ooh no, no remembrance duty.
Finally, it is not in that sense that I wrote it anyway. The deaths we celebrate are our own, those who will end our lives. I sincerely believe that a lot of people are in denial about death, when it is death that will give meaning to our lives. It is always the end which gives a globality to everything that has happened before.
Death is an integral part of life, it should not be forgotten. And it is knowing that all of this, at some point, will have an end, that we can live fully. If we believe ourselves to be immortal, we cannot fully enjoy it.
Very recently, at the funeral of a friend (by the way, peace to his soul), in the funeral oration it was said that he found that his last years of life when he was ill and knew he was condemned were the most beautiful for him. Why that ?
Well I think just because he was aware of being closer to the finish line, and so he felt the scent of life fully. He made the most of it, crunched every second. The time that passes is precious, and all of this is fleeting.
You must be aware. Through the deaths that we celebrate, it is in reality our lives that we celebrate.

Wombat Cult: The vocabulary used and the definitions that you display to define yourself refer to a period of anger, of generalized killing, a climate that Robespierre could have praised as the pleasure of slaughtering seemed to be the fabric he wore.
Is there a story you want to tell in your lyrics or specific themes you want to address? How do you work for writing texts?

Gr. (Vocals): I will speak for myself, but I think I can go forward by affirming this for each of us: there is no real “anger” in Pilori.
Finally, I mean, not anger in the sense we hear it today when you talk about a punk/hardcore band and the like, that is to say to be pissed off at society and claim it high and loud. After a while, you can see that it all goes round and round, the guys have demands which are all the same from one band to another and above all which are epiphenomena: if we have to be against that to « A certain moment », guys will be, if you then have to be committed to it at another time, guys will be too. Finally, there is no more real commitment, no more real subversion.
There are a lot of chillers, guys who get into a movement because it feels good, because you have to follow it, because it earns social points, it inflates your street cred; but it’s not all chilling, it’s just that people don’t care today. Their commitments are hyper impersonal. I’m speaking in a generalist way. I’m not saying that everyone is doing shit and that I’m above that. It’s a global observation, I don’t do it on a case-by-case basis, I don’t put everyone in the same bag, but since you talk about “anger”, that’s what came to me.
So no, in Pillory there is no such anger. Our texts are not « committed », in the sense that they are not revolutionary pseudo-pamphlet with two bullets. I write the texts alone, the guys of course have the right to review and veto, but they have always validated everything and left me complete carte blanche. In fact, they tell me it’s good, but they shouldn’t read them!
More seriously, the themes tackled are, I believe, quite transparent if you read the lyrics. It speaks a lot about the time that inexorably passes as I was saying just above, of our own lives passing by, of our deaths who will celebrate those lives. It also speaks of vanities, trivialities, which are numerous in our lives. We run after intangible things, after likes, blue thumbs, via a staging of our own life, of our own image, during something very very self-centered. It distracts us from a lot of interesting subjects suddenly, I come back to people who have no more fights, well real and real fights, which really touches them. These vanities, these trivialities, caused that: you go to the demonstration with your smartphone to publish in Insta story the fact that you are there, you share a « committed » publication to collect your support via likes, not to support a cause .
Finally, the causes disappear behind it all, since it is still “me, me, me, me, look at me”. That’s why it’s hollow, it’s filled with emptiness, there’s nothing behind it. You can’t take a selfie paying attention to your best profile while at the same time fighting for an X or Y cause. It doesn’t make sense, it doesn’t exist. So, in my answers to the last two questions, there is the bulk of the story this album tells.
Add to that the fact that people need blood, an inquisition, to lynch a culprit (whether he is guilty or not, whether he has worshiped him before or not) rather than knowing the truth. , to seek it, to find it, and you will not be far from the truth.

Wombat Cult: The visual produced by Jois Cabe Artworks is really haunting due to its saturation and this heavy symbolism of black magic between the stars and men.
How did the process of creating this already almost essential cover go as it imprints the retina?

Gr. (Vocals): « heavy symbolism of black magic between stars and men », ha yeah shit, I hadn’t seen all that myself, but it’s cool if you saw it!
No, but it’s really cool if you like the cover, we like it a lot too. Still happy you will tell me, otherwise it would have been stupid to choose this to illustrate our album. But it’s true that it’s a great visual, we are very happy with it. Jois Cabe is a great guy too. He’s Indonesian so we don’t know him personally, but the many discussions with him about it were really cool and very constructive. He also designed our new logo, and designed a new t-shirt.
Basically, at the beginning of the beginning, we had to work with another guy. A guy that we know and whose work we also liked, obviously. He had to design something totally original for us, make a creation, tailor-made according to our desires and indications. And it didn’t happen in the end because the guy wasn’t ultra-responsive, let’s be clear. It dragged on for a long time, we haven’t heard from, we haven’t had the first sketches promised. Personally, it got me drunk, it bored me. If the guy is motivated, if he wants to work for you, you must not run after him when all the fixed deadlines are exceeded. I find it boring, heavy, disrespectful… And, at the same time, I completely stumbled upon Jois Cabe’s work.
I really liked his illustrations. It has us all a lot more. I contacted him because he was selling drawings already done, “sketches” as they say, and I wanted to buy him some to do merch with, for t-shirts. And the cover art was something he had already drawn. It’s not a special creation for us, we haven’t ordered anything from it. We stumbled upon it, we all really enjoyed it. We found him like you, really obsessive, especially as we were looking for something that “clashes” a little, something a little original.
We didn’t especially want to stand out from the crowd, but we didn’t want to have the same cover art as all the bands of our genre, something super codified and therefore super cliché. We didn’t want something automatically stamped « death / grind / crust », and we said to ourselves that this type of visual could just as well have been suitable for a post-rock band for example. Suddenly, since we hadn’t heard much from the first guy, and anyway we didn’t really want to work with him, this visual was imposed on us automatically. In addition, there was a meaning related to the album. Not in the mystical, astral or dark magic sense, but in the sense of a sort of celebration of our dead.
And anyway, we see what we want as you see what you want. I don’t have the impression that all album covers, even the most cult, are necessarily in any way whatsoever with the title, or even the theme, of it.

Wombat Cult: The release took place on a myriad of labels depending on the medium offered and mainly at Terrain Vague Records of which one of you is in.
How was thes choice has been decided between the various actors of the underground scene for the distribution of this first album?

Gr. (Vocals): It was decided according to a very simple factor: if the models (which also sounded really very, very rough) and the project speak to you, and you have a little money to invest in them, either 50 or 500 €, go for it, you’re welcome! I oversaw everything and diligently did everything with Terrain Vague, and with the full and unwavering support of all the other labels.
We’re happy because most micro-labels, like mine, are broke but hyperactive. Guys are passionate, they know they aren’t necessarily going to make a lot of money with their outings, but if they believe in your thing, they get involved. The underground scene is like that. A lot of personal investment, a lot of involvement, a lot of passion. It feels good. What is flattering is that the project pleased, to paraphrase you, has a myriad of labels from all over the world: Italy, Czech Republic, United States, Taiwan, England, Germany, Belgium …
We thank them all. Suddenly, each label had its share of vinyl, in proportion to its financial investment, so it went everywhere, and it’s cool because it also allows a larger scale distribution and distribution.

Wombat Cult: The Hardcore / Crust / Powerviolence scene seems since a few months now to be rising and spouting new formidable names be it Cavalerie, Bain De Sang or even yourself.
What is your feeling on the French scene and what would be the ideal set to tour?

Gr. (Vocals): I think the French scene is very rich in quality bands. Bain De Sang, these are our friends, their last outing is fatal, while the first was already very good. Cavalerie, I don’t know them, but I saw their stuff going around, I threw an ear, and I really liked it very much for a very first draft of a young band.
Here we are talking about the crust/powerviolence scene, but the French scene as a whole conceals many nuggets: Fange, Mourir, Skelethal, Whoresnation, and so on and the best. I quote that jumbled up without thinking at all, so I inevitably forget a lot.

There is nothing to be ashamed of, and I am not saying that out of chauvinism. If a lot of these groups were American, it would turn to death, and it would be even more known and recognized.
But here, in France, what fills the rooms, what seals a max, it is Mass Hysteria, No One Is Innocent, Tagada Jones, Ultra Vomit, etc … The worst is that I believe, without being mistaken , that these are bands that do not export. It just runs on Thursday-Friday-Saturday in provincial SMAC to do its intermittent and finished.
In short, there is a big breeding ground, a big potential in France, a lot of cool bands, I think we are not the worst off.
For the ideal set, however, I don’t know. I would say a tray that we are already part of haha! Come on, I would say with Fange, Whoresnation, Cowards, Bain de Sang, Worst Doubt and Nuisible to quote the pals!

J. (bass): We have always had a beautiful scene that struggles to export from time to time, which still gives us the chance to be able to take a good slap in the face of bands often under-sides in cellars. bar, the main outlet for all these little people.
In addition, France remains a breeding ground in this style and many bands come to emerge regularly whether for a short or long term project, we often meet the same heads but this is what brings the scene to life and it works like that, despite the somewhat schizo side of many players in the field who would like to play more often, in better conditions, but who on the other hand enjoys this minimal configuration and would not want to change anything in order to keep the privacy that makes unanimity.
Afterwards, for an ideal set, I will not go further than those mentioned above which are very good bands with which to share the stage.

Wombat Cult: The year 2020 is already well underway, do you already have albums or groups that have marked you since January?

Gr. (Vocals): Just stuff released in 2020?
So what marked me well in the outings of the year, let me think (and especially see if it came out well in 2020!).
Well, in French stuff already, there is the album of Mourir « Animal bouffe animal » which I really liked, also that of Fange « Pudeur » (even if it is not my favorite effort of the band, I liked more “Punish” and “Purge”).
Otherwise, I also really liked two Profound Lore releases: Caustic Wound and Warp Chamber, two very charred death / grind stuff; or the Black Curse album « Endless Wound ».


There is also “Colony Collapse” by Wvrm which I listened to a lot with pleasure, as well as a “great band” (stuff that always seems super rotten to me, but it worked), Umbra Vitae. The album is really, really good. Oh yes, Imperial Triumphant’s “Rotted Future”, big slap. And in the stuff that is going to come out and of which we have already had some extracts, the new Incantation album looks terrible, the first songs made me want to, just like a black Austrian band, Theotoxin.

Ha yes, in the radius of the next releases, listening to the new Napalm Death, with this side a little Killing Joke, also made me salivate. What else is there… Oh yeah, some Canadian crust / blackened thing, Ahna. Their album “Crimson dawn” worked really well for me. And to finish, I started French, I will finish French, the last Glaciation, “Ultime brilliance”, really a great black metal album.
Actually no, I’m going to end up with non-metal, death or grind stuff, because I’m far from listening to all that, and I’ve run the Partisan (“Savage Peace”) and Deathmaze albums a lot. (“Eaux Rouges”), two Belgian post-punk stuff. And one thing that I fully expect after listening to the first extracts is Uniform’s new album, « Shame », a New York noise thing, more or less in the vein of Daughters. Here ! Thank you.

J. (bass): Despite the crappy year, we are clearly lucky to have big bands that gave us good albums. Already when I write I want to say that I am on the 2nd listening of the new Napalm Death and I don’t have much to reproach him.
A bit the same for the last Pig Destroyer which I can’t wait to see also defend this new album which is played very regularly with me, just like the last Misery Index. Well this one came out last year, but I kinda missed it and I’m starting to really like it.
In another style, the recently released live session by Shawn James, as well as the latest Seasick Steve, give it a bit of rest. For these two artists, the new releases are rarely disappointing for me.
A first ear was cast on the first title of the future Anaal Nathrakh, and I liked it so I look forward to the sequel. And for the more hardcore part at the moment I’m blocking on Hands of God, not revolutionary but it works, and I want to mention the friends of Wolfpack who released their AD which I really liked, and I think that ‘we are not bad, thank you!

To listen and support Pilori:

Let Them Hang – « Ossuary »

Let Them Hang est une formation de Death Metal suédoise mêlant rythmiques D-Beat et Mid-tempos. Avec « Ossuary », le groupe propose son premier album, après deux démos ayant échappé aux griffes de Wombat Cult.

Pour ce passage dans la cour des grands avec ce premier LP, le groupe rejoint le label Majestic Mountain Records. Bien loin des sommets aériens d’un Saint Karloff, ou bien du voyage rétro-érotique de Devil’s Witches, Let Them Hang est cette carte insoupçonnée et sans concession, que dégaine le label spécialisé dans la célébration de l’ultra-riff à base de fuzz.
Oubliez donc la lente décomposition sonore de la scène Doom, couchez le soleil aride qui inonde la scène Stoner. Let Them Hang est ici pour jouer de la corde, faire le noeud, serrer la nuque, briser l’échine, retourner la terre, et nous ensevelir six pieds sous terre avec frénésie et assurance.

L’artwork de ce « Ossuary », réalisé par Arjen Kunnen, d’une ténébreuse sobriété, sonne le glas, reposant sur les bases et concepts définissant le groupe : Un fond noir, pour l’obscurité enivrante de l’album, des jambes suspendues au corps et visage non apparents, rappelant le caractère répétée de l’exécution et le caractère régulier et habituel de la mise à mort sonore par le groupe, et enfin ces pieds meurtris, affirmant toute la crasse et la violence dont la formation sait faire preuve. Le corps était la lumière qui donnait sa lueur aux abysses, la mort est passée, il ne reste plus que souffrance et désolation. Il ne reste plus qu’à laisser au temps de recouvrir ces derniers petits éclats, et ouvrir les portes du néant, un cauchemar d’une beauté macabre dont Let Them Hang se fera le guide.


Autour de l’image du pendu, on ne peut cesser de penser aux pochettes cultes de groupes tels que Nails et Forgotten Tomb. Cependant, Let Them Hang, officie loin de ses camarades de cordes qu’ils soient spécialisés dans le Grindcore pour Nails ou bien le Depressive And Suicidal Black Metal pour Forgotten Tomb.
Le groupe suédois n’a pas froid aux yeux et se jette dans la gueule du Death Metal abrupte, réputé dans son pays, à la quête d’une radicalité similaire à celle que cherchait un certain Entombed, il y a trente ans de cela.

Allumez vos enceintes, écoutez le doux ronronnement de la Boss HM2. Dès les premières rotations du vinyle, la saveur est donnée. Let Them Hang joue avec fureur, ne prenant pas de détour. Ils ne sont pas là pour discuter, philosopher ou faire des prisonniers mais bien plutôt pour affirmer leur redoutable position sur la scène suédoise.

Le morceau d’ouverture, « Empire Of Molten Bones, nous rappelle les frissons que l’on avait pu ressentir lors des premières écoutes de « Hand Left Path » d’Entombed.
Néanmoins, il serait triste de découvrir ce « Ossuary » à travers une nostalgie latente, tant la formation ne cesse de démontrer son identité propre, mêlant les sonorités Death Metal à ses rythmiques D-Beat effrayantes de par leur efficacité.
Dès les premières notes d' »Empire Of Molten Bones », le constat est indéniable, une alchimie très particulière opère entre les membres du groupe. Un groove dévastateur prend place sur les neuf morceaux de l’album dont cette ouverture est un fort bel accueil en la matière.

Les trente-cinq minutes filent à toute vitesse ne nous laissant jamaisle temps de souffler mêlant rythmiques endiablés et mid-tempos poisseux. Notre répit arrivera lorsque le dernier accord aura cessé de résonner, sur un Goat Star final ayant tout l’air d’un portail vers les enfers.

Les paroles du groupe ne sont que souffrance et désolation. Il semble, à travers « Ossuary », s’adonner à un rituel pour changer le monde tel que nous le connaissons, en le livrant aux flammes. Ils usent du sang, des croyances occultes et de l’obscurité pour ouvrir un chemin vers l’Armageddon. Ils ne reculent devant aucun concept. La radicalité des propos est d’une rage inouïe autour de la confrontation entre divinité chrétienne et satanisme.

On retiendra tout particulièrement les paroles incisives de « Gothenburg Is Burning », s’attaquant de manière implicite à la scène Death Metal Mélodique dont proviennent les groupes Dark Tranquility, In Flames ou encore At The Gates.
Let Them Hang paraît vouloir régler ses comptes avec l’univers en neuf actes, et un pan de la scène nationale semble mériter un acte à lui seul. Gothenburg serait même l’endroit idéal pour voir déferler l’enfer en premier lieu.

« Gothenburg Is Burning
Cleansed By Napalm
Gothenburg Is Burning
Hell Comes From The Skies »

Let Them Hang est attaché à la puissance de manière unilatérale, qu’elle soit littérale ou musicale. Pourtant, bien qu’attaché aux racines de la scène Death Metal suédoise, ils ne tombent jamais dans le piège du revival old school. Le groupe vit avec son temps et apporte des touches bien placées venant tout droit de la scène Crust/ Post Hardcore, au niveau du chant rappelant parfois un certain Integrity.

Avec « Ossuary », Let Them Hang, se taille une place de choix dans un genre en pleine saturation qui avait du mal à conserver sa radicalité ainsi que son efficacité. Le groupe montre sa capacité à taper fort et juste. On ne peut que rester impatient face à l’idée d’un prochain album qui confirmera très certainement tout le bien que l’on pense d’eux, espérant qu’ils ne tomberont jamais dans un carcan monotone d’un point de vue créatif, avec la certitude que Let Them Hang se trouvera un jour dans les noms de référence de la scène underground suédoise.

Pour soutenir le groupe :


ENGLISH VERSION :

Let Them Hang is a Swedish Death Metal band mixing D-Beat and Mid-tempo rhythms. With « Ossuary », the band offers their first album, after two demos having escaped the clutches of Wombat Cult.

For this passage in front lines with this first LP, the formation joined the Majestic Mountain Records label. Far from the aerial summits of a Saint Karloff, or from the retro-erotic journey of Devil’s Witches, Let Them Hang is this unsuspected and uncompromising card, which the label specialized in the celebration of ultra-riff of fuzz, plays.
Forget the slow sound decomposition of the Doom scene, set the arid sun that floods the Stoner scene. Let Them Hang is here to play the rope, tie the knot, tighten the neck, break the spine, turn the earth upside down, and bury us six feet underground with frenzy and confidence.

« Ossuary »‘s cover, realized by Arjen Kunnen, with a dark sobriety, sounds the death knell based on the origins and concepts defining the group: A black background, for the intoxicating darkness of the album, hanging legs with the body and face not visible, recalling the repeated character of the execution with the regular and habitual character of the sound killing by the band, and finally these feet blessed, affirming all the grime and the violence which the formation knows how to show . The body was the light that gave light to the abyss, death has passed, there remains only suffering and desolation. It only remains to allow time to cover these last little shards, and open the doors of nothingness, a nightmare of macabre beauty where let them hang will be the master.

Around the image of the hanged man, we can’t stop thinking about the cult covers of bands such as Nails and Forgotten Tomb. However, Let Them Hang, officiates far from his ropes friends whether they are specialized in Grindcore for Nails or Depressive And Suicidal Black Metal for Forgotten Tomb.
The Swedish band has no fear and throws itself into the face of abrupt Death Metal, renowned in its country, in search of a radicality similar to that which looked for a certain Entombed, thirty years ago


Turn on your speakers, listen to the soft hum of the Boss HM2. From the first rotations of the vinyl, the flavor is given. Let Them Hang plays with fury, taking no detour. They are not there to discuss, philosophize or take prisoners but rather to assert their formidable position on the Swedish scene.

The opening track, « Empire Of Molten Bones, reminds us of the thrills we felt when we first heard Entombed’s » Hand Left Path « .
Nevertheless, it would be sad to discover this « Ossuary » through a latent nostalgia, as the band never ceases to demonstrate its own identity, mixing the Death Metal sounds with D-Beat rhythms scarying by their efficiency.
With the first notes of « Empire Of Molten Bones », the report is undeniable, a very particular alchemy operates between the members of the band. A devastating groove takes place on the nine tracks of the album whose this opening is a great welcome on the subject.

The thirty-five minutes run at full speed, never giving us time to breathe mixing wild rhythms and sticky mid-tempos. Our respite will come when the last chord will stop resonating, on a final Goat Star that looks like a portal to hell.

The Lyrics are only suffering and desolation. Let Them Hang seems, through « Ossuaire », devote themselves to a ritual to change the world as we know it, by cleaning it in flames. They use blood, occult beliefs and darkness to open a path to Armageddon. They don’t shy away from any concept. The radicality of the proposals is made with an incredible rage around the confrontation between Christian divinity and Satanism.

We will particularly remember the incisive lyrics of « Gothenburg Is Burning », implicitly attacking the Melodic Death Metal scene and bands like Dark Tranquility or In Flames.
Let Them Hang seems to want to settle its accounts with the universe in nine acts, and a section of the national scene seems to deserve an act in itself. Gothenburg would even be the perfect place to see hell in the first place.

« Gothenburg Is Burning
Cleansed By Napalm
Gothenburg Is Burning
Hell Comes From The Skies »

Let Them Hang is unilaterally attached to power, whether literal or musical. Yet, although attached to the roots of the Swedish Death Metal scene, they never fall into the trap of the old school revival. The band lives with his era and brings well-placed touches straight from the Crust / Post Hardcore scene, at the level of the singing part sometimes recalling a certain Integrity.

With « Ossuary », Let Them Hang, carves out a place of choice in a genre in full saturation which had trouble retaining its radicality as well as its efficiency. The band shows its ability to hit hard and right. We can only stay impatient with the idea of ​​an upcoming album which will certainly confirm all the good that we think of them, hoping that they will never fall into a monotonous shackles from a creative point of view , with the certainty that Let Them Hang will be one day in the reference names of the Swedish underground scene.

To support the band :