Weekly Wombat Worship #1 : Ink & Fire / « Execution Of Spirit »

English Version is just after the french one.

Weekly Wombat Worship est une nouvelle ligne hebdomadaire. Il est ainsi parfois difficile de rédiger de longs articles, le temps faisant parfois défaut, alors que l’envie reste flamboyante et désireuse.
Vous y trouverez la présentation d’artistes que j’affectionne tout particulièrement, ces articles seront parfois accompagnés d’interaction avec l’artiste. Un nouveau chemin s’ouvre entre critique et interview. En espérant que ce nouveau format vous plaira, et gardera votre curiosité et intérêt intacts.

Il y a des aurores où nos habitudes sont balayées, des lumières étranges aux couleurs irrégulières nous propulsant face à de nouvelles perceptions, des interstices dissonantes, qui ne sont parfois que juste une variation de nos perspectives ordinaires et réussissant à nous retravailler d’un bout l’autre de notre chair, d’un bout à l’autre de notre esprit. Une porte nouvelle qui une fois franchie ne laisse plus la place pour revenir en arrière. La sort qu’impose la curiosité repose ainsi dans cette étrange et curieuse situation.
Il y a de cela quelques mois, une obscure petite année, je bifurquais lors de tortueuses nuits d’insomnie vers des horizons musicaux dénués d’artifices, à vifs, rugueux et acides. Je plongeais dans un espace entre Dungeon Synth Noise (Meadow Goat, Putrid Marsh, Schandermond) et Raw Black Metal (Revenant Marquis, Oes Galliath, The Sun’s Journey Through The Night).
Depuis l’approche de cette configuration musicale, ce spectre apocalyptique, cette bête affamée, me hante, me poursuit, ne trouvant désormais dans les productions grand public qu’un intérêt quasi-nul, continuant chaque jour un peu plus à creuser dans ce vivier abyssal fait de distorsions et textures corrosives.

Comme dans chaque courant, nous trouvons des chefs de fil, plus ou moins légitimes, et dans le cas de cet espace de parole qu’est la scène Raw Black Metal il est difficile de passer à côté de Lamp Of Murmuur, et plus précisément d’un de leurs labels de prédilection : Death Prayer Records.
Death Prayer a ainsi accompagné mes découvertes de ces derniers mois.
Le 4 novembre 2022, le label ouvrait les précommandes pour de nombreux repress attendus, des sorties au format vinyle convoitées de longue date (Somme, Grave Pilgrim) mais aussi un outsider, un nouveau nom venant attiser mon appétit : Ink & Fire.

Peu d’informations sur ce nouveau One-Man band tout droit venu du Midwest, où seul le visuel et le titre des morceaux nous ouvrent les portes de cette nouvelle vision d’une scène qui ne cesse de surprendre de par son inventivité tant sonique que thématique.
Ink & Fire semble s’éloigner des thématiques conventionnelles et convoque une musique inspirée par les confins de l’esprit, par le pouvoir de l’encre et des récits qu’elle inscrit une fois en contact avec le papier.
Nous percevons ce jaillissement cosmique faisant traverser le temps et l’espace aux histoires, un pouvoir sans limite qu’exprime à merveille l’artwork de ce premier album.
Dans l’obscurité d’une bibliothèque, dans le calme, un homme brûle au contact d’une inscription, au contact d’un assemblage de lettres invoquant les secrets d’une humanité dépassant les champs du physique, bâtissant des portails extra-sensoriels, à la rencontre d’un monde avec lequel nous sommes constamment en relation mais que nous ne savons discerner. Un epace d’immortalité, celui des mots, des songes, où la chair n’a plus lieu d’être.

L’album peut se concevoir comme un voyage aux confins de la conscience, allant de l’ouverture de recueils et grimoires, invoquant le savoir, « Bleeding Liht », dépassant nos connaissance jusqu’à la projection astrale, le dépassement des corps et la perception d’un tout cosmique se concluant par une symbiose entre les différents représentations du vivant, et achevant notre périple sur la faune et la flore, « Flora And Fauna ».
La composition est d’une force extraordinaire, désolidarisant la terre, rythmique continue et endiablée, du ciel, mélodies tranchantes et projections hypnotiques. D’un bout à l’autre « Execution Of Spirit » est une expérience transcendantale, un album qu’il est difficile d’arrêter, qui nous hante de par sa dichotomie infernale dans l’orchestration de ses sonorités. Le grand écart entre ombre et lumière est ahurissant créant un espace d’expression redoutable, collant à merveille à l’interprétation que nous nous en faisons, rappelant la fougue effrayante et jouissive d’un Maquahuitl, la grandeur de Wolves In The Throne Room, et mêlant le tout avec un tourbillon punk qui nous écorche à vif.
« Execution Of Spirit » est un chemin tumultueux, qui ne s’arrête jamais et qui pourtant parvient à conserver toute notre attention, jouant avec des miroitements stupéfiants, des détails fourmillants et une manière si riche de faire évoluer les mélodies, les porter dans une dimension quasi-chimérique, animal céleste, tout en conservant la radicalité de son propos. Un plaisir extatique, jouissif, qui se révèle écoute après écoute pour ouvrir des espaces insoupçonnés tant dans notre position d’auditeur, que dans la place qu’occupe désormais Ink & Fire.
Un sommet de la scène USBM.

Pour découvrir et soutenir Ink & Fire :



ENGLISH VERSION:

Weekly Wombat Worship is a new weekly line. It is thus sometimes difficult to write long articles, the time sometimes failing, while the desire remains flamboyant and eager.
You will find the presentation of artists that I particularly like, these will sometimes be accompanied by interaction with the artist. A new path opens up between criticism and interview. Hoping that this new format will please you, and keep your curiosity and interest intact.

There are dawns where our habits are swept away, strange lights of irregular colors propelling us into new perceptions, dissonant interstices, which are sometimes just a variation of our ordinary perspectives and manage to rework us from a side to the other of our flesh, until to reverse our mind.
A new door that once crossed leaves no possibility to go back. The spell imposed by curiosity thus rests in this strange and curious situation.
A few months ago, an obscure little year, I forked during tortuous nights of insomnia towards musical horizons devoid of artifice, raw, rough and acid. I was diving into a space between Dungeon Synth Noise (Meadow Goat, Putrid Marsh, Schandermond) and Raw Black Metal (Revenant Marquis, Oes Galliath, The Sun’s Journey Through The Night).
Since the approach of this musical configuration, this apocalyptic specter, this hungry beast, I am haunted, pursued. I am finding henceforth in productions for the general public only an almost zero interest, continuing every day a little more to dig into this breeding ground abyssal made of corrosive distortions and textures.

As in every current, we find leaders, more or less legitimate, and in the case of this space of speech that is the Raw Black Metal scene it is difficult to miss Lamp Of Murmuur, and more precisely one of their favorite labels: Death Prayer Records.
Death Prayer has thus accompanied my discoveries in recent months. On November 4, 2022, the label opened pre-orders for many long-awaited represses, long-coveted vinyl releases (Somme, Grave Pilgrim) but also an outsider, a new name to whet my appetite: Ink & Fire.

We don’t know so much on this new One-Man band straight from the Midwest, where only the visuals and the titles of the songs open the doors to this new vision of a scene that never ceases to surprise with its inventiveness both sonic and thematic.
Ink & Fire seems to move away from conventional themes and summons music inspired by the confines of the mind, by the power of ink and the stories it inscribes once in contact with paper.
We perceive this cosmic outpouring making the stories cross time and space, a limitless power that the artwork of this first album expresses marvelously. In the darkness of a library, in the calm, a man burns in contact with an inscription, in contact with an assemblage of letters invoking the secrets of an humanity going beyond the fields of the physical, building extra-sensory portals , to encounter a world with which we are constantly in contact but which we do not know how to discern. A space of immortality, of words, of dreams, where the flesh no longer has any place to be.

The album can be conceived as a journey to the confines of consciousness, going from the opening of collections and grimoires, invoking knowledge, « Bleeding Liht », going beyond our knowledge to astral projection, going beyond bodies and perception of a cosmic whole ending in a symbiosis between the different representations of the living, and completing our journey on fauna and flora, « Flora And Fauna ».
The composition drew with an extraordinary strength, dissociating the earth, continuous and frenzied rhythm, from the sky, sharp melodies and hypnotic projections.
From start to finish “Execution Of Spirit” is a transcendental experience, an album that is hard to put down, that haunts us with its infernal dichotomy in the orchestration of its sonorities. The wide gap between shadow and light is bewildering, creating a formidable space of expression, sticking wonderfully to the interpretation we have of it, recalling the frightening and joyful ardor of a Maquahuitl, the grandeur of Wolves In The Throne Room, and mixing it all with a punk whirlwind that scratches us raw. Skins will burn, bones will be sand but thoughts, and spells, will stay forever.
« Execution Of Spirit » is a tumultuous path, which never stops and yet manages to retain our full attention, playing with stunning shimmers, teeming details and such a rich way of evolving the melodies, carrying them into a quasi-chimerical dimension, celestial animal, while retaining the radicality of its subject. An ecstatic, exciting, pleasure that reveals itself listening after listening to open up unsuspected spaces both in our position as listeners and in the place now occupied by Ink & Fire.
A pinnacle of the USBM scene.

To discover and support Ink & Fire:

A Wombat Cult Selection / 50 soundscapes to bury 2021

The article is in French AND English, the English text comes just after the French one

EDITO:

Après une année moins chargée en articles, mettant en avant les interviews plutôt que les reviews, contrairement à l’an passé, j’ai décidé avec Wombat Cult de vous proposer un article revenant plus en détail sur tous les albums qui m’ont marqué cette année et plus spécifiquement des albums dont j’aurai tant aimé vous parler.
Cette année fut chargée en albums, et désertée en concerts, espérant retrouver en 2022 les salles qui ont connu nos cris, nos larmes, nos fureurs, nos névroses mais aussi, et surtout, nos joies et nos rires, où la bière bon marché tapissait le sol, et les locaux sentaient encore les fluides en tout genre. La vie a quitté la scène, mais la musique n’a pas quitté nos vies.

L’industrie des vinyles est au point mort, écrasé par les maux de notre temps, des monstres que nous avons élevé.
Les rééditions déferlent ne sachant plus que faire, les « stars » mondiales inondent le marché de disques que nous retrouverons encore dans un demi-siècle dans les brocantes les plus douteuses mais… les petits labels ont su résister, et leur travail n’a fait que devenir chaque jour un peu plus fin, précis et plus que tout raffiné.

Cela faisait bien des années que l’underground n’avait pas dû revêtir de tels habits de résistances tant pratiques qu’idéologiques.

De nouveaux noms ont surpris -vous les découvrirez dans quelques lignes- et certaines valeurs sures ont perdu la flamme d’Iron Maiden à Amenra en passant par Eyehategod, Monolord ou The Wolves In The Throne Room..
Mais il y a eu tant de belles surprises, de petites formations cachées sous le sable des pierres que concassent les géants.
Les déceptions nourrissent l’avenir, et en attendant cet hypothétique futur, réjouissons-nous des lueurs qui nous ont porté du fond de nos maisons jusqu’à l’autre bout du monde.

Bonne fin d’année.
Quentin Tarantino // Wombat Cult


EDITO:

After a less busy year in terms of articles, focusing on interviews rather than reviews, unlike last year, I decided with Wombat Cult to offer you an article going over in more detail all the albums that marked me this year and more specifically the albums that I would have loved to tell you about.
This year was loaded with albums, and deserted in concerts, hoping to find again in 2022 the rooms which knew our cries, our tears, our fury, our neuroses but also, and especially, our joys and our laughter, where the cheap beer lined the ground, and the locals still smelled of fluids of all kinds.
Life has left the stage, but music has not left our lives.

The vinyl industry is locked, crushed by the evils of our time, the monsters that we have raised.
The massive reissues are pouring in, not knowing what to do, the world « stars » flood the record market that we will still find in half a century in the most dubious second-hand shops but … the small labels have been able to resist, and their work has been done, to become each day a little more perfect, precise and more than anything refined.

New names have surprised – you will discover them in a few lines – and some sure values ​​have lost the flame from Iron Maiden to Amenra via Eyehategod, Monolord or The Wolves In The Throne Room.
But there were so many beautiful surprises, small formations hidden under the sand of stones crushed by giants.
Disappointments feed the future, and while waiting for that hypothetical future, let us rejoice in the glimmers that have carried us from the depths of our homes to the other side of the world.

Good end of the year,
Quentin Tarantino // Wombat Cult

50. Fiddlehead – « Between The Richness »

Pour découvrir / To Discover:

49. Ebony Pendant – « The Garden Of Strangling Roots »
Melodic Raw Black Metal
Goatowarex / Forbidden Sonorities / Grime Stone Records

Pour découvrir / To Discover:

48. Multicast Dynamics & Sid Hille – « Metamorphosis »
Free Ambient Dance Psychedelia
Astral Industries

Pour découvrir / To Discover:

47. Horte – « Maa Antaa Yön Vaientaa »
Drone, Experimental & Sonic Hallucinations
Pelagic Records

Pour découvrir / To Discover:

46. Lunation Fall – « NEAR »
Shoegaze
Stellar Frequencies

Pour découvrir / To Discover:

45. Johan G. Winther – « The Rupturing Sowle »
Obscure Folk Tales
Pelagic Records

Pour découvrir / To Discover:

44. Lucifungus « Clones »
Doom & Groove Metal
Black Farm Records

Pour découvrir / To Discover:

43. La Era De Acuario – « S/T »
70s Rock & LSD Frequencies
Necio Records

Pour découvrir / To Discover:

42. Loose Sutures – « A Gash With Sharp Teeth And Other Tales »
Sensual Stoner Punk Rock and Erotic Psychedelism
Electric Valley Records

Pour découvrir / To Discover:

https://loosesutures.bandcamp.com/music

41. Genghis Tron – « Dream Weapon »
Progressive Electronic Metalcore

Pour découvrir / To Discover:

40. The Amenta – « Revelator »
Death / Black Metal
Debemur Morti Records

Pour découvrir / To Discover:

39. Daxma – « Unmarked Boxes »
Post-Rock and Doom Spectrum
Majestic Mountain Records / Blues Funeral

Pour découvrir / To Discover:

38. Akvan -« Two Centuries Of Silence /  دو قرن سکوت »
Iranian Raw Black Metal
Subsound Records

Pour découvrir / To Discover:

37. LàGoon – « Skullactic Visions »
Asphalt Stoner Doom Under Acid
Interstellar Smoke Records

Pour découvrir / To Discover:

36. Tulikettu – « We Can See The StarsFrom Our Snow Tombs »
Raw Vampyric Symphonic Black Metal

Pour découvrir / To Discover:

35. Panopticon – « … And Again Into The Light »
Atmospheric Black Metal
Bindrune Recordings

Pour découvrir / To Discover:

34 – Split Verdun / Old Iron
Doom Metal Reapers Congregation
Cold Dark Matter / Araki Records / Saka Cost / Seaside Suicide / Gabu Records / Coups de Couteau

Pour découvrir / To Discover:

33. Et On Tuera Tous Les Affreux -« Mange Tes Morts »
Punk Hardcore
Youth Authority Records / Toxic Wotsit / Mass Prod / Different Kitchen / Seitan’s Hell Bike Punks / 17 Décembre Records / Sylvebarbe Records / Anxiety Attack Rekords / Dead Punx

Pour découvrir / To Discover

32. Auld Ridge – « Consanguineous Hymns Of Faith And Famine »
Black Metal
The Hermetic Order Of Ytene

Pour découvrir / To Discover:

31. Quicksand – « Distant Populations »

Pour découvrir / To Discover:

30. Spidergod – « Skugglösa ljuset / Shadowless Light »
Death Prayer Records
Obsessive Melodic Raw Black Metal

Spider God mène l’assaut d’une manière à la fois mélodique, obsédante et épileptique rendant un hommage stroboscopique à ce deuxième volet de la trilogie de la foi d’Ingmar Bergman.
Il y a dans le travail de Spider God une sensibilité étrange et suffocante qui hypnotise totalement. Les mélodies nous transportent dans cette nuit sans fin, où la lumière est si rare mais pure, à l’image de ces riffs tranchants mais obsessionnels.
Ce second EP complètement fou, nous surprend, et nous bat avec dévotion.

Pour découvrir Spider God :

Spider Dog takes the assault with an obsessive melodic way and make a tribute to the faith trilogy of Ingmar Bergman. There’s a strange and suffocating sensibility in this work that totally hypnotize.
The melodies take us to this endless night, where the light is so rare but pure, like these sharp but obsessive riffs.
This first EP is completely crazy, surprizing us, beating us with belief.

To discover Spider God:

29. Crypt Witch – « Ritual Herbs »
Instrumental Doom Metal

Deux ans après le très mystérieux Bad Trip Exorcism, Crypt Witch ressort de son caveau dans le même silence et anonymat que pour sa première expédition. Ritual Herbs reste fidèle au premier effort du groupe à savoir un voyage Instrumental Occult Doom hypnotique. Ce second album n’est pas celui de la prise de risque. Néanmoins, la maîtrise en matière d’écriture est sidérante. Dans toute sa simplicité, Crypt Witch nous embarque vers de sombres horizons où les accords respirent, s’élancent dans l’obscurité pour mieux revenir nous hanter.

Nous approchons d’une vision du Doom, transcendantale, où le classicisme laisse place à l’envoûtement, entre fumées hallucinogènes et frayeurs psychédéliques. Une fois le premier morceau achevé, l’album file d’une traite et ne cesse de venir nous torturer pour une nouvelle expédition dans ces contrées damnées. Fascinant.

Pour découvrir Crypt Witch :

Two years after the very mysterious Bad Trip Exorcism, Crypt Witch comes out of his vault in the same silence and anonymity as on his first expedition. Ritual Herbs stays true to the band’s first effort namely a hypnotic Occult Doom Instrumental Journey. This second album is not about taking risks. Nonetheless, the mastery of writing is astounding.
In all its simplicity, Crypt Witch takes us to dark horizons where chords breathe, soar into obscurity the better to come back to haunt us. We are approaching a vision of the Doom, transcendental, where classicism gives way to bewitchment, between hallucinogenic fumes and psychedelic fears. Once the first track is finished, the album goes straight in and keeps coming to torture us on a new expedition to these damned lands. Fascinating.

To Discover Crypt Witch:

28. Lord Mortvm – « Diabolical OmenOf Hell »
Raw And Psychedelic Doom Metal
Regain Records

Vous avez toujours rêvé de trouver une fange musicale entre le Deathcrush de Mayhem et l’ensorcelant Raw Doom de Witchcult Today d’Electric Wizard ?

Soyez heureux car Lord Mortvm vient de naître et risque de laisser plus d’une formation sur le carreau. Tout en gardant une composition crue et relativement froide, Lord Mortvm, projet solo norvégien, réussit à dépasser la rigueur de son paysage musical national et nous piège dans un succulent labyrinthe psychédélique où les accords, et rythmiques appellent à l’invocation, soulevant la chaleur des enfers, nous cadenaçant dans cette condensation infernale, où notre dernier s’évapore avec plaisir, où l’agonie devient ailleurs rêvés.

Pour découvrir Lord Mortvm :

Ever dreamed of finding a musical mud between Mayhem’s Deathcrush and Electric Wizard’s bewitching Raw Doom Witchcult?

Be happy because Lord Mortvm has just been born and risks leaving some bands behind. While keeping a raw and relatively cold composition, Lord Mortvm, a Norwegian solo project, succeeds in going beyond the rigor of its national musical soundscape and traps us in a succulent psychedelic labyrinth where the chords, and rhythms call to the invocation, raising the heat, hell, locking us in this infernal condensation, where our last breath evaporates with pleasure, where agony becomes a dream.

To discover Lord Mortvm:

27. Big Brave & The Body – « Leaving None But Small Birds »
Ritualist Maniac Noisy Folk
Thrill Jockey

2021 aura été une année chargée pour Big Brave ainsi que pour The Body. D’une part, Big Brave a sorti un nouvel album, plutôt réussi mais loin de toutes surprises, conservant leur écrin sans jamais prendre de trop grands risques. D’autre part, The Body a sorti un album tortueux et torturé, fascinant, lo-fi, raw et noise qui se taillerait une place de choix dans la playlist matinale de Guantanamo.

En découvrant l’annonce d’un tel partenariat, on commençait à imaginer les contours sonores de cette collaboration, et le don d’ubiquité ne fut pas notre plus grand ami tant la rencontre des deux entités a su faire naître un univers singulier et vibrant.

Les horizons expérimentaux vont se perdre et résonner dans des paysages Folk Ritualist, où l’incantation somme toute ordinaire s’enfonce, accord après accord dans une glaise vertigineuse où les forces en présence ont su faire preuve de délicatesse, et de sagesse pour dessiner un monde nouveau, où nous venons déposer nos rêves, tout comme nos cauchemars pour bâtir les fondations de nos frayeurs à venir. Un choc.

Pour découvrir Big Brave & The Body :

2021 has been a busy year for Big Brave as well as The Body. On the one hand, Big Brave released a new album, quite successful but far from all surprises, keeping their setting without ever taking too great risks. On the other hand, The Body released a twisted and tortured, fascinating, lo-fi, raw and noise album that would carve a place for itself on the Guantanamo morning playlist.

By discovering the announcement of such a partnership, we began to imagine the sound contours of this collaboration, and the gift of ubiquity was not our greatest friend as the meeting of the two entities has given birth to a singular and vibrant universe.

The experimental horizons will resonate in Folk Ritualist soundscapes, where the generally ordinary incantation sinks, chord after chord in a vertiginous clay where the forces in presence have been able to show delicacy, and wisdom to draw a new world, where we come to deposit our dreams, just like our nightmares to build the foundations of our fears and joys to come. A shock.

To Discover Big Brave & The Body:

26. MEDRAUT – « MEDRAUT ONE »
Cavernous Raw And Ambient Black Metal
Death Prayer Records

Les grands noms de l’underground UKBM, à savoir Revenant Marquis, Lungtoucher et Maiden Hair ont conçu, dans les ténèbres MEDRAUT. Une formation hors du commun qui mêle Raw Black Metal, Sonorités nauséeuses, Dungeon Synth et riffs acides.
Bien qu’hermétique dans son ouverture, nous nous retrouvons très vite happé par la névrose que vient nous délivrer cette rencontre au sommet.
Une surprise de fin d’année qui risque de nous porter durant quelques mois en 2022.

Pour découvrir MEDRAUT :

The great names of the Underground UKBM, namely Revenant Marquis, Lungtoucher and Maiden Hair designed, in the darkness MEDRAUT.
An out of the ordinary formation which mixes Raw Black Metal, nauseating sounds, Dungeon Synth and acid riffs. Although hermetic in its openness, we very quickly find ourselves caught up in the neurosis that comes to us from this meeting at the top.
An end-of-year surprise that may carry us for a few months in 2022.

To discover MEDRAUT:

25. Fulci – « Exhumed Information »
Death Metal
Time To Kill Records

Après avoir exploré les plages ensanglantées du Zombie de Lucio Fulci, le groupe vient nous insuffler une nouvelle dose de leur Retro Brutal Death Metal en visitant cette fois-ci les images de Voices From Beyond réalisé par le maître du gore à l’italienne.

Le son se veut moins lourd et crasse que sur Tropical Sun. Il gagne en amplitude, en modernité, tout en ayant réussi à garder son identité sonore. Il est étonnant de voir à quel point ce film, pour le moins médiocre dans la carrière du cinéaste transalpin, est ici célébré.
La machine Fulci s’emballe et délivre une véritable déferlante de fréquences grasses, poisseuses, parvenant à dépasser leur monotonie, de par la présence de TV-Crimes contrebalançant le caractère monolithique du propos avec des arrangements synth discrets mettant en relief le mausolée bâti par le groupe, transcendant littéralement l’expérience.

La violence est inouïe, ça bave, ça saigne, l’expérience est physique, et pourtant lorsque les segments synth explosent, nous jouissons d’une véritable expérience intime, portant les saturations au creux de nos organes pour mieux nous cisailler de l’intérieur. Fabileux.

Pour découvrir :

After exploring the bloody beaches of Lucio Fulci’s Zombie, the band comes back with their Retro Brutal Death Metal. This time, horror around will visit the movie Voices From Beyond directed by the master of Italian gore.

The albumis largely less heavy and filthy than Tropical Sun. It gains in amplitude, in modernity, while having succeeded in keeping its sound identity. It is astonishing to see how much this film, to say the least mediocre in the career of the transalpine filmmaker, is celebrated here.
The Fulci machine gets carried away and delivers a veritable surge of fatty, sticky frequencies, managing to overcome their monotony, through the presence of TV-Crimes counterbalancing the monolithic character of the subject with discreet synth arrangements highlighting the mausoleum built by the band, literally transcending the experience.

The violence is incredible, it drools, it bleeds, the sonic expedition is physical, and yet when the synth segments explode, we enjoy a real intimate trip, carrying the saturations in the hollow of our organs, the better way to shear from the inside. Fabulous.

To Discover Fulci:

24. Future Of Despair – « Hell City »
D-Beat / Raw Punk
1753

Que de frissons à la simple pensée de ce premier essai de la part de Future Of Despair. Tout est en place, l’avenir ouvre grand les bras à cette formation Raw Punk/ D-Beat qui tétanise dès le premier accord, dès la première giclée vocale.

La hargne est tout simplement effrayante, glaçante. La formation US, prouve qu’en matière de terreur sonore ils ont tout pour devenir rois. Hell City en une poignée de minutes irrite, frappe, racle, et prend plaisir à nous voir agoniser et jouir dans ce torrent d’ultraviolence.

Pour découvrir Future Of Despair :

What shivers at the mere thought of this first essay from Future Of Despair. Everything is in place, the future opens its arms largely to this Raw Punk / D-Beat formation which paralyzes from the first chord, from the first vocal squirt.

The anger is just frightening, freezing. The US band proves that when it comes to sonic terror they have everything to become kings. Hell City in a few minutes irritates, hits, scrapes, and takes pleasure in watching us agonize and cum in this torrent of ultraviolence.

To discover Future Of Despair:

23. Old Nick – A New Generation Of Vampire Conspiracies
Dungeon Raw Black Metal
Grime Stone Records / Phantom Lure

Old Nick est cette pièce de Black Metal qui intrigue, révulse, attire et obsède.
En prenant le parti de ne jamais se confronter au sérieux du Raw Black Metal, cédant à la fantaisie et au grand-guignolesque mêlant échappées Synth, Xylophone, mélodies euphorisantes et voix de gobelins décérébrés.
Leur troisième album, est en cela le sommet , la synthèse la plus complète de leur univers. « A New Generation Of Vampire Conspiracies » réussit à garder un juste milieu entre le ridicule qui les ronge et le génie de composition indéniable de cette étrange formation.
Une sortie qui de par sa production plus soignée, met en lumière un savoir-faire ahurissant en matière de singularité et de créativité.
Les habituelles impénétrables saturations se contiennent et nous ouvrent la galaxie Old Nick avec maestria.

Et si, finalement, derrière ses horripaux carnavalesques, Old Nick ne serait-il pas l’un des sauveurs d’un Black Metal agonisant ?

Pour découvrir Old Nick :

Old Nick is that piece of Black Metal that intrigues, revolts, attracts and obsesses. By taking the party never to confront the seriousness of Raw Black Metal, giving in to the fantasy and the grand-guignolesque mixing Synth, Xylophone escapades, euphoric melodies and the voices of mindless goblins.
Their third album is a summit, the most complete synthesis of their universe. « A New Generation Of Vampire Conspiracies » manages to strike a balance between the ridiculousness that gnaws at them and the undeniable compositional genius of this strange formation.
A release which, through its more careful production, highlights astonishing know-how in terms of singularity and creativity. The usual impenetrable saturations are contained and we open up the Old Nick galaxy with mastery.

What if, in the end, behind his carnival horror stories, isn’t Old Nick one of the saviors of a dying Black Metal?

To discover Old Nick:

22. Sonic Demon – « Vendetta »
Acid Stoner Doom Metal
Majestic Mountain Records

Depuis que Devil’s Witches a révélé le filon de la Retro Fuzz, de nombreux groupes ont essayé de surfer sur la vague années 70 et stoner sous acide. Bien que souvent très réussis, il est difficile de trouver des formations ayant su tirer leur épingle du jeu et viser des ailleurs nouveaux.
Sonic Demon fait parti de l’exception déstructurant les modes et choisissant une inclinaison Raw, où les riffs deviennent tornades de fréquences, où la voix s’allume pour nous guider dans ce chaos où la fuzz dégouline de partout, ouvrant la porte des enfers. Un album jouissif qui se laisse écouter en boucle, jusqu’à faire fondre notre pavillon, transpercer nos tympans et arracher les cristaux définissant nos graves ainsi que nos aïgus.

Pour découvrir Sonic Demon :

Since Devil’s Witches revealed « il filone » of Retro Fuzz, many bands have tried to ride the ’70s wave and stoner on acid. Although often very successful, it is difficult to find bands that has succeeded and target new horizons.

Sonic Demon is part of the exception, deconstructing the modes and choosing a Raw uniform, where the riffs become tornadoes of frequencies, where the voice lights up to guide us in this chaos where fuzz is dripping from everywhere, opening the door to hell.
A delightful album that can be listened to in a loop, until our ears melt, pierces our eardrums and tears off the crystals defining our bass as well as our treble.

To discover Sonic Demon:

21. Cavalerie – « Hate Remains »
Raw Blackened Hardcore
Delivrance Records

Un peu plus d’un an après nous avoir écrasé la caboche à coup de gourdin, nous désarticulant à la manière d’une vieille carcasse, avec Spectral Rage Demo, Cavalerie revient pour infliger une nouvelle salve de coups à notre charogne qui se remettait déjà difficilement du premier assaut.

« Hate Remains » perd en texture ce qu’il gagne en acidité, ce premier EP est d’un tranchant et d’une rugosité effroyable. Venez faire l’expérience de l’abattoir, celui où le riff devient pistolet à tige perforante captive, où nous sommes traités comme du bétail, où nos terreurs d’abattage industrielle nous reviennent droit dans le jarret.

La violence sociétale jaillit de partout et Cavalerie a su saisir la substantifique moelle des maux de notre monde. Maintenant aurez-vous le courage de nous regarder dans la glace ?
« Fais gaffe à ton dos, protège tes abdos », ces paroles qui enflammaient Saint-Denis il y a bientôt deux décennies, rejaillissent et viennent nous chatouiller comme un jet de vitriol. Cavalerie a la hargne, préparez-vous, le combat sera sans merci.

Pour découvrir Cavalerie :

A little year after having crushed our noggin with a medieval mass, disarticulating us like an old carcass, with Spectral Rage Demo, Cavalerie returns to inflict a new round of punch on our carrions which was already recovering hardly from the first assault.

« Hate Remains » loses in texture what it gains in acidity, this first EP is incredibly sharp and roughness. Come experience the slaughterhouse, where the riff becomes a captive armor-piercing pistol, where we are treated like cattle, where our terror of industrial slaughter comes right back to us.

Societal violence is everywhere and Cavalerie has been able to grasp the substance of the evils of our world.
Now will you have the courage to look at us in the mirror?
Cavalerie comes with anger, get ready, the fight will be merciless.

To discover Cavalerie:

20. Wild Fuzz Trip – « Distant Planet »
Interstellar Heavy Pych Doom
Majestic Moutain Records / Clostridium Records

« Distant Planet », le nouvel EP de Wild Fuzz Trip nous porte aux confins du psychédélisme, à l’orée de la transe Doom, dans des territoires spatiaux perdus que l’on nomme merveilleusement « Interstellar Heavy Psych Doom ».

En seulement deux morceaux, le groupe originaire d’Espagne, complété par Andy de The King’s Pistol, nous plonge dans une liberté instrumentale qui touche et nous libère de toute pesanteur, nous plongeant dans l’instant présent, celui où les rêves prennent vies, où les angoisses futures et les drames passées sont d’ordre terrestre.

Pour découvrir Wild Fuzz Trip :

« Distant Planet », the new EP of Wild Fuzz Trip takes us to the confines of psychedelia, to the edge of the Doom trance, in lost space territories which we wonderfully call « Interstellar Heavy Psych Doom ».

In just two tracks, the band from Spain, completed by Andy from The King’s Pistol, plunges us into an instrumental freedom that touches and frees us from all heaviness, plunging us into the present moment, the one where dreams come to life, where future anxieties and past dramas are earthly, invisible.

To Discover Wild Fuzz Trip:

19. Carivari – « Reset »
Annihilated Industrial Grindcore
No Good To Anyone Productions

Cela faisait quelques temps que vous cherchiez à prendre une grosse et belle déflagration sonique ?
Bon, ne cherchez plus, la machine Carivari est toute trouvée. A mi-chemin entre Ministry et Full Of Hell, la formation française est d’une pugnacité rare. L’album visite les extrêmes dans toutes ses latéralités, et nous laisse au sol, blême, vidé par une telle décharge.

Cette vague Industrial Grindcore est d’une violence inouïe, ne passez à côté sous aucun prétexte. Et si vous veniez à les rater, ils n’hésiteront pas à vous débusquer et à vous « balancer 56 grenades dessus ».

Pour découvrir Carivari :

Have you been looking for a big and beautiful sonic blast since a long time?
Well, stop your quest, the Carivari machine is all found. Halfway between Ministry and Full Of Hell, the French formation is made of a rare pugnacity. The album visits extremes in all its lateralities, and leaves us on the ground, pale, emptied by such a discharge.

This Industrial Grindcore wave is incredibly violent, don’t miss it. And if you did miss them, they won’t hesitate to hunt you down and « throw 56 grenades at you. »

To discover Carivari:

18. Bourbier – « Bourbier »
Post-Sludge And Muddy Hardcore

Supergroupe français formé de membres de Carivari et Wormsand, Bourbier s’impose comme l’album Sludge de l’année. Bourbier ne recule devant aucun mur et fonce, démantèle les barricades pour nous infliger une rouste dont on se souviendra longtemps.
Un premier EP aux allures de char d’assaut, qui bave, tranche, et ne cesse de frapper ne laissant pas instant pour se relever de cette fange mortifère, acide des corps. Le trio fascine tant sur scène que sur leur EP.
Sortez vos calepins, inscrivez leur nom en lettres de boue et de sang, et ne loupez absolument pas cette sortie ou le champ de mines qu’ils viendront dresser dans vos villes et vos vies.

Pour découvrir Bourbier :

https://bourbier.bandcamp.com/releases

French superband made up of members of Carivari and Wormsand, Bourbier established itself as the Sludge album of the year. Bourbier does not retreat in front of any wall and rushes forward, dismantles the barricades to inflict a loud punch on us that will be remembered for a long time.
A first tank-like EP, which drools, slices, and never stops hitting, leaving no moment to rise from this mass grave, acidic mire of bodies. The trio fascinates both on stage and on their EP.
Take out your notebooks, write their names in letters of mud and blood, and absolutely don’t miss this release or the minefield they will come to erect in your cities and your lives.

To Discover Bourbier:

17. Tassi – « Northland I&II »
Blackgaze And Ambient Horizons
Anesthetize Records / Time Tombs / Source Atone Records / Lifeless Memories

Avec « Northland I & Northland II », édités chez Anesthetize pour l’Europe, Tassi propose un voyage à la fois onirique et ésotérique, à l’entre-monde, bercé par une poésie d’une grande délicatesse, ayant réussi à naître au travers de cet rencontre des univers, horizons entre Post-Black Metal, Shoegaze, Ambient et culture Bouddhiste.

Une oeuvre qui ne ressemble à aucune autre, une expédition sonore qui rappelle par sa modalité de lecture spiralaire Séjour Sur Les Monts Fuchun peint, entre 1348 et 1850 par Huang Gongwang, sur un rouleau de 7 mètres, laissant l’amateur se perdre dans un paysage qui semble infini. Un infini que Tassi nous propose de traverser pour atteindre un monde apaisé, sage entre Homme et Dieu.

Pour découvrir Tassi :

With « Northland I & Northland II », released by Anesthetize for Europe, Tassi offers a journey that is both dreamlike and esoteric, between the worlds, rocked by a poetry of great delicacy, having succeeded in being born through this meeting of universes, horizons between Post-Black Metal, Shoegaze, Ambient and Buddhist culture.

A work that is unlike any other, a sound expedition that recalls by its spiral reading mode The Fuchun Mountains painted, between 1348 and 1850 by Huang Gongwang, on a 7-meter roll, leaving the amateur to get lost in a landscape that seems endless. An infinite that Tassi invites us to cross to reach a peaceful world, wise between Man and God.

To discover Tassi:

16. Void Commander – « River Lord« 
Stoner Doom Infused with 70s
Majestic Mountain Records / Ozium Records

Void Commander est arrivé sur la platine de Wombat Cult de manière assez inattendue. Un beau matin de février, aucune sortie ne caressait le tympan de votre rédacteur au visage de rongeur, les recherches étaient vaines, jusqu’à ce que Marco, le boss de Majestic Mountain Records ne vienne me parler de sa future sortie : Lord River de Void Commander.

Sans trop y croire, mais faisant confiance à Marco, la commande est passée. Quelques semaines plus tard, le disque est sur mon palier, je le dépose sur ma Thorens. La courroie s’échauffe, les premières notes résonnent et délivrent une rencontre assez intéressante entre Black Sabbath et Goatsnake.

Les morceaux se suivent, sans se ressembler et très rapidement Void Commander m’embarque dans leur forêt aux reliefs Stoner / Doom et accents 70s.
Sans jamais devenir une grossière copie, sans jamais souligner ses parentés, l’album de Void Commander se pose telle une synthèse experte et exquise que l’on n’attendait plus, où certains paysages sonores qui semblaient pillés depuis de nombreuses années, se trouvent aujourd’hui et plus que jamais verdoyants et inspirants. Un incontournable.

Pour découvrir Void Commander :

Void Commander arrived on the Wombat Cult HQ in an unexpectedly way. One February morning, no release caressed the eardrum of your Wombat digger writer. The research was vain, until Marco, the boss of Majestic Mountain Records came to speak about the future release of his label: « Lord River » by Void Commander.

Without really believing it, but trusting Marco, the order is placed. A few weeks later, the vinyl is at home, I put it on my Thorens. The belt heats up, the first notes ring out and deliver a rather interesting encounter between Black Sabbath and Goatsnake.

The songs follow easily, one by one , without resembling each other and very quickly Void Commander takes me into their forest with Stoner / Doom reliefs and 70s accents.
Without ever becoming a crude copy, without ever underlining its kinship, the Void Commander album is here as an expert and exquisite synthesis that we no longer expected, where certain soundscapes that seemed plundered for many years, are found, and today, more than ever these territories are inspiring. A must.

To Discover Void Commander:

15. Deafheaven – Infinite Granite
Sargent House
Limitless Shoegaze

Depuis Sunbather, chaque sortie de Deafheaven était une petite déception, ils ne nous ont pas surpris et le concept était de moins en moins ambitieux, le gigantesque espoir après Sunbather n’est jamais devenu une réalité. Mais avec Infinite Granite, le groupe américain redonne des sensations fortes, sensibles et subtiles.
On ne pouvait pas imaginer ça, l’album ouvre une autre dimension ici le Black Metal est un fantôme et le Shoegaze une base solide. Ce nouvel album est une explosion d’émotions, un rendez-vous avec l’inconnu.
Merci Deafheaven, merci pour cet espace de créativité.

Pour découvrir Deafheaven :

Since Sunbather, each Deafheaven release was a little deception, they didn’t surprise us and the concept was less and less ambitious, the gigantic hope after Sunbather never became a reality.
But with Infinite Granite, the US band give thrills again. We couldn’t imagine that, the album opens another dimension here Black Metal is a ghost and Shoegaze a solid foundation. This new album is an explosion of emotions, a date with the unknown. Thanks Deafheaven, thanks for this space of creativity.

To discover Deafheaven:

14. Sorcerer – « JOY »
Fascinating And Hypnotizing Loud Hardcore
Delivrance Records

Soyons clairs, cela faisait belles lurettes qu’un album de Hardcore ne nous avait pas mis au tapis avec une telle force d’exécution et une tel savoir-faire en matière d’écriture.
Nous ressortons de cette avalanche de distorsions, sonnés, à genoux et nous ne voulons qu’une chose reprendre un crochet sonique pour décrocher les dernières dents récalcitrantes. Les mid-tempos arrivent toujours au moment rêvé, pour prendre le dernier souffle avant que notre trachée ne finisse totalement écrasée. Quelle rouste !

Pour découvrir Sorcerer :

Let’s be clear, it’s been ages since a Hardcore album knocked us down with such execution and writing skills.
We come out of this avalanche of distortion, stunned, on our knees and just want one thing to take back a sonic hook to unhook the last stubborn teeth. Mid-tempos always arrive at the perfect time, to take the last breath before our windpipe ends up totally crushed. What a blast!

To discover Sorcerer:

13. Juliette Armanet – « Brûler Le Feu »
French Dancing Flame Of Life And Endless Love

Il y a de cela trois ans, j’étais au travail, face au photocopieur, Bolzer dans une oreille et mes collègues dans l’autre. La radio en fond comblait le spectre sonore de la pièce, puis une voix, cristalline, aux mots si bien choisis, pensés, vint couper mes réflexions. Juliette Armanet venait de prendre possession de mon coeur, de mes joies et de mes larmes. Trois années passèrent sans aucun bruit autour de l’artiste, laissant derrière elle un unique album « Petite Amie ».

Aujourd’hui, tout droit revenue des flammes Juliette Armanet nous offre « Brûler Le Feu » un poème envoûtant sur l’amour, le deuil des coeurs, et le printemps des âmes.
La chanson française tient enfn une nouvelle grande parolière, une compositrice de génie et une voix qui ensorcelle pour porter nos peines et nos rires, nos soupirs et nos cris. Merci.

Pour découvrir Juliette Armanet :

Three years ago, I was at work, facing the copier, Bolzer in one ear and my colleagues in the other. The radio in the background filled the sound spectrum of the room, then a voice, crystalline, with words so well chosen, thought, came to cut my sleepy mood. Juliette Armanet had just taken possession of my heart, my joys and my tears. Three years passed quietly around the artist, leaving behind a single album « Petite Amie ».

Today, right back from the flames, Juliette Armanet offers us « Brûler Le Feu » a bewitching poem about love, the mourning of hearts, and the spring of souls. The French music finally has a new great lyricist, a genius composer and a voice that bewitches to carry our sorrows and our laughter, our sighs and our cries. Thank you.

To discover Juliette Armanet:

12. Bradung – « Bami Viagra »
Indonesian Free Black Jazz And World Music Inferno
New Era Productions

Tout juste sorti pour la naissance du divin enfant et venant clôturer cette année chargée en sorties, Brandung est la plus grosse surprise de cette fin 2021.
Vous cherchiez un moyen pour amplifier vos voyages extrasensoriels ? Vous rêviez d’une rencontre entre Urfaust, de la World Music et des rythmiques entêtantes, enivrantes ? Vous en avez marre de toujours écouter les mêmes groupes qui jouent la même soupe ? Senjutsu était la sortie aux couleurs asiatiques la plus écoeurante de l’année ? Vous désirez vraiment ressentir la moiteur des productions d’Asie, et vous n’aviez que IBliss comme refuge, pour vos projections acides ?

Brandung est pour vous !

Pour découvrir Brandung :

Just released for the birth of the divine child and coming to end this busy year with releases, Brandung is the biggest surprise of the end of 2021.
Were you looking for a way to amplify your extrasensory journeys? Did you dream of a meeting between Urfaust, World Music and heady, intoxicating rhythms? Are you tired of always listening to the same bands playing the same soup? Was Senjutsu the most sickening Asian color release of the year? You really want to feel the wetness of Asian productions, and you only had IBliss as a refuge, for your acid projections?

Brandung is for you!

To discover Brandung:

11. Kavrila – « Mor »
Crusted Doom Punk Metal
Narshardaa Records

Kavrila, après un bon album et trois EPs tous plus étonnants les uns que les autres, révèle avec Mor, enfin, tout l’étendu de son talent.
Nous sommes ici face à un album parfaitement pensé, écrit, et interprété, laissant les émotions transparaître.
Jamais Kavrila n’a été allé chercher aussi loin dans ses tripes, et c’est un véritable bonheur de découvrir ce monde qu’ils ont construit note après note, EP après EP. Voici l’album de la consécration, et pour ne pas vous gâcher le plaisir de cette création extraordinaire – et l’on entend par extraordinaire « EXTRA » – « ORDINAIRE »- nous ne vous en dirons pas plus.

Pour découvrir Kavrila :

Kavrila, after a good album and three EPs each more astonishing than the last, reveals with Mor, finally, all the extent of his talent.
We are here in front of an album perfectly thought out, written, and interpreted, letting the emotions show through. Kavrila has never looked so far into his guts, and it is a real pleasure to discover this world that they have built note after note, EP after EP.
Mor is the album of the consecration, and so as not to spoil the pleasure of this extraordinary creation – and we mean by extraordinary « EXTRA » – « ORDINARY » – we will not tell you more.

To discover Kavrila:

10. The Sun’s Journey Through The Night – « Demo II »
Icy Ambient & Raw Black Metal

Depuis désormais quelques mois, The Sun’s Journey Through The Night, projet solo, hante tous les esprits des passionnés de Black Metal. L’entité réussit à unir avec une grâce déconcertante un Black Metal très cru et saturé, à des paysages ambient glaciaux.
Une rencontre des genres qui n’est pas inédit, mais que No One maîtrise avec virtuosité.

Demo II est la promesse d’un ailleurs qui fascine, que l’on apprend à connaître et se révèle à chaque écoute un peu plus envoûtant. Il n’y a pas une sortie de TSJTTN qui ne déçoit, mais Demo II fait bien plus, elle nous transcende et nous plonge dans des images oubliées, aux confins de nos âmes.

Pour découvrir The Sun’s Journey Through The Night:

For a few months now, The Sun’s Journey Through The Night, a solo project, has haunted the minds of Black Metal enthusiasts. The entity manages to unite with disconcerting grace a very raw and saturated Black Metal, with icy ambient horizons. A meeting of genres that is not unprecedented, but that No One masters with virtuosity.

Demo II is the promise of an elsewhere that fascinates, that you get to know and is revealed with each listening a little more bewitching. There isn’t one release from TSJTTN that doesn’t disappoint, but Demo II does so much more, it transcends us and plunges us into forgotten images, within the confines of our souls.

To Discover The Sun’s Journey Through The Night:

9. Koldovstvo –  Ни царя, ни бога
Atmospheric Raw And Folk Black Metal
Babylon Doom Cult Records / Extraconscious Record / Fólkvangr Records

Koldovstvo a tout d’un mirage au cœur de cette année sans concerts, sans rencontres avec le public, où toute la survie et la naissance des groupes se sont jouées autour de la promotion sur les réseaux sociaux.
En s’alliant Extraconscious Record, Folkvangr Records et Babylon Doom Cult, ont su révéler Koldovstvo, sombre lumière dont nous ne connaissons que très peu de choses à l’exception de leur artwork et de l’usage de l’alphabet cyrillique.
Le mystère est total, tapissant nos esprits, concevant un long couloir plongé dans l’obscurité au bout duquel une lueur celle des incantations et des rites d’autrefois laissent échapper un souffle mystique, à la fois accueillant et traumatisant.
Les sonorités saturées et bouchées, mêlées à cette atmosphère folk, à la fureur d’un Black Metal cru, font de ce premier album de Koldovstvo un véritable miracle, nous attirant telle une datcha gourmande, nous transformant en Hansel ou bien Gretel, pour nous emprisonner à jamais. Incontournable.

Pour découvrir Koldovstvo :

Koldovstvo has all of a mirage at the heart of this year without concerts, without meetings with the public, where all the survival and birth of band have been played around promotion on social networks.
By joining forces with Extraconscious Record, Folkvangr Records and Babylon Doom Cult, they were able to reveal Koldovstvo, a dark light about which we know very little informations except their artwork and the use of the Cyrillic alphabet.
The mystery is total, lining our minds, designing a long corridor plunged into darkness at the end of which a glow that of the incantations and rites of old times let escape a mystical breath, both welcoming and traumatic.
The saturated and clogged sounds, mixed with this folk atmosphere, with the fury of a raw Black Metal, make this first Koldovstvo album a real miracle, attracting us like a greedy dacha, transforming us into Hansel or Gretel, and imprisoning us forever. Unavoidable.

To discover Koldovstvo:


8. Hippotraktor – Meridian
Pelagic Records
Progressive Metalcore

Chez Wombat Cult, nous n’avons pas l’oreille taillée pour la scène Metalcore. L’appétit n’y est pas et l’engouement se fait quelque peu limité.Cette année, Wombat Cult s’est lancé dans l’aventure de la souscription Pelagic Records. Une voie qui a définitivement poussé les frontières des nos explorations soniques et Hippotraktor s’impose comme un incontournable, un diamant brut que nous ne pouvions imaginer. Il est d’ailleurs difficile d’utiliser les bons mots pour cette expérience qui a su nous porter sur de nouvelles terres.

La première écoute, bien que difficile, le temps de s’acclimater au chant, nous enserre, nous emprisonne avec un petit goût de « Reviens-y » qui à force de jours et de nuits se transformera en obsession, révélant les mille facettes d’un album qui résonnera à travers les années de par ses rythmiques hypnotiques et de ses arrangements qui estomaquent. Vous y reviendrez, assurément.

Pour découvrir Hippotraktor :

At Wombat Cult, there’s not a big addiction to the Metalcore scene. The appetite is not there and the excitement is very limited. This year, Wombat Cult embarked on the adventure of subscribing to Pelagic Records. A path that has definitely pushed the boundaries of our sonic explorations and Hippotraktor establishes itself as a must-have, a rough diamond that we could not imagine.


It is difficult to use the right words for this experience, which has taken us to new lands. The first listening, although difficult, the time to acclimatize to the vocals, encloses us, imprisons us with a little taste of « Come back honey » which through days and nights will turn into obsession, revealing the thousand facets of an album that will resonate through the years with its hypnotic rhythms and its stunning arrangements. You will come back to that, for sure.

To discover Hippotraktor:

7. Jointhugger – « Reaper Season » & « Surrounded By Vultures »
Raw Psychedelic Smooth & Groove Doom Metal
Majestic Mountain Records

Cette année Jointhugger aura été actif sur tous les plans, à la fois productifs en studio, avec deux sorties, mais également sur scène, au Hostsabbat.
Avec un EP sorti en début d’année et un album récemment paru, le trio osloïte a su se démarquer de la scène Doom Metal et intégrer une vision assez singulière, toute en nuances, laissant transparaître la maîtrise et le savoir-faire de ses membres.

Il est difficile aujourd’hui de séparer les deux sorties du groupe tant elles semblent complémentaires. Reaper Season, avec son unique morceau de 18 minutes, aux sonorités Raw, Psychédélique, Underground et au refrain pourtant fédérateur, vient installer et fixer l’identité de la formation, affirmant ce que « I Am No One », avait pu nous faire percevoir. L’EP dépasse tout conformisme cherchant le plaisir de l’improvisation, permettant aux notes de respirer, de danser dans cet amas sonique sidérant où la seule règle est la créativité.

Jointhugger s’affranchit des lois du genre et conçoit une nouvelle direction : Raw Psychedelic Smooth and Groove Doom Metal.Une vision qui touche aux cieux avec « Surrounded By Vultures », qui tout en clair-obscur nous prend par la main et nous guide dans ce dédale aux lois nouvelles, où seul le groupe sait éclairer le chemin. Un grand nom est en train de naître. Fascinant, Étourdissant.

Pour découvrir Jointhugger :

This year Jointhugger will have been active on all fronts, both productive in the studio, with two releases, but also on stage, at the Hostsabbat.
With an EP released at the beginning of the year and a recent album released in October, the Oslo trio has stood out from the Doom Metal scene and integrated a rather singular vision, all in nuances, revealing the mastery and musical knowledge of its members.

It is difficult today to separate the two releases of the group as they seem to be complementary. Reaper Season, with his unique 18-minutes track, which reveals Raw, Psychedelic, Underground sonorities and a federating chorus, comes to install and fix the identity of the band, affirming the blood of « I Am No One ». The EP goes beyond any conformism seeking the pleasure of improvisation, allowing the notes to breathe and dancing in this astonishing sonic mass where creativity is the only rule.

Jointhugger broke the laws of the genre and built a new direction: Raw Psychedelic Smooth and Groove Doom Metal. A vision that touches the heavens, or maybe cross the Styx, with « Surrounded By Vultures », which all in chiaroscuro takes us by the hand and guides us in this maze of new perceptions, where only the band can light the path. A monumental name is being born: Jointhugger.
Fascinating, Stunning.

To discover Jointhugger:

6. Wormsand – Shapeless Mass
Massive Doom Metal Diggers
Saka Cost / Stellar Industries

Depuis déjà trois ans, Wormsand parcourt les routes pour infliger une dose de leur Sludge/Doom puissant, radical, accompagné d’un EP, qui permettait de saisir la proposition, la force mais également les formes nouvelles travaillées avec acharnement pour offrir de nouveaux codes, de nouvelles lectures d’un genre qui semble parfois se mordre la queue.

Avec Shapeless Mass, leur premier album, le trio du Sud-Est de la France revient justement d’une longue et fascinante année d’expérimentations à la fois sonores et visuelles et parvient à tirer jusqu’à nous les formes disparates, horizons lointains, jusqu’à nos oreilles pour révéler Wormsand à travers un travail d’orfèvrerie rare, faisant briller des facettes insoupçonnées, insoupçonnables, mais pourtant désormais essentielles.

Pour découvrir Wormsand :

For three years now, Wormsand has been traveling the roads to inflict a dose of their powerful, radical Sludge / Doom, accompanied by an EP, which made it possible to grasp the proposal, the strength but also the new forms worked hard to offer new codes and readings of a genre that sometimes seems to bite its tail.

With Shapeless Mass, their first album, the trio from the South-East of France has just come back from a long and fascinating year of experimentations and manages to draw disparate forms, distant horizons, to our ears and reveal Wormsand through a rare goldsmith work, shining unsuspected facets, unsuspectable, yet now essential.

To Discover Wormsand:

https://wormsand.bandcamp.com/

5. Revenant Marquis – Below The Landsker Line
Death Prayer Records
Nauseous, Claustrophobic And Suffocating Raw Black Metal

En trois courtes mais productives années, Revenant Marquis a su tracer une piste vierge assez étonnante sur la scène Black Metal.
Ce mystérieux One-Man Ban originaire du Royaume-Uni a bâti sa chapelle sur une interprétation jusqu’au-boutiste et nauséeuse de la frange Raw Black Metal. Une vision qui dans son approche lofi et minimaliste vient nous plonger dans une détresse assez inédite, venant immoler la moindre cellule encore saine de nos êtres.
« Below The Landsker Line » est certainement le pourisoire le plus raffiné que Revenant Marquis a pu proposer jusqu’ici, portat notre psyché vers des contrées torturées, sordides, nauséabondes, s’affranchissant de toute ingéniosité technique, servant les lambeaux du réel, comme un ta de sonorités pourrissantes, souillées, sur nos dépouilles décharnées de tout espoir.

Pour découvrir Revenant Marquis :

In three short but productive years, Revenant Marquis has carved out a nauseous and virgin way on the Black Metal scene.
This mysterious One-Man Project from the United Kingdom has built his chapel on a die-hard and nauseating interpretation of the Raw Black Metal fringe. A vision which in its lofi and minimalist approach plunges us into a unprecedented distress, immolating the smallest still healthy cell of our beings.
« Below The Landsker Line » is certainly the most refined trip that Revenant Marquis has been able to offer so far, porting our psyche to tortured, sordid, nauseating lands, freeing itself from all technical ingenuity, serving the scraps of reality, like a mass of rotting, soiled sounds on our fleshless spoils of all hope.

To discover Revenant Marquis:

4. Sparks – « Annette »
Soundtrack

Sparks a travaillé depuis de nombreuses années autour de la nouvelle cathédrale de Leos Carax : Annette.
Une comédie musicale présentée à Cannes, ayant remporté le prix de mise en scène. Après une collaboration avec Jacques Tati abandonnée et une autre aventure avec Tim Burton avortée, le duo de Pop Avant-Gardiste tient enfin son ticket pour le septième art et nous ensorcelle.

Porté par les voix fascinantes de Adam Driver et Marion Cotillard, la composition des Sparks n’avait plus autant resplendi depuis plus de deux décennies. Les airs et mélodies deviennent des clés pour ouvrir nos âmes, et accèder aux cieux tout comme aux abysses. Une fable sur l’humain qui dépasse de loin toutes nos attentes.

Pour découvrir Sparks :

Sparks has worked for many years around Leos Carax’s new cathedral: Annette.
A musical presented in Cannes, having won the director’s prize. After an abandoned collaboration with Jacques Tati and another abortive adventure with Tim Burton, the Avant-Gardiste Pop duo finally holds its ticket to the seventh art and bewitches us.

Carried by the fascinating voices of Adam Driver and Marion Cotillard, the composition of the Sparks had not shone so much for more than two decades. Vocals and melodies become keys to open our souls, and access the heavens as well as the abyss. A fable about the human that exceeds all our expectations.

To discover Sparks:

3. Hoorsees – Hoorsees
Kanine Records / Howlin Banana Records
Lofi Garage Infused By 90s Shoegaze Kids

Le premier album de Hoorsees est un vrai petit miracle pour la scène Lofi Garage. Un album qui est traversé par une mélancolie douce amère, une nostalgie caressante et réconfortante, où les ailleurs dream pop teintés de Shoegaze nous révèlent une proposition enivrante.
Un voyage dont nous voudrions ne jamais revenir, pour profiter de ces rares moments d’apesanteur qui pansent nos douleurs de chaque jour.

Pour découvrir Hoorsees :

Hoorsees’ debut album is a real little miracle for the Lofi Garage scene. An album which is crossed by a bitter sweet melancholy, a caressing and comforting nostalgia, where the elsewhere tinted dream pops of Shoegaze reveal an intoxicating proposition. A trip from which we would never like to return, to take advantage of those rare moments of weightlessness which heal our daily pains.

To discover Hoorsees:

2. Oes Galliath – Sous L’Oeil Fermé Des Paradis
France D’Oïl Productions
French Antifascist Black Metal

Après de nombreuses années de silence, rattrapés par un symbolisme provocateur les ayant englouti, la formation française de Black Metal Oes Galliath est de retour pour mettre les pendules à l’heure, célébrant l’étendard antifasciste et dissipant le moindre malentendu.

Les premières fréquences sonnent, « Que Brule Thulé » tombe sur nous, l’impact est étourdissant entre guitares acoustiques, mélodies tranchantes et vocalises meurtrières. L’album se dessine très vite comme un enchaînement de futurs classiques, les sonorités nous hantent, les paroles nous portent, Sous L’Oeil Fermé Des Paradis est fascinant libérant une obscure lumière, aux allures de dernière incantation face au chaos.

Si il n’y avait qu’un seul album de Black Metal cette année, ce cri de colère face à l’ombre de la bête, combat désespéré dans les ténèbres, est celui que nous nous devons de retenir, relique obsédante et libératrice.

Pour découvrir Oes Galliath :

After many years of silence, hurt by a provocative symbolism having engulfed them, the French Black Metal formation Oes Galliath is back to bury the old ages, celebrating the anti-fascist banner and dispelling any misunderstanding.

First song, first uppercut, « Que Brûle Thule » fall on us, the impact is dizzying between acoustic guitars, sharp melodies and murderous vocalizations. The album takes shape very quickly like a series of future classics, the soundscape haunt us, the lyrics carry us, Sous L’Oeil Fermé Des Paradis is fascinating, opening a dark light, looking like the last incantation in the face of chaos.

If there was only one Black Metal album this year, this cry of anger under the shadow of the beast, desperate fight in the darkness, is the one we need to remember, haunting and liberating relic.

To discover Oes Galliath:

1 . Sleep Moscow – Of The Sun
Majestic Mountain Records
Alternative And Melancholic Stoner Rock

Quelques années après le très mystérieux et fascinant A Wounded Moon, Sleep Moscow lève le voile sur l’obscurité dans laquelle le one-man band c’était dissimulé. L’invitation au voyage est totale dépassant nos moindres attentes. Un album alternatif qui nous mène dans un univers mélancolique et doucereux, un espace qui nous rappelle autant Greenleaf que des horizons expérimentaux portant nos âmes à se soigner des blessures et affres du temps.

Un album thérapie qui nous conduit dans une dimension intime où le raffinement est le mot d’ordre. Chaque fréquence respire, chaque voix résonne dans l’éternel et nos émotions ne cessent de monter dans cette danse que nous n’attendions pas et qui pourtant aujourd’hui semble essentielle.
Lorsque Of The Sun laisse vibrer sa dernière note, une larme coule le long de notre joue, celle de l’espoir retrouvée.

Pour découvrir Sleep Moscow :

A few years after the very mysterious and fascinating « A Wounded Moon », Sleep Moscow lifts the veil on the darkness in which the one-man project was hidden. The invitation to travel is total exceeding our every expectation.
An alternative album that takes us into a melancholy and sweet universe, a space that reminds us as much of Greenleaf as of experimental horizons leading our souls to heal wounds and the injuries of time.

A therapeutic album that takes us to an intimate dimension where refinement is the watchword. Each frequency breathes, each voice echoes in the eternal. Our emotions are rising in this dance that we didn’t expect and which yet seems essential today. When « Of The Sun » lets its last note vibrate, a tear runs down our cheek, that of newfound hope.

To discover Sleep Moscow: