Wombat Interview #6 – Kryptograf

The English Version is available just after the french one.


VERSION FRANÇAISE :

Surgi sans crier gare des éternelles forêts de conifères qui longent la porte d’entrée des Fjords de Norvège, Kryptograf est la révélation de la scène Revival 70 de l’année. Le groupe de Bergen est venu quelques heures échanger au coeur du terrier de Wombat Cult afin de nous éclairer sur cet album incontournable du premier semestre 2020.

Wombat Cult : Semblant sorti de nul part et s’affichant  dans les premières places du Doom Charts, votre premier album en a surpris plus d’un, pouvez-vous revenir sur la création du groupe ?


Kryptograf: Ouais, la réponse a été absolument écrasante! Nous faisons simplement ce que nous aimons et c’est formidable de voir que les gens du monde entier apprécient notre musique! Nous jouons ensemble depuis 2015 dans un groupe différent, mais après un certain temps, nous voulions créer un nouveau groupe où nous pourrions nous concentrer sur des trucs plus d’inspiration rétro. Je suppose que le plan initial était de garder les choses assez traditionnelles, mais en cours de route, nous avons fini par incorporer beaucoup d’autres éléments. Nous sommes tous heureux que cela se soit passé comme ça!

Wombat Cult : Dès les premières notes du morceau introductif The Veil, on ne peut s’empêcher de penser à cette vague de groupes revival 70 comme Graveyard par exemple. Cependant, l’album ne cesse d’évoluer et de prendre une identité propre au fur et à mesure des morceaux devenant très rapidement une entité et un son unique sur la scène musicale actuelle.
Pourriez-vous nous parler de vos manières de composer, de ressentir la musique, quelles en sont vos influences ?

Kryptograf: Toute la vague des groupes de revival des années 70 nous a inspirés pour créer Kryptograf, et sont toujours une influence importante sur nous. Je suppose que nous avons cela comme base et ensuite nous ajoutons d’autres influences à cela pour donner aux chansons une certaine diversité. Je ne pense pas que ce soit une décision consciente cependant, la plupart de nos chansons ont commencé avec nous jammant sur un riff ou une ambiance, puis ont évolué naturellement à partir de là.

Wombat Cult : La qualité sonore de votre premier album est ébouriffante. Les instruments respirent et parviennent chacun à trouver une place dans le mix lui apportant une pluralité d’embranchements, d’atmosphères que l’on peut emprunter au fur et à mesure des écoutes.
Où avez-vous enregistrez et dans quelles conditions ?

Kryptograf: Merci! L’album a été enregistré au Solslottet Studio ici à Bergen avec Iver Sandøy en tant que producteur. Nous avons travaillé avec Iver pour la première fois en 2017, lorsque nous avons enregistré un EP avec notre ancien groupe, Møblos. Nous nous sommes immédiatement sentis chez nous dans son studio, et nous prévoyons de revenir pour notre prochain album. Solslottet est un tout petit studio, un live-room et une régie. Nous avons installé tout notre équipement dans cette petite salle et avons enregistré toutes les chansons en un week-end, puis nous sommes revenus un mois plus tard et avons enregistré des voix, un synthé, des percussions et d’autres trucs amusants. Nous voulions que le disque ait une longueur d’avance, et tout enregistrer en direct dans une petite pièce comme celle-là est un bon moyen d’y parvenir.

Wombat Cult : De prime abord, le visuel de l’album m’a surpris et quelque peu perdu. Tout est en dehors des codes d’un point de vue graphique de l’artwork jusqu’au design du logo. Ces branches tissées, suantes, morcelées de champignons, dessinées à la manière d’un tissage et votre nom en gros, d’un jaune pâle et baveux m’interrogeaient, je n’arrivais pas à déterminer au premier coup d’oeil le genre de la formation. C’est  cependant une formidable réussite, tant une fois l’album terminé, ce visuel semble prendre vie et représenter de manière totale vos sonorités.
D’où sont venues ses idées ? Comment avez-vous créé votre identité visuelle pour la moins singulière ?

Kryptograf: Tu devrais poser cette question à Lars Kvernberg! Nous lui avons simplement demandé de nous faire un visuel et tu connais désormais le résultat. Nous avons discuté de différentes associations colorimétriques, mais Lars avait beaucoup de liberté pour faire ce qu’il voulait.
Pour le logo, nous lui avons demandé de nous faire des trucs de type rétro des années 70, mais crasseux un peu. C’est à peu près toute notre ambiance.

Wombat Cult : Y-a-t-il des thématiques importantes que le groupe souhaite aborder à travers ses textes ? Comment se déroule le processus créatif autour des paroles ?

Kryptograf: L’écriture de paroles n’est pas quelque chose avec laquelle nous avons une tonne d’expérience, mais nous essayons de garder nos messages ouverts à l’interprétation. Nous espérons que l’auditeur puisse donner aux mots leur propre sens, et à ce stade, peu importe ce que nous pensons.
Cela étant dit, nous voulons que les paroles correspondent à l’atmosphère de la chanson, et c’est vraiment la chose la plus importante en ce qui concerne les paroles pour nous.

Wombat Cult : Je suis fasciné par votre morceau Seven et sa transition instrumentale qui semble s’affranchir de toutes barrières, il y a un véritable sentiment de liberté. A la manière du Free Jazz, vous semblez déconstruire les concepts de Solo sur ce morceau et une interstice de « Free-Rock ».
Comment ce morceau a-t’il été pensé, composé ? Quelle est son histoire ?

Kryptograf: Cette chanson est en fait juste le résultat de notre travail lorsque nous jammons ensemble et que nous devenons fous dans notre salle de répétition.
Le travail de composition s’est pratiquement fait par lui-même, mais nous avons passé du temps à travailler sur les arrangements vocaux.
Cette chanson en particulier est très inspirée par nos groupes psychédéliques et space-rock préférés, comme Hawkwind, les premiers Pink Floyd et Motorpsycho.

Wombat Cult : Les atmosphères tout au long de l’album sont assez évolutives et n’ont pas peur d’aller chercher vers des horizons parfois plus éloignés.
Savez-vous vers quel cap se dirige les futures sonorités de Kryptograf ?

Kryptograf: Nous avons écrit de nouvelles choses pendant le confinements, et nous sommes toujours en train de déterminer ce que nous voulons faire pour le prochain album. Nous avons fini quelques chansons dont nous sommes vraiment satisfaits, et sommes impatients de continuer à explorer pour élargir notre univers musical.

Wombat Cult : Vous avez signé chez Apollon Records qui semble depuis quelques mois enchaîner les signatures de groupes très prometteurs avec Bismarck, Pixie Ninja ou encore Slomosa.
Comment s’est déroulée cette rencontre ?

Kryptograf: The people at Apollon Records are great guys! We just had a coffee together and quickly came to an agreement. We knew we wanted to sign with a local label, and Apollon seemed like a good fit.

Kryptograf: Les gens d’Apollon Records sont des gars formidables! Nous venons de prendre un café ensemble et sommes rapidement parvenus à un accord. Nous savions que nous voulions signer avec un label local, et Apollon semblait être un bon choix.

Wombat Cult : La Norvège est réputée depuis de nombreuses années pour sa scène Black Metal. Cependant, depuis désormais quelques années une myriade de groupes issue de la scène Stoner/Doom marquent le pays et apportent des couleurs nouvelles à la scène nationale avec des formations telles que Saint Karloff, Jointhugger, Bismarck, Sâver ou encore Hymn. C’est en tout cas la vision que l’on a lorsque l’on se place de façon extérieure au pays.
Quel est votre est votre point de vue sur cette situation ?

Kryptograf: Il y a eu une explosion de groupes de stoner / doom en Norvège ces dernières années, et nous sommes vraiment heureux de faire partie d’une scène qui grandit, à la fois à Bergen et dans tout le pays.

Wombat Cult : L’année 2020 a déjà bien avancé, beaucoup d’albums sont déjà sortis, avez-vous eu des coups de coeur que vous souhaiteriez partager en matière de groupes ou d’albums ?

Kryptograf: Oui nous avons eu quelques favoris !
Once And Future Band – Deleted Scenes
Kvelertak – Splid
Shaman Elephant – Wide Awake But Still Asleep
Bismarck – Oneiromancer
Sleepwulf – Sleepwulf
The Goners – Good Mourning
Donny Benét – Mr Experience

Nous sommes également enthousiasmés par les nouveaux albums de Motorpsycho, Hymn et Henrik Palm plus tard cette année.

Artwork by Lars Kvernberg

Pour découvrir et soutenir Kryptograf :


ENGLISH VERSION:

Arising without warning from the eternal coniferous forests that line the gateway to the Norwegian Fjords, Kryptograf is the revelation of the Revival 70 scene of the year. The Bergen band came for a few hours to discuss in the heart of the Wombat Cult burrow in order to enlighten us on this essential album from the first half of 2020.

Wombat Cult: Seeming out of nowhere and appearing in the first places of the Doom Charts, your first album surprised more than one, can you come back to the creation of the group?

Kryptograf: Yeah, the response has been absolutely overwhelming! We are just doing what we love and it’s great to see that people all over the world enjoy our music! We have been playing together since 2015 in a different band, but after a while of doing that we wanted to start a new band were we could focus on more retro-inspired stuff. I guess the original plan was to keep things fairly traditional, but along the way we ended up incorporating a lot of other elements. We’re all happy it turned out the way it did!

Wombat Cult: From the first notes of the introductory track The Veil, we can’t stop thinking about this wave of revival 70 bands like Graveyard or Kadavar for example. However, the album continues to evolve and take on its own identity as the songs very quickly become a unique entity and sound on the current music scene. Could you tell us about your ways of composing, of feeling music, what are your influences?

Kryptograf: The whole wave of 70’s revival bands inspired us to start Kryptograf, and are still an important influence on us. I guess we have that as our foundation and then we add other influences to that to give the songs some diversity. I don’t think it’s a conscious decision though, most of our songs started out with us jamming on a riff or vibe and then evolved naturally from there.

Wombat Cult: The sound quality of your first album is astounding. The instruments breathe and each one manages to find a place in the mix providing it with a plurality of branches, atmospheres that can be borrowed as and when listening. Where did you record and what were the conditions?

Kryptograf: Thank you! The album was recorded in Solslottet Studio here in Bergen with Iver Sandøy producing. We worked with Iver for the first time back in 2017, when we recorded an EP with our old band, Møblos. We immediately felt right at home in his studio, and we plan coming back for our next record. Solslottet is a very small studio, one live-room and a control-room. We set up all our gear in that small live-room and recorded all the songs in a weekend, then we came back a month later and recorded vocals, synth, percussion and other fun stuff. We wanted the record to have a rough edge to it, and recording everything live in a small room like that is a good way to achieve that.

Wombat Cult: At first glance, the visual of the album surprised and somewhat lost me. Everything is outside the codes of the genre from a graphic point of view from the artwork to the design of the logo. These woven branches, sweaty, fragmented with mushrooms, drawn like a cloth and your name in large, of a pale yellow and drooling, questioned me, I could not determine at first glance the kind of music. It is, however, a tremendous success, so much once the album is finished, this visual seems to come to life and fully expose your sounds. Where did these ideas come from? How did you create your unique visual identity?

Kryptograf: You should ask Lars Kvernberg that question! We really just asked him to make us some coverart, and he delivered the goods. I think we discussed some different color-schemes, but Lars had a lot of freedom to do whatever he wanted. For the logo we asked him to make us some retro 70 ́s type stuff, but fuck it up a little bit. That’s pretty much our whole vibe.

Wombat Cult: Are there any important themes that the group wishes to address through its texts?
How does the creative process take place around the lyrics?

Kryptograf: Writing lyrics is not something we have a ton of experience with, but we try to keep them open for interpretation. Hopefully the listener can give the words their own meaning, and at that point it hardly matters what we think. That being said we want the lyrics to match the atmosphere of the song, and that’s really the most important thing when it comes to lyrics for us.

Wombat Cult: I am fascinated by your song « Seven » and its instrumental transition which seems to overcome all barriers, there is a real feeling of freedom. Like Free Jazz, you seem to deconstruct the concepts of Solo on this song and build a « Free-Rock » interstice.
How was this song thought, composed? What is his story ?

Kryptograf: This song is really just a result of us just jamming together and getting crazy in our rehearsal room. The compositional work is pretty much done by itself, but we spent some time working on the vocals arrangements. This song in particular is very inspired by our favourite psychedelic and space-rock bands, like Hawkwind, early Pink Floyd and Motorpsycho.

7) The atmospheres throughout the album are quite evolving and are not afraid to seek out horizons sometimes more distant. Do you know where the future sonorities of Kryptograf are heading?

Kryptograf: We have been writing new material during the lockdown, and we are still figuring out what we want to do for the next album. We have a couple of songs finished that we are really happy with, and we’re looking forward to continue expanding our musical universe.

8) You signed with Apollon Records which seems for a few months to chain the signatures of very promising bands with Bismarck, Pixie Ninja or Slomosa. How did this meeting go?

Kryptograf: The people at Apollon Records are great guys! We just had a coffee together and quickly came to an agreement. We knew we wanted to sign with a local label, and Apollon seemed like a good fit.

9) Norway has been known for many years for its Black Metal scene. However, for a few years now, a myriad of bands from the Stoner / Doom scene have marked the country and brought new colors to the national scene with formations such as Saint Karloff, Jointhugger, Bismarck, Sâver or even Hymn. In any case, this is the vision that we have when we place ourselves outside the country. What is your advice on this situation and this national Stoner/Doom scene?

Kryptograf: There has been an explosion of stoner/doom bands in Norway the last couple of years, and we’re really happy to be a part of a scene that is growing, both in Bergen and in the whole country.

10) 2020 has already progressed well, many albums have already been released, have you had any favorites that you would like to share in terms of groups or albums?

Kryptograf: Yes we do!
Once And Future Band – Deleted Scenes
Kvelertak – Splid
Shaman Elephant – Wide Awake But Still Asleep
Bismarck – Oneiromancer
Sleepwulf – Sleepwulf
The Goners – Good Mourning
Donny Benét – Mr Experience

We ́re also excited for new albums from Motorpsycho, Hymn and Henrik Palm later this year.

To discover and support Kryptograf:

Artwork by Lars Kvernberg

The King’s Pistol – « Rip It Up »


The English Version of the review is after the French one.


VERSION FRANÇAISE

Depuis la sortie de Evil Spirits, il y a seulement un peu plus d’un an, The King’s Pistol, formation anglaise, a su prendre son envol. A travers des sonorités toujours plus étonnantes dans une scène underground cherchant toujours plus la saturations, les extrêmes ou encore l’expérimentation, le groupe a réussi à se creuser un trou, une place particulière en jouant un Rock puissant à la fois nostalgique des 60/70 mais également friand d’une certaine modernité dans sa faculté de jouer sans détour, à la manière d’une bombe que l’on ne peut plus désamorcer.

La force du trio originaire du Cheshire, est de constamment renouveler ses morceaux, ses inspirations. Avec une oeuvre toujours fortement inspiré par The Doors, ou encore The Rolling Stones, la proposition se module évolue au fur et à mesure des années mêlant Folk, Punk ou bien Heavy Metal.
L’alchimie entre les trois membres du groupe opère entre groove de basse toujours plus captivant, riffs efficaces, voix reconnaissable entre mille, et une batterie d’une rigueur formidable.

En novembre 2019 paraissait « Vice », premier EP d’une trilogie distribuée par Majestic Mountain Records. Le groupe nous plongeait dans une exploration nocturne sauvage des bas-fonds des grandes villes avec une direction créative poussée à la fois autant au niveau de la composition que du travail autour du mix opéré par Chris Fielding de Conan.
Cette nouvelle offrande lassait percevoir une évolution vers une production toujours plus professionnel, affinant le mélange des genre du précédent Evil Spirits. Le groupe sortait de son organisation d’albums orientés autour d’une compilation de morceaux réussis et préférait opérer dans des enregistrements d’une vingtaine de minutes autour d’une exploration à la fois sonore et conceptuelle.
« Vice » marquait cette nouvelle ère chez The King’s Pistol, celle de la canalisation autour d’un concept, de la cherche d’un son et du dépassement du paysage musical.

Quelques mois plus tard, le groupe revient pour continuer son exploration nocturne sonore des bas-fonds. Shane Horror est de retour pour la création du visuel de cette seconde sortie, et se chargera également de l’artwork de l’EP de clôture de la « Wild Night Trilogy ».
Nous retrouvons cette structure autour du portrait, et de l’architecture triangulaire servant de cadre à ces visages marqués par les excès de toutes sortes qu’il s’agisse de sexe, de tabac, de drogue, d’alcool et très certainement de musiques amplifiées.
Là où « Vice » présentait un visage de femme forte, pleine d’assurance dans ses choix et ses démons s’ajustant à merveille avec la ligne musicale du premier EP, « Rip It Up », ce second travail, marque dès la découverte du visuel une violence malingre, insidieuse qui semble se glisser derrière nos songes pour nous asséner le dernier coup, nous laisser agonisant dans le caniveau, laissant notre âme s’échapper dans une effluve de sang et de bière séchée, le mégot écrasé sur le visage.

C’est d’ailleurs le terrible et réjouissant constat que l’on peut faire de ce « Rip It Up », remonté à bloc d’énergie Punk et Wild Rock des années 70. La puissance qui se dégage de ce second EP, est d’une violence rare par rapport aux précédents travaux du groupe. Nous sommes en plein coeur de la scission musicale où le Rock est devenu cette bête sauvage que rien n’arrête.
Ce nouvel EP libère totalement la proposition de The King’s Pistol, les morceaux semblent sortir d’eux mêmes, comme une rage et une volonté d’expression directe, il n’y a plus de détour, l’assaut débute dès la première note de Rip It Up, morceau d’ouverture.

Ce premier morceau « Rip It Up », qui derrière des sonorités à la « Start Me Up » de The Rolling Stones, réussit à faire converger toute la puissance de ce second EP en un seul morceau qui risque de rapidement devenir un hymne du groupe de par son efficacité.
L’accompagnement par le saxophone tout au long du morceau donne une force et puissance assez déconcertante qui grâce au mix de Chris Felding ne sature jamais et réussit à réunir toute cette explosion de fréquences dans une unité et forme musicale sans concessions.
« Rip It Up » est un plaisir de Rock, réunissant tous les ingrédients et gimmicks pour élever un morceau détonnant.

Puis la groovie et dangereuse The Way The West Was Won, nous rappelle la manière dans laquelle se sont élevés les Etats-Unis. Un déferlement de pistoleros et de domination au rythme des gâchettes.
Sans jamais verser dans un traitement politique de la situation, The King’s Pistol, montre du bout de leurs instruments une nation bâtie sur le mensonge rédempteur et une terre où le romanesque ne fait pas de nombreux printemps.
Instrumentalement, le morceau est certainement le plus franc et direct de ce second EP, il réussit très rapidement à saisir l’oreille sans pour autant en faire un haut-lieu du groupe.

« Same old suckers the same old story
Same old lies on the path to glory
No love song baby
It’s the way the West was won »

Refrain de The Way The West Was Won

La face A du vinyle se conclue par Flame Of Love qui rappelle des sonorités que nous n’avons plus entendus depuis quelques années et qui résonnaient avec brio sur certains albums de D.A.D.
En terminant la première partie de ce second EP avec un tel morceau, le groupe tape un grand coup et affirme qu’il a une capacité créatrice d’une variété surprenante.
Préparez-vous le morceau détonne et n’a pas peur de nous envoyer au coeur de riffs plein d’apesanteur pour venir nous saisir droit au coeur et nous rappeler en un instant l’ordre physique gravitationnel accompagné par un rythme effréné.
La voix de Pistol a cette manière d’enserrer l’auditeur dans un magma sensuel. Une déclaration d’amour qui regarde les démons des premières rencontres droit dans les yeux, rappelant à quel point ces relations abrasives restent les plus séduisantes mais aussi les plus destructrices.

« You’re on the wings of desire
Falling from a runaway train
You’re caught in the jaws of love and they drip with blood
Don’t call me when your lips turn blue »

Paroles de Flame Of Love

La face B s’ouvre avec Sharpshooter.
Ce premier morceau de la seconde partie de l’EP, aux multiples couches rythmiques, rend un très bel hommage au Rock’N’Roll originel lui engouffrant une bouteille entière de Talisker dans le gosier et le menant à une frénésie qui donne le sourire tant le groupe semble prendre plaisir à libérer son énergie.
Le refrain nous colle à la peau, il ne cesse résonner dans notre tête, nous sommes embarqué dans ce tourbillon sonore où le saxophone de Jo Mills appuie les accords et tire toute cette hystérie vers des hauteurs stupéfiantes.

« It was the spirit of rock n roll
Its tender fever made the beat explode
I need the spirit of rock n’ roll
So kiss me baby and don’t let go »

Refrain de Sharpshooter

Puis la groovie et dangereuse The Way The West Was Won, nous rappelle la manière dans laquelle se sont élevés les Etats-Unis. Un déferlement de pistoleros et de domination au rythme des gâchettes. Sans jamais verser dans un traitement politique de la situation, The King’s Pistol, montre du bout de leurs instruments une nation bâtie sur le mensonge rédempteur et une terre où le romanesque ne fait pas de nombreux printemps.
Instrumentalement, le morceau est certainement le plus franc et direct de ce second EP, il réussit très rapidement à saisir l’oreille sans pour autant en faire un haut-lieu du groupe.

« Same old suckers the same old story
Same old lies on the path to glory
No love song baby
It’s the way the West was won »

Paroles de The Way The West Was Won

L’EP se conclue sur  « Nothing To Lose » qui ne prend que peu de détours, le morceau fonce dans les ruelles, de nuit, au volant d’une Chevrolet Nova afin de chercher les recoins les plus obscurs pour assouvir ses pensées les plus inavouables. La batterie ne lâche pas un instant son charley, ou bien seulement pour marquer la puissance des fréquences guitare/basse à grands coups de crash, la guitare plaque les accords à une vitesse folle, enrobé par une basse redoutable suivant sa propre ligne directrice.

Comme toujours, nous reconnaissons les influences du groupe sans pour autant se diriger vers une vulgaire copie. The King’s Pistol a une personnalité folle et sait rendre hommage à ses aînés tout en créant et ouvrant son propre chemin et c’est bien la force de ce « Rip It Up » qui enchaîne et affiche tout le savoir faire et l’amour du groupe pour la musique qu’ils jouent.

Ce second EP prend la suite d’un Vice qui nous menait au cœur des ruelles craspèques et pourtant fascinantes des grandes villes. Rip It Up, lui, prend le parti de nous mener dans des rades où l’alcool et la musique coulent à flots, où le sol colle aux semelles, et où les vibrations se mêlent aux liquides corporelles et vapeurs émanant de ces dernières, sensuel et violent.

Sans pour autant révolutionner les courants musicaux, ce second EP, a réussi le pari d’offrir ces six morceaux qui se savourent à la manière d’une friandise acidulée. Nous en connaissons la saveur et pourtant l’effet de ces compositions est une source d’enthousiasme à chaque écoute, un plaisir soudain, direct, qui ne s’embarrasse pas à prendre mille détours et va droit au but : celui de s’encanailler avec vigueur.


English Version:

Since the release of Evil Spirits, just over a year ago, The King’s Pistol has taken off. Through ever more astonishing sounds in an underground scene always seeking more saturation, extremes or even experimentation, the band managed to dig a hole, a special place to play a powerful Rock at the same time nostalgic of the 60 / 70 but also fond of a certain modernity in his ability to play without detour, like a bomb that can no longer be defused.

The strength of the trio from Cheshire, is to always renew their songs, their inspirations. With a work still strongly inspired by The Doors, or The Rolling Stones, the proposal evolved over the years mixing Folk, Punk or Heavy Metal.
The alchemy between the three members of the band operates between an ever more captivating bass groove, effective riffs, recognizable voice between a thousand, and a drums of tremendous rigor.

In November 2019, The King’s Pistol released « Vice », the first EP of a trilogy distributed by Majestic Mountain Records. The band immersed us in a wild nocturnal exploration of the depths of big cities with a creative direction pushed both at the level of the composition as of the work around the mix operated by Chris Fielding of Conan.
This new offering let perceiving an evolution towards an ever more professional production, with the mixture of genres of the previous Evil Spirits. The band left its organization of albums oriented around a compilation of successful pieces and preferred to operate recordings of about twenty minutes around an exploration which is at the same time sonor and conceptual.
« Vice » marked this new era for The King’s Pistol, an era of channeling around a concept, the search for a sound and transcending their musical landscape.

A few months later, the band is back to continue their sound exploration of the creepy shallows of the city by night. Shane Horror is back to create the visual for this second release, and will also be responsible for the closing EP of the « Wild Night Trilogy ».
We find a portrait, and a triangular architecture serving as a framework for these faces marked by excesses of all kinds whether it is sex, tobacco, drugs, alcohol and certainly amplified music.
Where « Vice » presented the face of a strong woman, full of confidence in her choices and her demons fitting wonderfully with the musical line of the first EP, « Rip It Up », this second work, marks from the discovery of the visual an sickly, insidious violence which seems to slip behind our dreams to strike us the last blow, leaving us dying in the gutter, our soul escaping in a scent of blood and dried beer, the butt crushed on the face.

This is also the terrible and delightful observation that we can make of this « Rip It Up », reassembled with Punk and Wild Rock energy from the 70s.
The power that emerges from this second EP is of rare violence compared to the band’s previous work. We are in the heart of the musical split where Rock became this wild beast that nothing stops.
This new EP completely frees The King’s Pistol’s proposal, the pieces seem to come out of themselves, like a rage, a desire for direct expression, there is no more detour possible, the assault begins at the first note from Rip It UP, the opening and title track.

This first song, which behind sounds like « Start Me Up » by The Rolling Stones, succeeds in bringing all the power of this second EP into a single song which risks quickly become an anthem of the band by its efficiency. It’s an awesome introduction.
The accompaniment by the saxophone throughout the track gives a rather surprising strength and power which thanks to the mix of Chris Felding never saturates and succeeds in bringing together all this explosion of frequencies in a musical unity and form without concessions.
« Rip It Up » is a pure Rock pleasure, bringing together all the ingredients and gimmicks to elevate an explosive track.

Then the groovy and dangerous The Way The West Was Won, reminds us the birth of the United States. A surge of pistoleros and domination to the rhythm of the triggers. Without ever getting into a political treatment of the situation, The King’s Pistol shows with their instruments a nation built on redemptive lies and a where the romantic does not have many springs.
In an instrumental way, the song is certainly the most frank and direct of this second EP, it succeeds very quickly in capturing the ears without making it a high place of the band.

«Same old suckers the same old story
Same old lies on the path to glory
No love song baby
It’s the way the West was won »

The Way The West Was Won lyrics

The A side of the vinyl ends with with Flame Of Love which recalls sounds that we have not heard in a few years and which resounded brilliantly on certain albums of D-A-D.
By ending the first part of their EP with such a song, the band strikes a blow and claims that it has a creative capacity of a surprising variety.
Prepare yourself for this explosive song who’s not afraid to send us to the heart of weightless riffs to come grab us straight the mind and remind us in an instant of the gravitationnal physical order accompanied by a frenetic rhythm.
Pistol’s voice has this way of enclosing the listener in a sensual magma. A declaration of love that looks the demons of the first meetings right in the eyes, recalling how these abrasive relationships remain the most attractive but also the most destructive.

« You’re on the wings of desire
Falling from a runaway train
You’re caught in the jaws of love and they drip with blood
Don’t call me when your lips turn blue »

Flame Of Love lyrics

The B side opens with Sharpshooter.
This first song, of the second part of the EP, with multiple rhythmic layers, pays a very beautiful tribute to the original Rock’N’Roll, engulfing it an entire bottle of Talisker Whisky in the throat and leading it to a frenzy that gives a smile as the band seems to take pleasure in releasing its energy .
The chorus sticks to our skin, it does not stop resonating in our head, we are embarked on this sonic whirlwind where Jo Mills’ saxophone supports the chords and pulls all this hysteria towards staggering heights.

« It was the spirit of rock n roll
Its tender fever made the beat explode
I need the spirit of rock n’ roll
So kiss me baby and don’t let go »

Sharpshooter chorus

Then River At Midnight, takes the decision to calm the game after this explosive B-Side introduction and offers us a timeless song, a composition that fascinates and amazes with its mastery of beating drums, with a bass tom particularly present and a groove haunting bass.
The rhythm section of the piece takes us from one horizon to the next without ever losing its way and offering this sublime instrumental part where the saxophonist seems to open an air space of a very beautiful amplitude.
We would like to stay in its heights for an indefinite period of time and yet when the voice of Pistol, guitarist and singer, returns we cannot stop anymore the joy that fills our hearts.


The King’s Pistol conclude this second EP with « Nothing To Lose » which takes no detour, it rushes into the alleys, at night, driving a Chevrolet Nova in order to seek the most obscure places to satisfy its shameful thoughts. The drums does not let go off its hi-hat for an instant, or else only to mark the power of the guitar / bass frequencies with great crash hits, the guitar tackles the chords at breakneck speed, wrapped in a formidable bass following its own guideline.


As always, we recognize the influences of the band without going to a vulgar copy. The King’s Pistol has a crazy personality and knows how to pay homage to its elders while stimulating and opening its own path and it is indeed the strength of this « Rip It Up » which connects and displays all the know-how and love of the band for the music they play.

This second EP follows on from « Vice » which led us to the crass and yet fascinating alleys of big cities. Rip It Up, takes the side of leading us into pubs where alcohol and music flow freely, where the ground sticks to the soles, and where the vibrations mix with body fluids and vapors emanating from these. Simply sensual and violent.

Without revolutionizing musical trends, Rip It Up has succeeded in offering these six songs which are savored like a tangy treat. We know the flavor and yet the effect of these compositions is a source of enthusiasm with each listening, a sudden, direct pleasure, which does not bother to take a thousand paths and goes straight to the point: that of getting dirty vigorously.

Now we can’t stop thinking about the outro of this « Wild Night Trilogy », that The King’s Pistol is actually recording!